Variations de regard

23 septembre 2016

Matisse à Dinant...

Pour ne pas faire que 100 mots. Après les montées et les descentes de Furfooz, mercredi, je suis allée voir une expo que je désirais voir, Matisse à Dinant, Aux sources de l'Art.

Sur base de ses gouaches découpées (handicapé par une opération et serré dans un corset d'acier, il ne pouvait plus peindre), mais avec ses assistantes, il découpait et assemblait de nouveaux motifs, on a tiré des lithographies et des sérigraphies.

Il y avait vraiment une abondance de formes, de couleurs, du vert et du noir... Des détails de la nature, à Saint-Paul de Vence, et, en même temps, le panorama sur la rive de Dinant qu'on connaît le mieux : la cathédrale (ou la basilique ou la Collégiale), le rocher Bayard, et la Citadelle, sur les hauteurs.

J'ignorais ce détail de sa biographie, et pourtant ! L'épouse et la fille de Matisse, Marguerite, ont été arrêtées pour faits de résistance, lui-même était absent, mais elles s'en sont sorties par miracle. J'aime beaucoup Matisse.

Et puis, il y avait ses dessins, les illustrations des poèmes de Charles d'Orléans ou de Ronsard (les Amours de Marie).

Charles d'Orléans, le fiancé d'Isabelle de France... Le prince prisonnier des Anglais... Le lointain cousin de Philippe le Bon...

matisse charles d'orléans

L'expo présentait un portrait de Charles d'Orléans, par Matisse,

entrecoupé des motifs de lapins et de lys de France,

et un poème que Matisse avait entièrement réécrit

(ce n'était pas "Encore est vive la souris"...)

J'aime ce dessin...

Repos, sieste, douceur, alanguie

et une image trouvée sur le Net:

Charles d'Orléans

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Demain, samedi 24 septembre "nouvelle connexion neuronale"

Demain, je ne sais pas si j'aurai le temps d'écrire, on peut dire que ce sera une nouvelle connexion neuronale...

Car demain, je me lève tôt (encore !) pour aller chercher ma nouvelle étudiante à l'aéroport de Zaventem, une jeune femme libanaise, déjà médecin, qui se spécialise en neurologie et vient faire un stage d'un an en CHU...

Je ne sais pas si elle est aussi stressée que moi. Elle a déjà voyagé, en Allemagne apparemment. Là, on en prend pour un an, jusque fin septembre 2017.  Je suis vraiment curieuse de la rencontrer... C'est carrément une nouvelle culture. Entre nous, j'aime bien ça. Me débrouiller à l'aéroport, piloter quelqu'un dans Bruxelles, on va prendre le train puis un taxi à la gare du Midi, et puis, elle s'installera. Et il faudra lui montrer le quartier un minimum...

Mais tout ça, c'est un stress, bien sûr.

Dans un an, quand elle partira, j'aurai soixante ans - si tout va bien.

D'ici là, je suppose que de l'eau aura encore coulé sous les ponts.

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Vendredi 23 septembre, "Aujourd'hui, ça tombe".

Aujourd'hui, les dernières poussières sont tombées sous nos coups de lingettes, avalées par l'aspirateur, et noyées dans le seau d'eau...

Je peux poser mes pieds nus sur le carrelage et jouir infiniment d'un sol lisse et propre, j'adore ça, c'est une sensation merveilleuse...

Je peux me dire aussi que j'ai bien travaillé. Mon ex-étudiant est venu me voir hier, il s'est assis, a papoté, raconté son emménagement, a eu envie de voir sa chambre... M'a raconté ses cours de première doctorat ou master, je ne m'y retrouve plus dans les grades universitaires. J'ai comme l'impression qu'il s'est bien plu ici.

***

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Jeudi 22 septembre, "Aujourd'hui, quatre murs"

Aujourd'hui, par acquit de conscience, j'ai passé une éponge sur les murs de "la" chambre.

J'ai déplacé une étagère kew-lox et trouvé un amas de poussière derrière - mais d'où peut bien venir toute cette poussière ?

Et, entre deux moutons, mais non pas quatre murs, un préservatif (périmé) dans son emballage...

