Variations de regard

25 septembre 2017

Conte du lundi 77 (Lakévio)

Pour Lakévio, le conte du lundi, d'après un tableau du vendredi, et le gentil devoir du week-end o:)

C'est vrai que longtemps, je me suis couchée de bonne heure...

Normal, en septembre, avec la rentrée, et quelques jours plus tard, mon anniversaire, nous entrions de plain pied dans l'automne et l'année scolaire - ou académique...

Et tout soudain! Bruxelles et ses marronniers!   Ô Bruxelles et ses marronniers...

"Le vent prend la place des promeneurs et joue avec les feuilles mortes, les automobiles vivantes.

Je n'ai garde d'oublier les marronniers de cette avenue, que l'on ne saurait trop aimer.

Ils respirent de toutes leurs forces, ils tiennent de la place,

ils sont à Bruxelles ce qu'est la Seine à Paris, le Vésuve à Naples.

Beaucoup de Bruxellois ne l'ont jamais su."

Odilon-Jean PERIER (Bruxelles, 1901-1927),

"Lettre ouverte à propos d'un homme et d'une ville", (Sang Nouveau, 1933).

Paul Rafferty

Dans le jardin de la maison, rue Van Eyck, il n'y avait pas de marrons. Ni d'Inde ni de châtaignes. Mais des noisettes, oui. En abondance. Et des poires non comestibles. Il fallait absolument ramasser les poires, énormes, et aller les mettre "au compost", sinon, l'hiver venu, on s'enfoncerait dans la neige et les poires en décomposition.

Avenue Louise, les trams freinaient dans un grand crissement de roues et de feuilles brûlées, dont je sens encore l'odeur, qui me transportait. Les coques de marrons éclataient, les bouquets de feuilles volaient, l'avenue était dorée, mordorée, et le tram, jaune et bleu, filait dans une grande envolée de parfums, de branches et de poussière.

A l'école aussi, il y avait des marronniers. Mais dans le jardin côté humanités. On ne pouvait pas y aller, sauf exception. Et avec nos institutrices. Dans notre cour de primaire, il y avait par contre un châtaignier et des petits poiriers. C'est dire que les marrons qui arrivaient jusqu'à nous étaient denrée rare et, donc, objets d'âpres disputes. Ils servaient aussi aux leçons de choses, ou même à l'arithmétique, par le biais de colliers de diverses tailles.

Aujourd'hui encore, à la mi-septembre, quand je pénètre dans la cour de l'Ecole des Arts, je tombe en arrêt devant les marrons jonchant le sol, en abondance. Je ne puis m'empêcher d'en ramasser. Ils sont beaux, lisses, brillants, un peu humides, légèrement nervurés, mais d'ici quelques semaines, ils finiront par se dessécher.

Notre prof d'infographie, qui est drôle et voit des visages partout, dans les bananes, les fraises, les verres de bière, les crêpes et les oeufs sur le plat... Dessine deux yeux, une bouche et pose un marron sur le haut de nos écrans. Petit cadeau d'automne.

Et l'on se met à l'ouvrage, tandis que l'équinoxe de septembre souffle dans la cour. Sur nos écrans s'élaboreront lentement images monochromes, drapeau belge en 2029, petit livre rouge, livre bleu et noir, images détournées... Nous aurons de quoi nous occuper. A 21 heures passées, lorsque la sonnerie de l'école retentira (bruit aussi délicieux à mon oreille que les marrons de mes souvenirs), le concierge de l'académie viendra nous rappeler à l'ordre. En bermuda et tee-shirt, il se pavane et prestement, on remballe tout, clés usb, impressions, livres, feuilles de peinture.

Puis l'on s'engouffre dans la cour noire. Dans la froide nuit anderlechtoise...

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23 septembre 2017

Anniversaire II - la couleur de la mer

Après une balade dans les avenues du Coq, nous avons atterri à la digue, "là, tu te souviens, on a mangé des moules... Ou du poisson (une sole)" - "et là, il y avait le tea-room où nous allions nous "baser" quand Jacques Brel est venu tourner "Far-West", à la Toussaint 72", etc. etc.

Je pourrais dévider à l'infini le chapelet de souvenirs liés au Coq. Assises dans des transats, par un beau début de septembre, ma mère et moi dévorions des piles de romans. Dans un bazar, j'ai trouvé une Barbie rousse des années 60, avec son petit maillot pékiné bleu et rose, à 200 FB à l'époque... J'ai sauté dessus et je l'ai toujours (mais je n'ai plus de vêtements pour la Barbie, je les ai donnés à ma plus jeune nièce (on ne se refait pas). Un autre jour, avec mon mari, nous avons loué deux vélos et nous sommes partis, avec le vent en poupe, vers Ostende. J'aurais bien roulé jusqu'au bout de la Côte, mais au retour, nous avions le vent de face. Aïe! Celui ou celle qui a roulé à vélo contre le vent pendant 10 ou 15 kilomètres me comprendra sûrement.

Avenue Normandie, au bout de laquelle nous nous sommes assises sur un banc, j'ai essayé de me souvenir de mes séjours au Coq avec mon fils, tout petit, puis, à deux ans et demi. Nous résidions depuis longtemps à l'hôtel Astoria, qui n'a pas toujours été aussi luxueux qu'aujourd'hui (toutes chambres avec bain, douche, télé... Remeublées à neuf), animations, buffet petit-déjeûner et buffet le soir.

