Variations de regard

24 juillet 2017

Crupet - Bouillon - Orval - Rossignol, juillet 2017 (2)

Quand je suis à Orval, davantage encore qu'à Hurtebise, je me pose la question de la "vocation" monastique. Je suis fascinée. Mais le mystère humain me fascine.  Je ne me pose aucune question sur la vie sacerdotale (en réalité, elle ne m'intéresse pas, je la trouve même franchement rebutante, célibat imposé, refus de l'ordination des femmes, etc.), mais beaucoup plus sur le choix de la vie monastique. 

Comment ? Pourquoi ?

Qu'est-ce qui pousse des hommes et des femmes (de plus en plus rares, tout de même), et des jeunes, à embrasser l'état de moine ou de moniale? La "foi" sans doute, me répondra-t-on, mais cette réponse me semble courte, ou insatisfaisante, pour un état de vie aussi particulier. 

C'est une chose d'y résider quelques jours, en hôte de passage, et une autre d'y vivre en permanence.

Il y a la fraternité, oui, mais vivre avec les autres n'est pas facile. Des hommes ou des femmes très jeunes, avec parfois d'autres très âgé(e)s...

Les horaires sont contraignants. Les mâtines, les Laudes... 5 heures, 7 heures... En hiver, il faut traverser des couloirs froids. Parce que si on chauffe l'Abbatiale et les chambres, les lieux communs le sont moins. Et le froid, ce n'est vraiment pas drôle, même si on s'y habitue. Un jour, je parlais de cela avec un médecin, et il m'a répondu en souriant, mais quand ils ou elles sont malades, ils ou elles se soignent, et même quand quelqu'un a une dépression, il ou elle est aussi soigné(e).

Il y a sans doute des temps de "récréation", mais beaucoup d'offices, d'étude, de méditation et du travail agricole ou manuel. C'est même une obligation dans la règle de Saint Benoît.

Evidemment, il y a des aides extérieures (vu qu'il n'y a plus de frères ni de soeurs convers(es).

Quand j'étais enfant, et élève au Sacré-Coeur, j'éprouvais un respect mêlé de crainte envers les religieuses. Il paraît qu'il fallait appeler "Ma Mère", celles qui étaient entrées avec une "dot". Et "Ma Soeur", celles qui n'en avaient pas apporté, mais qui travaillaient de leurs mains. Ou qui géraient l'école. Je me suis souvenue longtemps - j'avais treize ans et j'allais quitter le Sacré-Coeur pour toujours, d'une soeur en tablier, portant un lourd panier de linge repassé et plié, et qui m'a demandé de l'aider. Je l'ai fait volontiers. Elle a eu un mot gentil pour me remercier, dans le genre bénédiction, mais cela ne m'a pas empêchée de mener ma vie à ma guise o;) et de pratiquer le "libre-examen" si cher à l'ULB, sans le savoir d'ailleurs.

Une attitude, qui m'a toujours paru aller de soi.

A Hurtebise, j'ai lu la biographie d'une Bénédictine (que j'ai connue, avec qui j'ai même parlé un jour), qui était entrée toute jeune au monastère - et pas par dépit. Qui avait encore connu la clôture... On en frissonne. Et qui, une des premières, a porté le pantalon.

Je me demande aussi ce qu'ils (et elles)ressentent réellement, tous les jours, lorsqu'ils (elles) répètent inlassablement les mêmes mots. Mais ce n'est peut-être pas très différent de nos habitudes, de nos rites à nous, que nous soyons seul, en couple ou en famille.

Que croient-ils?

Je me souviens de cet écrit de Thérèse de Lisieux, sur son lit de malade, ravagée par la tuberculose, où elle disait que par moments, c'était le "pire des raisonnements matérialistes" qui s'imposait à elle. Cette femme que l'on imagine jeune, pieuse et naïve, avec sa pluie de roses, un pur produit de son siècle, était une fille qui tenait des raisonnements d'athée. Après, continuer dans la voie qu'elle s'était tracée, et très jeune, c'était son choix. J'ai lu son autobiographie, mais j'aurais préféré la lire "décaviardée"...

