Variations de regard

24 juin 2019

Chez Lakévio, le conte du lundi...

C'est, comme chaque lundi, le moment du conte d'après un tableau et une consigne, de chez Lakévio.

Marcos Beccari

La toile du jour est une aquarelle de Marcos Beccari et...

les dix mots choisis - à introduire dans l'histoire - sont:

cheval, cinglant, stigmate, outrage, porcelet, caravane, pouf, parfum, digérer et limitrophe

C'était pourtant vrai.

Le ton sur lequel lui avait répondu sa mère était par trop cinglant.

Oui. C'était vrai.

Elle avait aimé s'asseoir, au soir des journées lumineuses de cet été-là, sur le petit balcon, à l'avant de la maison... Des vacances bien remplies, dans une jolie maison de campagne. En face, au-delà de la rue au Bois, il y avait la ferme, composée de plusieurs corps de bâtiments. La maison d'habitation, la laiterie, la porcherie, où elle avait vu plusieurs truies de concours et leurs porcelets âgés de quelques heures... les étables, vides, et, au fond du verger planté de cerisiers, il y avait cette caravane désaffectée, où elle n'était pas encore entrée.

D'un côté de la maison, il y avait la villa du médecin de l'entité, et de l'autre, les prairies s'étageant en pente douce jusqu'au village.

Dissimulée par le lierre, elle s'installait sur un pouf fait de coussins et de couvertures soigneusement pliées et empilées, puis, elle ramenait ses jambes sous elle. Près d'elle, une coupe pleine de cerises cueillies le matin, qu'elle mangeait machinalement, non sans en avoir gardé deux paires, en guise de boucles d'oreille. Elle était encore si proche de son enfance !

Les balades dans la campagne, à pied, à vélo ou à cheval - et son appétit de seize ans - lui permettaient de digérer les repas où revenaient souvent les spécialités de la région, poissons d'eau douce "à l'escavêche", maquée de campagne, crème épaisse, fromage de l'abbaye... Sans compter les desserts qu'elle s'amusait à préparer pour la maisonnée.

Les parfums du soir s'exacerbaient autour d'elle et elle les respirait profondément. Pour se souvenir. La pierre, gorgée de chaleur, éraflait parfois ses jambes nues, mais elle aimait ces glorieux stigmates - tout comme les traces légères imprimées sur sa peau par les hautes herbes des chemins.

Habituellement, chez les voisins, on ne voyait guère le médecin. Son épouse, davantage, qui les avait un jour convoyés jusqu'au village, au début des vacances. Puis elle n'avait plus vu ces "gens". Parfois, un garçon de cinq ou six ans jouait dans le jardin limitrophe à la propriété; on l'entendait piailler et jouer avec son chien. Puis, les aboiements cessaient, et le silence reprenait ses droits.

Mais voilà que ce samedi-là, "à côté", quelques jeunes étaient venus rendre visite à leurs parents. Maintenant, ils bavardaient joyeusement dans le jardin. Un seul, parmi eux, avait remarqué l'adolescente tapie dans sa cachette. Ils s'étaient dévisagés... Et le soir, lorsqu'elle s'était glissée dans son observatoire, elle l'avait vu se promener le long de la haie, s'arrêter, lever la tête, la chercher du regard, puis, comme pris d'hésitation, poursuivre son chemin, puis revenir... Et s'arrêter. Machinalement, elle avait défait sa longue tresse et roulé ses cheveux en chignon. Elle avait soudain envie de se sentir belle dans les yeux du garçon inconnu.  Ce n'était pas du tout comme avec Guillaume, le fils des fermiers d'en face. Calme et un peu bourru, mais serviable. Et qui l'aidait si volontiers à cueillir les cerises bigarreau.

Le jeu continua entre eux, pendant quelques jours. Elle était même descendue dans le jardinet devant la maison, laissant là sa famille, et tous deux s'étaient rapprochés, puis souri, sans se parler, sans même se frôler. Et puis, et puis... Il avait disparu. Envolé!  Le couple de la maison voisine était resté seul avec le petit garçon aux cheveux blonds.

Ce furent de belles vacances, avec des visites à Charleville-Mézières, à Brûly-de-Pesche, des balades la nuit, dans les bois, des après-midi de tartes aux pommes, des soirées de radio, et Pink Floyd qui rythmerait - à jamais - les moments où elle dansait. Elle dévora les Mémoires d'une Jeune fille rangée, désireuse de retrouver les pages sur les séjours de la jeune Simone à Meyrignac; elle parcourut Malicroix et Notre-Dame de Paris; elle écrivit quelques lignes sur sa première année au lycée et sur certains professeurs... Et elle oublia le garçon d'à côté. Même si le soir, en se glissant sur le balcon, il lui arrivait de souhaiter revivre leur curieux chassé-croisé de regards et de sourires.

Pourquoi alors en parla-t-elle à cette amie venue passer quelques jours chez eux?  Elle aurait fini par oublier, s'il n'y avait eu, après, cet accès de mauvaise humeur de sa mère... Elle avait fait allusion aux voisins, et sa mère, irritée, lui avait renvoyé l'âge du... petit garçon blond. Elle était restée muette de stupeur devant son ton cassant et je ne sais quel reproche informulé.

