Variations de regard

20 février 2017

Trois soeurs

Elles sont trois.

L'aînée a des cheveux courts gris taillés à la serpe. Massive et volumineuse, ses vêtements l'engoncent. Pourtant, elle doit quand même bien séduire. Elle a été le modèle, la révolution d'un peintre. Et quel peintre! En étant simplement une amie.

Et puis, il y a Alice aussi, qui disait que sa voix ample et grave avait l'air de sortir du médaillon qui fermait le col de son corsage, lors de leur première rencontre. Elle aime la peinture, elle est écrivain, elle est fabuleuse dans "Midnight in Paris", elle donne de judicieux conseils au jeune héros, pas très heureux en amour et perdu dans le Paris de 1920. Elle est gourmande. Elle habite rue de Fleurus. Elle a parcouru la France dans une Jeep, rescapée de la guerre 14-18, elle a été collectionneuse, elle a écrit l'autobiographie d'Alice Toklas, en profitant pour parler d'elle-même à tout bout de champ.

C'est un phénomène de la littérature...

C'est Gertrude Stein.

Et moi, j'aime par-dessus tout "Le livre de cuisine d'Alice Toklas", sa compagne. Ecrit avec fièvre. Et délectation. Quelque chose qui est mille fois plus qu'un livre de cuisine ou le récit de deux destinées. L'histoire de deux gourmandises, des potagers de Bilignin, des bouchées au haschisch... Et de dîners pantagruéliques qu'on ne saurait plus digérer aujourd'hui...

***

Elle est aussi américaine. Elle est peintre. Elle est portraitiste. Elle est magnifique. Sa vie est un mystère. Ses portraits de femmes sont majestueux. Elle fréquenta un écrivain italien. Et rencontra Nathalie Clifford-Barney après la guerre.

Un coeur volage, une vieille dame indigne, une villa pour elles deux - le Trait d'union - mais cette plume plus qu'estimable. Les deux femmes ne se quitteront pas - malgré Dolly, la poésie de Renée Vivien, les crises de mysticisme de Liane de Pougy, avec la Duchesse de C. - T... Sous et dans l'oeil bienveillant des mémoires de Berthe Cleyrergue, un dévouement comme on n'en fait plus.

Elle, c'est Romaine Brooks.

gabriele-dannunzio

Gabriele d'Annunzio par Romaine Brooks

***

Et elle, la petite dernière, comme une bâtarde, mais toute de velours rouge, elle vient en droite ligne du vingtième et unième siècle, avec ses lunettes et ses cheveux ébouriffés, ses passions et sa vie compliquée. Sa déchirure entre peinture et littérature, entre ses plus grandes amours et sa féminité, elle vint s'asseoir à côté d'elles et leur demanda, les supplia de lui parler - sans plus s'arrêter - de ce temps-là.

Elle qui avait passé des années de sa vie à attendre cette soeur qui était déjà partie.

Bien avant elle.

Charles W. Hawthorne - Trois femmes de Provincetown

En bateau, Lakévio !

Posté par quartzrose à 11:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]

19 février 2017

Pourquoi la poésie ?

J'ai été informée d'une après-midi sur le thème de la poésie, mardi prochain, au musée d'Art ancien, co-animée par trois noms de la poésie belge d'aujourd'hui, (et d'hier aussi), Colette Nys-Mazure, la poétesse belge incontournable, qui, dans la modeste sphère de notre pays est une écrivaine dont on peut dire qu'elle a pleinement réussi.

Une deuxième personne dont j'ai oublié le nom, plutôt une slammeuse - je ne connais pas bien le slam, si ce n'est que c'est une poésie plutôt parlée (dite en marchant?) J'ai lu, il y a quelques années, un ou deux textes d'une Française que j'avais trouvés très beaux, elle se réclamait du slam.

Et enfin, Milady Renoir, qui est aussi connue dans le monde littéraire bruxellois (j'ai bien envie de dire "comme le loup blanc"). Style surréaliste et 'évolutionnaire. Nous étions toutes les deux sur une scène, il y a dix ou onze ans, à l'occasion d'une soirée festive - mais sans prétention - où nous avons lu chacune un texte. Sur le même thème curieusement. La soirée s'est terminée - je me souviens, par une improvisation où tous ont chanté "Le revenant", une chanson traditionnelle, avec deux ou trois accordéonistes (travaillant sur accordéon diatonique).

Elle a continué d'avancer dans ce domaine, et moi, je me suis éclipsée.

***

Cela fait bien longtemps maintenant que je n'ai plus écrit de poésie. La poésie est littéralement tombée de moi comme un manteau qui serait devenu trop usé ou transparent ou inutile, peut-être. Je ne lis presque plus rien. Je parcours parfois des blogues de poésie, je sais reconnaître quand un texte est soit beau, soit bien écrit, soit les deux, quand le poète a du talent, mais -pour le moment en tout cas- je n'apprécie plus vraiment.