Jadis, quand mes parents nous emmenaient visiter des abbayes, en passant, j'avais envie de prendre la fuite. Mon expérience du Sacré-Coeur était encore trop proche. Heureusement qu'ils ne nous ont jamais emmenés faire une retraite en famille... Je ne sais pas non plus si cela se faisait, à l'époque. Peut-être que cela m'en aurait dégoûtée à tout jamais. C'est beaucoup plus tard que le hasard m'y a ramenée, avec quelqu'un qui n'a d'ailleurs fait que traverser ma vie. J'ai passé deux week-ends à Forges (près de Chimay), et nous sommes souvent passés à Scourmont.

Nous nous sommes séparés, justement à cause de divergences culturelles et religieuses. J'étais trop laïque au goût de sa famille, et lui, je l'ai jugé assez sévèrement.

Il m'agaçait, avec ses certitudes...

vendredi 7 juillet 2017

Samedi 8 juillet, au matin.

"Arachnè, Princesse du Temps jadis"

Orval bis

Orval, le soir, vue sur une partie de l'hôtellerie.

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23 juillet 2017

Crupet - Bouillon - Orval - Rossignol, juillet 2017 (1)

cimetière de Crupet

Cimetière de Crupet

Cimetière de Crupet

Cimetière de Crupet

 Cimetière de Crupet, contrastes

Nous sommes d'abord passées par Crupet, où j'étais déjà allée, où il y a une grotte résolument kitsch, accolée au cimetière, une grotte dédiée à Saint-Antoine, qui fut édifiée par le curé de Crupet, au début du XXème siècle, avec l'aide des villageois. Nous avons mangé nos sandwiches sur un petit banc, dans un coin arboré du cimetière. Je n'ai pu m'empêcher de penser au premier volet de la série de la 7ème Compagnie - quand le sergent-chef Chaudard mange avec ses hommes dans un cimetière !

La Rose, qui a vécu dans la région, ou pas loin, visitait la grotte quand elle était enfant, et en avait très peur. Je comprends ça. C'est tout simplement hideux.  On peut entrer dans la grotte côté cimetière, où il y a un diable vilainement représenté avec ces traits que l'on a qualifiés longtemps de "sémites", qui s'oppose à un enfant de choeur, puis il y a un petit escalier qui descend vers le fond de la grotte, où est représenté Saint-Antoine (ne me demandez pas en quoi réside la tentation de Saint-Antoine, je n'en sais rien, ce que je sais, c'est qu'on invoque Saint-Antoine si l'on perd des objets o;)

Je connais quelqu'un qui l'invoque souvent o;))) (ce n'est pas moi!)

***

Une marche Adeps ayant lieu, le premier ou le deuxième dimanche de  juillet, à Rossignol, en Gaume, organisée par l'asbl que mes neveux ont fondée, est un prétexte pour aller passer un week-end dans la région et loger à l'hôtellerie de l'Abbaye d'Orval.

Je ne vais pas dire qu'on y mange bien (cette année, il y avait surtout du pain, du fromage et des pommes, cela, c'est plutôt bon, la bière de table aussi, excellente, délicieuse, beaucoup moins forte que celle du commerce et spécialement brassée pour les moines et les hôtes de passage) - et du blé Ebly à presque tous les repas (moins une fois de la semoule et un soir des pommes de terre), mais on y est bien. Enfin, moi j'y suis bien.

C'est plus austère qu'à Hurtebise, mais cette année, où il faisait beau, c'était vraiment merveilleux.

jardin de pierres3

jardin de pierres1

les pommes du petit déjeuner

C'est un lieu hors du temps, je ne dirais pas loin de tout, car on est vraiment tout près de Florenville, que j'aime beaucoup. C'est le lieu même du silence, hormis le cri des hirondelles, (que j'adore) et de temps en temps un avion ou le grondement lointain (très lointain des voitures et des motos), et j'apprécie.  Outre les parloirs et les salles de réunion, il y a un jardin pour les retraitants (avec des tournesols covoiturés -par nous!- depuis Bruxelles! J'espère qu'ils se portent bien...) et un Jardin de Pierre, d'inspiration japonaise, très zen, où pratiquer la marche méditative (o;) ou encore, où s'asseoir (ce que je préfère, je ne suis pas très "marche méditative")

Il est ceint d'un cloître, où sont apposés des vers extraits des poèmes d'Eugène Guillevic, que je ne connaissais guère.

Un des moments que je préfère, à Orval, c'est la fin de l'Office du soir (à 20 heures, Complies). On éteint les lumières, seul le vitrail de Notre-Dame d'Orval est éclairé et trois moines chantent le ==> Salve Regina cistercien (cela me donne la chair de poule).

