Variations de regard

25 janvier 2023

Trois (messages) pour le prix d'un...

Car je ne fais jamais les choses à moitié. 

Illustration: reconstitution de l'intérieur d'un mineur italien,  au charbonnage du Bois du Cazier.

***

" - Ah! s'écria-t-il, est-ce que vous ne vous rendez pas compte quand vous vous faites un ami?"

Je savais que je devais avoir l'air idiot et que ma question était idiote aussi. « Si vite?

- Pourquoi pas?» Il dit cela comme une évidence puis ajouta, jetant un coup d'œil à sa montre : «On peut attendre une heure si vous préférez. On pourrait devenir amis dans une heure. Ou attendre jusqu'à la fermeture. On pourrait devenir amis à ce moment-là. Ou on peut attendre jusqu'à demain, mais alors ça voudrait dire que vous devriez revenir demain et vous avez peut-être autre chose à faire. (Il rangea sa montre et posa les deux coudes sur le bar.) Dites-moi, qu'est-ce que c'est que cette histoire de temps? Pourquoi est-ce que plus tard vaut mieux que plus tôt? Les gens disent toujours ça, il faut attendre. Qu'est-ce qu'ils attendent?" Je me sentais entraîné par Giovanni vers des eaux profondes et dangereuses. "Eh bien, je suppose que les gens attendent pour s'assurer de ce qu'ils sentent vraiment."

James Baldwin, (1924-1987)

La chambre de Giovanni, 1956.

Reconstitution d'un intérieur de mineur italien au bois du Cazier.

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Parenthèse

Dans un groupe fcbk que je fréquente, un membre évoque le roman de James Baldwin - un écrivain américain (on pourrait dire afro-américain), un classique, la Chambre de Giovanni. Que j'ai lu (mais pas relu) récemment.

Il finit mal. Il appartient à cette classe de romans - nombreux - qui finissent mal. Très mal.

J'ai simplement commenté: "ah! La description des halles de Paris, le matin..." (en effet, après une nuit dans un bar, où il a rencontré Giovanni, jeune barman italien), le héros (et narrateur) va manger un bout près des halles, avec deux autres membres du club et Giovanni.  J'ai revu les halles - non pas telles que décrites dans les années 50 - mais telles que je les ai vues en juillet 1970, juste avant leur destruction.

Il y a aussi un beau passage - sur le temps et les rencontres, et le fait de faire connaissance, mais je ne l'ai pas sous la main.

Giovanni est pauvre, très pauvre, et sa chambre misérable. Plus que misérable. Je passe les détails. Rien à voir avec la couverture du livre que j'ai choisie pour illustrer cet article.

A la fin, Giovanni (désormais seul, sans travail, et dans la misère la plus absolue), commet un meurtre et est emprisonné et jugé. Comme cela se passe avant 1975, on devine aisément la nature de la condamnation.

J'ai donc rajouté "pauvre Giovanni..." (un peu pauvre, comme commentaire, mais je me fais discrète, enfin, j'essaie).

Ici, je peux rajouter que lorsque je donnais cours au Ministère des finances, à "mes" adultes, nous abordions souvent des questions éthiques. Cela pouvait faire partie des sujets qu'ils avaient à débattre dans leurs premiers examens (un résumé et un commentaire critique de texte). J'avais de tout comme participants. L'un d'eux (qui était pourtant historien d'art, à la base... Ce qui suppose, comment dire, une certaine tournure d'esprit?) avait dit qu'ils avaient eu un texte sur la peine de mort, et qu'il l'avait défendue.

J'ai levé les yeux au ciel (un plafond plein d'amiante en l'occurrence) et j'ai dit que c'était absolument indéfendable, et - certainement - dans un examen organisé par l'Etat (fût-ce l'Etat CVP, encore, à l'époque, et plus pour longtemps)... On était pourtant dans les années 90.  J'étais souvent trop prise de court pour argumenter valablement, mais j'aurais pu et dû dire que c'était une barbarie évidente, (pourriez-vous faire la piqûre qui tue quelqu'un? Même s'il a assassiné plusieurs personnes? Ou actionner la guillottine? Moi non, je préférerais mourir...)  que je n'ai pas de solution miracle en ce qui concerne la justice (et le coût que représente un emprisonnement longue durée, mais bon, faut assumer après tout), bref, d'instinct, je dirais que je suis totalement opposée à la peine de mort et que je l'ai toujours été.