Etait-elle donc aveugle à ce point?

Ressentant la remarque maternelle comme un véritable outrage... Elle avait compris, sans se le formuler, qu'il ne faudrait - jamais, jamais - plus rien dire. Que tout sentiment - autre que de l'amitié - qu'elle nourrirait pour qui que ce soit, devrait rester un secret jalousement gardé. Ce fut à dater de ce jour qu'elle prit le parti de se taire. Mais d'écrire. L'écriture, cette indiscrétion suprême, ces confidences à tout va, déguisées en fictions maladroites, en lettres-fleuves ou en mauvais vers, devint l'alliée de son silence.

Et son inépuisable trésor de mots.

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23 juin 2019

Au marché de Saint Pierre L'Eglise...

Je commence mon évocation de la Normandie par le milieu o:)

Mais quel beau voyage! Et dieux ! Que j'aime la Normandie ........................

Au marché de Saint Pierre l'Eglise, je n'ai pas eu le temps de prendre des photos.

C'est un village pas très éloigné de Tocqueville, où je séjournais dans un gîte, (à Imbranville exactement...)

Le marché de Saint Pierre l'Eglise n'était pas très étendu (je rêvais d'un beau marché... Voyons comme celui du boulevard Richard-Lenoir? Ou de la rue la rue... Une jolie rue à Paris... Ca va me revenir... Ou celui de Hyères?)  mais il y avait l'essentiel : un poissonnier. Et un petit vent frais qui chassait les nuages et le souvenir de la pluie de la nuit.

Je salivais rien à qu'à l'idée de cuisiner et de manger du poisson frais pêché. Mercredi, nous sommes donc allées chez le poissonnier, la Rose et moi, après avoir musardé sur la place (du Marché évidemment).

Il y avait des araignées de mer, une montagne de crevettes grises, de la daurade (beuh!), des joues de lotte - staartvis, en néerlandais - (j'étais très tentée), des soles, des carrelets, quelques rougets (de Lisle???) et des filets d'un poisson local dont je ne parviens pas à retenir le nom. Des sardines aussi, des maquereaux et même du thon rouge. Ah oui, du cabillaud aussi. Je pense qu'il y avait aussi du congre et des limandes soles (j'étais aussi tentée).

C'était du tacaud.

Nous avons opté pour les filets du poisson local ... A manger très frais - le jour même. Et pour une livre de crevettes grises, de quoi agrémenter la sauce. Puis j'ai choisi un carrelet (pour ne pas dire une plie), en pensant cuisiner une plie panée. La Rose pensait que nous en aurions pour 50 euros... Et nous en avons eu pour 14 euros 90 et quelques cents. Honnêtement, à ce prix-là s'est-on dit, on devrait manger du poisson tous les jours.

Nous sommes rentrées stocker notre poisson au frigo. Je les ai tout de même passés sous l'eau et séchés avec du papier absorbant.

Et puis nous avons cuisiné.

Des pommes de terre nature (j'avais emporté un sac de 2 kilos avec moi - je n'y avais pas encore touché)...

Des chicons (pour ne pas dire des endives)...

Puis j'ai fariné mes filets, en les secouant dans un sac... Et je les ai cuits au beurre -hum- salé. Puis, un peu d'une infusion de fenouil, assez forte, avec laquelle j'ai déglacé la poêle, et puis, j'ai rajouté de la crème épaisse. J'aurais bien fait de la sauce hollandaise, mais tout de même, dans un gîte, c'est un peu compliqué à faire.

Sans oublier les crevettes que nous avons épluchées. Je n'ai pas trop perdu le tour de main. Sauf qu'au début, c'est comme écosser des petits pois, on se demande si on va arriver au bout du tas. J'en ai goûté une ou deux au passage, et j'ai constaté, d'abord que certaines étaient plus grosses que les nôtres, et puis, qu'elles n'étaient pas du tout salées. C'était incomparable. Je les ai ajoutées à la fin de la cuisson du poisson, et nous nous sommes régalées. Quel délice ! Quelle merveille !  Avec un tout tout petit verre de vin (pas trop, pour que je ne m'endorme pas tout l'après-midi), c'était juste ce qu'il fallait.

Et l'après-midi, nous avons fait une promenade absolument inoubliable, dans le Haut-Cotentin, à la pointe de la Hague, autant dire, le bout du monde, et dans le village où Prévert passait ses vacances. Merci à Anémone de m'avoir fait connaître Omonville le Petit...

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la carte gourmande de la Normandie

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la hague mercredi

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12 juin 2019

Statistiques domicilaires

Ce matin, je me livrais à d'étranges statistiques... Tout en pensant à un texte pour les Impromptus littéraires qui ont dix ans, et qui, en réalité, ont plus que dix ans, bientôt quatorze ans et demi, et qui vont fermer le 15 juillet... Tristesse.

