Variations de regard

29 mai 2017

Mina, Dame de coeur.

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Meredith Frampton

Dès qu'il entra dans la pièce, il eut un choc au coeur. On lui avait vanté la très grande beauté de Mina, et on ne lui avait pas menti. Il nota tout d'un coup d'oeil, la robe lavande, au corsage près du corps, à la fois prude - le col empesé - et subtilement audacieuse, car elle dessinait, voire épousait ses seins.

Et puis, l'été, les épis de blé, les fleurs de champs et quelques fruits du jardin.

Elle levait une carte. Si un petit tas se découvrait, au fur et à mesure que l'horloge se déroulerait, il pourrait se permettre une privauté... Il y avait douze tas à découvrir... Les douze étapes de l'effeuillage de Mina. Si la réussite échouait, ils étaient censés en rester là, mais souvent, trop submergés par le désir, ils recommençaient.

Mina avançait dans sa patience. Lorsque le tas de six fut entièrement retourné, il se plaça derrière elle, et fit glisser la fermeture éclair de sa robe. Lorsqu'elle continua à soulever les cartes, il la caressa, éprouvant la présence du soutien-gorge de soie ivoire. Lorsqu'un tas de sept fut découvert, il écarta les épaules de la robe et gracieusement, elle l'aida à se débarrasser des manches.

C'était très excitant de faire cela devant une fenêtre ouverte sur l'après-midi espagnole...

Un roi tomba. Il retira ses mains.

Elle reprit son jeu, et ce fut un tas de trois qui fut bientôt découvert. Il dégrafa le soutien-gorge et caressa -enfin, les seins de Mina. C'était le moment le plus crucial du jeu, quand elle continuait sa patience, imperturbable, alors que le léger halètement de ses seins, et les pointes qui se mouvaient entre ses doigts, prouvaient que le désir s'intensifiait.

C'était un jour de chance. Les dix se découvrirent, il se pencha pour glisser une main sous sa jupe et remonter le long de sa cuisse. Elle ne put s'empêcher d'écarter légèrement les jambes, et il effleura de son doigt le satin de la lingerie assortie au soutien-gorge. Il glissa un doigt sous le tissu, afin de trouver la chair de Mina, une chair toute tremblante, mais ils ne pouvaient brûler les étapes... Les onze se découvrirent aussi, et il lui retira ses bas et sa culotte.  Il adora sentir une légère buée sur la chaise et lui-même eut du mal à maîtriser les désirs qui se heurtaient dans son corps.

Un roi tomba et ils restèrent immobiles, incertains quant à l'issue de la réussite.

Leur effleurage continua, et lorsque le dernier tas fut enfin découvert, il conduisit la jeune femme -nue- devant la fenêtre, et là, devant le paysage entier, la caressa jusqu'à ce que .......

***

Au moment précis où il déposait sa canne et son chapeau sur la console, à l'entrée du salon, Céleste, la gouvernante, vint les avertir que l'apéritif les attendait - comme d'habitude- au salon.

Mina brouilla les cartes de sa ènième réussite de la journée et rit.

"Eh bien, venez donc me dire bonsoir!"

Elle se demanda fugacement où il avait encore la tête -dans ses placements bancaires sans doute- et l'emmena dans la pièce à côté pour entamer avec lui une de ces longues soirées qu'elle s'obstinait à trouver si ennuyeuse.

Pour Lakevio

 

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28 mai 2017

Le tarama

S'il y a une chose que j'adore, ce sont les mezze(des) - turcs, grecs, libanais, tout est bon.

C'est Heure-Bleue qui m'y a fait penser avec son houmous...

J'ai expérimenté une recette de tarama maison - bon, ce n'est pas tout à fait la vraie recette, car je ne dispose pas d'oeufs de cabillaud fumé, mais voilà,

j'ai imbibé un sandwich émietté avec du lait tiède, (le principe est d'émietter du pain et de l'imbiber de lait, puis de l'écraser),

j'y ai joint des dés de saumon fumé (il y a des petits paquets qui conviennent bien, du moins pour un essai),

un pot d'oeufs de lumpe (rose foncé),

du poivre et du jus de citron, et hop, au frigo.

Ce n'était pas mauvais du tout, le goût y était. Mais c'était un peu liquide. Disons que c'est plus une sauce où tremper quelque chose (des bâtonnets de légumes) que du tarama qui tient dans l'assiette ou sur du pain.