==> Salve Regina par les moines de la Grande Chartreuse.

Puis, il y a un temps de silence, et le gong sonne plusieurs fois, dans un léger souffle. C'est le moment de silence absolu, dans l'abbatiale, relativement obscure, un moment où l'on se retrouve vraiment en face de soi-même, où l'on peut se demander ce qu'il y a véritablement au fond de soi. En-deçà des couches et des alluvions liées à la vie, à l'histoire personnelle, au caractère, au bruit du corps (le sang qui circule, etc.) et de l'humanité.

C'est le moment que je préfère... Quand je sors de là, je me sens totalement en paix.

Une amie m'a écrit à ce propos... Si c'est là que tu te sens le mieux, arrange-toi pour y aller le plus souvent possible.

Je crois que cela s'impose. Bien que, parfois, je ne me comprenne pas moi-même.

***

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21 juillet 2017

Histoire de blogues (2) ...

J'ai assez vite trouvé le titre de mon nouveau blogue. Et mon pseudo.

L'année d'après le déménagement, en 2005, j'ai fait beaucoup de travaux chez moi (remettre du (faux) parquet dans les chambres, refaire la salle de bains et la cuisine, qui suintait la graisse figée et que je croyais responsable de l'infestation par les cafards).

Là, j'avais deux chats. J'avais découvert aussi que non loin de chez moi, il y avait  une école des arts francophone. Je connaissais, bien sûr, l'Ecole des arts néerlandophone d'Anderlecht, derrière l'église Saint-Guidon, mais la trouvaille de l'Ecole francophone m'a remplie de joie. C'était à cinq minutes de chez moi ! L'idéal. Je suis donc allée à l'expo de fin d'année, décidée à m'inscrire en dessin à la rentrée de septembre 2005.

Mais l'année suivante, le premier professeur que je suis allée voir, c'était le professeur de peinture. Il m'a demandé de lui apporter mes travaux, m'a fait passer un petit test (choisir trois peintures dans un classeur de reproductions) et me demander les peintres ou les mouvements artistiques que je préférais. Comme ça, à chaud, j'ai répondu, les Primitifs flamands, les impressionnistes et Winterhalter. Et j'ai commencé une année de peinture. Mon prof s'appelait Félix et il avait un succès fou, (mais ça, je ne m'en rendais pas compte), c'était aussi un professeur excellent, vraiment, comme je dis toujours, "il aurait fait peindre n'importe qui". J'en avais rencontré tellement, des profs d'académie...

***

Quand je me suis trouvée devant mon ordinateur et la page de skynet où commencer mon nouveau blogue, j'ai d'abord cherché un pseudo.

Mon regard s'est posé sur ma tasse de thé, du thé blanc de Chine, du Pai Mu Tan (dit de la Pivoine blanche), en vrac, et j'ai encodé "Pivoine blanche". Puis j'ai cherché un titre à mon blogue et le premier qui m'est venu, c'est "A l'ombre de mon église".

Ce qui était très optimiste, parce que l'église en question, c'est Saint-Guidon, qui est quand même à vingt-trente minutes de chez moi (à pied et je ne marche pas très vite), et ma tour est sûrement plus haute que Saint-Guidon (je n'en sais rien en fait!)

Mais je vois Saint-Guidon de mes fenêtres, par contre !

l'académie néerlandophone

L'extérieur de la l'académie néerlandophone d'Anderlecht

Etrimo - composition

"Etrimo 1966" et le canal (c'est une composition o:)

Métro Saint-Guidon et flèche de l'église, le jour du Grand Marché, 2014

le métro Saint-Guidon et la flèche de la Collégiale,

jour du Grand marché d'Anderlecht.

Ecole des arts d'Anderlecht, la cour des sculpteurs

L'Ecole des arts - la cour des sculpteurs.

***

Mais quand je sortais du métro Saint-Guidon, la tour de l'église, une vraie collégiale gothique (avec des éléments récupérés de ruines romaines, si pas celtiques, dans les fondations), c'était signe que j'étais chez moi.

Même si dans cette commune, je ne connaissais pas grand-chose.

***

Je crois que le premier blogueur que j'ai connu, c'est Nuages. Qui tient toujours son blogue photos. Oui, puisque nous avons visité une exposition d'art russe au musée d'Ixelles (c'était l'année du festival Europalia Russie) et qu'il m'a parlé assez vite des ateliers d'écriture de Coumarine à Hurtebise...