La consigne est donc, "j'ai quatorze ans et demi..." - je ne puis manquer cette consigne-là, c'est ce que je voulais faire en ouvrant mon ordinateur, ce matin, enfin, ce midi ! Ecrire pour cette consigne.

Et en même temps, il y a ces statistiques. Ou ces dates.

***

Je compte le nombre d'années qui s'est écoulé depuis que j'habite ici... Quinze ans cette année, en septembre 2019. Je n'ai pas encore atteint le nombre d'années passées dans le centre-ville, près de la colonne du Congrès... et, honnêtement, il me sera difficile d'atteindre celui passé dans mon ancien quartier, rue Van Eyck. A Ixelles.

Si l'on compte que je suis "née" à Ixelles, et que j'ai quitté la maison de mes parents pour aller vivre rue de la Presse, au centre-ville, dans un endroit qui ne me déplaisait pas trop, mais qui était beaucoup moins verdoyant que mon ancien quartier... Ce qui fait vingt-six à vingt-huit ans. Je n'ai pas quitté la rue Van Eyck du jour au lendemain... Je suis d'abord allée visiter mon futur appartement, puis j'y ai passé des journées, puis je m'y suis installée, avant de m'y domicilier, et là, je n'en ai plus bougé jusqu'au matin de mon départ. 

Si l'on savait tout ce qui va se passer dans une maison.

Si l'on compte que je suis retournée dans la maison, le 25 novembre 1999, date de mon "départ" de la rue de la Presse, jusqu'à la vente de la maison et mon déménagement, à la mi-septembre 2004, j'y serais donc restée 32 ans et demi.

Ce n'est certainement pas anodin. Voilà pourquoi, passer dans la rue de ma jeunesse, il y a deux ou trois lundis, puis m'arrêter devant la maison, où l'on faisait des travaux, m'a fait un curieux effet. Entrevoir "la porte du salon", la première porte que je poussais, en rentrant, pour dire bonjour à mes parents... Un peu comme si ma mère m'attendait derrière la porte. Puis celle de ce que nous appelions "le vestibule", entrevoir le lierre dans le jardin, mais ne pas arriver à voir plus, parce qu'il y avait un chantier et que des ouvriers allaient et venaient, voilà pourquoi, disais-je, ce n'était peut-être pas une excellente idée. Je me faisais un peu l'effet de jouer "la femme de Loth".  Toutefois, je ne me suis pas transformée en statue de sel. Heureusement.

jardinvaneyck

Donc, cela nous fait trente-deux ans et demi à Ixelles, avant - après,

Seize ans à Bruxelles-Ville, dans un appartement où je n'ai plus mis les pieds, pendant longtemps. Jusqu'au moment où mon fils s'y est retrouvé seul et où je l'ai rejoint fréquemment. Avant d'aller voir mon père. Avant que lui (mon fils) - après la mort de mon père, ne parte, enfin, pour sa nouvelle destination. Et sa nouvelle maison.

Et enfin, presque quinze ans ici. Presque... Une étrange période...

le parc des Etangs

Anderlecht, au parc des Etangs il y a une semaine.

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11 juin 2019

Blog

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Ce n'est plus possible d'écrire un blog.

Je lis des blogs que j'aime beaucoup et je n'ai jamais de réponse à mes commentaires.  Je suis fatiguée de répondre amicalement et puis d'écrire ici, pleine d'espoir.  Avec quelques fidèles je pense.  Mais passer sans dire un mot... c'est décevant.  Pire cela me fait de la peine.  Je n'écris plus trop de culture pcq ça n'intéresse pas tout le monde.  Le tout venant n'intéresse personne non plus. 

C'est fini. Définitivement. 

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07 juin 2019

Cuesmes et Van Gogh aujourd'hui

Il y a un samedi ou deux, la Rose est venue me proposer une sortie - excursion - culture - balade - gastronomie, bref, un peu de tout !

Nous avons commencé par la bibliothèque où nous avons emprunté des guides sur la Normandie (le Haut-Cotentin, j'ai envie de voir une mer et une côte sauvages)... J'ai emprunté deux romans et deux autres livres beaucoup moins gais : Anthony Beevor, la Chute de Berlin, et (vraiment glauque) "dans le bunker d'Hitler - à Berlin - heure par heure" ... (J'avais vu le film "la chute" et cela m'avait  intéressée). Il y a de quoi faire une note de blog à part entière sur cette Apocalypse orchestrée par quelques êtres qui avaient totalement perdu la moindre once de sens.  Bref.

Ensuite, nous avons décidé de prévoir un pique-nique et d'aller visiter la maison dite de Van Gogh - et qui est transformée en tout petit musée... A Cuesmes, dans le Borinage... (Moi, je situerais plutôt le Borinage du côté de Charleroi ? Non?) . Une ancienne maison de mineur, où il a logé, lors de son second séjour (lors du premier, il vivait à Wasmes), et essayé d'exercer le métier de pasteur. Cela semblait une excursion facile et nous avions bien le temps.