Il y a eu une époque où le confort était plus basique. Pas de télé ni de salles de bains dans les chambres - sauf exception, pour les familles plus nombreuses que la nôtre.  Mais quelle ambiance ! Même les cacahuètes étaient jalousement surveillées par l'ancien gérant de l'hôtel.

Mais toutes ces histoires, je les ai déjà racontées mille fois, et tout le monde les connaît par coeur.

Alors, il ne reste plus qu'à aller dans un des tea-rooms de la digue, Mano ou Raymond - nous avons opté pour "Raymond", ô son charme d'antan - avec ses murs couverts de papier peint à chevaux noirs galopant dans les marais... Et ses grandes glaces reflétant la mer.

Mais sur la terrasse conçue pour être chauffée où nous étions, nous pouvions la contempler, la mer.

Une fois de plus, je me suis fait la réflexion que sa couleur était vraiment indéfinissable, "ni gris, ni vert, comme à Ostende et comme partout..."  A la fois, couleur de sable, de ciel changeant, d'un gris-bleu-vert pâle, ou couleur de porcelaine comme j'aime à le dire parfois, ourlée d'une ligne plus foncée - ou plus brillante.

On pourrait la regarder pendant des heures, sans se lasser.

Et les photographies ne donnent qu'une bien faible idée de ce qu'elle est en réalité, et combien on peut l'aimer quand on la connaît bien.

le coq septembre 2017

Chez Raymond

Chez Raymond

Le Coq 20092017

A marée basse - vers 18-19 heures

Au retour

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Anniversaire II

Quand le temps s'annonce beau, la Rose me propose, "tel jour, on n'irait pas à la mer?"

Parfois, alors qu'on a prévu de se voir, un après-midi, et qu'elle arrive à midi, il arrive que l'une dise à l'autre:

-Tu sais à quoi je pense?

-Oui, sans doute à la même chose que moi?

En choeur : - on n'irait pas à la mer?

C'est la formule la plus courante. Reste à aller acheter deux sandwiches et des boissons, à prendre des vêtements : pour la pluie, le vent, la neige, le brouillard, la canicule, les boues o;) et le reste... Puis à partir, sans se tromper dans les embranchements du ring (ce qu'on fait presque systématiquement, en se racontant les dernières trèèèès importantes nouvelles (ses filles, ses petits-enfants, mon fils-sa maison-son boulot, le chat... Etc.) Et puis à ne pas louper l'embranchement pour Blankenberge, car il  y a aussi la route de Zeebruges, infestée de camions... Et mieux vaut l'éviter.

Bon, on s'est juste une fois trompé, mercredi, et puis, pour changer, après notre sandwiche pris à la réserve naturelle de Uitkerke, une papote avec une bénévole, toute contente d'avoir un public, et un café, on a filé sur De Haan aan Zee, (Le Coq sur Mer) - la station où je passais mes vacances, adolescente et même avant et même après, bien après.

Le Coq, bien évidemment, c'est d'abord et avant tout une gare de trams... Immuable.

Le Coq De haan, la gare

Coq sur Mer

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Le tramway Knokke -> Ostende en provenance de Wenduine.

Elle m'a demandé "montre-moi de jolies villas" ... Alors, je l'ai emmenée dans une rue un peu en hauteur, qui surplombe la voie de tram vers Wenduine (la station suivante, au nord, donc, vers les Pays-Bas), où il y a une série de maisons construites dans un style mi-balnéaire mi-anglais, dans les années 20.

Pendant longtemps, on pouvait les admirer depuis le chemin. Les propriétaires ont fait pousser des haies, plus hautes que moi, donc, pour les photos, c'est compliqué. Est-ce du buis? Si au moins c'était du troène, n'importe quoi, mais pas du buis (au fait, je n'ai pas regardé de près ce que c'était, je pencherais quand même pour le troène).

villa du Coq

Villa du Coq

Villa du Coq

Bleu boulonnais

Bleu "boulonnais" presque

Villa du Conq

J'aime bien celle avec le cadran solaire aussi...

Villa

La villa "Stella Maris" a toujours été ma préférée.

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19 septembre 2017

Des trouvailles

Hier, en cherchant du matériel pour faire mon premier livre "pauvre", un livret sur Bruxelles, je suis tombée sur mes vieux dessins d'enfant.

D'abord le matériel : il me faudrait un plioir... Différentes sortes de colle... Et remonter mon matériel de dessin.

Un livre pauvre : j'ai pris une feuille A4 de dessin assez consistante, j'ai choisi le thème de Bruxelles, c'est en cours d'élaboration, le plus dur maintenant est, assez curieusement, de rédiger le texte ! Je compte l'envoyer à un de mes contacts facebook (oui, oui, malgré tout), une Américaine d'Aurora (Colorado) très créative et qui a trouvé l'idée du Livre pauvre très enthousiasmante (elle a déjà réalisé son premier livre)...

***

Soit, dans mes dessins d'enfant, il y a deux catégories, les "petits formats" que j'ai glissés dans une vieille farde (pour doubles feuilles à interro... Ou plus gai, "à" rédaction et/ou dissertation).