Par Nuages, j'ai découvert Coumarine, donc, et Valclair. Pierre, et d'autres. On est en 2005-2006, Valclair, (dont j'aimais tellement l'écriture classique et élégante), puis un site - forum d'écriture en groupe, Obsolettres, qui a fermé ses portes - je ne sais plus en quelle année. Obsolettres regroupait pas mal de blogueurs que j'ai lus par la suite, Cassymary, Alain X, Iles Cook, j'en oublie sûrement. Je les ai rejoints assez rapidement.

*** Pour Coumarine et Valclair, les liens (vers leurs blogues de l'époque) que j'ai sélectionnés conduisent vers le compte-rendu de notre premier atelier d'écriture d'un week-end, à Hurtebise, en mars 2006. Il avait neigé ce week-end là, et apparemment, le thème de l'atelier était "le hasard".

Hasard qui m'amenait en un lieu où je vais encore aujourd'hui... Curieux ça.

***

Et à propos de ce week-end d'écriture, voici ce qu'ils écrivent au retour :

"Trois blogueurs cette fois parmi les participants venant du "réel": Jean (nuages) et son écriture teintée d'humour souvent noir, décalé, parfois même déjanté... Pivoine Blanche et son amour de Bruxelles, ses connaissances historiques alliés à son sens du détail aussi qui nous plongeaient à chacun de ses textes dans des atmosphères un peu surannées, comme celles des photos sépia...et enfin Valclair, dont l'écriture fluide, comme coulant de source,  n'a pas hésité cette fois à se coltiner à l'humour, Valclair aussi qui nous a étonnés par sa capacité de comédien (dans la lecture de ses textes...nous étions fascinés, subjugués...)" (c) Coumarine, Les Petites paroles de Coumarine, 14 mars 2006.

"Je participe pour la deuxième fois à un atelier d’écriture qu’organise Coumarine au monastère d’Hurtebise dans les Ardennes. Notre petit groupe cette fois comporte outre des personnes participant aux ateliers bruxellois de Coumarine, deux blogueurs que je rencontre pour la première fois, Nuages, grand voyageur dans son blog mais aussi excellent créateur, dans ses mots de fiction, d’ambiances et d’atmosphères et Pivoine Blanche, puits de savoir sur Bruxelles, son passé et sa culture. L’animation est assurée avec toujours la même bienveillance et la même compétence par Coumarine. L’ambiance est très chaleureuse." (c) Valclair, Les échos de Valclair, 14 mars 2006.

Plus tard, une autre blogueuse nous a rejoints, lors d'un autre week-end, Pati - qui écrivait son récit de vie. Et qui a aussi arrêté son blogue.

***

Et puis, en 2006, je fais un dernier essai de travail, dans l'enseignement, couronné d'insuccès (je remplaçais un prof qui remplaçais un prof temporaire... Et chaque prof partait), et à côté de cela, j'ai une mésaventure dirais-je, qui me fait quitter skynet pour Canalblog.

Et la blogosphère de skynet pour celle qui tourne autour de canalblog, blogspot, etc.

Photo de (c) Coumarine, Hurtebise sous la neige

(c) Coumarine, photo de Hurtebise sous la neige.

(c) Valclair - Hurtebise sous la neige

(c) Valclair, photo d'un chemin à Hurtebise, sous la neige.

Histoire de blogues (1) ...

J'ai commencé à bloguer exactement en 2004, mais je ne saurais dire à quel moment.

Je venais d'acheter un PC - fin 2003. Mon fils était tout content. J'habitais encore rue Van Eyck et j'avais installé un bureau dans une grande pièce lumineuse au nord (l'ancienne chambre de mes parents), avec un bow window, style Arts Décos, et un petit radiateur sous la fenêtre (c'est dire qu'il n'y faisait pas toujours chaud!)

J'avais meublé la pièce avec des meubles que mon amie la Rose avait récupérés de ses parents : une salle à manger, des chaises, deux belles armoires, un beau tapis et un fauteuil en cuir (celui-là, je l'ai toujours) mais lorsque j'ai déménagé, je lui ai rendu les meubles que son frère a récupérés. J'avais installé le PC sur la table et de chaque côté, j'avais des étagères (de livres et classeurs divers) qui nous protégeaient un peu du froid. C'était bien. La pièce était grande, belle, et gaie.