Seulement, il faut tenir compte des incessants travaux sur les autoroutes (la E19) - la sortie vers Mons que nous comptions prendre était fermée... Finalement, on s'est retrouvé dans les faubourgs de Mons, à la recherche d'un endroit où on trouverait quelque chose à manger... On a tourné dans une zone industrielle où je pense que personne ne mange. Jamais. Parce qu'il n'y a rien, mais alors là, strictement rien. Du gazon, de la dolomie et des entrepôts à perte de vue. C'est tout. C'est peu.

Finalement, nous sommes arrivées à Cuesmes (après avoir beaucoup tourné, et ce, malgré l'aide d'Emma - "au rond, point, prenez la deuxième sortie... Et continuez tout droit...) il était près de 14 heures et tous les restos, cafés et snacks fermaient entre 14 heures et 14 h 30.

Il restait un "Ali Baba et les 40 pitas", une friterie. Elle se trouvait à l'intersection entre une rue de village, surchauffée par le soleil et une chaussée à grand débit. Des camions, des camions partout, mais d'où diable sortaient tous ces camions ?

Nous avons garé et nous sommes entrées chez Ali Baba.

J'ai pris une limonade turque... Les deux portes étaient grandes ouvertes sur le carrefour et derrière moi, il y avait un écran télé branché sur MTV. Les gens entraient et sortaient (pas beaucoup), nos assiettes sont arrivées, mais la sauce pitta a dégringolé du plateau sur le pantalon de la Rose. Monsieur Ali Baba est allé chercher un torchon douteux pour qu'elle frotte la tache et elle s'est enfuie aux toilettes, pendant qu'il apportait un deuxième ravier de sauce pita.

Tout Cuesmes défilait et croyez-moi, ce n'était peut-être pas beaucoup mieux, en version XXIème siècle, que du temps de Van Gogh.

Après quoi, on a accéléré le mouvement et on est arrivé au musée. Une assez jolie maison, visiblement rénovée, plantée au milieu d'une propriété arborée, un bâtiment d'accueil contemporain, avec une employée et trois gardiens. Nous étions probablement les premières et les dernières visiteuses de la journée ! Nous n'avions plus qu'une demi-heure pour visiter la maison.

C'était vite fait : à gauche de l'entrée, une salle de projection où l'on diffuse un film sur la vie de Van Gogh dans le Borinage.

A droite de la porte, une salle d'exposition avec quelques reproductions d'oeuvres au crayon, des copies de Millet et quelques documents écrits.

Au fond, la reconstitution d'un intérieur de mineur, avec la lampe, le casque, un poêle, une table et quelques chaises, une bassine en zinc, une garniture de "lavabo", etc. Puis, nous avons fait un tour dans le jardin, sans aller au-delà des buissons, car la maison est cernée par les marais et les égouts de Cuesmes.

On a beaucoup ri, car nos expéditions ne nous semblent jamais aussi drôles que lorsque nous nous retrouvons dans des endroits absolument improbables, visiblement oubliés de la création et du monde des vivants...

A cinq heures moins cinq, on nous a dit qu'on fermait les portes, et nous sommes tous sortis en procession, le dernier gardien, debout à côté de son vélo, attendant qu'on soit parties pour fermer la propriété.

Et voilà ! Retour par la E19, de nouveau, où ça roulait quand même convenablement...

Cuesmes le monument aux morts

Cuesmes, le monument aux morts.

Cuesmes la chaussée

Verticalités

Cuesmes la chaussée

la Grand-Place de Cuesmes

la grand-place

La Grand-place de Cuesmes.

***

la maison de Van Gogh

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27 mai 2019

Chez Lakévio, le conte du lundi...

C'est, comme chaque lundi, l'heure du "Conte de Lakévio".

Attention, je ne suis pas du tout douée pour faire parler les animaux (je n'ai jamais essayé d'ailleurs), je ne sais pas du tout ce que cela va donner.

trevor waugh

La consigne:

Trois canes dans un pré (chez moi, Dorine, Rosalinde et Cunégonde)

Les canes, ça cancane...

 Elles sont trois, ce sera donc le sujet à trois "personnages".

 Festival de Canes... lundi !

Musique en toile de fond :

"La cane de Jeanne

Est morte au gui l'an neuf

Elle avait fait la veille !

Merveille ! Un oeuf !"

***

Dorine: Morbleu ! Mais pourquoi vous chantez ça tout le temps?

Cunégonde et Rosalinde: Ce n'est pas nous qui chantons. Nous, nous cancanons.

Ne nous dis pas que tu ne la connais pas! D'ailleurs tu viens de jurer.

Dorine: Moi? J'ai juré?

Les mêmes: oui, tu as dit Morbleu. En plus, c'est dans la chanson. Ne viens pas dire que tu ne la connais pas!

Dorine (grommelant) : j'aurais pu dire: "vertuchou" ! "Ventre Saint Gris" - Pire même. (Tout haut) et puis, je n'ai pas juré, j'ai blasphémé, ce n'est pas la même chose.

Rosalinde (pensive): n'empêche. Je l'ai apprise au pensionnat.

Cunégonde: au pensionnat? Qu'est-ce que tu faisais au pensionnat?

Rosalinde : Ben. Rien. Tout le monde va au pensionnat.

