Dimanche dernier, la Rose m'avait suggéré un petit tour (après un petit repas thaï), et, au moment de partir, nous avons hésité. J'avais pensé à l'expo de la bijouterie Wolfers / Horta, au Cinquantenaire, mais le prix de l'entrée était au niveau... D'une bijouterie.

C'était le premier dimanche du mois, donc, une bonne centaine de musées étaient gratuits. C'aurait été l'occasion d'aller enfin à ce fameux musée de la franc-maçonnerie, rue de Laeken, mais de fil en aiguille, il était quinze heures trente, le musée fermait à dix-sept heures... Donc, j'ai proposé que l'on retourne voir les grilles devant un immeuble, au Jardin du Roi, à Ixelles, des grilles à la Vasarely.

Cet immeuble a dû être construit dans les années 60-70, rue de Belle-Vue, une rue qui relie l'avenue Louise, près de mon ancien chez moi, aux étangs d'Ixelles (ou à peu près). Cette rue, je l'ai descendue des centaines de fois, (et remontée aussi, et elle montait sec!) pour aller à l'Académie de musique d'Ixelles où j'étudiais le piano, le solfège et le chant d'ensemble. Le jardinet avant est orné d'une grille - inspirée d'un dessin de Vasarely, qui était follement à la mode à l'époque.

"Vers la rue de Belle-Vue, au rez-de-chaussée, grille en aluminium exécutée d'après un dessin du plasticien Victor Vasarely, servant à couper la vue vers l'appartement du concierge. Hall d'entrée rehaussé d'une pièce d'eau; escalier en tôle pliée sur support de poutrelles, à garde-corps en glace sécurit." (Irisnet - Inventaire - av Général de Gaulle / rue de Belle-Vue, n° 2).

A la Vasarely noir blanc

a la vasarely

Après, nous avons fait le tour du Jardin du Roi, en montant vers => l'avenue Louise... Le Rond-Point, plus exactement. La Rose m'a demandé si je voulais aller dans mon ancienne rue, mais non, je n'y tiens plus spécialement. J'aime bien l'apercevoir comme ça, en passant en voiture, mais à quoi cela m'avancerait-t-il de voir la maison de ma jeunesse, qui, depuis que nous l'avons vendue, a été vendue et rachetée déjà deux fois? Et est occupée aujourd'hui par une société? "Poser la question, c'est déjà y répondre" comme on disait toujours, assez sottement, dans la laïcité.

Le quartier m'intéresse davantage. Tout en haut, pendant qu'elle regardait le panorama, je me suis livrée à une de ces rêveries que j'adore. J'ai essayé d'éliminer mentalement le parc, les maisons, la statue, et d'imaginer cette vallée du Maelbeek, jalonnnée d'étangs, du temps de la splendeur de l'Abbaye de la Cambre.

C'est un exercice difficile, mais pas impossible. Et je m'y suis exercée plus d'une fois.

creusement de l'avenue Louise van der vin 1862

Paul van der Vin, le chantier de l'avenue Louise, vers 1862,

Musée de la Ville de Bruxelles - Maison du Roi, don de Xavier Duquenne.

avenue Louise Charles Neyt 1870 AGR

Le creusement de l'avenue Louise, peut-être à hauteur de la rue Defacqz,

Charles Neyt, (c) AGR, Archives Générales du Royaume, vers 1870.

Après, nous avons longé l'étang en direction de l'Abbaye de la Cambre (il s'était mis à pleuvoir, bien entendu!). Les étangs étaient encore gelés. Nous avons franchi le porche de l'Abbaye, mais les chemins étaient extrêmement boueux, et pourtant, il y a de la pierraille. Mais je ne me sentais pas très à l'aise.

Après quoi, nous sommes retournées à la voiture et parties vers l'avenue "des Nations" - Franklin Roosevelt. Là, je lui ai proposé de s'arrêter pour revoir le Square du Val de la Cambre, un square reliant l'avenue Emile Duray à la chaussée de Boondael, mais effectivement, le lieu, conçu par l'architecte Adrien Blomme, est privé, ou disons, privatisé... Du côté abbaye de la Cambre, on sait encore y entrer à pied. De l'autre côté, c'est fermé par des grilles! Et pourtant, ce passage, combien de fois ne l'ai-je pas emprunté? J'allais même assez régulièrement chez une amie du lycée, qui y habitait - dans un appartement, à un deuxième ou troisième étage sans ascenseur. Sa maman tenait une fromagerie chaussée d'Ixelles.

Et plus tard, mon ex-mari, ses élèves du cours du soir d'Ixelles et moi, sommes allés à une petite réunion amicale, genre auberge espagnole, chez une élève du cours de dessin. Qui y avait acheté un appartement très joliment rénové. Le lieu, du fait de sa privatisation, n'est pas très engageant. Les photos que j'ai tenté d'y faire étaient complètement ratées.

val de la cambre carte ancienne

square du val de la cambre 2018

Après un bon dimanche, où j'étais contente d'avoir un peu marché, j'ai retrouvé problèmes digestifs (trop d'AINS en deux semaines), maux de tête et autres Arnolderies, mais aujourd'hui, tout est plus calme. Et j'en profite... Je suis même sortie, sous une très fine pluie cette fois, pas comme hier où je suis arrivée nauséeuse, toussante, crachante, soufflante et verte, chez le kiné, ce qui fait qu'il m'a gentiment renvoyée chez moi...

***

Parfois, je me pose la question "absurde" par excellence... Si tout d'un coup je gagnais une somme d'argent importante (c'est impossible, je ne JOUE PAS au Lotto), où irais-je habiter ?

Option 1: resterais-je à Anderlecht? Il y a l'académie... Et des endroits plus agréables que le mien, et des appartements dans des immeubles sûrement en meilleur état... Ou alors, il me faudrait une toute petite maison, mais vraiment très petite (une maison type du quartier de la Roue, ça, ça me plairait... Sauf que le quartier est socialement "explosif").

Option 2: irais-je vivre à Waterloo ou Braine l'Alleud? Mais que ferais-je, une fois là-bas? Il faut une voiture.

Option 3: retournerais-je à Ixelles? Je n'en sais rien... Tout ne me paraît pas enviable, il y a tellement de circulation et de voitures. Ici aussi, mais désormais, je suis habituée. La chaussée de Mons est naturellement moins luxueuse que l'avenue Louise, mais je sais une chose en tout cas, pour rien au monde, je ne voudrais habiter avenue Louise.