Un de ces derniers dimanches, j'ai sorti deux boîtes à archives remplies de ma collection de J2 Magazine, de septembre 1970 à 1973.

J2 Magazine était la suite modernisée d'un hebdomadaire ilustré, Âmes vaillantes (le correspondant féminin de Coeurs vaillants), pour adolescentes, et je m'y étais abonnée via l'école. Ajoutons que ces hebdomadaires, d'obédience chrétienne, avaient leur pendant socialiste, Vaillant. Tout cela se démarquait un peu de Spirou, Tintin et Pilote, je pense, plus "commerciaux".

Il comprenait un ou deux reportages sur des ados européens - voire non européens, une histoire courte sous forme de BD, soit à caractère historique, scientifique - en alternance avec les histoires de "Nicole", une jolie détective... Un peu comme les histoires de l'Oncle Paul, dans Spirou. Il y avait une page de correspondance, tenue par une rédactrice du journal, une page d'échanges de correspondances (j'ai retrouvé mon annonce, datant de janvier 1972 à peu près, pour échanger avec une ou deux jeunes filles d'Arles ou de Provence), encore une historiette courte sous forme de BD, sur deux pages, avec un bout de présentation, et enfin, les deux feuilletons illustrés.

Puis les programmes télé, réduits à deux chaînes à l'époque, avec commentaires et un article pour illustrer. La première critique télé parle justement de mon feuilleton télé favori de l'époque, Nanou, l'histoire d'une jeune nageuse qui part tenter sa chance aux Jeux Olympiques.

Le journal encourageait fort la création de groupes "J2", à travers la France, dans le but de relier -sans doute- des filles plutôt isolées dans leurs petites villes. C'était sans doute plus sûr que les réseaux sociaux d'aujourd'hui. 

En 73, j'ai abandonné J2 Magazine pour Christiane, (pour les aînées), beaucoup plus luxueux et plus sérieux, mais qui m'amusait moins - c'est pourtant grâce à Christiane que j'ai lu LIBERTE de Paul Eluard pour la première fois, et que je me suis prise de passion pour la poésie. J'ai malheureusement liquidé ma collection de Christiane (une sottise) parce que là, le graphisme (ainsi que les photographies, en noir et blanc, sur du papier luxueux), était absolument exceptionnel.

Il y avait des feuilletons que j'adorais :

  • il y a Frédérique, une infirmière... Qui, après deux ou trois aventures sans prétentions, va rejoindre son amoureux en Nouvelle-Zélande, et après diverses mésaventures, se marie avec lui.
  • il y a Anita, une ado, patineuse à glace, qui va habiter avec sa mère, dans une cité futuriste qui s'appelle d'ailleurs NOUVELVILLE. Elle va arriver à fédérer les jeunes de la ville.
  • Il y a une Valentine, qui traverse quelques aventures avec une bande de copains.
  • Et des histoires dans l'Antiquité, ou dans les pays de l'Est... De l'époque.

Et, chaque semaine, le poster d'une vedette (dont beaucoup sont morts, mais rien sur Jacques Higelin -ça, cela devait être dans "Christiane"), alors jeunes et beaux.

Tout en remettant mes années en ordre, je recherchais des dates. Un 14 avril, précisément, clôturant les vacances de Pâques et qui me rappelait de bons souvenirs. Tous ces moments où je lisais mon J2 Magazine, dans ma chambre sans doute, au milieu des cahiers d'école, des journaux intimes en cours, des fardes de dessins, de mes "écritures"... Bref, tout le fatras d'une adolescente entre treize et quinze ans, dont la chambre devient tout doucement une chambre de jeune fille.

Dans l'un d'eux, j'avais consciencieusement recopié mon horaire de 5ème latin-grec... Et même avec les cours du samedi !

j2 magazine

Brigitte Fossey - sans doute à l'époque des "Gens de Mogador".

J2-Magazine-1973