Et je gage d'ailleurs qu'il y a beaucoup de pays où l'on ne pourrait pas vraiment lire La chambre de Giovanni, et encore moins en discuter. Et certainement pas de vive voix. Ca fait tout de même un effet un peu étrange de se dire ça.

Moi, si j'arrive à terminer le roman que je suis en train d'écrire, (je peine sur la deuxième mouture, car à vrai dire, il est écrit...) je le promets solennellement, ça ne finira pas sur la guillottine...

giovanni

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Hélène...

Hélène (c'est un pseudonyme), a quatorze ou quinze ans comme moi. Elle fréquente des cours de musique avec sa soeur, plus jeune d'un an environ, et un frère encore plus jeune (ils sont quatre en tout, mais le plus petit est trop petit...) - comme moi. Je les ai tout de suite perçus comme super-gentils.

On papote avant les cours, c'est agréable, l'école est claire, l'ambiance est détendue, j'aime bien. Nous ne sommes pas toujours assises ensemble en classe. On est d'ailleurs plusieurs à faire connaissance, cette année-là (1970-1971) et (1971-1972). J'ai aussi un voisin de banc - pas très intelligent. Mais à treize, quatorze ans, on (je) n'est peut-être pas très regardant. On ne se préoccupe pas vraiment d'affinités.

Il y a aussi deux réfugiés hongrois, une fille de mon âge qui a fréquenté le Sacré-Coeur d'Ixelles - comme moi - et son frère. Dieu sait ce qu'ils ont vécu! Le moins qu'on puisse dire est qu'elle est plutôt à plaindre. Elle n'a pas d'amie, et on l'ennuie carrément dans la cour de récréation (on n'appelle pas ça encore du harcèlement scolaire...)  C'est dire comme l'académie est -  je le pense - un endroit où les différences qui nous font souffrir à l'école, disparaissent - comme par magie. La prof de musique est sympa, c'est une demoiselle, bonne vivante - me semble-t-il. On peut me tuer, mais je ne sais plus ce qu'Hélène suivait comme cours (quel instrument elle apprenait).

Après deux ans, nous entrons en troisième année de solfège et aussi - je change d'école. Pour la deuxième fois. J'ai passé dix ans au Sacré-Coeur et un an à l'athénée d'Uccle (où cela n'a pas été beaucoup plus concluant - sauf pour le latin, car j'ai une sacrée avance), les cours littéraires et... Le dessin et la musique. Mais comme je suis livrée à moi-même, honnêtement, je n'étudie pas beaucoup. Je fais de mon mieux, mais ce mieux n'est pas terrible.

Bref, à la rentrée 1972, j'arrive au lycée, sur le conseil d'Hélène et de sa soeur (et avec l'avis positif de leur mère, qui connaît bien le lycée), ayant échappé de peu au retour dans une école catholique (les Dames de Marie, cette fois). Mes parents s'y sont résolus... Après avoir cherché moult conseils et m'avoir même fait passer toute une série de tests d'orientation dans un centre P.M.S. Lequel les a rassurés o;) j'étais bonne pour "le service".

Bien sûr, j'espère être dans la classe d'Hélène. Eh bien, c'est raté. Elle est en 4ème A, et moi en 4ème C. Cette répartition est totalement illogique. En A, il y a les latin-maths, et les math-sciences... Et en C, cinq malheureuses élèves en latin-grec (dont moi) et le reste en sciences économiques. Donc, Hélène est en math-sciences en A, et moi en latin-grec en C. Après la première déception, on se fait à cette situation, j'essaie de m'intégrer (ce n'est pas facile) et de toute façon, on se retrouve aux récréations, à dix heures, parfois, mais on n'a que vingt minutes, et à midi. On mange, et puis on passe un bout de temps ensemble. Moins le mercredi, où l'on rentre chez nous, moins le jeudi, où on a collé ces heures de grec malvenues (mais défendues par la préfète, laissons-lui ça), en amputant sérieusement notre récréation (on n'a même pas le temps de manger à la cantine). On enchaîne tout de suite avec les cours de l'après-midi. Autant dire que le jeudi, en rentrant, j'ai régulièrement mal à la tête.