Cunégonde: Qui "tout le monde" ?

Rosalinde (comptant sur ses doigts palmés): Bécassine est allée au pensionnat avec Loulotte. Thérèse aussi. Et Viviane, dans "Laide et méchante". Et Manuela. Et Olivia. Joujou Abbott. Et les jumelles. D'accord, là, c'était en Angleterre. Mais c'est un détail. Et Harry Potter. Et ...

Dorine: ce n'est pas un pensionnat ça, c'est une école de magiciens ...

Rosalinde (contrariée): c'est un détail. Donc. Thérèse, je disais. Et plein d'autres. Des Anglaises, des Américaines. Tout le monde ou presque, va au pensionnat. Ah oui! Même Emily et Charlotte. Elles, elles ont poussé le vice jusqu'à aller dans un pays que Charlotte a surnommé "Labassecour".

(gloussements chez ces dames).

Dorine (critique): et tu es sûre que Bécassine et Loulotte, à cette époque, pouvaient chanter "La cane de Jeanne"?

Rosalinde (s'emmêlant les pinceaux): non, y a un problème de date... Je veux bien le reconnaître. Mais Rose, ma cousine, y allait aussi. Faire la révolution. Et des concours. C'était à celle qui mangerait le plus de tartines à quatre heures.

Cunégonde (intervenant): je crois que son truc à elle, c'est plus Jan Garbarek, Aral et Yves Simon que la Cane de Jeanne. Alors, revenons à nos moutons.

Rosalinde (nostalgique): il y avait une petite mare dans le parc. C'était très joli. Il était beau ce parc: un bosquet, des rocailles, une grande plaine de sable, un court de tennis, une roseraie, c'est beau une roseraie en fleurs au mois de juin... Un arbre avec des branches et des feuillages formant berceau. Des chaises et des tables. Un potager pour les religieuses. J'y ai vu des pensionnaires croquant des capucines. Il y avait une tortue aussi.

Dorine: mais quel rapport avec cette cane?

Rosalinde : j'y arrive. C'était un pensionnat de filles. Toutes en bleu marine. De six à onze ans et de douze à dix-huit ans. Elles pouvaient faire de la danse, de la gymnastique et chanter dans une chorale.

Dorine: une chorale?

Rosalinde: oui. Les petites - je ne sais plus ce qu'elles chantaient. Mais je sais qu'elles chantaient "la cane de Jeanne". Et puis des chants religieux. Faux, naturellement. Les grandes, c'était plus sérieux. Elles ont chanté à Vienne et à Rome. Et elles remportaient chaque fois une médaille de bronze.

Dorine: tu rigoles?

Rosalinde: mais non. Sérieux. Sauf que là, évidemment, elles ne chantaient plus Brassens.

Cunégonde: Brassens?

Rosalinde (soupirant): oui. D'accord, il est mort il y a un bail. Mais enfin, cette chanson fut un de ses grands succès. Même si je ne l'aime pas tellement. Je n'ai pas envie de penser à ma mort. Surtout après avoir pondu un oeuf. Ni de me faire manger.

Cunégonde (énumérant): ça, d'accord. Je n'aime pas l'idée de finir cuite et recuite, avec des tranches d'orange sur moi, ou des pêches, ou des navets, ou pire encore, d'être pendue dans une vitrine et enduite de sucre et de caramel ... Comme en Chine. Puis, enroulée dans des crêpes avec des petits oignons et ...

Rosalinde (savante): mais non, t'en fais pas, en Chine, ils mangent plutôt du chien. Et aux Etats-Unis, des crotales.

Là, Dorine s'arrête et, les ailes sur ses hanches, rouspète: dis, tu crois pas que tu exagères un peu? Arrête de parler de nous comme si on était de la nourriture... Je vais faire signer une pétition sur la protection des oiseaux en général, des chiens, des crotales et des canes en particulier. On la diffusera sur les réseaux sociaux et plus personne ne pourra s'en dépêtrer.

D'ailleurs, je commence à avoir faim. Continuons, mais s'il te plaît-je-t'en-supplie! Trouvons-nous une autre chanson de marche !

Rosalinde (après réflexion): je crois que j'ai ce qu'il vous faut! C'est aussi démodé, mais toujours d'actualité.

*

SURTOUT SI VOUS NE VOULEZ PAS VOUS FAIRE MANGER !

hymne des femmes

Hymne des femmes

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24 mai 2019

Lettres de la comtesse de Ségur à son éditeur.

Il y a quelque temps, je lisais certains échanges sur la "littérature de gare (sic"), et les propos, un peu à l'emporte-pièce, que l'on tient souvent sur cette littérature.

Or, je venais de lire des lettres de la comtesse de Ségur adressées à son éditeur. (Oeuvres complètes, Robert Laffont, collection Bouquins, volume I).

Il s'agit de M. Émile Templier, gendre de Louis Hachette, plus particulièrement chargé des relations avec les auteurs, et fondateur de la célèbre bibliothèque Rose.

Dont une lettre avec une demande qui m'intéresse.