Et cela me fait un drôle d'effet. J'ai tendance à jeter la responsabilité de ce dégoût sur l'institution littéraire bruxelloise, cela joue sans doute un peu, mais pendant des années, cela ne m'a pas empêchée d'écrire encore de la poésie. Donc, que s'est-il passé?

J'ai l'impression que cela fait partie d'une vie ancienne, que cela allait avec des personnes qui étaient en vie, ou que leur souvenir représentait encore quelque chose pour moi, même après leur mort, mais, et maintenant? Suis-je trop ancrée dans la réalité? Que dis-je, dans la trivialité?

L'art et le goût pour l'art auraient-il vraiment pris la place qu'occupait la poésie avant? N'écrivais-je de la poésie que parce que je ne pouvais rien faire d'autre? Ou encore... Quand j'étais amoureuse? Mais l'art me passionnait déjà. Une oeuvre pouvait me donner envie d'écrire. C'est compliqué, c'est embrouillé, je ne m'y retrouve pas bien...

Et dire que j'avais choisi, comme sujet de dissertation de fin d'études le sujet "Pourquoi la poésie?" - Il y avait aussi un extrait de Suzanne Lilar qui me tentait, sur nos questions d'identité - un peu flamande ou plutôt, flandrienne, je préfère ce terme-là, un peu francophone... Un peu latine aussi, et par là-dessus, un peu de soleil de la mer Egée, de Mytilène ou de Platon, allez savoir.

Mais c'est la poésie qui l'a emporté.

Et si je veux être honnête, quand je pense à mon professeur de français de fin d'études, qui était aussi un poète, un poète qui a publié, et avec lequel j'avais noué des liens d'amitié durables, je dois reconnaître que sur toute sa production, il y a exactement deux poèmes que j'aime profondément. Ce n'est vraiment pas beaucoup. Mais ces deux poèmes-là, je les aime encore toujours.

Le premier est un poème d'amour qui me touche infiniment, le second est un poème visionnaire, prémonitoire, qu'il a publié dans son dernier recueil, "Au seuil de l'exil", juste avant de sombrer dans la maladie d'Alzheimer.

***

verlaine-rimbaud

Verlaine et Rimbaud à Bruxelles, en 1873.

Posté par quartzrose à 22:51 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

Brèves bruxelloises (1)

" En 1927, elle (Anna Boch) fait don aux musées royaux des Beaux-arts de Bruxelles d'une admirable toile de James Ensor, "La musique russe" (1881), qui la représente jouant du piano en compagnie de W. Finch."

Dictionnaire des peintres belges (Institut Royal du Patrimoine artistique)

Ensor la Musique russe

Quoiqu'il advienne, mardi passé, la Rose et moi avions décidé de visiter une exposition ou un musée.

Nous avons malheureusement raté les expos que nous voulions voir, par négligence ou manque de temps (ou les deux)... J'avais proposé "Le musée fin de siècle" comme plan B, un de nos derniers avatars muséaux bruxellois, qui existe déjà depuis un petit temps mais qu'il a été question de fermer.

Une sombre histoire belgo-belge, de politique, de régionalisme, dont nos musées (ex-nationaux et maintenant fédéraux), font, hélas, les frais. Et la population de visiteurs aussi.Voilà pourquoi j'avais dit, quand on a parlé de fermeture, de le visiter sans trop tarder.

Tania en a admirablement parlé dans son blogue littéraire et culturel, Textes et prétextes (lien vers l'onglet "Belgique" et les différentes expositions visitées par Tania).

Je vais donc essayer de donner mon interprétation toute personnelle de ma visite.

Ex Musée d'art moderne, vue sur le

"Trou du musée d'art moderne"

(le musée Fin de siècle a été installé sur les lieux du défunt musée d'art moderne - une série de galeries s'étendant tout le long d'un puits de lumière donnant sur la place du Musée - voisine de la place Royale et donnant sur celle-ci par des arcades).

***

Je me suis longuement arrêtée devant un tableau assez célèbre de James Ensor, la Musique russe, qui représente Anna Boch, (La Louvière, 1848 - Bruxelles, 1936), une des héritières des faïenceries louviéroises Boch, et la seule acheteuse d'un tableau de Van Gogh de son vivant (la Vigne rouge), jouant au piano, pour Willy Finch, un ami peintre.

Non que j'aime particulièrement la peinture d'Anna Boch, mais le personnage a quelques particularités qui m'interpellent (comme on dit). D'abord, (grâce à ses relations, bien sûr), elle a fait partie du groupe des XX, autour d'Octave Maus et a exposé lors des Salons de la Libre Esthétique. Pour son époque, même en s'appelant Anna Boch, c'est un record.