La fin de l'année arrive... Je me suis fait deux amies, dans ma classe. Je ne les ai pas vraiment choisies, c'est un peu le hasard qui a présidé à nos relations. Elles sont toutes les deux danseuses. Et ne pensent qu'aux soirées dansantes, aux garçons (c'est général), aux fringues, et aux chanteurs de charme. Je fais comme tout le monde, gardant mes propres centres d'intérêt pour moi (la lecture, mon J2 Magazine, la musique - et pas les variétés, plutôt Pink Floyd et Deep Purple  - et le cinéma...). 

A la moitié de l'année, j'abandonne l'académie de musique. L'organisation est telle que je dois y aller quatre fois par semaine, et que pour ma mère, c'est trop, beaucoup trop. De fait, avec le solfège le mercredi après-midi et un cours de cuisine régionale (en parascolaire), je ne suis plus beaucoup à la maison. Mais qu'est-ce que cela peut faire à ma mère? Elle travaille et rentre tous les jours à 17h30 tapantes.  Je vais d'ailleurs souvent l'attendre à la sortie de son bureau - qui est près de la maison. Mes parents se préoccupent d'ailleurs surtout de l'avenir de mon frère (qui a 22 ans).

Donc, je ne vois plus beaucoup Hélène - et certainement pas sa soeur... A la fin de l'année, on demande qui a réussi. Elle a un examen de passage en français... (nous avons le même prof)... Ce qui m'étonne, parce que je la crois nettement meilleure élève que moi. Je rêve bien parfois d'être première de classe (!) mais ce ne sera pas pour cette année. Même si cette année, les maths ont plutôt bien fonctionné, la physique aussi, les sciences sans problèmes. Et moi, j'ai deux examens de passage, en néerlandais (la prof m'a à la mauvaise depuis le début de l'année) et ... Honte sur moi, en histoire. Je ne sais pas comment j'ai fait pour récolter un examen de passage en histoire, d'autant que j'avais commencé l'année sur de vraiment  bonnes bases. Mais un moment, j'ai dû cesser d'étudier (sans doute), et comme mon dossier n'est pas terrible... (un prof m'a carrément dit un jours "si tu n'es pas contente, retourne d'où tu viens..." - je ne sais pas si elle entendait par là l'athénée ou mon école catholique - où, soit dit en passant, j'avais eu un horaire intensif en latin et en grec...)  bref, mes vacances promettent d'être à moitié ratées.

A moitié seulement, parce qu'au mois de juillet, mes parents louent une fermette, à la campagne, et Hélène et ses parents ont justement une maison dans les environs. Donc, on se voit, les parents se trouvent sympathiques, on va les uns chez les autres, on cuit des tartes, on se promène dans les bois... C'est super.

Et à la rentrée, on passe nos examens de passage. Et patatras! Hélène est busée (de manière absolument incompréhensible, parce que vraiment, c'est loin d'être une idiote) et moi je réussis. Je ne sais pas comment. Je ne suis ni meilleure ni plus mauvaise en histoire (et je vais grandement m'améliorer...) mais en néerlandais, la chute va être, hélas, remarquable.

Elle reste donc en 4ème, et je passe en 3ème latin-grec. Nous avions donc le même professeur de français, et comme je la connais (à l'époque, puis avec les années), je soupçonne que cet échec a été parfaitement subjectif. Ou alors Hélène a dû perdre tous ses moyens. La prof est plutôt impressionnante. Intimidante. On ne sait jamais comment elle va réagir. Ni si elle va vous apprécier. Quand elle vous apprécie, on le sait. Quand elle ne vous apprécie pas, on l'entend (elle pratique l'ironie limite... et en a fait pleurer plus d'une).