Correspondance entre la comtesse de Ségur et son éditeur.
Extrait de la lettre du 31 mars 1858, lieu non précisé.
(...)
Je vous demanderai de bien vouloir m'envoyer
5 volumes de mes Contes, cartonnés,
5 idem brochés
10 volumes de la Santé des enfants, cartonnée.
Et le catalogue des livres de la bibliothèque des chemins de fer, on me dit qu'il en a paru récemment plusieurs fort jolis."

Une bibliothèque des chemins de fer ? Je suis allée voir de quoi il retournait.  Cette bibliothèque des chemins de fer était également éditée par Hachette. Le cher éditeur de la comtesse de Ségur. Voici un extrait du catalogue des livres de littérature française:

Exemple de romans français :

ROMANS ET CONTES.

Ernestine — Caliste — Ourika (Mmes Riccoboni, de Charrière et de Duras). 1 fr. 75
Eugénie Grandet (de Balzac). 2 fr. 50
Graziella (de Lamartine). 1 fr. 50
La Bourse (de Balzac) 50 c.
La Colonie rocheloise (l’abbé Prévost). 1 fr. 50
Les Oies de Noël (Champfleury). 1 fr.50
Palombe (J. B. Camus) 1 fr. 50
Paul et Virginie (Bernardin de Saint-Pierre). 1 fr. 25
Scènes de la vie politique (de Balzac) 50 c.
Ursule Mirouet (de Balzac). . 2 fr. 50
Zadig ou la Destinée (Voltaire). 1 fr.

***

Cette correspondance pleine d'urbanité dans les demandes adressées à M. Templier, (avances financières sur les premières mises en vente, envois de volumes - la comtesse avait droit à 50 volumes de chacun de ses livres édités, et aurait aimé que ce nombre montât à 75 - indications quant aux reliures, illustrations et présentation typographique des ouvrages), est très intéressante.

On apprend ainsi qu'elle regretta les importants remaniements exigés pour les "Mémoires d'un âne". Et que le livre fut long à éditer... Au point qu'elle pensa s'adresser à une autre maison.

"Je n'ai pas encore pu trouver un moment pour revoir mon pauvre âne que vous avez si malmené." (16 février 1859).
Pendant quelques mois, le sort de 'son âne' l'inquiéta - jusqu'en décembre de la même année, alors même qu'elle surveillait l'édition des Vacances (elle refusa le titre 'les vacances de Sophie' trouvant que ce sont tout autant les vacances des autres enfants.)

Autre changement de titre: 'François le Bossu' fut d'abord 'le Petit bossu'. Et la comtesse écarta 'le Bossu'.

Elle dut également faire face à de la censure... pour "L'Auberge de l'Ange gardien". Il ne pouvait y avoir trop d'allusions à un avenir sentimental ou amoureux des personnages.

Madame de Malaret dans l'Impératrice Eugénie et les dames de sa cour.

Enfin, dans la lettre numéro 65... Une demande révélatrice du succès de l'oeuvre commencée quelques années plus tôt.

"Paris, 15 février 1864.

Cher Monsieur,

je dois offrir mes oeuvres au Prince Impérial (alors âgé de sept ans. Autour de lui s'était cristallisé l'amour de l'enfance, symbole de l'espoir et de l'avenir, et toutes les idées nouvelles sur l'éducation et la famille, (Ndl'E).

Auriez-vous l'obligeance de m'en faire relier un exemplaire des onze volumes parus; il faut que ce soit en rouge avec les armes Impériales d'un côté et des abeilles de l'autre côté. Je voudrais bien vous parler à ce sujet, car je ne veux pas faire de grands frais de reliure; quelque chose de convenable à 2 ou 3,- F. le volume. La tranche devra être tranche peigne et non doré, c'est difficile et ennuyeux à décoller, les feuilles tiennent ensemble et un enfant n'en viendrait pas à bout.

Mille compliments affectueux.

Ctesse de Ségur.

Si la tranche peigne ne va pas avec le rouge, on pourrait mettre une reliure cuir de Russie clair; ou La Vallière; c'est fort joli. (Maroquin dont la couleur est à peu près celle que l'on appelle 'couleur feuille morte' - Ndl'E)
Je suis pressée d'avoir les livres. L'Impératrice les attend. Il faut que les onze volumes soient placés dans un carton recouvert de papier maroquin également avec les armes de l'Empereur au dessus. Ce sera plus élégant qu'un paquet ficelé."

***

Note concernant les illustrations des romans de la comtesse de Ségur; Horace Castelli, (1825-1889) était un graveur sur bois et illustrateur français qui fut l'illustrateur préféré de la comtesse de Ségur et, apparemment, de ses jeunes lecteurs.

comtesse de Ségur

la comtesse de Ségur jeune.

Camille et Madeleine de Malaret, les petites filles modèles.

Camille et Madeleine de Malaret, les "petites filles modèles"

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21 mai 2019

Et l'inspiration dans tout cela?

Combien de fois, depuis mi-avril, n'ai-je pas ouvert l'interface de canalblog, et je restais là, la souris en l'air...

Pourtant, la vie a continué...