J'ai envie de tester aussi des concombres marinés (pas des cornichons, non, des concombres), mais pour cela, il faut des bocaux à conserve, hum, hum.

Et toujours, un cake Battenberg...

Bon, mardi, je vais à mon club... du mardi... Où l'on mange une salade le midi (c'est là que j'ai vu faire du tarama). Sympa ce club. Il y a un magnifique jardin avec une pièce d'eau de rêve... Et à midi, on peut manger dehors. Ca me change d'Etrimo. Je vais y amener une espèce de cake un peu industriel que j'ai acheté, et que je ne vais surtout pas manger, de peur d'être malade...

***

ps. La Rose est venue hier m'aider à travailler sur mon projet réseau, pour l'infographie... Je ne dis pas que c'est parfait, mais bon, je tâcherai de faire mieux l'an prochain. J'avais choisi un thème beaucoup trop difficile... Compte tenu du temps dont je disposais.

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27 mai 2017

...

Trop fatiguée, je n'y arrive pas...

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Fantaisie

Quand je traverse l'Oosterschelde, ou que je regarde la finale de "Master and commander", je pense à ce rêve que j'accomplirais peut-être, si j'en avais les moyens. Partir en bateau. Mais pas en croisière non, je refuse de monter dans un Etrimo sur l'eau.

Non, ce qui me plairait bien, c'est de voyager sur un de ces cargos qui prennent parfois des passagers...

L'Oosterschelde

Les éoliennes de Neetlje Jans

L'Oosterschelde

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26 mai 2017

Delft d'hier et d'aujourd'hui (bis)

Que je réfléchisse... A mes excursions récents aux Pays-Bas.

En 2014, je crois, il y a eu Utrecht et le musée Kroller-Müller, une véritable claque esthétique...

J'y ai vu des Van Gogh à fendre l'âme - dans d'excellentes conditions, bien meilleures qu'au musée Van Gogh à Amsterdam (qui m'a fort déçue, par rapport à ce qu'on m'en avait dit). Je me suis dit après que nous aurions mieux fait de visiter le musée d'art moderne - voisin, si ce n'est que nous étions absolument épuisées.

Et un labyrinthe de Jean Dubuffet.

L'an dernier, en 2016, Amsterdam. Wouwh ! Quel souvenir... L'arrivée le premier jour, la balade en bateau, la chaleur écrasante, se débrouiller au sortir de la gare, trouver la gare des trams, comprendre le système des cartes, abonnements, etc.

Le Rijksmuseum... (Je devrais y penser plus souvent quand je flippe, cela me requinquerait).

Avec l'académie, il y a eu Tilburg, et le musée De Pont, récemment... 

Et maintenant, donc, les plages de Monster et de Hoek van Holland, laquelle ne manquait pas de grandeur, Delft, les moulins de Kinderdijk, et puis le retour par Zierikzee, un paradis pour le photographe (et pas que pour le côté typique de la vieille petite cité), et le viaduc qui enjambe l'Oosterschelde.

En attendant, nous sommes toujours à Delft.

Un mélange de - mais où est l'esprit de Vermeer? Mais que penserait-il s'il revenait aujourd'hui? - d'émerveillement devant les canaux. Et puis le tourisme, les boutiques de bonbons "snoepjes" (je ne sais pas si on dit cela aux Pays-Bas), les fromages... Gouda jeune ou vieux ? Mais rien ne vaut le Présent !  Les faïences, les vélos, les badauds, les glaces...

Les reflets dans les canaux...

Le béguinage

Snoepjes

Caseum formaticum o:)

Cette boutique (et les étals de fromage sur le petit marché) diffère totalement d'un véritable marché que j'ai arpenté aux Pays-Bas, il y a bien longtemps - dans le Limbourg.

J'étais à Olen, pour une bonne semaine (à l'époque de mon anniversaire), pour parfaire mon néerlandais avant de présenter un examen linguistique. Mon père travaillait à la métallurgie d'Hoboken-Overpelt-Olen, et il s'était entendu avec un collègue pour que j'aille une semaine à Olen. J'accompagnais ce collègue dans les bureaux de l'import-export (je suppose) - sauf un jour où je suis restée avec son épouse. Elle trouvait (et moi aussi) que j'aurais beaucoup plus progressé si j'étais restée avec elle qu'en allant bêtement m'asseoir à un bureau sans y travailler vraiment. (Et en surprenant des allusions graveleuses sur les "Brusseleirs"). 