Donc, voilà. Une quinzaine de jours après la rentrée, la préfète des études part en congé de maladie, et la prof de physique prend le relais pour réorganiser les classes, les horaires, bref, le résultat est que les cinq élèves de latin-grec, qui ne sont plus que trois d'ailleurs, rejoignent les élèves de latin-maths, en A. Le lycée a beau être révolutionnaire, et avoir adopté l'enseignement rénové, il n'en a pas moins gardé cette classification absurde, de A (très bon niveau général) à C ou D (après ça, c'est l'enseignement technique...)  Mes amies danseuses ont quitté le lycée, et me voilà dans une classe de têtes, de matheuses fortes, de premières de classe... Et je ne sais pas très bien comment je vais m'en sortir.

En plus, je n'ai plus d'amie. Mais je vais m'en refaire deux ou trois, seulement, à cet âge, les filles sont très à cheval sur leurs choix. Pas question, quand elles ont une voisine de banc depuis la sixième, d'en changer. Albane va devenir une amie en m'empruntant régulièrement mes cahiers pour se remettre à jour o;)  et j'irai de temps en temps chez Marie, une réfugiée polonaise, cette fois. Et puis, il y en a d'autres, qui nous entraînent à des après-midi dansées, n'appelons pas ça dansantes, dans le grenier d'un élève d'un collège catholique voisin (très sympas ces après-midi d'ailleurs.)

Tout ça semble évidemment un peu puéril, sauf que les relations se sont distendues entre Hélène et moi, forcément, et qu'en plus, je vais tellement subir l'influence de mes professeurs que je vais complètement - presque - complètement - changer.

Malgré cela, à 65 ans, 50 ans après les événénements, je me demande encore toujours

1) ce qui a fait qu'elle a eu cet examen de passage,

et 2) pourquoi et comment elle l'a raté - et dans l'impossibilité de demander l'avis des protagonistes, je ne puis faire que des suppositions.

***

A noter que je n'ai pas tout à fait perdu Hélène - ni sa soeur - de vue. Sa soeur - qui était une littéraire, elle, et a suivi la même filière que moi - a fait des études de philologie classique. Mais on ne se parlait pas beaucoup. Pourquoi? Je n'en sais rien. Hélène a - si je ne m'abuse - fait des études d'institutrice maternelle, ou primaire.

J'ai revu toute la famille, beaucoup plus tard, à l'Ecole des Arts d'Ixelles, en visitant les ateliers. Quand j'ai vu les "garçons" (que j'avais connu enfants), je me suis exclamée "Oh! Mon Dieu!" Les petits garçons étaient devenus des hommes. Et gentiment leur mère a simplement dit "eh oui, eh oui..."  

Et enfin, après quelques recherches, j'ai retrouvé la soeur d'Hélène, et les ai fait inviter lors d'une soirée d'anciennes du lycée - place Fernand Coq - pas très loin des lieux que nous avions hantés. En février 2011 - ce qui fait déjà douze ans, tout de même...

ixelles

Les_étangs_d'Ixelles

Etangs d'Ixelles.

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16 décembre 2022

À Hurtebise.

En fait...

Ce que je viens chercher ici, c'est le silence... de nos jours, le silence est devenu... un luxe.  D'accord,  rien n'est jamais tout à fait silencieux... mais ça l'est comparé à... Bruxelles.

Le premier soir,  le soir de l'arrivée,  c'est toujours un peu angoissant.  Tout d'un coup, plus de télé, pas de wifi, plus d'autoroute... On défait les bagages,  je fais mon lit... le silence est absolu,  à part celui de notre conversation murmurée,  du radiateur et du frigo.  Mais il y a encore beaucoup de bruit en moi.

Puis vient le silence de l'Ardenne (entrecoupé de fous-rires, aussi...)

Puis ce silence  -  quand on "l'écoute"  à plusieurs,  qui est encore mieux.  C'est un moment unique,  et toujours trop court, beaucoup trop court... je pense particulièrement à ce moment de silence,  à la fin des vêpres... tout s'arrête,  chacun.e est debout ou assis.e.  Et on écoute juste ce qu'il y a à l'intérieur de soi. Au plus profond de soi.