Les grands formats, que ma mère a emballés, oui, oui, aussi curieux que cela paraisse, dans un emballage cadeau récupéré d'un livre d'étrennes sans doute.

Je dessinais sur le recto des feuilles de mécanographie que mon père ramenait par liasses, de son bureau.

J'ai eu plusieurs périodes :

les vêtements d'enfants de mon âge, inspirés des romans que je lisais (étrangement, j'avais imaginé deux jumelles, Edith et Danny, et je leur dessinais toutes sortes de costumes), mais c'était sans doute inspiré d'un roman, "Princesse de neige", l'histoire de deux jumelles, comment s'appelaient-elles ? Je ne sais plus.

les vêtements de Sissi, bien entendu (les films), ceux de l'impératrice Eugénie de Montijo, là on est dans le XIXème siècle et la mode des crinolines...

Tous les vêtements des siècles passés, avec une prédilection pour le Moyen Age, le XVIIème siècle, le Premier Empire, le Second Empire, et puis la mode de 1900. Puis, bien sûr, les années folles, les années 50...

Quand cette occupation est devenue une passion, mes parents m'ont offert une grande boîte de crayons de couleurs, que j'ai toujours (et que je devrais réassortir), et des livres sur l'histoire du costume. Progressivement, vers quatorze, quinze ans, mes études prenant de l'ampleur, j'ai moins dessiné, mais quand même, je n'ai jamais tout à fait arrêté. Avant de m'attaquer à quelque chose de plus sérieux, à l'Ecole des Arts d'Ixelles.

Je montrais ma production à ma mère, "le" juge suprême et elle faisait quelques réflexions, dont j'ai surtout retenu le "tu n'es pas douée MAIS, à force de travail, tu arrives à un résultat". Je ne sais pas si j'étais douée ou  non, mais quand je faisais des erreurs, elle aurait pu les corriger facilement. Genre, quand elle me disait, en voyant mes "cous", "si on avait un cou comme ça, notre tête ne tiendrait pas sur nos épaules". J'observais, mais je ne voyais pas toujours et surtout, je tombais dans des automatismes (la nuque dans le mauvais sens par exemple, des silhouettes exagérément minces, des jambes immenses, etc.)

***

Et j'ai même imaginé une maison de couture (j'avais entre onze ans et douze, quatorze ans...) avec un nom à coucher dehors, de Morteuil (heureusement que je n'ai pas choisi de Merteuil, cela aurait été vraiment piquant!) - mais où diable suis-je allée chercher un nom pareil ?

Et son défilé, avec des vêtements de jour (essentiellement des tailleurs-pantalon(s), de cocktail, de soirée et, bien entendu, comme dans les vrais défilés, la robe de mariée. Il faudrait peut-être un jour que j'en fasse quelque chose...

Un

ensemble pantalon

ensemble pantalon

pull, "débardeur" et pantalon

 

moins ancien, vers 1973? 74?

robe de soirée

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18 septembre 2017

Le début de la fin

Pour Lakévio, le devoir du vendredi... Ou du lundi.

darren thompson

"Alba ! Dis, tu te souviens, toi, de ta première rentrée?"

Alba, c'est la brune, et nous allons avoir dix-huit ans dans quelques jours. Elle, un peu avant moi. Comme son nom et son prénom l'indiquent, elle est d'origine italienne. Par son père. Il est venu travailler chez nous... Après la guerre. Non comme mineur, heureusement pour lui, mais comme serveur. Un jour, je saurai, un jour, il me racontera, mais là, je sais juste que son père est adorable et qu'il cuisine les meilleurs steaks du monde.

"Oui. Un peu. Et toi? Au fait, comment es-tu arrivée chez nous?"

Elle l'a oublié. C'est vrai que nous n'étions pas dans la même classe. Et puis, Alba était au lycée déjà deux ans avant moi. Donc, nous ne nous connaissions pas. J'allais la voir pour la première fois un peu plus tard, lors d'une "matinée scolaire" au théâtre... Ce jour de rentrée-là, le mien, il ne pleuvait pas comme aujourd'hui. Non, au contraire, il faisait beau. Et je portais une robe rouge. Pas de veste, rien. C'était un cinq septembre. Un mercredi. Une seule matinée.

"Tu sais bien, les soeurs "Vanden". Nous allions à l'Ecole des Arts ensemble. Je ne savais pas dans quelle école aller. Et puis elles m'ont dit "viens donc chez nous, au lycée !"  Je reste un instant silencieuse, toute à mes souvenirs. Elle hoche la tête, un peu indifférente. Pourtant, elles sont toujours élèves au même lycée, mais une année en-dessous de nous. Un monde !

Et puis, la conversation reprend, même si nous sommes un peu essoufflées, tant nous nous sommes dépêchées. "Dis, tu penses au discours de la dirlo ???"

Alba rit et m'interrompt. "Oui ! Bien sûr..."

En choeur: "Je serai brève..." Et nous le disons exactement sur le même ton. Nous rions à perdre haleine, à cette évocation, et pourtant, on va la revoir -du moins, le pense-t-on. Un univers de gouttelettes nous environne, malgré le soleil qui joue à cache-cache avec les nuages et resplendit, soudainement.