Cette dame m'a donc emmenée voir ce petit marché dans une ville hollandaise proche, et ça, ça, c'était vraiment un marché aux fromages... Ce n'était pas des roues pour touristes. Dommage que je n'aie pas pris de photos... Le plus drôle, c'est que je suis rentrée de là-bas avec des pelotes de laine Anny Blatt, avec lesquelles j'ai tricoté un gilet sans manches en dentelle (!) Cette dame adorait le tricot et entretenait un potager. J'avais adoré le parc, le potager, les poules, les oeufs, cuisiner, tricoter en bavardant... Et je pense que cela m'est resté à travers les années.

Sauf que maintenant, je ne saurais plus bêcher (d'ailleurs, quand je bêche, je casse le manche, ne me demandez pas comment je fais, alors que je n'ai aucune force physique!)

l'âme de Vermeer

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Delft d'hier et d'aujourd'hui

La Rose et moi sommes parties trois jours aux Pays-Bas (après moult discussions sur le choix de la destination... Renesse? En Zélande? (Pour le repos...) ou Naaldwijk? Plus au nord, mais près de la plage de Hoek van Holland assurait le supplément Fl** l'H. (la revue hebdomadaire débile qu'on n'achète que pour les suppléments).

Naaldwijk présentait l'avantage d'être près de Delft, et nous nous sommes décidées pour ce coin-là, ne sachant pas quel temps il ferait : pluvieux ou beau? Il fait superbe (mais on ne pouvait pas le prévoir).

L'hôtel n'était pas près de la plage (je soupçonne que la photo d'illustration était la plage de Scheveningen, car je n'ai rien vu de pareil là où nous sommes allées), mais dans une zone d'entreprises de culture d'asperges... Ce n'est pas grave. Le premier jour, nous avons partagé nos sandwiches (tièdes) sur la plage de Monster, et puis, nous avons trouvé le chemin de Hoek van Holland (l'estuaire du port de Rotterdam) mais j'y reviendrai...

***

Mercredi, nous étions à Delft.

On a pas mal tourné avant de garer au Paardenmarkt et de nous diriger "au pif" vers le centre-ville. Il n'y a pas vraiment de musée Vermeer à voir (un centre autour de Vermeer, mais plutôt didactique) et de toute façon, nous avions déjà vu de beaux tableaux, l'an dernier à Amsterdam.

L'église où il y a le tombeau de Guilaume le Taciturne était en pleins travaux. Nous avons renoncé à payer 8 euros pour voir un chantier. Finalement, nous n'avons visité aucune église, aucun musée, nous nous sommes baladées jusqu'à mourir à peu près d'inanition. Mais nous avons trouvé un joli jardin, attenant au musée de la Ville, où nous sommes restées un petit temps. Puis, après avoir pris une boisson au gingembre bio (!) nous sommes reparties vers une autre destination très touristique...

le tramway de Delft, pris de la voiture.

En arrivant, le "ring" de Delft...

Une maison moderniste dans le quartier du béguinage

Vue de Delft

La veille porte

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22 mai 2017

Ouaterlôo, suite

Bon, mercredi dernier, je comptais repasser à Waterloo, avec une amie, pour revoir et lui montrer la maison...

1°) Mon fils m'a dit qu'il préférait que je vienne plus tard, qu'ils avaient commencé à tout démonter et que c'était le foutoir, dit poliment... Et qu'ils courent dans tous les sens. Bon. Ok, je veux bien.

Ils y ont travaillé les mardi et mercredi. Et ils reprenaient samedi et dimanche à partir de midi. Honnêtement, je trouvais que j'aurais pu venir. Même si je ne nettoyais qu'une demi-dalle (comme le traître, un légionnaire corse dans Astérix), ce serait toujours une demi-dalle de faite. Mais bon, pour je ne sais quelles raisons (trop de cuisiniers gâteraient la sauce? Ou le prétexte de ma santé? Enfin, je ne suis quand même pas dans une chaise roulante!) il m'a dit de rester chez moi et de me reposer.