Après avoir délaissé les forums où j'estimais perdre beaucoup de temps, et écrit sur divers sites littéraires, (dont le Testament des poètes, qui a disparu, englobé dans un nouveau site), j'ai commencé mon premier blogue sur un site communautaire, qui a aussi disparu de la toile. Une personne du site m'avait expliqué ce que c'était qu'un blogue.

J'ai intitulé le mien "De la couleur avant toute chose".

Et j'y ai raconté cette période charnière, où j'étais jeune encore (47 ans !) et pleine de projets. Certes, j'avais perdu mon travail, mais j'avais un honnête préavis d'un an, que je ne devais pas prester, je dois reconnaître que de ce côté-là, mon employeur a été plus que correct. Il faut dire aussi que j'avais mis beaucoup de bonne volonté jusqu'à la fin, bien que sentant la fin approcher.

Il n'empêche, j'ai un bon souvenir de ce blogue, les premiers stages artistiques : la perception de l'espace, avec Jacques R***, et "faire un autoportrait aujourd'hui" avec le même maître de stage... Quand et comment je suis allée chercher mon premier chat, en Gaume. Son arrivée à Bruxelles. Ses sottises... Son affection. Un vrai chat funambule... Puis il a déménagé avec moi. Ce déménagement ! Mon dieu...

Mon père, qui occupait le rez-de-chaussée de la maison, (divisée en deux appartements), était parti le 1er septembre, emportant ce dont il avait besoin et envie dans son nouvel appartement.

Je suis restée seule une dizaine de jours, et un vendredi, ça a été à mon tour. C'était plus costaud, comme déménagement et il fallait un élévateur. Quelqu'un m'avait dit, peu avant "on ne vend pas une maison avec des fantômes"... J'avais ri, souri, mais aujourd'hui, que tant d'histoires du passé me tourmentent, même ici, dans ma Tour ensoleillée, (pour ne pas dire mon Etrimo qui coule o;))) il m'est arrivé de me poser la question. Mais bon, je ne vois pas très bien comment j'aurais expulsé des fantômes - lesquels sont en nous, de toute façon, ce qui veut dire que nous les trimballons partout.

Je ne sais pas quand j'ai effacé ce blogue, un jour de ras-le-bol. Je l'ai d'ailleurs effacé et recommencé. En même temps, le site perdait de la vie, et en 2005, alors que je venais de rentrer à l'Ecole des Arts, j'ai découvert la plate-forme skynet.

Cela me paraissait bien...

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19 juillet 2017

Famille je vous aime 4 !

Je ne sais plus en quelle année, ma tante (la cadette de mon père) nous a tous invités à une soirée avec un grand souper pour son cinquantième anniversaire de mariage. Je dis tous, mais il y avait mon père et moi, mon frère et sa seconde épouse, et donc, mes neveux (nés du premier mariage de mon frère), n'ont pas été invités...

***

J'étais en face de mon autre cousine, (pas celle dont je parle ci-avant), j'avais une petite veste en soie naturelle ivoire, à la marocaine, que j'aimais beaucoup. Un moment, ma cousine m'a prise à partie pour une vieille histoire.

Pourquoi, quand mon frère s'est marié, la première fois, n'ont-ils pas invités à son mariage?

Je précise qu'à cette époque, j'avais dix-huit ans, et strictement rien à dire, en ce qui concernait ces noces (civiles et religieuses).

Il y avait bien 100 personnes, peut-être plus, du côté de sa belle-famille, et disons, dix, à tout casser, de notre côté.

Pour une raison que je garderai quand même pour moi, il s'agissait de ne pas montrer ma grand-mère paternelle.

Si on n'invitait pas ma grand-mère (au mariage du premier de ses petits-fils... Entre nous, à sa place, outre le chagrin, je n'aurais vraiment pas apprécié), on ne pouvait décemment pas inviter ma tante, son mari, mes cousins, le ban et l'arrière-ban des cousins - cousines...

Or, dans tout ce monde, honnêtement, il y avait des personnes charmantes. Ma mère s'est également abstenue d'inviter sa famille (ou ce qu'il en restait - mais de ce côté-là, on ne se formalisait pas).

Mais au sortir de la messe de mariage (!) alors que je donnais le bras à un cavalier - qui est déjà décédé - une tante de mon père, qui habitait Saint-Job, a vu la sortie de l'église et le cortège. Le secret a donc été éventé et la fable du mariage dans la plus stricte intimité, volatilisée.