"Oui. On disait toujours que lorsqu'elle commençait ses "discours" par "Je serai brève", on pouvait s'attendre au pire".

De fil en aiguille, de rentrée en rentrée, de discours en discours, nous voici au seuil de notre dernière année. L'an prochain, si tout va bien, nous irons en fac. Alba veut faire médecine, moi, j'hésite encore. Histoire? Lettres? Sciences po? Evidemment, je sais bien que ce sera les Lettres.

Et le dialogue se poursuit:

- Dis, qui crois-tu qu'on aura comme prof titulaire?

- Dis, tu crois qu'il y aura des nouveaux profs? 

En principe, nous devrions garder les mêmes que l'an dernier. Tant mieux pour certains cours, mais tant pis pour d'autres. Et après tout, nous ne savons pas encore ce qu'on aura comme surprises.

On a fini de traverser le parc. La pluie a cessé. Alba secoue son parapluie. Elle va me donner les quelques affaires qui m'appartiennent et que, pratique, elle a glissées dans sa serviette. Parce que nous ne savons évidemment pas par quel cours nous allons commencer.

Et puis, ça y est, on est au lycée. On prend la rampe le long du parking. Une Volkswagen blanche passe à proximité. C'est celle de notre prof de gym. Celle que, d'instinct, je ne sais pas pourquoi, je n'aime pas. Bien que je ne la connaisse pas. En moi-même, je la surnomme "le porte-manteau". A côté d'elle, une autre de nos profs est assise. Elles rient. Elles sortent toutes les deux de la voiture, chacune de leur côté, mais avec un bel ensemble, tandis que nous rentrons dans le préau.

Je ne sais pas pourquoi, mais tout d'un coup, je me sens un peu bizarre.

***

Note: si la plupart des personnages sont véridiques, la situation - bien qu'inspirée par une rentrée scolaire - et le dialogue - sont tout à fait fictifs.


17 septembre 2017

Anniversaire I

Hier, nous commencions à fêter mon anniversaire.

Un anniversaire qui compte (ou comptera, parce que je n'y suis pas encore, n'est-ce pas, c'est le 21 septembre, premier jour de l'automne) ! Puisque je franchis une dizaine décisive. Hum... Bon, quand je me "sape" bien, et que je suis bien coiffée, et gaie et souriante, je me dis "waouwh!" quand je me vois dans le miroir.  Je suis peut-être percluse de rhumatismes, mais en tout cas, ça ne se voit pas. D'ailleurs, on me dit toujours que je ne "les" parais pas. C'est parce que j'ai la chance, en réalité, de n'avoir quasiment aucun cheveu blanc (je tiens cela de mon père). Bref, assez de considérations de ce style.

Mes amis randonneurs quittant la Belgique le 1er octobre pour le Hérault, ils désiraient que nous nous voyions plutôt ce week-end. Comme ils ne voulaient pas entendre parler de restaurant Vegan, j'ai proposé un resto qui leur plaît bien, et pour cause, La Vieille prune "In de(n) Oude Pruim", à Beersel, à quelques kilomètres de Bruxelles. C'est là que nous nous rabattons, après nos randonnées dans le Brabant. En été, on mange dehors, que dis-je, on dévore. Et on boit une bière, même moi qui n'aime ni ne supporte ça. Mais il paraît que c'est plein de vitamines, n'est-ce pas ?

En l'occurrence, hier, nous avions rendez-vous à une heure, la Rose et moi sommes arrivées les premières, on a dû garer assez loin, car il y avait kermesse, foire, et grande brocante dans tout le centre de Beersel.

Beersel est un endroit que les Bruxellois et les non Bruxellois connaissent bien, en tout cas, c'était le lieu de voyage scolaire par excellence, dans mon jeune temps, car il y a un château - sans doute retapé et rénové - avec salle de torture et machines d'assaut, bref, la totale.

Nous avons tous pris quelque chose de différent :

La Rose : des croquettes de crevettes (avec un peu de frites), hum.

L'amie randonneuse : des moules et des frites.

L'ami randonneur : un cabillaud avec des pommes de terre.

Et moi, je me suis offert quelque chose que je ne mange jamais, que je n'avais plus mangé depuis un midi où ma tante (la soeur de mon papa) nous en avait cuisiné : des => anguilles au vert. Enfant, je n'aimais pas trop, mais c'est devenu tellement difficile d'en trouver (de bonnes) que pour une fois, je n'allais pas me priver.

Néanmoins, celles de ma tante étaient vraiment très, très bonnes...

Anguilles photo

Après, Ro (le randonneur) nous a proposé une petite marche "digestive". "C'est difficile?" ai-je demandé. "Non, non" a répondu Mo (son épouse), c'est vraiment facile... Juste une heure. Mwoui. J'aurais dû me méfier. Nous avons pas mal tourné autour du chemin de fer, et puis, nous sommes descendus dans la vallée de la Senne (la Senne, "LA" rivière fondatrice - "Ab Vrbe condita"), qui serpente parmi des prairies grasses et vertes, où paissent vaches et chevaux.