2°) Je veux bien me reposer, mais rester chez moi, du samedi au dimanche, sans voir ni entendre âme qui vive (à part mon chat et l'équipe de Section de Recherches), c'est un peu mortel. Quarante-huit heures de vide. Bien sûr, une amie m'avait invitée, du coup, à manger avec elle de l'autre côté de Bruxelles le dimanche midi. Mais samedi soir, j'ai  mangé le menu de ma journée en une soirée, et bien entendu, dimanche, j'étais malade.

Puis, quand j'allais mieux, que faire ? La Rose était en famille... Anémone était loin... Mon fils inaccessible... Mon GSM restait muet, j'ai eu beau le regarder pendant des heures, il est resté muet. Vide... Noir.

3°) Cette impression affreuse d'être inutile, d'être devenue inutile. Pourquoi? Est-ce que c'est vraiment pour me préserver? Mais pourquoi, dans les familles, il y en a toujours qui restent sur le côté ? Déjà quand mon frère s'est marié. Bien sûr, on laisse les jeunes se débrouiller entre eux, mais si ma "belle-fille" et sa mère frottent en gémissant "mais qu'est-ce qu'il fait crasseux ici", on ne sera pas trop de six mains pour nettoyer dans les coins, pendant que mon fils nettoie les plafonds.

Alors, j'ai des craintes pour l'avenir. Moi qui attends d'être grand-mère, ne vais-je pas être considérée comme trop fragile, trop fatiguée, trop ci, trop ça, pas assez ceci, pas assez cela... Et rester avec tout ce que j'ai à offrir et dont personne ne veut ?

Que me reste-t-il à faire? Bien sûr, j'ai aussi un appartement à ranger, à nettoyer, mais la vie, pour le moment se passe là-bas, et je ne peux pas y aller. Et comme je ne veux pas m'imposer, je ravale mon chagrin, mes larmes, tout. Et ça implose. Le seul moyen de passer le cap, c'est de dormir. Là ! Je suis sûre de n'ennuyer personne.... Encore que.

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16 mai 2017

Revenons à nos pigeons (heu, à nos moutons)

D'abord, pour les personnes  intéressées, le bain à l'aspirine : tout simplement se faire couler un bain chaud, et faire dissoudre 3 à 4 aspirines effervescentes dans l'eau. Sans caféine, (peut-être qu'avec de la vitamine C ce serait pas mal en hiver ? Je ne sais pas...) Rester 20 minutes à peu près, puis sécher sur le lit (facultatif o;) genre 40 minutes) avec huiles, huiles essentielles, voltaren et autres crèmes.

Ne pas faire le bac du chat juste après, ou tout est à recommencer.

J'ai remarqué que le sèche-cheveux est bénéfique aussi, il ne sèche pas que les cheveux, il réchauffe le cou, et quand on a chaud au cou, n'est-ce pas, on a chaud partout.

***

Jour J pour mon fils aujourd'hui. Ils allaient chercher les clés de la nouvelle maison.

Je vois bien qu'il stresse. Il me jure que non, mais je suis sa mère et moi je vois très bien quand il stresse. Alors, j'essaie de lui réinsuffler du courage et de la confiance en lui.

***

Il y a eu le jour où j'ai quitté la maison de la rue Van Eyck, le 13 septembre 2004, (je "campais" dans mon appartement depuis le vendredi), et aujourd'hui, avec la "belle-mère" de mon fils, j'ai passé la porte de la maison de leur maison.

Mince ! Ils ont du travail devant eux. Entre nous, je ne sais pas comment ils vont faire. Heureusement, le père de la jeune fille adore rafistoler des maisons et des lofts, il a l'âme d'un décorateur intérieur et il y a une soeur architecte.  C'est une famille nettement plus nombreuse que la sienne. C'est-à-dire que mon fils a une famille (des demi-frères; des cousin-cousines de mon côté, et des cousines du côté de son père, mais on ne se voit pas beaucoup).

Mais avant ça, il faut évacuer tout ce que le propriétaire précédent a laissé. Même les gants de toilette et les brosses à dents dans la salle de bains. Je me demandais s'il s'était lavé le matin et s'il avait tout laissé dans l'état!  Le réfrigérateur, le congélateur, tout est plein de nourriture. Il a même laissé des vêtements (dont un smoking dans sa housse) et mon fils a la même taille.