Mes mâchoires se décrispent lentement... mon mal de tête s'évapore,  le silence de la nuit devient complice. 

Je vais bien.  Et je suis dans la gratitude pour tout ce que je vis depuis un.an... ou deux... ou plus...

Malgré les petits et - parfois - grands tracas de la vie de tous les jours...

Lavacherie

Feuilles craquantes

Beauplateau

Le clocher en réfection

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06 novembre 2022

À chaud.

Non mais bon,  je devrais arrêter d'ouvrir fcbk quand je déjeune.  Ça m'a coupé les jambes.  Irène!  Ah purée!  C'était vraiment quelqu'un !  Je ne l'ai pas beaucoup connue,  malheureusement,  mais j'adorais recevoir ses mails (quand on venait de faire connaissance.) On avait certaines choses en commun.  Sauf qu'elle a eu un parcours de militante sans fautes,  et ça j'admire,  pcq je ne lui arrive pas à la cheville. 

Quand je l'ai connue,  elle travaillait encore au rayon chanson française,  à la Fnac,  où elle était déléguée syndicale. 

Moi, j'étais déléguée aux publications à Bruxelles laïque. C'était ce que je faisais de mieux. Avant ou après mes formations au Ministère des Finances ?  Je ne sais pas. 

On est allé manger chez Amazone, rue du Méridien, quand on s'est vues la première fois. 

Elle m'a invitée à un concert de Claude Semal, à Saint Gilles,  et je lui ai proposé d'écrire quelques articles pour le Blé (le Bruxelles laïque Échos, que je gérais,  à l'époque où on me laissait encore le gérer.  On est allées chez Artémys aussi,  galerie Bortier,  on peut pas dire qu'on avait des masses de librairies féministes et/ou communautaires, à l'époque.  Darakan,  Artémys,  et une autre,  rue st Jean.  Tout a fermé.) Bon maintenant,  il y a TuLiTu qu'elle a largement contribué à faire connaître. 

J'étais une fraîche divorcée,  j'étais encore très stressée,  ma mère venait de mourir (le dimanche 4 mars),  et je (re)construisais ma vie,  petit à petit.  C'était (très,  très) dur,  mais j'ai commencé à sortir du trou à ce moment-là.  J'aurais pu mieux lui expliquer... 

Ben déjà lui dire que la violence conjugale,  j'avais (un peu) connu,  et que je m'étais enfuie (avec mon fils...) au lieu de faire semblant d'être bien.  Mais bon,  j'avais ma fierté quand même... 

Bon. On s'est perdues de vue,  et puis,  longtemps après,  je l'ai suivie sur Facebook.  Toujours cohérente...  le sens de la militance,  ne déviant jamais de sa trajectoire.  Avec des "manies" un peu...  :-) 

Son ire annuelle contre Viva for life, mais elle a raison,  son amour des chats,  sa défense des femmes et des réfugiés,  de toutes les femmes,  sa défense des droits des personnes lgbt+,  les prides des années 90,  elle les a faites...  par exemple,  par rapport aux discriminations vis à vis des femmes voilées,  elle m'a fait évoluer.  Avant,  je rejetais le port du voile, sans nuance aucune,  (d'une certaine manière,  je le déplore toujours), mais bon,  je suis contre les discriminations,  il faut bien être logique. Ceci dit,  pour tout ce qui concerne le féminisme intersectionnel,  les jeunes militantes en association sont beaucoup plus au fait que moi.

Et puis,  en commun,  cette histoire de "Pour",  Pour c'était une cellule et un journal d'extrême gauche,  qui se trouvait pas loin de mon lycée.  On y allait occasionnellement,  avec la bénédiction de nos professeurs,  qui faisaient semblant d'ignorer où on allait.  Mais j'étais bien jeune,  17 ans... ... n'empêche que j'ai lu son livre,  "Fausses pistes", un polar plein d'humour qui ressuscitait "Pour" . 

Le local du journal a brûlé,  je ne sais plus quand,  c'était un incendie criminel,  évidemment.  