Le 27 avril, je suis allée en excursion à la Piscine, rouverte depuis peu. J'y retournerais volontiers. C'est toujours un endroit magnifique et magique.

J'essaie de persuader la Rose de partir une semaine en Bretagne... En juin... Mais elle vient d'être grand-mère pour la quatrième fois (!) ... Et comme nous sommes un brin perfectionnistes (elle plus que moi, cfr. les moutons qui courent dans une maison... Je les laisse un peu courir quand il y a péril en la demeure. Bien que ce ne soit pas bon, je le reconnais, la poussière, ça m'énerve aussi)... Elle veut être au four et au moulin.

Il y a eu la fête des trams le 1er mai.

Il y a un parcours dentisterie digne d'un tour du monde de gymnastique.

Il y a les futures élections le 26 mai. Macron, c'est de la "kwet-kwet" (bière légère et aqueuse) à côté de Jan Jambon (extrémiste nationaliste NVA néerlandophone) posant à côté du Bart de Wever et de Charles Michel (le traître MR, l'hypocrisie fait être homme politique avec un faux air de scout à la conscience tirée à 4 épingles) et disant aux francophones de ne pas avoir peur quand il sera premier ministre.

Nous voterons, mais le jeu des alliances pré et post-électorales va tout bouleverser...

J'ai fait une marche Adeps, 5 km, le long de la Samme, dans le Hainaut, près de Seneffe. Très agréable.

J'ai une masse d'émissions enregistrées à regarder... Parfois, j'ai du mal à me concentrer. Hier, j'ai écouté un bout du concours Reine Elisabeth - je crois que c'était un Américain (peut-être d'origine coréenne) qui interprétait le concerto pour violon de Tchaikovski. Heureusement, ce n'était pas le concerto imposé (une horreur - chaque année! Une horreur!) - Le roi et la reine étaient là, lui, vraiment coincé, c'est inimaginable... Elle de moins en moins bien habillée. Alors qu'elle a été si élégante.

Le cours du soir est presque fini... J'ai rendu tous mes travaux. Je vais encore me retrouver devant un lot de papiers - à ranger (ou à jeter).

Je suis folle de la vaisselle Boch (La Louvière) ! Oh ce patrimoine que nous avons perdu..................  J'ai racheté un pichet (2L - Grand Bouquet) en occasion, qu'on avait à la maison. Constatations: il est plus léger, donc ce doit être une réédition, mais il est en meilleur état. A la maison, il a servi longtemps à nous rincer les cheveux, lors des lavages de cheveux dans l'évier de la cuisine - alors que la baignoire de la salle de bains n'était pas encore équipée d'une "douchette", puis à stocker les couverts à laver (avec du détergent). Mes parents avaient de drôles de manie(s).

Expédition pour récupérer l'objet: métro jusqu'à la gare centrale, puis à pied jusqu'à la galerie Agora où je n'ai plus mis les pieds depuis au moins 15 ans. Vérification du bon état de l'objet... Et déchirage du carton d'emballage trop encombrant en petits morceaux. Direction poubelle papiers. Retour en métro, déballage du pichet et de l'assiette. Visions familières...

pichet boch grand bouquet

c'est celui-ci...

Pot-a-lait-Boch-Grand-Bouquet-_1

(...)

Résultat de tout cela, je n'ai plus trouvé l'inspiration pour les jolies consignes de Lakévio, ni pour celles des Impromptus littéraires, j'ai donc du retard à rattraper. Mais qu'est-ce que je vais raconter ?

Mon fils et moi avons vidé un classeur dimanche (tout en devisant). Tout le dossier infernal de mon dernier employeur est passé à la rogneuse. Quand je voyais les échanges de mails au passage, je me disais :

1) la résilience, ça existe vraiment.

2) c'est un miracle que je ne sois pas devenue plus folle que je ne le suis déjà.

Mon fils lui a dit: "mince ! Mais ils n'avaient que ça à faire, tous ces gens? Ils ne travaillaient pas ou quoi?" - Non, ils ne travaillaient pas. Un de nos directeurs était fou. J'avais une collègue cleptomane, pyrhomane - qui volait, pratiquait le harcèlement (moral et sexuel) ... Avec la bénédiction, si je puis dire, des chefs. Une autre alcoolique. Et la malheureuse coordinatrice qui m'a engagée s'est suicidée, des années après. Pour être honnête, je ne crois pas que c'ait été à cause de notre employeur commun. Je suis toujours un peu triste quand je pense à elle ....................

Il y avait aussi des gens normaux, mais ils ne restaient pas (ils étaient virés, quand ils ne partaient pas d'eux-mêmes).

Bref, à oublier .........

Surtout maintenant.

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11 mai 2019

Se concentrer...

Tout va bien, mais il y a parfois des moments où il est difficile de se concentrer sur l'écriture .................... Ce n'est pas que ce soit difficile de se concentrer, mais je ne sais pas, c'est difficile à expliquer ... Ce n'est pas difficile à expliquer, mais c'est juste un peu tôt .............. En attendant, je fais une grande consommation de téléfilms policiers et je relis la comtesse de Ségur ! Quelle étrange idée, mais dans l'Intégrale de la collection Bouquins, je trouve des choses extrêmement intéressantes.