***

J'étais un peu embarrassée, quand ma cousine me posait toutes ces questions. Que pouvais-je répondre? J'ai essayé de me dépatouiller comme je pouvais et dans le feu de l'action, en me répondant, elle a renversé un verre de vin (violet plutôt que rouge) qui s'est répandu sur ma blouse ivoire.

Dont coût, une blouse foutue.

La Rose en est témoin, elle m'a aidée à essayé de récupérer la blouse (en la lavant, la donnant à nettoyer et en la teignant en rose fuschia!)

***

Quelque temps après, mon père et moi véhiculions ma nièce (et peut-être mon neveu) quand ma nièce m'a harponnée pour savoir pour quelle raison... Mon frère avait été invité à cet anniversaire avec sa seconde épouse, qui "ne nous était rien", et pas eux...

Il n'y a eu à déplorer aucune perte de vêtement(s) cette fois, mais je me suis dit que j'avais vraiment l'art de me retrouver au milieu du jeu de quilles et d'en prendre plein la tronche, dans des histoires où finalement, je n'avais rien ou si peu, à voir...

Et on s'étonne que des fois, je pars en quenouille...

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Famille je vous aime 3 !

Un jour, mon père a commencé à acheter des livres. D'histoire. Mes parents en avaient déjà quelques-uns, plus ceux hérités de mon grand-père et qui se trouvaient au grenier (au fait, où ont-ils disparu ceux-là?) Dans l'ensemble, mes parents privilégiaient la fréquentation de la bibliothèque...

Quand mon père est entré en MRS (c'est là que les ennuis se sont, je dirais, matérialisés), mon frère a proposé (si pas décrété), "voilà, on prend douze livres chacun..." (On les a étendus à quinze), "tu choisis", "j'en prends douze autres, je garde la bibliothèque de papa et à sa mort, on refera un partage".

J'ai pris douze, voire quinze livres, que j'ai casés à grand-peine chez moi. Et mon frère a une maison dont les planchers croulent sous les livres. Les siens, ceux hérités de vieilles personnes de sa connaissance, et ceux de nos parents. Moins un ou deux qui se baladent dans la nature...

Naturellement, après la mort de mon père, il n'a jamais été question, ni de se repartager des livres ni des disques ni des bibelots. J'ai tout laissé tomber.

Je ne peux pas expliquer... Je pense que j'ai bien fait. J'ai privilégié la paix des ménages (mais nous ne l'avons quand même pas eue), ces livres, peut-être que je n'y tiens pas tant que cela, j'ai plus qu'assez de livres que je ne pourrai en lire... Mais je ne peux pas expliquer (je me répète) cela me laisse un malaise.

Voilà pourquoi j'affirme que si c'est cela être communiste (c'est-à-dire tout prendre pour soi ou peut s'en faut et traiter les autres, certains "autres" comme de la m***, n'ayons pas peur des mots), voilà pourquoi je ne le serai plus jamais...

En fait, je l'avoue bien sincèrement, je suis dégoûtée du communisme.

A cause de mon frère.

Et ce n'est pas que pour une histoire de bouquins. Finalement.

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Famille je vous aime 2 !

Toujours sur facebook, il se lance dans une diatribe sur nos hommes politiques. Avec l'énergie qu'il n'a pas utilisée à me répondre sans doute. Bon. Je n'ai rien contre la diatribe en question, je clique même sur un "wouah!" Etc. etc.

Mon fils m'a dit, quand je lui ai expliqué mon énervement : "il est comme il est, je propose que nous continuions à vivre nos vies du mieux qu'on peut de notre côté..."

Il a raison.

Donc, j'aurais quand même bien aimé que mes parents ne génèrent pas, quoi? Disons ce magma... Je n'ai pas vu clair. Ou plutôt, je n'ai pas voulu voir clair. Je savais. Mais je passais l'éponge... J'avais tort. Dans certains cas, il ne faut pas faire confiance, c'est la leçon la plus cruelle que je retiens.

Si j'avais su "anticiper", en fonction de ce que je savais déjà, j'aurais agi plus intelligemment en bien des circonstances.

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Famille je vous aime 1 !

Que faut-il penser d'un frère qui ne vous contacte plus que par message par facebook ?

(Poser la question, c'est déjà y répondre).