Question à deux sous, est-ce que c'est mon ex-étudiant qui l'a perdu (cela m'étonnerait, il est plutôt soigneux... A moins que ! Dans la précipitation ?)  ... Ou la jeune fille qui l'a précédé ? Du temps où tout l'ULB défilait ici, pendant que je me rongeais les sangs à Genval ?

L'énigme restera entière.

Et moi écroulée de rire o;)))

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ps. Et c'était un "king size"...

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22 septembre 2016

Mercredi 21 septembre, "aujourd'hui, pas envie de"...

Je suis assise sur une chaise longue, juste à hauteur de la Meuse, (probablement étroite à cet endroit) ou peut-être s'agit-il d'un bras de Meuse - le fleuve étant divisé en deux par une île ?

L'herbe est humide, le ciel encore gris, mais il fait bon et je suis chaudement habillée.

Les messages de "bon anniversaire" tombent sur mon gsm, messages privés, mails, sms... Cela fait chaud au coeur.

Je n'ai envie de penser à rien, hormis à l'heure présente, au vol des cygnes, à la nage symétrique des canards (ou des oies du Nil o;) aux roses du Parc, aux hamacs entre deux arbres, au petit déjeuner, café, croissants, jambon du pays, pain campagnard, bref, à rien hormis la douceur du moment présent...

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Mardi 20 septembre, "Aujourd'hui, un outil pour..."

Là, je suis un peu le bec dans l'eau.

Vais-je parler des outils un peu hétéroclites rangés dans une boîte à outils bien lourde... Et que je n'ouvre presque jamais ?

D'ailleurs, où est passé mon marteau ? Je l'ai déjà cherché bien souvent...

Je pourrais aussi parler des outils du dentiste (mais ça manquerait de charme)...

Ou d'un outil symbolique, pour passer un bon anniversaire. La Rose et moi avons profité d'un bon Flair l'Hebdo (nuits d'hôtel au bord de l'eau) pour partir en direction de Heer sur Meuse, entre Dinant et Givet. Nous voulions nous reposer. Ayant été chacune - dans un style bien différent - pas mal secouées dans nos vies.

Mais il a fallu une heure et demie pour sortir de Bruxelles. Après quoi, nous avons filé, et Dinant, ce n'est pas si loin.

Nous logions dans le "Pavillon des Bains", ce qui fait très Agatha Christie. Nous pensions à un film ou à un roman. Je me demandais "qui sera la victime?" Tout à fait le genre d'endroit où l'on s'attend à voir apparaître Hercule Poirot et un ami militaire de l'armée anglaise...

L'appareil photo, sur la route, un outil pour saisir le coucher du soleil ?

En sortant de la voiture

Quelques minutes plus tard...

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21 septembre 2016

Brèves sur le Chemin...

Sur internet, en cherchant un peu, on trouve les différentes étapes du deuil. J'en parlais avec quelqu'un, récemment. Naturellement, nous sommes tombés d'accord pour dire qu'il ne faut pas voir cela de manière géométrique. Ce n'est pas une étape, puis une autre, puis la suivante, etc.

Jusqu'à l'acceptation finale, comment dire? Le souvenir, mais nimbé d'une sorte de paix.

Après la sidération et le déni - l'impossibilité pour l'esprit (ou l'âme ou le coeur) d'intégrer la réalité, il y a la colère. Etrange colère, sentiment inconfortable. Je connais quelqu'un qui la liquide en se battant pour des causes sociales. Moi, elle me prend parfois quand je pense à certains comportements, chez certaines personnes. Et puis, je rationalise... Je ne sais pas si je relativise, mais en tout cas, je rationalise. A force, le cerveau finira bien par l'emporter sur les tripes (si tant est que j'aie un cerveau!)

Et puis, il y a la comptabilité, suivie du marchandage... Moi, je vois le marchandage comme des pensées du style, "si j'avais su que ce serait si court, j'aurais fait ceci, je serais allée le voir plus souvent, j'aurais encore plus parlé avec lui, etc. etc."