Il reste son dernier livre,  le plus intime, le plus émouvant, les "Dibbouks". L'histoire de toute sa vie,  sur sa soeur,  la fille que son père a eue d'un précédent mariage.  Femme et enfant ont disparu à Auschwitz.  Ce bouquin,  elle en parlait déjà en 2001.  Elle l'a écrit et il a été édité en 2021.  

Je devais,  enfin !  Aller à une présentation de son livre,  le 3 novembre,  avec mon amie Anémone (j'ai raté toutes les précédentes...) et puis ça a été annulé,  pour cause de covid,  paraît-il... et voilà.  

Et voilà.

Irène

 

Irène Kaufer (1950-2022).

* Fausses pistes,  (Luc Pire), roman policier.

* les Déserteuses, nouvelles. 

* entretiens avec Françoise Collin,  en 2005. 

* Les Dibbouks,  éditions l'Antilope, 2021.

 

*** SVP, épargnez moi les commentaires qui n'auraient pas grand chose à voir avec le sujet... merci beaucoup :-)

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30 octobre 2022

Un lundi de septembre...

18 heures. 

Soir de l'enterrement de The Queen. 

J'écoute l'histoire de la Minuscule Vénus, dite de Brassempouy. 

 

Un sac a été propulsé avec vigueur sur le banc inoccupé, voisin du mien. 

C'était moins un sac qu'un cabas et ce genre de cabas en toile peut contenir de l'eau,  un biscuit,  une pomme 🍎 (c'est le cas de le dire...) ou un Lagarde et Michard (... du XIXème siècle.)

 

Du regard, j'ai suivi la main,  puis le bras,  puis tout ce qui était accroché aux poignées rouges du sac. Et je suis revenue à Lucian Freud. 

Et à la liste à signer. 

Non. Lucian Freud,  c'était après. 

Il y a d'abord eu l'inter-cours,  quelques pas dans la cour "de récréation", la poursuite des marrons et la photographie des arbres 🌳 🌳.

 

Le sac était accroché au dossier de la chaise. L'ambiance était... fauve. 

La lumière de septembre,  les traits de peinture de Lucian Freud,  les lunettes d'écaille, les chevelures des élèves... 

Fauvisme, verts et rouges de septembre, touches de gris, sonnerie de fin de cours, (quel bruit délicieux...)

Et la sortie dans le parterre piquant des bogues éclatées... 

 

Le sac s'en est allé à pas rapides dans l'avenue.  

Ma curiosité s'est éveillée. 

Sécher ou ne pas sécher les conférences du soir, 

That was the question...

Écrire ou ne pas décrire ces sensations d'automne ? 

Tout écrit sommeillant au plus profond de soi vient à point pour qui atteint les mots.

Vénus de Brassempouy

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16 octobre 2022

Des brèves...

Eh bien, depuis le 21 septembre, je suis officiellement retraitée... Je ne sais pas si je suis contente... Cela ne change pas grand-chose à ma vie... Sauf que je suis dans l'expectative de ce que l'Etat me laissera... Au 31 octobre... Je préfère être maintenant, mais je préférerais aussi avoir dix ans de moins (physiquement s'entend).

Sinon, c'est du "tout venant"...

Les cours ont repris, histoire de l'art et infographie...

J'ai fait une excursion, au Jardin enchanté, à Jodoigne. Avec des amies. Un jardin aux sculptures.

Je lis, je lis, je lis... Je vais à un cercle de lecture (!) le 3ème mardi du mois. On papote, on est une petite dizaine... Je suis sûrement l'aînée! La première rencontre était en septembre. On emprunte un livre, et on fait un compte-rendu à la séance suivante. Je vais donc dans mon ancien quartier, place de la Liberté...

J'emprunte à la bibliothèque aussi. Frédéric Rey... Les Bridgerthon (je n'ai pas encore commencé).

Bref, je m'occupe.

Le petit est rentré à l'école (et tout le monde a eu une laryngite, otite, bronchite, etc.)

Ma deuxième chasse a rendu l'âme. Une amie l'a remplacée par une chasse qui coulait tout autant, mais vendredi, elle a pris les choses en mains et la chasse a été remplacée définitivement et correctement, donc, je cesse de remplir et trimbaler des bidons de 5L d'eau remplis à la douche.