Ensuite, il y a cet hôtel qu'elle s'est fait construire dans mon ancien quartier, à Ixelles, au coin de la chaussée de Vleurgat (parfois orthographié Fleuregat sur d'anciens plans), et de la rue de l'Abbaye, où habitaient plusieurs artistes, les Constantin-Meunier, Van den Eeckhout, ou architectes de l'époque. Son hôtel de maître, construit sur un coin, en 1901, et meublé et orné selon le goût Art Nouveau (quoique "fin de siècle"...) a été détruit et a fait place à un immeuble à appartements.

Il  y a "La vigne Rouge" qu'elle a achetée à Van Gogh... De son vivant.

Et puis, les faïences Boch, c'est un des beaux fleurons de la Belgique, mais qui finit plutôt mal, dans les années 80 à 90, par la faillite de l'entreprise, les grèves, les bris de marchandises... Et les ouvriers et employés pris en otage. Une belle histoire qui finit mal...

faiencejaponaise bis

Et puis, chose étrange, sur ce tableau - et c'est là que je voulais en venir, il y a ce personnage de Willy Finch, un peintre pointilliste, qui est assis et qui écoute l'amie pianiste. Sur ce tableau, mais sur ce tableau uniquement, il resssemble étonnamment à mon "mari" (mon ex-mari) - tel que je l'ai connu, à l'époque où je l'ai rencontré (la barbe ou la moustache en moins). Et puis, lui avait les cheveux tout à fait noirs. Et le teint bistre. A part cela, la ressemblance est même assez phénoménale, la forme de la tête, le profil, l'attitude, le nez, les yeux (ou ce que l'on en devine), jusqu'au veston foncé, et au col de chemise dont les pointes rentrent dans le pull ou le gilet...

Impression de revenir plus de trente ans en arrière - trente-trois exactement - quand, à cette époque-ci, notre histoire commençait. 

Et je ne trouve pas vraiment de photo de cette année-là, (1984), qui me satisfasse en rendant compte de cette étrange ressemblance.

Willy Finch

Posté par quartzrose à 16:39 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

Brèves à développer...

Depuis que j'ai écrit mon dernier article ici...

Mardi, j'ai visité le musée Fin de Siècle. C'est vraiment la fin du Siècle. Et la fin du musée. Pourtant, le mardi, il y a les midis de la Poésie (une causerie d'une bonne heure sur un sujet littéraire - chaque mardi - depuis des années, j'y allais déjà pendant mes études) et le billet donne accès aux collections. Cela devrait amener du monde. Rien à dire pour les tableaux, je les connais pour la plupart. La nouveauté consiste dans les Arts décoratifs - mais je pense qu'il y a pas mal de pièces qui viennent du Cinquantenaire (les musées Royaux d'art et d'histoire).

Je devrais revenir sur ce parcours.

Un plus, au sortir des sous-sols -vides- et des escaliers, escalators, couloirs, etc, nous avons pris un cheesecake (à partager en deux) et un déca sur la terrasse de la cafeteria, face au soleil, avec vue sur une partie de l'église du Sablon et du Palais de Justice... En contrebas, des jeunes sortaient sans doute de l'école voisine (le lycée Dashbeck, rue de la Paille), et chahutaient pas mal. N'empêche, c'était bien agréable, surtout un 14 février.

Jeudi, je suis allée manger avec une autre amie - qui a fréquenté les blogues en son temps - manger dans un petit resto bobo des Marolles, L'eau chaude (ou quelque chose d'approchant), végétarien, (j'ai pris du riz aux légumes et crudités, une bière bio, et un tiramisu végétal - ça c'était bien... Pas de lait pour une fois). Ensuite, nous avons sillonné les Marolles, vieux quartier populaire de Bruxelles, dont tout le monde voudrait être issu. De la rue Haute à la rue des Tanneurs, la rue la plus basse et la plus proche de la Jonction Midi - Nord (ou Nord - Midi), en passant par la place du Jeu de Balle, et toutes sortes de rues perpendiculaires.

Le plus drôle est que mon grand-père maternel est né dans une maison de coin, rue de Lenglentier et rue des Tanneurs, près du boulevard, les puristes argueront que ce n'étaient plus vraiment les Marolles... Mais on s'en fiche.

A la fin, nous avons visité un petit musée, rue Haute, Art en Marge, j'ai pris quelques photos...

***

Le soir, j'avais assemblée générale annuelle des copropriétaires. Je ne pouvais pas ne pas y aller. Hélas. Mon moral était bon, grâce à la balade de l'après-midi, mais j'étais sur les rotules. Je suis sortie de là crevant de faim (je n'avais pas eu le temps de manger), de soif, au bord de l'évanouissement, j'ai mangé, en ressassant les calamités inhérentes au fait de vivre dans un building de 150 appartements... Et à tout ce qui nous attendait.

Puis, j'ai regardé un Julie Lescaut enregistré au préalable (ah ! Enfin ! La fille de Julie Lescaut, l'inconstante Sarah, rencontre Roland Guétary, un des "hommes" de Julie, et ce sera le grand amour, mais avec des hauts et des bas, surtout ! Jusqu'à la surprise finale...)