Ainsi, peut-on arriver à dessiner le trousseau de la poupée de Marguerite, dans "Les petites filles modèles" ? Je ne m'y suis jamais essayée je pense... Comment dessiner une paire de brodequins vernis ?

Encore quelques photographies de la fête du tram le 1er mai.

***

chevaline 1

chevaline 2

Hier à gauche et avant-hier à droite.

Au Grand Sablon

Cette photo-ci est d'un passionné du musée du tram - mais je ne sais plus son nom...

J'aime bien la perspective sur la rue de la Régence,

vers le palais de Justice

(qui tombe en ruines).

l'horloge suisse

l'horloge de l'ancien Office du Tourisme suisse - coin rue Royale et rue du Congrès.

le tramway California

Le tramway "chocolat" - fermé

de la Compagnie des Chemins de fer Economiques.

Ci-dessous en noir et blanc (photographies d'un ami du musée du tram).

le tram chocolat en noir et blanc

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02 mai 2019

Jour de fête

Du 1er au 5 mai, Bruxelles fête les 150 ans du tramway.

Au menu :

exposition de tramways du passé et du futur place Royale - dont une locomotive à vapeur et ses wagons - chemins de fer vicinaux qui allaient bien plus loin que les faubourgs de Bruxelles.

Le 3200, qui roulera en 2020, (ce n'est jamais que l'année prochaine!) inauguré en grande pompe dans la semaine, avec le roi Philippe (puisqu'il y a un roi Philippe). Le tramway du futur mais malheureusement toujours gris argent (ça ça va) et brun caca d'oie (sauf' vot' respect Maame la Marquise, comme aurait dit Bécassine).

Hier, la "Cavalcade", un événement grandiose, qui n'a plus eu lieu depuis le 21 juillet 1985. A cette époque, j'habitais au centre-ville, près de la place du Congrès, depuis un mois ou deux (officiellement). J'allais y vivre quatorze ans.

J'ai donc rejoint mon fils et ma belle-fille hier, dans notre ancien quartier, pour un défilé des tramways historiques qui ont roulé à Bruxelles depuis 150 ans, conservés miraculeusement, exposés par-ci, par-là, et finalement conservés pieusement au musée du Tram de Woluwé.

Un vrai musée vivant, où j'ai été une bénévole heureuse pendant plusieurs années - au temps de ma belle jeunesse.

Je guidais les promenades en vieux tram (le Brussels Tourist tramway) - départ de Woluwé jusqu'au Heysel, où l'on prenait un verre place Saint-Lambert (oooh! Que je n'aiime pas cette église!) et retour par un autre circuit, dont la gare du Midi... On recevait un ticket pour manger un spaghetti au musée, accompagné d'un Faro ou d'une eau pet' ... Et on passait un petit bout d'après-midi dans les trams, avant de rentrer se préparer pour la semaine. Mon ex-mari guidait parfois en néerlandais. Puis, il faisait gentiment du charme auprès de ces dames, dans son uniforme de "receveur", l'après-midi.

Nous aimions tous les deux les trams, tous les trams, et le train - mais lui en plus aimait le modélisme...

Une rue de Bruxelles sans trams jaune primerose, sans le grincement des essieux et des bogies (un petit malin a écrit, les 150 bogies du tramway bruxellois...) - sans l'odeur de marrons brûlés, c'est c'est, je ne sais pas ce que c'est, mais ce n'est pas Bruxelles...

Je vous laisse juges...

Motrice articulée de type PCC (modèle de tramways modernes américain),

7500 - unidirectionnelle - surnommée parfois "Caroline"

très claire et confortable à l'intérieur.

Suivie de la génération des 7700 et 7800 - bidirectionnelles.

Motrice articulée - également de type PCC, constituée à partir d'anciennes caisses de type "Standard"

Le bruit à l'intérieur de ces trams était davantage celui des vieux "Standard" que d'un tramway moderne.

voiture 4000

"Lavécire, la cire qui lave et qui cire!"

Intérieur d'une voiture 4000

Intérieur d'une motrice articulée de type 4000.

***

Et celui-là, qu'on ne peut pas "passer au bleu"... Le célèbre tram 33...

le tram 33

Motrice à essieux (et perche du trolley - dite familèrement "la flèche")

de type standard, jaune et bleue (couleur jaune dite "jaune primerose")

+ remorque.

Le tram standard dans lequel j'ai commencé à guider les touristes en 1992 !

Et un jour, la remorque a déraillé au Rond-Point Montgomery...

le tram 33 bis

***

intérieur du tram 33

l'intérieur de la motrice - avec tablettes!

intérieur du tram 33

"Ce soir j'attends Madeleine
J'ai apporté du lilas
J'en apporte toutes les semaines
Madeleine elle aime bien ça
Ce soir j'attends Madeleine
On prendra le tram trente-trois
Pour manger des frites chez Eugène (...)"

(c) Jacques BREL - Madeleine.