Donc, vendredi, le Goût des autres écrit dans son blog:

"Donc, lectrices chéries" (oui, il nous appelle ses lectrices chéries...), vous savez bien que quand on n’est pas sage ou pas attentif, on est puni.
Je suis sûr que vous aimez bien les histoires d’enfant pas sage…
Racontez nous une histoire de pas sage.
"

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J'ai bien du mal à réunir mes idées pour trouver une histoire d'enfant pas sage dans mes souvenirs... Evidemment, je peux inventer, penser à d'autres enfants de mon entourage, frère, cousins, cousines, amies de classe, enfants rencontrés en vacances, ou à la plaine de eux... Penser à l'enfance de mon propre fils... Je vais me lancer, soyons fantaisistes, ne nous prenons pas trop au sérieux, nous verrons bien ce qu'il en sortira...

metro goût

Ce qui me revient tout d'un coup, ce sont le frasques de mon fils quand nous faisions des courses en ville.

Sa curiosité était et est toujours insondable. Ce fut un garçon capable de faire plusieurs choses à la fois: couché par terre, sur le tapis, dans l'appartement, à regarder la télé, goûter, faire ses devoirs d'une main (des devoirs encore faciles et à moitié faits à l'école d'ailleurs), chipoter à un jouet avec l'autre main, et avec ses pieds, faire bouger tout ce qui se trouvait sur la table du salon.

Il y a une ou deux semaines, invitée à goûter chez lui, pour le "fun", je leur ai apporté un livre sur les prénoms de garçons... 5000 prénoms. Quand les vacances seront finies, et c'est pour bientôt, l'échéance se rapprochera de plus en plus, où je deviendrai grand-mère. Pendant que nous dégustions son crumble aux pommes "doux", délicieux et sûret comme j'aime les desserts, il nous lisait les prénoms les plus hallucinants qui soient. Je riais. La Rose - qui était là - se battait avec ses pommes et souriait - ma belle-fille levait les yeux au ciel. Epaminondas a même fini par sortir. Curieux parce que récemment, je m'étais tellement répété ce nom (venu de quelles profondeurs de ma mémoire?) que j'ai regardé qui était cet Epaminondas. C'était un général thébain, grec, qui se battait contre Sparte, mais ne recevait pas l'aide d'Athènes, bref, il a quand même fini par l'emporter sur les Spartiates. Vieux souvenir de cours d'histoire.

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Le souvenir le plus drôle (et traumatisant ensemble) que j'aie gardé, c'est un samedi après-midi où nous faisions nos courses dans un GB qui a disparu. C'était celui qui se trouvait au centre-ville, dans le building de l'ancien parking 58 que l'on vient d'abattre pour y construire le futur Centre administratif de Bruxelles... Où l'on a fait des fouilles archéologiques importantes, puisque les anciennes halles de Bruxelles, détruites pour y construire le fameux parking 58, ont été construites sur le lit de la Senne asséchée, voûtée et détournée, et sur un quai d'embarquement (et de débarquement) d'un bras de la rivière. Vieux de plusieurs siècles.

Au rez-de-chaussée de ce GB (qui est devenu Carrefour), il y avait le "non-food" comme on disait alors, et au sous-sol, l'alimentation.

Nous passions dans les rayons avec le caddy, mon fils perché dans l'espace enfant du caddy, - comme le petit frère de Martine dans "Martine fait ses courses"... Et nous étions arrêtés au rayon vaisselle. Il a tendu son petit bras curieux, s'est appuyé à l'étagère du rayon, qui ne devait pas être bien solide, car elle est tombée et la vaisselle a suivi dans la dégringolade, jusqu'à ce que mon mari rattrape le tout et évite à tout le rayon de s'effondrer. J'étais absolument catastrophée, les employées sont arrivées, mon mari a proposé qu'on paie la casse (j'ai manqué m'évanouir à cette idée) et heureusement, elles ont dit que ce n'était pas nécessaire. Tout était bien qui finissait bien.

martine fait ses courses

Nous ne le punissions pas beaucoup. Mon ex-mari était partisan du "coin", j'étais partisan-t-e de la privation de télévision, ce que je trouvais beaucoup plus porteur.

J'ai pensé à cette histoire de vaisselle, d'abord parce que je suis à fond dans les collections de vaisselle Boch, (Keralux, uni, multicolore...) et ensuite parce que moi-même, enfant, j'étais - paraît-il - un jour sur le lit de mes parents, toute petite... Ce lit était proche de la cheminée, sur laquelle je ne sais pas pourquoi, ma mère stockait ses pots de confiture. Fermés avec un couvercle de paraffine. Il paraît que j'ai pris un pot et que je l'ai retourné sur le lit. Par la suite, elle a plutôt misé sur les compotes (la confiture "tenait" difficilement et nous trouvions cela trop sucré).

De même, le dernier jour de nos vacances à Bouillon (dans les Ardennes), quand j'avais sept ans et que nous sommes allés faire nos ultimes achats à la pâtisserie Georges... En voulant chasser les mouches (ou les guêpes?) d'une table où trônaient de magnifiques tartes, j'ai fait tomber la dernière tarte spéciale de la maison, aux abricots, qu'une dame était justement en train d'acheter. La pâtisserie a aussitôt été rebaptisée "pâtisserie Tarte par terre" .................

Mon fils s'est encore illustré dans un magasin de vêtements, rue Neuve, où il avait disparu sous les tourniquets... Et dont il est sorti avec un portefeuille qu'il avait trouvé. Nous avons porté le portefeuille à une caisse. Peut-être a-t-on retrouvé son propriétaire.

Et enfin, dans un magasin de cravates et de foulards proche de la Grand-Place, il a renversé un tourniquet de cravates. J'ai pourtant dû aussi lui seriner le célèbre adage maternel (valable pour les visites des musées et des châteaux) "on regarde avec les yeux, pas avec les mains".

Mais il faut tout de même un certain temps avant de dépasser son envie de regarder avec les mains...

Je me demande même si une vie y suffit !