Evidemment, j'éprouve une tendresse particulière pour la Senne, cette rivière sur les rives de laquelle Bruxelles s'est lentement édifiée...  Mais qui l'a lâchement et honteusement voûtée, enterrée, puis détournée. Elle arrive à ciel ouvert à Anderlecht, et on doit la retrouver quelque part, à la sortie de Bruxelles, au Nord, du côté du Quai des Usines. Du moins, avant le nouveau centre commercial "Dock's".

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Vue sur Bruxelles (et Electrabel o;)

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"Ab Vrbe condita"

Qui dit descente dit évidemment remontée, et là, nous avons été servis. Avec mes jambes qui flageolaient, le dîner et une hanche qui commence à filer doucement, dans les sentiers boueux et ravinés, traversés de racines... Je n'en menais pas large. Dans les montées, je haletais et dans les descentes, je tremblais. Finalement, je ne sais pas ce que je préfère. Au moins, après les montées, le coeur se calme, tandis qu'après une descente, j'ai toujours les jambes qui flageolent. Mais cela en valait la peine !

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Au retour, eux (bon pied, bon oeil), sont retournés prendre un café et manger une crêpe, mais moi, je suis rentrée chez moi, la Rose et moi avons pris une tisane orange/gingembre ou tout ce que l'on veut, et puis, elle est remontée "sur sa collline" et moi, le soir, je me suis endormie du sommeil du Juste dans mon canapé. Jusqu'à minuit.

Après, il m'a fallu aller au lit et là, pour me rendormir, ce n'était pas simple.

Mais bon, je suis contente de l'avoir fait. Après ça, je sais que je peux au moins reprendre les marches Adeps de 5 km dans le Hainaut, en terrain plat, le ciel en soit loué !

Parce que le Brabant, c'est tout montées, descentes et j'en passe !

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***

Prochaine étape de l'anniversaire o;) - d'abord le 21, bien sûr - vendredi 22 (si on arrive jusque là, je touche du bois), le fameux restaurant vegan, avec mon amie Anémone, que certains blogueurs connaissent, un vieil ami à nous, et deux autres amies très sympas, que j'apprécie beaucoup.

13 septembre 2017

Un peu de tout !

J'ai passé beaucoup de temps à l'ordinateur, aujourd'hui, mais pas que pour des choses amusantes.

Il me reste une lettre de désaffiliation ennuyeuse à écrire (et à poster ou scanner et envoyer par mail, tout un chambardement !)

Hier, il y avait grand-marché dans ma commune, mais je ne me suis pas attardée.  Beaucoup d'odeurs de graillon et de la "cacaille".

A midi, j'avais mangé un très bon pain de viande aux herbes, des chicons un peu en marmelade... Et des pommes de terre qui auraient valu d'être rissolées. Mais on était quinze et c'eût été un peu compliqué.

***

Samedi, je suis allée chercher un vélo, chez des amis qui proposaient généreusement de donner un vélo d'homme à mon fils, et la Rose et moi (elle est la seule de mes amis qui soit motorisée...), après avoir mangé dans une friterie dans un petit village du Brabant qui s'appelle Rebecq, avons conduit le vélo à Waterloo, (morne plaine), chez mon fils. J'ai aussi apporté mon percolateur, pour qu'ils puissent faire du café, et deux tartes de Rebecq: une tarte "bordélique" (c'est-à-dire "Bourdaloue", bordélique, c'est revu et corrigé par un dico de smartphone o;) et aux quatre fruits.

Le dîner à la friterie, c'était du poulet à l'estragon et une petite portion de frites cuites au BBBlaanc de BoeUff, qui vous restent sur l'estomac jusqu'au soir.

Il y a encore beaucoup à faire dans la maison... Ils ne sont pas sortis de l'auberge, ou plus exactement, ils n'y sont pas encore rentrés, les pauvres, depuis quatre mois qu'ils cumulent boulot et travaux... Ils n'en peuvent plus. Ils avaient terminé de nettoyer un carrelage noirci par le temps, et nous avons dû nous mettre pieds nus. Résultat, tous les matins, je toussotte !

(Ce n'est pas demain que je serai grand-mère, lol...)

Mais le jardin est vraiment très beau. Il y a une pièce d'eau, bordée de plantes, avec un magnifique catalpa. C'est un endroit délicieux.

***

Dimanche, je suis allée aux Petits déjeuners littéraires qu'organise la bibliothèque de ma commune. Kate Millie, l'auteure de trois polars bruxellois axés sur le patrimoine était interviewée et parlait de sa "carrière littéraire".

Elle a écrit une nouvelle "Trip Tram", un voyage à bord du tram 93 (dont je connais bien le trajet), des écrits divers et ces trois romans : "L'assassin aime l'art déco", avec la guide Marie qui croise l'assassin lors d'une visite de la Basilique de Koekelberg... Et le policier Guillaume. Deux personnages qui reviennent dans les volumes suivants.

"Noire Jonction", mon préféré, qui se passe entre la gare du Midi et la gare du Nord - et aussi, le quartier de la rue d'Aerschot, de très, très, très mauvaise réputation...

Pour les lecteurs  non belges, la Jonction est un vieux projet urbain bruxellois (typique de la bruxellisation) visant à relier les deux plus grandes gares de Bruxelles, construit en plusieurs étapes. Ce devait d'abord être un viaduc (ce l'est au sortir de la gare du Midi), puis ce fut un tunnel, sur le passage duquel on rasa de vieux pâtés de maisons bruxellois... Voire des palais du XVIème siècle.