Julie Lescaut - Epilogue

Joséphine Serre (Elisabeth dite Babou), Jennifer Lauret (Sarah),

Et Véronique Genest (Julie Lescaut pensionnée et grand-mère).

Julie Lescaut - les comédiens de la première partie (Les Clairières) et de la seconde partie (Paris)

Impossible de retenir le nom des comédiens, mais pour les personnages...

Au second rang: Madeleine, Roland Guétary, Kaplan (Renaud Marx), Héroux

Au premier plan, Christel, Julie Lescaut et Zorah.

***

Ceci dit, je ne suis pas fan de Véronique Genest, elle zézaie par moments, a des prises de position avec lesquelles je ne suis pas d'accord (et plutôt en contradiction avec le personnage de Julie justement), mais comme série, "ça ne mange pas de pain"...

Du coup, vendredi matin, c'était migraine, huile de menthe et gant de toilette sur le front.

Posté par quartzrose à 14:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
11 février 2017

Le père de Thierry la Fronde

Une de mes connaissances -avec qui je suis en "contact" sur fcbk- publiait le générique des aventures de Thierry la Fronde sur sa page - avec en regard, un article sur le décès de Jean-Claude Breitman, alias Jean-Claude Deret, mort le 16 décembre 2016 - à 95 ans, il est né à Paris le 11 juillet 1921.

Père spirituel de Thierry la Fronde et scénariste, il tient également le rôle de "Maître Florent".

Il faut d'abord préciser qu'à l'époque de sa diffusion à la télé, je n'ai jamais vu Thierry la Fronde, pour la bonne et simple raison que nous n'avions pas la télé. Nous avions une T.S.F. où nous suivions également des feuilletons, mais beaucoup moins célèbres (quoique) : "le mystère de la chambre Jaune", "La ville morte" (de Maurice Tillieux - le créateur du détective Gil Jourdan), ce sont les principaux qui me sont restés en mémoire.

D'après ce que je peux me souvenir et ai pu en voir, Maître Florent était l'ancien intendant du château de Janville, en Sologne, avait chassé Thierry la Fronde du manoir de ses ancêtres (j'ai aussi eu un livre d'Idéal-Bibliothèque sur "les Jeunes années de Thierry la Fronde" - suivre le lien). Et qui plus est, il avait "trahi" le roi de France au bénéfice d'Edouard Plantagenêt, le Prince Noir, au début de la Guerre de Cent ans.

En tout cas, à l'école, dans nos jeux de rôle(s) dans la cour de récréation, quand nous avions passé l'âge de jouer à papa-maman, à Ecole et qu'il n'y avait pas d'élastique, de corde à danser ou de balle magique en vue, nous passions de longues heures à jouer à Thierry la Fronde. Une des filles de ma classe, retrouvée beaucoup plus tard dans un blogue exceptionnel, celui d'Agathe Maldiemme, s'était promue scénariste lors de nos récréations de midi.

premieres_armes1967page19

Par mes amies, je connaissais donc les personnages principaux, Thierry, ses compagnons, Isabelle et maître Florent, principalement, et j'ai dû scier mes parents jusqu'à ce qu'ils m'offrent finalement un 33 tours avec, comme simple titre, "Une aventure de Thierry la Fronde". Des recherches sur le Net (on trouve vraiment tout sur le net, enfin, presque !) m'ont fait découvrir qu'il s'agissait d'une adaptation de l'épisode 22, "La chronique oubliée", tout simplement parce que le chroniqueur Froissart y apparaît.

Ce qui avait permis à mes parents de me faire un petit cours d'histoire sur Jehan Froissart, en soulignant qu'il était du Nord (pour ma mère, sentimantalement, le nord de la France, autant dire que c'était la Belgique).

J'ai regardé l'épisode hier et n'y ai pas retrouvé grand-chose de commun avec les souvenirs que j'avais gardés de certaines répliques, comme celle-ci: "Et si Froissaart avait dit vrai?" (Le A de Froissart était allongé - les comédiens avaient une diction parfaite). Jacques Hilling jouait dedans.

Et parmi les jeunes, Bernard Rousselet, qui allait beaucoup jouer à la télévision, dans des feuilletons comme "La dame en blanc" (il incarnait le professeur de dessin Walter Hartwright et Hubert Vernet dans "Les gens de Mogador - Ludivine et Dominique").

Entre parenthèses, j'aurais nettement préféré Bernard Rousselet à Jean-Claude Drouot, qu'en tant qu'ancien directeur du Théâtre national de Bruxelles, je n'apprécie pas tellement.

Pierre, Bernard Rousselet

Mais avançons, le plus curieux est que Jean-Claude Breitman - Deret a épousé une comédienne québecquoise, Céline Léger, (non, pas Céline Dion), qui tient le rôle d'Isabelle, l'amoureuse (fille de sabotier), de Thierry la Fronde -ou sa fiancée- et qu'ils ont eu une fille ensemble, qui n'est autre que la comédienne Zabou Breitman, née en 1959, qui paraît plus proche de 40 ans que de 60... Et qui ressemble à sa mère.