Mais pour moi, le jour de l'annonce, le moment où l'on va voir la personne aimée, ce moment que l'on n'oublie pas jamais - mais auquel je préfère ne pas trop m'arrêter - jusqu'aux funérailles, c'est vrai qu'il y a une sidération - et un profond désespoir. En même temps, je sais que les funérailles de mon père ont eu lieu le 4 août (en réalité, j'ai dû rechercher la date, j'avais tendance à l'oublier), mais pour tout ce qui concerne le mois d'août, à part une balade le 15 août, en forêt, avec des amis, et le vendredi 19 août, je ne me souviens de rien. Absolument de rien.

Je ne sais pas ce que j'ai fait, je ne sais pas ce que j'ai lu (rien sans doute, et je n'arrive pas encore à me concentrer sur ce que je lis, par contre, je n'ai pas perdu ma capacité à écrire), je ne sais plus...

Maintenant, je commence à me dire des choses concrètes - et je pense à une volonté de mon père écrite sur une lettre déjà ancienne, "pas de deuil éternel, pas de larmes (facile à écrire, mais je comprends ce qu'il a voulu dire par là, lui)..."

J'ai nettoyé mon appartement? Dans une perspective utile mais pas facile? Je pense que mon père aurait été content. Il m'aurait dit (ou il l'aurait pensé) "c'est bien ma fille. Tu fais ce que tu dois faire. Même si c'est difficile".

J'essaie donc d'avancer un jour après l'autre... J'écris mes Cent mots de Queneau. Je retourne à l'Académie, je me balade... Je pense à mon "anniversaire" et au boudin que mes parents ont mangé le 21 septembre à midi (qu'est-ce que mon père m'en a parlé, de ce boudin !)

J'en parle peu ou beaucoup, normal, j'y pense.

Et si j'écris là-dessus aujourd'hui, c'est un peu aussi en pensant à une amitié - virtuelle - à quelqu'un qui est sur ce Chemin.  Peut-être est-ce important, de savoir que l'on n'est pas seule sur un chemin, et bien sûr, une expérience n'est pas l'autre... Mais ce soir, je me dis que je dois peut-être écrire cet article pour cette amitié - sympathie - que faut-il écrire ? Virtuelle.

Et je repense aussi à ce que mon collègue (en réalité, c'était mon directeur, en 2001), psychologue, m'a répondu, après le décès de ma maman et à la question que je lui posais sur la durée du deuil... (Ma question venait aussi du fait que ma mère n'avait jamais fait le deuil de ses parents - elle était très jeune quand ils sont morts, respectivement en 1947 et en 1953).

"Je te promets qu'un jour ça ira mieux." (ou qu'un jour, tu feras ton deuil), "mais je ne sais pas te dire quand".

Et puis, des phrases comme ça, entendues chez des personnes, puis d'autres, qui font "tilt".

Une dame, il y a deux semaines, "je prends soin de mon âme"...

Et une recommandation, lundi, "soyez douce avec vous, en ce moment...

Parce que ce ne sont pas toujours les "autres" qui le seront pour vous..."

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19 septembre 2016

Lundi 19 septembre, "Aujourd'hui, profonde pensée philosophique..."

Aujourd'hui, j'ai fait part de cette pensée philosophique à quelqu'un.

Hier soir, je regardais "Casse-tête chinois", le troisième et dernier volet des films de Cédric Klapisch, "L'auberge espagnole", "Les poupées russes" et le "Casse-tête chinois".

Je l'avais déjà vu (et revu sans doute), mais j'avais oublié les dialogues intérieurs de Romain Duris avec Schopenhauer d'une part et Hegel de l'autre.

Hegel m'est un peu passé au-dessus de la tête, mais la séquence avec Schopenhauer, quoique simple, voire simpliste, m'a frappée.

Jusqu'à trente ans, ou quarante, dit-il, tu vois l'endroit de la broderie... La vie, c'est l'endroit de la broderie (et l'on voit un magnifique tableau brodé, enfin, si on aime ça). Et puis, l'ennui, dit-il, c'est qu'avec une broderie, il y a deux côtés. Après, tu passes ton temps à regarder comment la broderie est faite - à l'envers.

Et il retourne le cadre et se retrouve devant un embrouillamini de fils et de couleurs invraisemblable. Naturellement, c'est un peu exagéré et la pensée de Schopenhauer est sûrement simplifiée.