***

C'est bizarre, oh, comme c'est drôle, c'est comme dans un rêve, un de ces drôles de rêves itératifs que je fais parfois et que j'ai refait, il y a quelque temps. Je parcours un appartement immense avec mon ex-mari, et nous arrivons soudain dans des pièces pleines de meubles anciens (sombres), et remplis de vaisselle et d'objets divers. Comme c'est curieux, c'est seulement maintenant que je me rends compte qu'aujourd'hui, j'ai fait et vécu exactement (à quelques différences près) ce que je faisais et vivais dans ce rêve (seule, l'architecture des lieux était différente).

Quand je suis entrée ici, chez moi, en 2004, j'ai dû faire repeindre deux pièces... Puis refaire les parquets (bon, c'est du lamellé collé, mais de pas trop trop mauvaise qualité, même s'il y a mieux), puis la salle de bains, puis la cuisine. Et puis le reste. Comme c'était drôle, le premier bain que j'ai pris, toute seule, dans cette grande baignoire de coin qui prenait toute la place (je l'ai virée).  En treize ans, j'ai à peu près tout refait. Je me demande comment!

Et les doubles vitrages... Et le premier cafard... Et les chats. Et les hommes de métier ! (Le plombier...)

***

Heureusement, heureusement qu'il n'est pas tout à fait tout seul. Je le trouve encore fort seul pour être à la tête d'un boulot à temps plein avec des responsabilités, même chose pour sa compagne, et à la tête d'une maison à vider, nettoyer, arranger, repeindre, et aménager à leur goût. Ce n'est pas demain qu'il se remettra à maquetter son escadron d'avions anglais, le pauvre...

Il y a même une mare avec des carpes koï. Il va quand même falloir que je lui explique comment il doit soigner ses carpes.

Quand j'étais enfant et que je rentrais de l'école, place Leemans, dans un jardinet devant une maison, il y avait un bassin carré avec des poissons rouges. C'était un de mes points d'arrêt attitrés. Plus tard, j'ai changé de trajet, et à la vitrine d'une arrière-salle de restaurant, il y avait un perroquet gris et rouge. Je m'arrêtais toujours pour le regarder et "communiquer" avec lui. Ma mère prétendait qu'il me connaissait.

***

Voilà, c'était le bilan du lundi 15 mai 2017.

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14 mai 2017

Les alliances

Quand je me suis mariée, je n'ai pas eu d'alliance. On était au mois de juin, le mariage était prévu pour le 7, je me mariais en civil, mais j'avais un bouquet composé par ma belle-soeur fleuriste = des pivoines roses, des fleurs blanches en clochettes, du gypsophile, il était vraiment beau.

Mais mon mari ne s'était pas soucié de commander des alliances. Evidemment, il était en examen (mais à ce moment-là, ses examens ne lui demandaient pas beaucoup de travail. Les élèves dessinaient et il y avait un jury). Le reste était affaire de points, de listes et de tipp-ex. Mais il préparait une expo - la première - de dessins à l'ordinateur avec ses classes concernées. Donc, pas le temps d'aller chercher des alliances.

Chaque année, pendant dix ans, il a été question des alliances - je suis même entrée un jour chez un bijoutier, j'ai dit que je reviendrais avec mon mari et nous n'y sommes jamais allés. Je n'étais qu'une épouse intérimaire. Sans doute avait-il espéré qu'avec un prof de français, il aurait mieux que ce qu'il avait eu avec la première (elle avait fait un peu de coiffure, voulait être une "hausfrau"... Eléver ses enfants et qu'il s'enrichît. Il a toujours prétendu qu'elle le battait (je ne sais pas trop ce qu'il faut en croire) et moi, j'étais beaucoup trop douce.

Quand j'appelais tout le monde pour venir manger à table, personne ne venait. J'étais seule devant mon assiette d'osso bucco, le hachis gremolata était prêt, j'appelais, j'appelais, un jour, j'ai pris mon assiette et je l'ai renversée par terre. Ils sont arrivés paniqués et je suis partie en pleurant.

Je n'ai jamais eu d'alliance, donc. Et quand il en parlé lui, notre mariage était plus que bancal, là, c'était moi qui n'allait plus investir là-dedans.