Céline Léger vient de décéder, en janvier 2017, à l'âge de quatre-vingts ans.

Elle était fort jolie, conformément aux canons des années 60.

Celine Leger (2)

***

Je ne vais pas raconter en détail l'épisode 22 de Thierry la Fronde, que j'ai regardé hier, mais que je ne puis plus écouter. Tout ce que je puis dire, c'est qu'il y est question de chariots remplis de bombardes, entreposées dans un des châteaux forts de la région, que Jehan Froissart rencontre Thierry la Fronde par hasard, qu'un de ses "compagnons" se fait passer pour lui, et qu'il va finalement les conduire au château où ils feront sauter les bombardes. En assommant des gardes (non ou peu armés) à mains nues (!) Tout cela au nez et à la barbe du Prince Noir.

Assez curieusement, l'acteur qui incarne Jean Froissart est habillé à peu près comme le Froissart historique. Ce n'était donc peut-être pas toujours si mal reconstitué que cela.  Par extension, je me suis demandé si nous avons étudié Froissart en 3ème latine (6, 5, 4, 3...) C'était l'année de la littérature du Moyen Age que nous avons bien balayée, dans notre Lagarde & Michard, depuis Rutebeuf jusqu'au roman de la Rose... En passant par Le roman de Renart et le théâtre.

thierry la fronde 33 tours bis

thierry la fronde 33 tours

Jean-Froissart

***

Finalement, j'ai trouvé une chronique très complète (et écrite sur un ton plein d'humour) sur un site: Vent debout, sur ce feuilleton célèbre que je connais bien mal, je m'en rends compte.

Pour les amateurs ou les amatrices.

Posté par quartzrose à 17:57 - - Commentaires [8] - Permalien [#]

Le lit, le chat et le livre

Elle connaît cela par coeur.

Le matin, quand je commence à bouger dans mon lit, à émerger de mes coussins, le chat arrive et saute sur le lit. Elle me regarde, miaule (mais elle commence à être enrouée), vient se coucher à côté de moi, puis, quand j'allume, replace mes coussins et remets les couvertures dans un bon ordre, elle s'installe en ronronnant. Je prends un livre, pour le moment "L'amour plus fort que le temps", parfois elle vient respirer l'odeur du livre, parfois, elle lèche la couverture (là, je la lui retire car j'aime bien les livres pêchés dans les caisses à livre ou chez les bouquinistes et on ne sait quand même pas où ils ont traîné) et je dirais bien, nous lisons de concert.

***

"L'amour plus fort que le temps" n'est pas une histoire sentimentale, comme on pourrait s'y attendre. C'est le récit de vie de Johanna Günzburger, dite encore Janine Günzburger, née à Fribourg le 5 septembre 1923, émigrée à Mulhouse avec ses parents, son frère et sa soeur (Norbert et Trudi), où elle rencontre un Français d'origine italienne, Roland Acieri (c'est un pseudonyme). Et en tombe amoureuse.

Nous entrons dans le vif du récit entre 1938, époque à laquelle - juste avant la Nuit de Cristal - les Günzburger viennent chercher refuge en France, bien qu'en Alsace, ce ne soit pas l'idéal, (l'Alsace et la Lorraine auront un statut particulier pendant l'Occupation), puis en 1940 et en 1942, quand après avoir fait l'exode jusqu'à Gray, petite ville de la Haute Saône, les Günzburger descendront jusqu'à Marseille et embarqueront à destination de Casablanca, puis de Cuba - où ils resteront internés dans un camp de réfugiés juifs, eh oui, pendant plusieurs mois. Avant d'être libérés et de partir vivre à New York.

Et dans les années 89-90, Leslie Maitland, sa fille, à la faveur d'un voyage en France, part sur les traces de Roland Acieri, l'amoureux de sa mère perdu à Marseille. Mais retourne aussi à Fribourg à plusieurs reprises et dans les petites villes voisines où ont vécu ses ancêtres.

Il y a des notes très intéressantes, notamment sur les deux maires de Gray, Moïse Levy, de mai 1935 à juillet 1940, dont le fils est mort en déportation - et Joseph Fimbel, de juillet 1940 à mai 1944, arrêté, torturé, emprisonné, mais sauvé et rescapé de la guerre, religieux marianiste très ami de Sigmar Günzburger.

Et sur le camp de réfugiés juifs, à Cuba. Dont l'auteur a fini par retrouver l'emplacement. L'édition française comprend une longue liste de remerciements et de précisions quant aux personnes contactées et aux recherches et une bibliographie. Certes, il y a un côté très personnel - si je compare, par exemple, avec "Né juif", de Marcel Liebman, ancien professeur de l'Université Libre de Bruxelles, et qui, comme mon professeur d'histoire du lycée (elle-même ancienne élève du Lycée communal d'Ixelles, cachée et adoptée par un de ses professeurs), étaient des voisins de mes parents.