Je rigole avec les discussions sur facebook sur le prix Nobel décerné à Annie Ernaux. C'est à mourir de rire. Enfin, rire... 150 commentaires, au minimum, par post, parce qu'elle serait inféodée au marxisme stalinisme trotskysme mélanchonisme... Qu'elle aurait un nombril inintéressant. Et qu'elle serait anti-israélienne (ça, c'est très possible, c'est un sujet que je n'ose pas aborder sur les réseaux dits sociaux... elle n'est pas la seule... Seulement, tout le monde ne reçoit pas le Nobel, alors.) Bref. Personnellement, j'ai lu Les Années, j'ai bien aimé, j'ai même lu certains passages tout haut (je me demande si ce n'était pas sur la chute du communisme, ou la révolution chinoise, je ne sais plus). J'ai vraiment bien aimé, parce que j'aime ce style de livre qui couvre une période très intéressante - la fin de la guerre, l'après-guerre, les trente glorieuses... L'évolution de la société. Donc, comme je ne suis pas l'actualité des auteurs (leur vie), sauf quand l'un d'eux meurt, je n'étais au courant de rien. Je serais plutôt d'accord avec Proust - séparer l'homme de l'oeuvre - mais certains écrivains ne m'attirent pas spécialement. Houellebecq ne m'attire pas, par exemple. Ni Céline.

D'ici quelque temps, la mousse sera retombée.

Une de mes anciennes collègues me reprochait mon amour immodéré des écrivains du XIXème - du début du XXème. Et pourtant, elle ne connaissait pas mon goût pour Jane Austen. C'était me prêter beaucoup d'enthousiasme. Elle disait que je devais lire la biographie du commandant Mahsoud par sa veuve (ça date d'ailleurs du XXème siècle...)  Je me suis modernisée, mais c'est un fait qu'avec Dominique Fernandez (93 ans) et Frédéric Rey (qui est mort) et James Baldwin, j'atteins péniblement la seconde moitié du XXème siècle. Mais quel bonheur!  Et d'ailleurs, je lis des livres contemporains aussi (même des romans graphiques!)  - C'était une remarque débile. Pour mon boulot, je lisais des livres d'actualité... Notamment sur le danger de l'extrême-droite.

Avec cette boulimie de lecture, j'ai l'impression d'avoir renoué, comment expliquer ça? Avec l'enthousiasme de mes vingt ans. Je lisais, je lisais. Jusqu'au jour où, à l'université, j'ai pilé sec dans La prisonnière. Après quoi, je considère que j'ai vécu sur mes acquis. Certes, je suis un peu  sévère vis-à-vis de moi-même, car, bien entendu, j'ai fait plein de découvertes - en poésie, notamment, en littérature anglaise... Et dans des ilvres qui ne sont pas forcément de la littérature, mais qui sont des livres d'histoire de l'art, de l'architecure, d'histoire tout court... D'histoire des religions... Et même des romans étrangers. Il y en a eu beaucoup.  Mais j'avais définitivement du mal avec les livres qui "finissaient mal". Bref. je me comprends.

Parfois, je voudrais faire une pause sur facebook. Je réduis mon temps de présence, je suis certaines amies, et les discussions sur certains groupes. J'aime bien ceux sur le cinéma... Ou l'art.

(Quitter fcbk...) Surtout depuis l'intrusions de ce qu'on appelle les "réels", des mini-vidéos absolument débiles... (Genre des nanas en mini-jupe qui font semblant de danser, façon Tik-Tok...

Bref, je suis une vieille de 65 ans... :-)

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23 août 2022

Retour...

Dans une heure,  je pars à la gare du midi (voie 21...) pour aller à Braine l'Alleud. 

Ci-dessous,  la tour des Pensions... un 23 août,  il y a quelques années. 

Tour des pensions

Où mon fils viendra me chercher pour aller à Waterloo.

Le petit rentre à l'école le 29 août. 

