Elles parcouraient leurs smartphones avec un bel ensemble. Le temps que j'extraie le mien de sa poche, et que je les prenne discrètement en photo, l'une d'elles avait rangé le sien. Comme on arrivait dans une station, des gens sont montés. J'aimais bien le bel ensemble : côte à côte, les deux smartphones, les regards rivés à l'appareil, et la main courante qui les séparait. Je ne sais pas expliquer, une histoire double et de verticalité.

dans le métro aujourd'hui

Je me suis promenée en ville avec mon amie Anémone. On s'est d'abord retrouvé devant un jus de légumes...

Puis on a fait quelques courses.

Puis on a cherché un endroit où manger.

Plein à craquer d'abord. Avec des tacos craquants également.

Puis j'ai eu envie d'un dessert.

Puis je m'en suis passée, en pensant aux dattes medjoul que j'avais achetées. J'étais débarrassée de mes deux livres de la bibliothèque, mais j'avais un bocal de purée de fruits, de la feta, (des dattes medjoul - et elles sont bonnes), des amandes au cacao, et des bricoles multiples.

Pendant que j'essayais de cueillir mes dattes avec une pelle, et de les mettre dans le sachet en papier, je repensais à l'épicier du coin de ma rue, il y a cinquante ans, qui pesait fruits et légumes et les emballait dans des sachets en papier ou du papier journal... Puis prenait l'argent, rendait la monnaie et se grattait parfois l'oreille (ou toute autre partie de son anatomie), tout ça avec la même main. Je me suis dit qu'on revenait au temps passé et je me suis demandé pourquoi on se donnait tout se mal : passer du papier au plastique, puis du plastique au papier, bref, j'aurais pu garder les cabas de mes parents. Ils étaient de bonne qualité.

J'aime bien observer le public dans les magasins aussi : la jeune cadre dynamique (et pas d'ici) qui achète des fraises séchées à 13 euros et dès les 100 grammes... Avec la dextérité d'une épicière professionnelle. C'est quand même un peu cher payer la fraise hors saison.

Sur la place Sainte-Catherine, près du poissonnier qui débite des huîtres, des moules et toutes sortes de spécialités, il y avait une vraie foule en train de boire du petit blanc et de manger des fruits de mer, beignets, soupes de poisson. Sans cabas.

Nous avons sagement repris notre métro.

Le temps était sec, frais, et le gris plomb avait fait la place à un peu de bleuté. J'avais retrouvé l'énergie qui me faisait totalement défaut hier après-midi.

Ces derniers temps, c'était plutôt ceci:

gris de gris