En même temps, le livre retrace bien, "heure par heure" si je puis dire, l'évolution du nazisme en Allemagne, le drame des Juifs allemands considérés comme des ennemis dans leur patrie - et ennemis d'hier en France (le père de Janine Günzburger est un ancien combattant de 14-18 et sa mère a été infirmière en Allemagne).

***

Le soir, quelle que soit l'heure, mon chat connaît cela aussi. Je vais bientôt fermer mon ordi, vérifier que tout est en ordre à la cuisine, me préparer pour la nuit, m'installer dans mon lit, oreillers, couvertures, etc. Elle filera entre mes jambes, s'assoira sur le lit en m'attendant, puis, lorsque j'aurai pris mon livre, elle se couchera en ronronnant et en me regardant.

Pile au moment où je déposerai le livre dans le panier de la PAL et de ma PAR (o;) au pied de ma table de nuit, elle ira se coucher un peu plus loin, puis sautera dans une de mes armoires, grattera un peu dans mes pulls, et enfin, elle sortira de la chambre et s'en ira vivre sa vie de chat dans le reste de l'appartement...

 

Posté par quartzrose à 00:19 - - Commentaires [18] - Permalien [#]
08 février 2017

Clin d'oeil - l'ego-portrait...

A Uitkerke, réserve naturelle près de Blankenberge, en 2014. Où commence toujours l'excursion rituelle à la mer.

Sandwich et coca que l'on mange et boit, entre avril et octobre, assises devant la mare.

Puis, petit tour dans les chemins... Les observatoires, dans les bosquets et sur le terre-plein herbeux qui domine les polders.

Quand on a bien fait le tour, observé les oies, et pensé aux tableaux d'Emile Claus, peintre de la Flandre, on rejoint Blankenberge, son Pier, ses parkings et ses rues aux maisons peintes de toutes les couleurs.

Avant, on va acheter de la farine... Voire parfois des chaussettes quand les pieds sont trop trempés.

On se balade d'un coin à l'autre de la digue, du Pier à l'estacade du port de plaisance... Ou l'inverse.

Et on se retrouve dans un tea-room dont j'oublie toujours le nom où l'on déguste des gaufres et des glaces géantes qui font perdre tout le bénéfice de l'exercice que l'on a fait avant...

Là, maintenant, il fait quand même un peu froid pour aller à Uitkerke...

blankenberge

***

Chez le brocanteur - blankenberge en novembre

***

sur le Pier

Posté par quartzrose à 18:40 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , ,

Des rêves

La "mécanique" des rêves est assez curieuse. Enfant, je faisais beaucoup ce qu'on appelle des "rêves itératifs" - à répétition. C'était toujours le même scénario qui revenait, et le rêve finissait de la même façon. Il y en avait un (parmi d'autres) qui finissait dans une combe, quelque part en Afrique du Nord, auprès d'une tombe de Marabout. Je ne sais pas si j'avais vu un tel lieu au cinéma ou dans un livre (une BD de mon frère ou pas).

Exactement comme sur cette photo, végétation comprise.

Essaouira

Quand j'étais plus grande, certains devaient être inspirés par mes lectures, et au réveil, me donnaient des idées d'histoires à écrire. En brodant un peu...

Puis, il y a eu, à l'adolescence, de ces rêves très forts, qui ont trait à une personne x, que l'on entend ou que l'on voit ou que l'on sent, exactement comme si elle était à côté de soi. Je ne peux pas expliquer...

Certains peuvent même être prémonitoires. Mais je ne vois là-dedans aucune magie. Je l'explique ou je tente de l'expliquer par un fonctionnement de la mémoire à l'envers - ou plutôt fonctionnant  à l'avance. On pourrait dire que l'intuition joue peut-être là-dedans, mais je ne sais ni définir ni qualifier valablement l'intuition. Je pense qu'il entre là-dedans des mécanismes de fonctionnement du cerveau qui ne sont pas actifs dans les moments de veille.

Le rêve prémonitoire peut d'ailleurs n'avoir aucune importance: je vois simplement une scène, en couleurs, que je ne peux pas décrypter, mais dans la journée, je me retrouve dans une situation donnée et c'est exactement la même - à quelques détails près - que celle du rêve.

Cela peut être tout à fait anodin, comme cela peut avoir un sens - voire, un "faux" sens (difficile à expliquer) que je ne comprends que plus tard (et que je suis incapable d'expliquer).

Je fais moins ce type de rêves depuis quelques années. Ou du moins, je ne m'en souviens pas. Mais cette nuit, j'ai rêvé de ma mère, et c'était très agitant. Nous transportions des piles d'assiettes et elle me donnait des indications, des ordres, des recommandations et je m'énervais. Finalement, je me suis dit, textuellement, "mais ce n'est pas possible, elle est morte et elle est de nouveau là". Curieusement, c'est au moment où j'ai prononcé ces paroles que je me suis réveillée - ou que le rythme du sommeil a changé.