Message à la fois bardaf! En effet, il a un vrai problème de santé, donc, avec la façon dont il attaque sa demande, je suis piégée.

Et finalement sybillin.

"J'essaie de contacter ton fils"

En moi-même, je traduis, il a essayé de téléphoner à mon fils mais n'a pas su le toucher, vu qu'il voyage depuis un mois et demi ou deux mois entre l'appart qu'il occupe et sa maison. Donc, je réponds que je demande à mon fils de lui téléphoner.

En fait, mon fils me répond après : il m'a contacté par facebook pour me demander de faire une démarche par rapport à (toujours) la succession de "papy". (c'est-à-dire mon père).

On arrange tout, je tiens mon frère au courant (toujours par facebook, c'est chaud car des piratages sont toujours possibles). Outre que je me suis préoccupée de sa santé.

Il ne me répond plus ni ne me remercie, et pourtant, il vit toujours car je le vois, dans un groupe sur Hannah Arendt, dire à l'animateur qu'il le considère comme un de ses plus grands amis. Quelqu'un qu'il ne connaît sans doute pas.

J'ai vraiment un drôle de frère.

Déjà qu'il est parti quasiment avec tous nos souvenirs... M'accusant de le voler quand je demandais "Une" coupe à fruits (dont je ne raffole même pas, elle est noire à l'extérieur). Et quand je m'interroge sur le devenir d'un livre ou d'un disque, il me répond "disparu". En fait, je sais où cela a disparu... 

Finalement, même les dernières volontés de mon père n'ont pas été respectées. On comprendra que parfois, tout ça (même un an après), est encore dur à faire passer.

***

Je sais que c'est simpliste comme raisonnement, mais si c'est ça être communiste, alors, définitivement, je ne le suis plus.

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17 juillet 2017

Le coiffeur et l'esthéticienne

Je reviens de chez Heure Bleue, je dois dire que lire Heure Bleue et Le goût des autres conjointement, c'est le cas de le dire o;) procure souvent de bons moments, de très bons moments. Je me surprends à sourire et même parfois à rire, et en même temps, j'aime bien ces deux blogues intimistes... Pour un tas de raisons.

On sait l'importance des coiffeurs dans la vie des femmes (on aime ou on aime pas, les coiffeurs nous aiment ou ne nous aiment pas). Comme je le faisais remarquer, j'aime plutôt bien y aller (à condition qu'il n'y ait pas foule, c'est pour ça que j'ai changé de coiffeur, la dernière fois...) Et pourvu que j'aie des revues (qui me font m'imaginer que je rajeunis de trente ans), et un café... Et je n'ai jamais eu la chance d'Adrienne, qui a eu un "coiffeur philosophe".

Je suis toujours mieux en sortant qu'en rentrant.

Par contre, j'ai moins l'expérience des esthéticiennes. J'y suis allée une seule fois dans ma vie, enfin, pas tout à fait, mais la seconde fois, c'était compris dans un week-end de thalasso (où je me suis trouvée, entre autres, enduite de glaise orange et emballée dans du film plastique, authentique).

La première fois, c'était avant une émission télé, à mon dernier boulot. Nous avions eu droit à une émission radio (en deux fois) et à une émission télé, c'était l'émission laïque de l'époque, "La pensée et les pommes", o;) et nous devions présenter "le" livre sur Bruxelles, que j'avais fait avec plusieurs auteurs. Entretemps, le président de notre association s'était mis en congé et nous n'étions plus que deux, le guide officiel, qui avait écrit quelques articles et moi, qui avais coordonné le livre et aussi écrit quelques articles.

Donc, il fallait que j'aille chez le coiffeur, chez une esthéticienne, que je m'habille en tailleur, bref, que je me mette sur mon trente-et-un. Le jour dit, le trac a commencé à me posséder. L'émission passerait en différé, mais quand même. Je connaissais le présentateur, je l'avais eu comme prof (à l'université) et comme collègue - pas directement)- trois ans plus tard, à l'Académie des Beaux-Arts. 

Il avait un côté très cérémonieux et il était un peu sexiste. Mais il a été super gentil avec nous, nous emmenant au restaurant avant l'émission, ce qui fait qu'en plus d'avoir le trac, j'étais pompette et j'avais mal à la tête.