Cela m'a paru lumineux. Jusqu'à quarante ans, j'ai eu l'endroit de la tapisserie.

Et après quarante ans, j'ai commencé à mettre de l'ordre dans les fils.

Et puis, j'ai aussi entamé une autre tapisserie, il faut bien le dire. Ce ne fut pas simple.

Je suis encore toujours occupée à essayer de comprendre le tout...

Le reste du temps, je me contente de simples petits bonheurs, un rayon de soleil qui brille, à la sortie d'Erasme, après avoir pris un café gourmand... Le carrelage frais et lisse sous mes pieds nus... Le château de Bois de Lessines, etc. etc.

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Dimanche 18 septembre - "Aujourd'hui, moment de réveil"

Aujourd'hui, mon fils vient en début d'après-midi m'aider au Grand Chantier... Le pauvre, s'il savait ce qui l'attend !

Moi, je sais ce qui nous attend. Si j'étais comme ma mère, je dirais - au moment de me lever - "j'ai une folle envie d'aller au fond de mon lit faire de la dentelle au crochet". (C'était ce que ma mère disait rituellement quand il y avait une corvée à l'horizon).

Après quelques dépoussiérages, et ma machine à laver, qui, à l'essorage, avait envie de s'en aller sur le balcon, et que j'avais retenue à grand-peine, je me suis enfouie sous la couette d'un des lits d'une de mes chambres (ce n'est pourtant pas Versailles ici comme disait mon ex...) avec non pas de la dentelle au crochet, mais mon chat qui ronronnait comme un poêle Godin.

Quand je me suis réveillée d'un demi-sommeil, avec la ville silencieuse dehors, j'ai trouvé le courage de me lever et d'aller zyeuter dans la cuisine et le frigo ce que j'allais préparer pour notre repas. Mon fils est arrivé et nous avons mangé pendant qu'il me racontait son week-end du Patrimoine.

Après, nous nous sommes lancés dans les écuries d'Augias (on ne le croirait pas, après tout ce que j'avais déjà nettoyé).

Mais derrière la cuisinière, après tout ce que mon "coloc" avait fait brûler comme poêles, steaks, tranches de rôti de porc, jets de purée et maïs soufflé qu'on mange dans les cinémas (ça s'appelle comment encore?) il y avait une couche de graisse noire durcie dont je suis venue à bout à grand-peine et à grand renfort d'acétone.

C'est plus qu'un moment de réveil ça, c'est carrément la journée - et ça dépasse sûrement les cent mots de Queneau.

Et ce n'est pas encore fini !

Mais je ne résiste pas au plaisir de faire du Pivoine de Buron o;)))

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Samedi 17 septembre : "aujourd'hui, dommage..."

Avec quelques jours de retard, je continue de mon mieux le défi que m'a rappelé Célestine...

A qui je pense souvent, en ce moment.

Aujourd'hui, samedi, donc, dommage que nos amis qui aiment marcher ont cru qu'il ferait mauvais. Il ne faut jamais écouter la météo ou alors croire ce que l'on voit par ses fenêtres...

Car la Rose est venue me chercher et après quelques nouvelles mises en ordre dans l'appartement... La "croisade" se termine bientôt (Jour J moins 4... ou 5, bref, celui de l'arrivée de ma nouvelle "coloc" libanaise)...

Nous sommes parties au château du Bois de Lessines ou de Bois de Lessines, que nous avions découvert lors d'une marche Adeps du mois de novembre. il faisait un temps radieux. Nous avons découvert - en chemin, dans le village - un "petit producteur local", où j'ai acheté quelques pdt qui aient le goût de pommes de terre, des tomates - non calibrées et fondantes dans la bouche, des nectarines, juste bonnes à manger, un fromage excellent, même si le fromage ne me réussit pas trop, etc. etc.

Et puis, direction le château où nous avons pris quelques photos d'automne.

Bien sûr, ce n'est pas le mois de novembre... Ni celui de juin...

Mais c'est la radieuse, la magnifique, l'inoubliable lumière de septembre - le mois où je suis née - et dont mon père me parlait si souvent...

Bois de Lessines1

portrait bois de lessines

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