C'est d'autant plus étrange que de son vivant, j'ai eu plutôt de bons rapports avec elle. Du moins, est-ce ce que j'ai toujours cru. J'en suis moins sûre aujourd'hui, ou plutôt, je suis plus consciente des deux bandes de messages qu'elles nous envoyait, à tous les trois, mon père, mon frère et moi. Le positif et le négatif. Je ne suis pas sûre que le positif l'ait finalement emporté. Et dans ce rêve, je ressentais beaucoup de colère contre elle, ce qui met toujours un peu mal à l'aise... J'ai envie de dire que je ne suis pas sûre d'avoir été une meilleure mère, mais naturellement, si je n'ai pas voulu reproduire les erreurs de mes parents, j'en ai commis d'autres, et, au bout du compte, j'ai essayé de "passer", de transmettre le meilleur de ce que j'avais reçu.

***

Marguerite Yourcenar était une grande rêveuse, racontait ses rêves à Grace Frick, qui lui a conseillé d'en tirer un petit essai. "Les songes et les sorts". Il a été publié en 1938. Je devrais le lire, augmenté de ses annexes puisées dans les romans de Yourcenar, puisque je l'ai dans son oeuvre complète - mais quels petits caractères!

"... Mais ce qui m'intéresse ici, c'est le mystère spécifique du sommeil goûté pour lui-même, l'inévitable plongée hasardée chaque soir par l'homme nu, seul, et désarmé, dans un océan où tout change, les couleurs, les densités, le rythme même du souffle, et où nous rencontrons les morts. (...)"

Marguerite Yourcenar,

Mémoires d'Hadrien, Animula vagula blandula.

Posté par quartzrose à 12:56 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
05 février 2017

Au Docks Bruxelles (6)

Sinon, le Docks est un centre commercial plutôt grand (un étage de parkings, deux étages de commerces et un étage, style mezzanine, avec le WHITE, un complexe de cinémas, 8 salles) avec les commerces que l'on trouve dans tous les centres de ce style, et même au centre ville, avec quelques variantes.

Y arriver via le boulevard Lambermont n'a pas été facile, quasi au bout du pont Van Praet (ah! Ce pont!), nous avons fait un U turn en voiture pas très catholique, sinon, nous étions parties vers NDOH... Ou dans le domaine Royal, ou qui sait, peut-être serions-nous arrivées accidentellement dans le jardin de Walrus o;) 

Il y a aussi un Centre "Godin" - centre de bureaux, une "place J. B. A. Godin" - on l'a vraiment mis à toutes les sauces.

Et quand on sort du Docks par le côté, en serpentant entre les gouttes de pluie, j'ai pu approcher de l'ancien familistère.

Ce n'est pas au CLUB qu'il faut aller pour trouver les bouquins "pointus" que l'on cherche... Il y a les glaciers et tea-rooms qu'on aime bien, mais je n'en ai expérimenté qu'un celui où "les clients sont les plus beaux du monde"...

A première vue, cela peut être pas mal pour les Schaerbeekois, les habitants de Laeken et de Neder-Over-Hembeek, à la rigueur, ceux d'Evere. Mais je ne sais pas si les boutiques tiendront le coup. En tout cas, si je pense à des galeries commerçantes, à l'heure actuelle, comme celle de "Louise" (avenue Louise et avenue de la Toison d'Or, à Ixelles), ce n'est plus vraiment ça. Les loyers sont prohibitifs et ces commerces de luxe ont-ils encore un avenir ? Sans doute y a-t-il un public pour y faire du shopping, mais tel n'est pas mon cas...

Et quelques photos valent mieux que des descriptions...

le White, hall d'entrée

Ambiance publicitaire

Mémoire de JBA Godin et du familistère

Quai des Usines vers Van Praet

Posté par quartzrose à 18:12 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , ,

Au Docks Bruxelles (5)

Il suffit d'un arrêt de tram (le 7, non, le 3), et l'atmosphère d'un endroit change totalement...

Du quai des Usines montait une rampe abandonnée, qui aboutissait au pont Van Praet. Et qu'emprunte, déjà depuis un petit temps, le tram 7.

Il faut préciser que Bruxelles est une ville sans fleuve... Que primitivement, elle s'est construite et développée sur les deux rives de la Senne, une rivière plutôt marécageuse, qui a très vite été impropre à la navigation. En outre, coulant du sud-ouest vers le nord, et recueillant les pluies amenées par les vents dominants (dans ma commune, la Senne coule encore par endroits à ciel ouvert, mais c'est un égout plus qu'autre chose, encore que, je devrais me documenter à ce sujet - il me semble avoir entendu dire qu'elle était moins polluée qu'on pourrait s'y attendre), elle provoquait de nombreuses crues et inondations dans le petit centre-ville.

vieux plan de Bruxelles

Un fragment de plan de Bruxelles,

J'ai bleuté le parcours de la Senne.