Avec deux gares intermédiaires, Chapelle (qui est devenu un lieu culturel alternatif), et Congrès, où ne s'arrêtent plus qu'un ou deux trains par jour. La gare du Congrès, qui ressemble à tout sauf à une gare, en surface, devait permettre aux fonctionnaires de rejoindre plus vite leur travail dans la zone de la Cité Administrative de (l'ex) Etat. 

Enfin, elle a écrit "Peur sur les boulevards", qu'elle a sorti à l'époque où la "guerre" à propos du "plus grand piétonnier d'Europe" (la piétonnisation de nos boulevards centraux, un peu comme si on piétonnisait la Bastille, tiens, et le boulevard Richard Lenoir (je tape au hasard), - faisait rage sur les réseaux sociaux.

Elle est amusante, pleine d'humour, vive, pétillante, et j'espère de tout mon coeur qu'elle ne postulera jamais à l'Académie des Ecrivains belges. 

Je me comprends o;)

Elle ne vivra peut-être pas de sa plume, mais elle pourrait avoir un joli succès d'estime ! Et n'est-ce pas le principal? Je serais déjà bien heureuse d'arriver à concevoir un polar ! Et urbain en plus...

Photo de couverture de Noire Jonction

ange rue d'Aerschot

Aujourd'hui, je suis vraiment fatiguée, je n'ai plus envie de rien, mais je dois encore faire le bac de mon chat (ô horreur!) et puis, après, je pourrai regarder tous les épisodes en retard de "Diane femme flic" que j'ai enregistrés. Et m'endormir devant les galopades dans le commissariat, de sorte que je ne saurai pas qui a tué (scénario connu de ceux qui regardent des vieilles séries policières o;)

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11 septembre 2017

"Longtemps je me suis couché de bonne heure"

Pour Lakévio, et son "devoir" du week-end o:) et pour la rentrée.

Comment dit-on encore ?

Cette célèbre phrase, cet incipit extraordinaire... Etait-il prémonitoire ?

Qu'ai-je ressenti, lorsque je l'ai lue  pour la première fois? Et où? Et quand? Etait-ce à l'école? Au cours de français? Dans une anthologie? Dans un texte que notre prof, une spécialiste de Proust, nous aurait photocopié?

Le premier texte de Proust que j'ai vraiment lu, avec un esprit vraiment éveillé, c'était une liste de noms de villes, en Normandie, dans "Noms de pays, le Nom", à la fin du premier volume de "La Recherche", "Du côté de chez Swann". Et nous avions un merveilleux exercice à faire, à partir de cette liste de villes, "(...) Questambert, Pontorson, risibles et naïfs"...

du cote de chez swann

Longtemps, comme le narrateur, je me suis couchée de bonne heure.

Les couchers étaient rudes. La chambre sombre. La séance, austère, le coucher se terminant par une prière, que je devais péniblement mémoriser. Et j'étais bien jeune. Cela ne m'apportait guère de soulagement, rien. C'était juste une peur en plus, avant de m'endormir. Prier ? Oui, mais pourquoi?

Longtemps, les couchers ont été un supplice. Ce petit lit - avec un si joli petit canard orange, pourtant - Et ces rêves qui recommençaient, inlassablement, bizarrement.

Celui de la forêt, inquiétante, sauvage, où j'allais me perdre, et je m'en éloignais, heureusement, la main dans la main de mon père, à un carrefour de routes. Forêts du Brabant sans doute, Soignes, Halle, Meerdael, où nous nous étions promenés...

Et l'autre, plus mystérieux encore, dans un désert, auprès de la tombe d'un Marabout (ces monuments si blancs) recouverts d'un toit rond, éclatants de blancheur dans le désert, ... Ces tombes auprès desquelles un personnage qui semblait avoir été moi venait mourir, acculé, poursuivi par la foule. Et puis, je voyais une petite fille, là en haut, sur la crête de la dune, partir, la main dans la main de ses parents et d'un garçon plus âgé.

kees van dongen du côté de chez swann

Alors, au bout d'un certain temps, je me mettais à geindre. Doucement, puis plus fort. J'appelais. Il y avait une "bête", disais-je, derrière la tenture - la tenture marron de la fenêtre du "bow-window". Derrière, se profilait "l'ombre" de la lampe de rue. Paradoxe profond. Les tigres du musée d'histoire naturelle venaient me hanter, grimaçants, leur gueule ouverte, leurs crocs acérés. Et une panthère noire se promenait sur les murs séparant les parcelles des jardins.

Finalement, mon père montait, les lumières s'allumaient, et je ne sais plus ce qu'il me disait, mais je m'apaisais un peu. Je finissais sans doute par m'endormir.

Et puis, un jour, j'ai lu. J'ai lu "la pierre de lune", de Johan et Pirlouit, longuement, laborieusement. Et puis "Les petites filles modèles". Je suis arrivée au bout de ces premiers livres, avec un grand sentiment de victoire. Et j'ai eu un nouveau lit, un grand lit. Mon frère m'y rejoignait parfois, pas longtemps sans doute, et on papotait, on riait. Puis, il retournait chez lui. J'ai commencé à avoir moins peur.

