Je reviens de chez Heure Bleue, je dois dire que lire Heure Bleue et Le goût des autres conjointement, c'est le cas de le dire o;) procure souvent de bons moments, de très bons moments. Je me surprends à sourire et même parfois à rire, et en même temps, j'aime bien ces deux blogues intimistes... Pour un tas de raisons.

On sait l'importance des coiffeurs dans la vie des femmes (on aime ou on aime pas, les coiffeurs nous aiment ou ne nous aiment pas). Comme je le faisais remarquer, j'aime plutôt bien y aller (à condition qu'il n'y ait pas foule, c'est pour ça que j'ai changé de coiffeur, la dernière fois...) Et pourvu que j'aie des revues (qui me font m'imaginer que je rajeunis de trente ans), et un café... Et je n'ai jamais eu la chance d'Adrienne, qui a eu un "coiffeur philosophe".

Je suis toujours mieux en sortant qu'en rentrant.

Par contre, j'ai moins l'expérience des esthéticiennes. J'y suis allée une seule fois dans ma vie, enfin, pas tout à fait, mais la seconde fois, c'était compris dans un week-end de thalasso (où je me suis trouvée, entre autres, enduite de glaise orange et emballée dans du film plastique, authentique).

La première fois, c'était avant une émission télé, à mon dernier boulot. Nous avions eu droit à une émission radio (en deux fois) et à une émission télé, c'était l'émission laïque de l'époque, "La pensée et les pommes", o;) et nous devions présenter "le" livre sur Bruxelles, que j'avais fait avec plusieurs auteurs. Entretemps, le président de notre association s'était mis en congé et nous n'étions plus que deux, le guide officiel, qui avait écrit quelques articles et moi, qui avais coordonné le livre et aussi écrit quelques articles.

Donc, il fallait que j'aille chez le coiffeur, chez une esthéticienne, que je m'habille en tailleur, bref, que je me mette sur mon trente-et-un. Le jour dit, le trac a commencé à me posséder. L'émission passerait en différé, mais quand même. Je connaissais le présentateur, je l'avais eu comme prof (à l'université) et comme collègue - pas directement)- trois ans plus tard, à l'Académie des Beaux-Arts. 

Il avait un côté très cérémonieux et il était un peu sexiste. Mais il a été super gentil avec nous, nous emmenant au restaurant avant l'émission, ce qui fait qu'en plus d'avoir le trac, j'étais pompette et j'avais mal à la tête.

Nous avions l'habitude de laisser parler le président de l'association, pour tout ce qui concernait le bla-bla autour de l'humanisme, mais là, c'est moi qui ai dû m'y coller, et je n'avais évidemment pas les ressources que j'ai maintenant. Je suis bien retombée sur mes pattes (surtout quand il m'a demandé la différence entre l'humanisme de la Renaissance, à la mode d'Erasme, et l'humanisme que nous défendions)... Ce n'était pas évident, et pourtant, maintenant, cela me paraît beaucoup plus limpide, car l'humanisme d'Erasme était celui d'un Lettré familier du grec et du latin. Et le "nôtre", un ensemble de valeurs qu'on peut imaginer.

A propos d'Erasme... Mes visites à la maison d'Erasme et la rencontre du Conservateur du musée ont peut-être, sans doute, sûrement influencé ma décision de venir habiter à Anderlecht. Je me suis dit, tiens, j'aime bien ce coin-là... Pourquoi pas? Petite cause, grands effets...

Bref, avec tout cela, je ne me souviens pas trop de ma séance chez l'esthéticienne. De toute façon, quand on passe à la télé, on vous remaquille complètement, de façon à matifier le teint, sinon on brille comme une boule de noël face à la caméra.

Je n'ai jamais fait de pub pour l'émission, du moins au boulot, avant le jour où elle allait passer, bien que je me sois défendue honorablement, pour une fille qui était morte de trac.

J'ai même repris la parole plusieurs fois, ne voulant pas que le guide profite de ma trouille pour la monopoliser, cette parole. Et pour faire passer les idées auxquelles je tenais le plus.