En-dessous, on voit les bassins du Canal qui arrivent à l'actuelle place Sainte-Catherine.

La source de l'image est le blogue Bruxelles Anecdotique, j'en reparlerai à l'occasion. Et la référence exacte de la carte est : Extrait - Plan de la ville de Bruxelles (après 1712) -  J.Covens & C. Mortier.
Bruxelles ville de Brabant - Lisette Danckaert - BRUXELLES CINQ SIECLES DE CARTOGRAPHIE

***

Donc, la nécessité d'une alternative pour le transport des marchandises par navigation s'est très vite imposée, et ce fut la création du Canal de Bruxelles. Il s'est fait en plusieurs étapes bien sûr, mais je n'en retiendrai que deux.

A une époque, les bassins du Canal de Bruxelles arrivaient au centre ville - là où se trouve l'actuelle église Sainte-Catherine (édifiée par Poelaert, au XIXème, dans le style éclectique bruxellois des églises du XIXème et aujourd'hui désacralisée). Ces bassins ont fini par être comblés - ils n'avaient plus d'utilité commerciale et même si cela paraît charmant, avec le temps, ils amenaient paraît-il beaucoup de pollution. La pollution est toujours un prétexte commode pour bouleverser les quartiers, les transformant en zones plus profitables au commerce ou à un habitat plus luxueux...

C'est devenu le quartier du Marché aux Poissons - ou encore, quartier du "VISMET",  - où l'on ne vend plus de poissons, contrairement à mon enfance, quand nous y allions encore parce qu'il fallait s'approvisionner en poissons rares, ou en anguilles - pour faire des anguilles au vert. Car il nous arrivait de cuisiner des anguilles au vert. C'était tout un rituel et un travail qui me semblait colossal.

Il y a deux grands bassins, une station de métro, la fontaine Anspach qui se trouvait antérieurement place De Brouckère (deux bourgmestres de Bruxelles qui oeuvrèrent pour l'assainissement et l'embellissement du centre), et des floppées de restaurants à poissons où je n'ai jamais mis les pieds.

Et un glacier réputé (mais qui va être transformé), Comus et Gasterea, et un petit supermarché bio - très chouette et très cher, en bon magasin bio qui se respecte.

C'est là que se déroule annuellement, et en grande partie, le Marché de Noël.

***

Quai du Batelage

Le Biestebroeck

Le canal dans mon quartier.

Bref, désormais, le canal entre à Bruxelles à Anderlecht, dans mon quartier... Il y a une merveilleuse écluse, où je me suis beaucoup promenée en arrivant ici, un cercle des Régates, une piste cyclable qui va bien au-delà de Bruxelles, dans le Brabant flamand... Et tant qu'on est de ce côté-ci de la ville, le Canal porte le nom de Canal de Charleroi.

feu de signatlisation écluse

Passé la place Sainctelette, à partir du "Port de Bruxelles" - d'où partent les promenades en bateau mouche de "La Fonderie" (le musée de la vie industrielle bruxelloise), il prend le nom de canal de Willebroeck. Au-delà du pont Van Praet, il y a le B.R.Y.C., Bruxelles Royal Yacht Club - avec ses installations et sa salle des fêtes (où mon frère s'est marié en septembre 1975). Puis, il file vers Vilvorde et est bordé d'anciennes infrastructures industrielles dont je ne connais pas l'état, à l'heure actuelle.

Il y a aussi l'incinérateur de Bruxelles, la file de camions poubelles, ininterrompue, et la fumée qui se voit jusque dans mon quartier... Et qui indique d'où vient le vent. S'il vient du Nord-est, en hiver, c'est gel et soleil... Enfin, soleil, pas toujours.

Le canal a aussi très mauvaise réputation, dans l'inconscient bruxellois "aller se jeter au canal" est une expression courante, ce qui est dommage, quand quelqu'un le fait vraiment. Bien qu'une jeune dame anderlechtoise m'ait raconté un jour que, pour leur premier anniversaire de mariage, son mari et elle étaient allés dans un endroit où le canal est assez accessible, et avaient plongé pour nager jusqu'à l'autre rive... Original !

***

La Senne, elle, a été voûtée à partir du XIXème siècle et détournée. Je ne vais pas m'étendre sur les chantiers colossaux qui en ont découlé -c'est le cas de le dire- quand, dans les années 70, par exemple, on a enfoui les trams sous les boulevards du Centre, qui avaient été édifiés en lieu et place des vieux quartiers typiques et mystérieux des bords de Senne...

Elle sortait de terre à nouveau, à peu près au Quai des Usines, bien que je ne sois jamais arrivée à la trouver.

Tout un détour par le Canal et la Senne et l'histoire de Bruxelles pour montrer ce qu'est le quai des Usines maintenant, par rapport à ce qu'il a été avant...

arrêt du tram 7

Donc, le tram 3.