Les livres se sont accumulés sur ma table de nuit. "Heidi", un de mes préférés, que je lisais après avoir utilisé un bâton de beurre de cacao - de sorte que le parfum du vrai beurre de cacao est resté associé au bonheur de cette lecture. "Tout feu, tout flamme", "le grand jeu de Païolive"... et puis des livres des livres. J'ai toujours eu des piles de livres au pied de mon lit.

Ma mère n'était pas très contente, répétant que j'allais m'abîmer les yeux. "Oui, mais, j'aime lire", répondais-je... Et je rétorquais que j'avais une bonne lampe de chevet. Finalement, mes parents n'ont plus trop rien dit. Avec la lecture, mon endormissement s'est adouci. J'avais acquis l'art de me raconter des histoires, une fois la lampe éteinte. Et même si mes parents venaient sentir la chaleur de l'ampoule - et vérifiaient ainsi si j'avais lu ou non (je pouvais faire semblant de dormir), ils ne disaient plus rien.

le temps retrouvé

J'ai une connaissance qui ne semble pas aimer Proust.

Pourquoi ? Je n'en sais rien. Ses phrases trop longues? Ce qu'il raconte ? Ce malaise que vous laisse tout l'endormissement laborieux du narrateur ? Ses atermoiements maladifs, pour que sa mère remonte le voir? Alors que fatalement, les parents vont vous laisser tout seuls, dans la nuit, avec vous-même? Inexorablement?

Je ne déteste pas Proust, oh non ! Car j'ai lu une grande partie de la "Recherche", mais j'ai arrêté à "Albertine disparue". Je ne sais pas non plus pourquoi. Je n'ai pas vu la mort d'Albertine, ni les étranges errements de Charlus, pendant la guerre, mais je n'ai pas lu la mort de Swann non plus, ô! Petit pan de mur jaune, que j'aurais tant voulu trouver, à Delft...

Je n'en suis pas convaincue... Mais bon, mettons qu'on déteste Proust.

Peut-être que non. Mais peut-être que si. Finalement, cette connaissance o;)

"Peut-être a-t-elle un peu raison?"

Belinda Del Pesco

Belinda Del Pesco. Oeuvre choisie par Lakevio.

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10 septembre 2017

Le livre d'artiste (3) Le livre en "pop up" de "la Rose"

Cela fait pas mal d'années qu'à quelques nuances près... Ma meilleure amie, dite "La Rose" et moi partageons balades artistiques et ateliers divers. Avec des différences.

  • J'ai longtemps fait du modèle vivant, ce qu'elle n'aime pas tellement faire ;
  • Nous avons fait des ateliers de composition ensemble, de couleur, d'aquarelle (l'aquarelle n'est pas mon fort) ; de bijoux de récupération, et... In fine, entamé des études d'infographie.
  • Et le livre.

Le livre résume et comprend toutes nos passions : le texte, poésie, récit ou conte. L'image, dessin, peinture ou photographie, et enfin, la reliure. J'adore relier, (elle aussi je pense), c'est vraiment passionnant de réaliser un livre soi-même, depuis la conception jusqu'à la réalisation, même si c'est hyper épuisant.

Tout a commencé sans doute à cet atelier de reliure à la fin de notre première année d'infographie, en 2015, quand nous avons réalisé nos premiers livres.

***

Elle est douée. Elle est trop modeste. Elle ne veut pas montrer ce qu'elle fait. Et elle fait des merveilles. Elle n'en parle jamais, ne se vante pas, bref, j'espère qu'elle ne va pas me faire une tête au carré parce que là, c'est de son travail que je vais parler.

En 2014-2015, elle a fait un livre en noir et blanc, pour ses petits-enfants, donc en deux exemplaires. Très réussi, entièrement dessiné. Nous ne travaillons pas du tout de la même façon. Elle est très méthodique, très discrète aussi, elle prépare méticuleusement ses travaux, a sa documentation prête, que ce soit avant un stage ou un cours, elle a déjà réfléchi à tout ce qu'elle voudrait faire.

En 2015-2016, elle a fait un "fanzine", toujours pour ses petits-enfants, sur les voitures de la famille. Depuis la voiture de l'arrière-grand-père centenaire (102 ans !) jusqu'à sa voiture à elle, celle des autres grands-parents, des parents, etc. Toutes d'une marque française (et elle a eu le prix d'infographie de cette année-là, que je trouvais plus que mérité).

Cette année, quand j'ai vu ce qu'elle avait réalisé, je lui ai dit ceci : "c'est simple, c'est bon que tu es ma meilleure amie et que je suis super heureuse quand tu fais quelque chose de bien, sinon, eh bien ! Je serais presque jalouse!" Elle a ri et répondu, qu'en effet, je pouvais être jalouse.

Au stage de livre d'artiste que nous avons fait ensemble - mais dans deux coins séparés de l'atelier, aux Ateliers d'art contemporain - elle s'est initiée au livre qu'on appelle "pop-up". Pendant que moi, je malaxais mon rouge de façon brouillonne, instinctive et passionnée.