Je suis rentrée criblée de piqûres de moustique... et j'ai été piquée par une guêpe (ça défrise...) mais tout ça va mieux. 

Je découvre les séries Netflix.  Bon. Je n'ai pas encore regardé The crown... mais hier,  j'ai terminé une saison (8 épisodes) de Merli sapere... aude (?) Merli est le nom du professeur de philosophie de lycée du personnage principal. Professeur qui est mort quand commence le feuilleton.

Une histoire d'étudiants en philosophie à Barcelone.  Et leur professeur d'éthique qui a une adorable fille... et des problèmes d'alcool.  On y cite les philosophes... mais,  bien sûr,  il est surtout question de problèmes existentiels propres à cet âge... comprendre la philosophie en fait partie.  Je regarde en v.o. sous titré... j'aime bien écouter l'espagnol.  Une langue difficile. Je devrais au moins traduire le titre... 

Je sais à quoi me fait penser ce cloître! À celui de l'académie des Beaux-arts, rue du Midi, naturellement ! 

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Comme professeur de philosophie,  j'ai eu la veuve de Max Loreau,  qui avait été professeur d'esthétique à l'ULB. Je m'entendais bien avec elle. Bien que j'avoue avoir un jour séché un de ses cours.  Je n'ai tout simplement pas eu le courage de retourner avenue Brugmann après avoir mangé un spaghetti dans la galerie Agora... 

Là-dessus,  je vais me préparer. 

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15 août 2022

Le voilà, le paradis...

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 Et on m'a souhaité une bonne fête...

Il faut dire que Marie Françoise... (mes parents ne m'ont pas ratée...)

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Le jardin et les roses trémières... 

Il fait meilleur ici qu'à Bruxelles! 

Le bas côté de la E411 brûlait encore. Vers LLN. C'est la première fois que je vois ça. 

Chez Pierson, je mourais de soif,  j'ai avalé deux cocas (zéro) et deux cafés...

Dans le jardin,  à 18 h 30-45, j'étais carrément en mode ondes alpha... 

Nous voilà installées dans notre ermitage... 

Après avoir déplacé tous les meubles :-)

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14 août 2022

Rien de spécial...

Rien de spécial à raconter, à part la vague de chaleur et la sécheresse... Et le fait de préparer mes affaires pour demain dans la chaleur.

Le bac du chat et tutti quanti, c'est fait,

la lessive qui est quasiment sèche, c'est fait,

des bricoles qu'il faut bien faire, c'est fait,

ma voisine qui vient pour le chat, c'est fait,

les deux sacs qui sont sortis, c'est fait (c'est bien, ça, de dire au fur et à mesure ce qui est fait),

le temps qui va changer demain, ce n'est pas encore fait,

la littérature "feel good", "youngs adults" et retomber en adolescence, c'est (presque) fait aussi (c'est le genre de truc qui est inépuisable...) Ah ! Toutes ces jeunes auteures nées dans les années 90, et qui écrivent, qui écrivent... il faudrait leur donner une récompense, elles sont plus efficaces que dix boîtes d'anti-dépresseurs! Même quand la traduction laisse parfois à désirer. 

J'ai regardé "Le métis de Dieu" sur Arte et j'ai bien aimé. C'est un téléfilm...  Evidemment.  Mais j'ai bien aimé tout de même. "Le grand rabbin sépharade et l'archevêque askénaze..." - je ne sais plus qui dit ça dans le téléfilm. 

il faudrait peut-être que je ferme mon ordinateur,

que je mange, (je n'ai pas envie de manger, mais j'ai quand même faim),

que je prenne ma douche et que je prépare mon sac - avec un chat dans le jeu de quilles, ce n'est pas toujours facile... Elle est à la recherche de distractions.

Mardi, on coupe l'eau, mais pour une fois, je ne serai pas là ! On peut couper tout ce qu'on veut, du moment qu'on  ne met pas le feu à l'immeuble.

Que je continue à regarder mes séries à deux sous... o;)  et je ne sais pas ce qu'il y a à la télé ce soir.

Je suis incapable de penser à quelque chose de sérieux dans l'état de déliquescence où je suis.

A bientôt !

rue de la Régence

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