Nous avions l'habitude de laisser parler le président de l'association, pour tout ce qui concernait le bla-bla autour de l'humanisme, mais là, c'est moi qui ai dû m'y coller, et je n'avais évidemment pas les ressources que j'ai maintenant. Je suis bien retombée sur mes pattes (surtout quand il m'a demandé la différence entre l'humanisme de la Renaissance, à la mode d'Erasme, et l'humanisme que nous défendions)... Ce n'était pas évident, et pourtant, maintenant, cela me paraît beaucoup plus limpide, car l'humanisme d'Erasme était celui d'un Lettré familier du grec et du latin. Et le "nôtre", un ensemble de valeurs qu'on peut imaginer.

A propos d'Erasme... Mes visites à la maison d'Erasme et la rencontre du Conservateur du musée ont peut-être, sans doute, sûrement influencé ma décision de venir habiter à Anderlecht. Je me suis dit, tiens, j'aime bien ce coin-là... Pourquoi pas? Petite cause, grands effets...

Bref, avec tout cela, je ne me souviens pas trop de ma séance chez l'esthéticienne. De toute façon, quand on passe à la télé, on vous remaquille complètement, de façon à matifier le teint, sinon on brille comme une boule de noël face à la caméra.

Je n'ai jamais fait de pub pour l'émission, du moins au boulot, avant le jour où elle allait passer, bien que je me sois défendue honorablement, pour une fille qui était morte de trac.

J'ai même repris la parole plusieurs fois, ne voulant pas que le guide profite de ma trouille pour la monopoliser, cette parole. Et pour faire passer les idées auxquelles je tenais le plus.

 

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16 juillet 2017

Bohan

Le dernier village que nous avons visité, la Rose et moi, lors d'un trip en Gaume-Ardenne, c'est Bohan.

Bohan où notre ami commun photographe, Paul P***, avait fait sa carrière d'instituteur. C'était un grand ami d'enfance de la Rose et je l'avais rencontré lors d'une expo de ses photographies sur la Semois et l'Ardenne, à Rochehaut. Il est mort en 2014, un peu avant ou un peu après son anniversaire (dont il ne voulait pas entendre parler). Je l'appréciais, bien que le contact n'ait pas toujours été facile (et interrompu un certain temps...)

Et, malheureusement, ayant perdu la clé de plusieurs boîtes mail(s), j'ai perdu aussi ses mails...

Il n'était jamais satisfait de ses photos, et ce, en dépit du fait qu'il vendait bien, et qu'il avait vraiment une spécificité, la vie en Ardenne et la Semois en toutes saisons. Il m'en a laissé deux ou trois, dont une que j'aime beaucoup, qui représente un hangar - séchoir à tabac de la Semois.

Les champs de tabac jalonnaient les rives de la Semois, entre les campings. Et à la fin de l'été, voire, tout début septembre, le tabac était récolté et mis à sécher dans des hangars en bois décharné, vaguement protégés des intempéries par de la tôle ondulée. Autant dire que ce n'était pas très glamour.

Fin 1970, avant mes treize ans, j'avais assisté à tout cela, depuis le minuscule jardinet entourant la caravane que nous avions louée dans un camping de Bohan, pour nos vacances (nous n'avons fait que deux expériences de camping et celle-là n'a pas été désagréable).

J'y suis retournée lundi dernier, ce n'était pas vraiment prévu, mais le camping existe toujours, et... C'est un camping ! Pas très grand, où on joue à la pétanque... Où manifestement des familles habitent définitivement. Entre une route minuscule, une taverne et la rivière (où l'on ne nage plus).

Mais les champs de tabac ont disparu, il semblerait - après recherches sur internet - qu'il ne reste plus qu'un ou deux cultivateurs. Pas plus.

J'ai travaillé avec quelqu'un qui bourrait sa pipe avec du tabac de la Semois, et qui empuantissait le bureau à longueur de journée. C'était un collègue que j'aimais bien, mais bon, je n'appréciais pas trop sa tabagie, laquelle donnait un arrière-goût bizarre à tout, même aux yaourts qu'on mangeait pour son dessert.

Il reste donc quelques hangars à tabac, sur la route "du tabac", on se croirait dans Erskine Caldwell ! Entre Alle-sur-Semois, Membre et Bohan, derrière les murets bordant les routes, perdus dans la végétation et les déchets de toute sorte...

hangar séchoir Membre

hangar séchoir Bohan

hangar séchoir Membre

hangar séchoir Membre

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