***

Le livre Pop Up. C'est une technique de livre avec des pages en relief, comme ces cartes de voeux où un paysage de noël ou un motif d'anniversaire se découpe et s'ordonne - puis se replie quand on ferme la carte. On ouvre le livre, et un paysage, des arbres, des maisons, des animaux, apparaissent en relief. Le mieux, c'est de voir en photos.

Elle avait choisi de s'inspirer du peintre David Hockney (que je ne connaissais pas!) et qui a beaucoup  pratiqué les collages. Car son rêve à elle, c'est de faire du collage, et donc, forcément, du livre pop-up.

Voilà donc deux collages qu'elle a réalisés, d'après deux toiles de David Hockney,

Et une double page de son livre pop-up. Elle ne le trouve peut-être pas si réussi, mais moi je lui ai dit que je serais bien incapable de faire ça...

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Collage 2 à la David Hockney

Le livre pop-up ouvert.

collages et livre pop-up à la Hockney

(c) Dominique Scott, 2017.

***

Nous avons aussi visité l'expo des "Très riches heures du Livre pauvre", à la Bibliothèque Wittockania, (Wittockania n'est-ce pas, la Miss, hein, pas Wikipédia) à Woluwé, expo dont j'avais vu la mention sur le blog de Tania, "Textes et prétextes". Qui en fait une exellente présentation critique.

Voilà une nouvelle aventure très tentante, réaliser quelques "livres pauvres" (c'est-à-dire, hors commerce, totalisant deux couvertures et quelques pages, à peine), avec du texte et de l'illustration (peinture, fils, aquarelles, etc.)

A envoyer à des ami(e)s, de l'autre côté de l'Atlantique par exemple.

vitrine à la Wittockania

livre orientalisant

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06 septembre 2017

Euréka

Il y a quelques années déjà, je ne sais pas combien de temps, j'ai trouvé la trace d'une lointaine cousine du côté maternel, via facebook. Enfin, j'en étais sûre.

J'avais rentré le nom de son père, qui était une personnalité, dans la police, et j'ai fini par trouver son faire-part de décès (il est né le 21 septembre - comme moi - bon, en 1925). Et son nom à elle, forcément.

Evidemment, du côté maternel, j'ai des cousins proches. J***, né au Congo, en 1948 je pense, habite rue du Ham, dans la maison que mes grands-parents maternels ont achetée, juste avant la guerre 40-45, la maison que je sentais "hantée", les dernières fois où j'y suis allée.

Il s'est marié et il a eu un fils, développeur informaticien, qui doit avoir 40 ans, et dont j'ignore s'il est marié ou non, où il habite, bref, à peu près tout - mon cousin et moi, nous nous sommes brouillés lors de la séparation d'avec mon mari. Ca arrive souvent avec les amis, mais jusqu'à la famille, il faut le faire.

Ma cousine Michèle - celle qui est partie vivre à Florence en 1970-71, a disparu corps et biens. Mon père avait scratché son nom de femme mariée, (son mari est sarde), dans le carnet d'adresses familial, après la mort de ma mère, et c'est dommage. Elle, elle aurait peut-être répondu, si je lui avais écrit (je n'en sais rien). Je ne connais pas le nom de son mari, je sais qu'ils habitent ou habitaient près de Cagliari, mais où ? Mystère. Je l'ai vue pour la dernière fois au nouvel-an 1994-1995.

Reste une petite-cousine, ma mère et ma tante avaient ce cousin, François, qui s'est marié tardivement et a eu une fille, c'est cette fille que j'ai contactée, sur facebook, et qui vient seulement de trouver mes messages... Et de me répondre, plutôt stupéfaite.

On verra ce que ça donne.

Mais cela fait une effet curieux, au-delà du voile épais que ma mère a étendu sur sa famille et l'histoire de sa (de notre) famille, il y a un pont possible, mais il est difficile de savoir ce qu'il en sortira, parce que qui dit que son père n'a pas été aussi discret sur sa famille que ma mère sur les siens?

Egide (le forgeron) + sa femme ("Boman") (tenancière du café chaussée de Saint-Job),

ont une fille, Julia Joséphine (née en 1898)

et trois ou quatre fils (l'un d'eux est décédé en bas âge, c'est ma grand-mère qui l'a tenu, mort, entre ses bras).

Ici, elle est bien évidemment avec deux de ses frères, mais il est difficile de dater cette photo - peut-être est-ce avant son mariage.

Julia Joséphine B***

Plus tard, ma grand-mère épouse mon grand-père, Jules Piter, qui devient publicitaire et ils ont deux filles,

ma tante (née en 1921) et ma mère (née en 1924).

***

Incroyable, on commence à en parler, mais il y a de fameuses lacunes, de part et d'autre(s). Enfin, on est arrivée à se mettre d'accord sur notre lien de parenté. Quand je lui ai dit que ma mère parlait toujours de "son oncle du Pont" (le pont à Uccle Saint-Job qui passe au-dessus du chemin de fer et fait l'avenue Jean-Pierre Carsoel, avec anciennement le tram 18 et maintenant, le 92, elle m'a répondu qu'elle avait effectivement grandi là, dans la maison de ses grands-parents).

Il se peut que ma mère et ma tante aient eu d'autres cousins dont elles nous auraient caché l'existence.

Encore une histoire de famille, sans doute...

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