***

Quand j'ai rencontré mon copain chez Graphite, en 2009, le dessinateur de BD veuf, (il faut dire qu'elle -sa femme- n'a pas eu de chance, ni ses enfants, elle était jeune, avait un beau poste, c'était une femme dynamique, qui aimait ses enfants et ses enfants tenaient à elle, elle est morte en quinze jours trois semaines d'une encéphalite fulgurante). D'après ce que j'ai entendu, il ne la traitait pas si bien que cela. Il était incapable d'être poli avec une femme. Quelle qu'elle soit.  Lui a perdu son boulot et comme le vin était sa pente naturelle, il a continué à piccoler. Mais quand je dis piccoler, c'est piccoler. De 8 heures du matin à minuit, en s'interrompant juste le temps de dormir.

Il avait gardé son alliance à son doigt, sous le prétexte qu'il ne pouvait plus l'enlever, et qu'il ne voulait pas la couper. Je me sentais illégitime. Il ne m'aimait pas. Il me parlait de sa femme, pleurait en mettant "L'Alleluia" de Jeff Buckley sur la platine, il pleurait dans les bras d'une Genvaloise qu'on rencontrait aux fêtes du Mahiermont. Je prenais mes affaires et je m'en allais, j'allais prendre le train à la gare et je rentrais à Bruxelles. Il se demandait alors pourquoi j'étais partie. Ca a duré cinq ans !

Je n'ai donc ou jamais porté d'alliance, quand j'étais mariée, ou je n'ai connu des hommes ne portant que des alliances pour une autre.

La première chose que mon Eddie Barclay d'ex-mari a faite en se re-mariant, deux ou trois mois après que notre divorce a été prononcé, c'est d'acheter des alliances. Je ne pense pas que sa Chinoise lui tape dessus, mais apparemment, elle le "tient" mieux que je ne l'ai fait.

Note d'espoir : heureusement, ils sont loin et dans le changement de vie de mon fils en ce moment, c'est moi qui suis là. J'ai une longueur d'avance sur eux ! Pour une fois !

On pourrait croire - à ce que je dis - qu'il faut exercer une certaine autorité sur son mari... A la base, je ne m'imagine pas ça, non, mais si on ne crie pas pour dire ce qu'on a envie, en bref, si on ne casse pas de vaisselle, car crier est improductif, on n'obtient jamais rien.

C'est triste qu'il faille en arriver à renverser son assiette pour obtenir que la famille vienne à table.

L'ennui aussi, c'est quand on finit par se faire insulter ou par recevoir des coups. Parce que finalement, c'est "vous" qui êtes "la folle".

Conclusion : pas d'homme, pas de mariage, pas d'alliances, ni homme ni femme, parce que parfois, les femmes sont aussi barges et perverses que les hommes (pires ? Je ne sais pas, autrement...)

Et le monastère ?

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Fatigue

Cela fait des lunes qu'une amie et moi, nous devrions partir quelques jours pour nous reposer.

Mais où ?

A Hurtebise ? A Orval?

Avec un bon Flair l'Hebdo?

Oui mais voilà, la semaine passée, ça n'allait pas.

J'ai finalement proposé la semaine du 22 au 26.

C'est difficile à organiser, surtout avec le congé de l'Ascension qui tombe là au milieu.

Aujourd'hui, c'est la fête des mères et je suis seule.

Comme à noël (le 24).

J'ai mal à la tête et aux articulations. Chevilles, genoux, poignets, épaules, omoplates, doigts, il est difficile de s'enduire de voltaren 2% ou d'huiles essentielles dans le dos. Il est plus facile de se plaindre. Pendant que mon plat réchauffe au four.

Vlan, je reçois tout ça sur la tête et ça perturbe mon après-midi. Je suis au beau milieu d'un essai de texte (mais avec une moitié de tête qui sonne comme une cloche, comment faire?)

Alors, le plus facile, c'est de plonger dans le passé, en espérant qu'il ne va pas venir vous débusquer dans vos cauchemars, dans ce passé où vous étiez jeune, moins seule, où vous ne vous sentiez pas obligée de faire des choses parce que tout le monde fait des choses - ce qui fait que vous êtes épuisée de la tête aux pieds et douloureuse des pieds à la tête. Enfin, même ça, je n'en ai pas envie.

Enfin, dans la semaine, on vous infiltrera et peut-être qu'en refaisant une cure d'infiltrations, cela ira de nouveau un peu mieux. En attendant, il faudrait même avoir le COURAGE de prendre un bain avec trois aspirines effervescentes.

Voilàaaa.

Alors, c'est encore plus difficile d'écrire...

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