Variations de regard

16 juillet 2018

Balle au pied. 7 mois de blog effacés.

J'ai effacé 7 mois de blog. C'est ma faute. je ne m'en consolerai jamais.

Mon chat est mort, je ne m'en console pas.

C'est les vacances, et il y a au moins 8 dimanche(s). Je n'aime pas les dimanche(s).

Il fait chaud, le vent souffle, il n'y a pas d'orage, il ne pleut pas.

Cela fait des mois qu'il ne pleut pas. La nature n'en pleut plus.

Elle n'en peut plus.

Balla a senestra.

Sept mois effacés.

Je ne m'en consolerai jamais.

Le monde ne m'appartient pas.

Il faut savoir perdre dans la vie.

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Balle au pied. 7 mois de blog effacés.

Quand mon frère poste un article facebook où il met un émoticône "très mal", j'ai chaque fois un coup au coeur. Je m'imagine qu'il a eu une mauvaise nouvelle concernant sa santé. Mais non. L'autre jour, il publiait un texte faisant allusion à une vidéo (venant d'une page facebook palestinienne ou pro-palestinienne) montrant des camions pompe (ou l'inverse) bombardant des villages de la bande de Gaza d'eaux usées et autres. Certains mettaient l'origine de la vidéo en doute (pas de référence), parlaient de média "mainstream" (tout un langage déjà!) qui ne montreraient rien, malgré tout, la prudence était de mise.

Fidèle à ma décision de ne pas intervenir dans ce qui est politique, je n'ai rien dit, mais je suis allée à la recherche d'éventuels articles sur gougele. Rien. Ne parlons pas du web "sombre", je ne sais même pas où il crèche, celui-là.

Un article d'un site d'infos alternatives, détaillant la guerre de l'eau en Israël, et une histoire assez embrouillée d'usines de recyclage des eaux usées que l'on ne construit pas pour x raisons. La discussion continuant, j'ai donc indiqué le lien.

S'en est suivi une réponse (à moi adressée alors que je n'avais même pas dit "c'est faux" ou c'est peut-être faux") d'une ancienne amie facebook, qui m'a déjà cherché des poux ailleurs (à propos du Lycée français de Bruxelles, j'avais eu le malheur de dire que les enfants du prince Laurent y allaient (et je pensais au fait que mon père y était  allé aussi, avant l'exode de mai 1940)... Comme quoi c'était scandaleux, qu'il y avait une guerre de l'approvisionnement en eau du côté palestinien, qu'on arrêtait les robinets, que "les gentils militaires" israéliens jetaient de la m.e.r.d.e  à la tête des gens, bref, que cela la faisait VOMIR, (tout cela adressé à moi), et qu'on ne pouvait lui dire qu'elle était antisémite vu que son compagnon, qui venait de mourir, était "juif".  Je suis désolée pour son compagnon (je n'ai pas eu le temps de le lui dire).

J'ai immédiatement effacé l'article que j'avais signalé et j'ai bloqué la personne. Un jour que je lui écrivais un petit mot gentil, en privé, comment allait-elle, etc. (je savais que son mari était très malade), elle m'avait répondu par ces mots: "la concierge est dans l'escalier".

Je n'ai pas compris.

Si, je comprends, sur facebook, il n'y a pas de demi-mesure(s). Si on veut être "accepté" par les "gens de gauche", il faut être pro-palestinien. Et oser dire qu'on n'est pas anti-sémite MAIS que la politique d'Israël vous "fait vomir". Je ne sais pas écrire ce genre de choses.

Quant aux groupes xénophobes ils sont pour Israël, contre tout ce qui est arabo-musulman. Si tu n'es ni pour l'un ni pour l'autre, mais que tu veux la paix, ce n'est pas assez.

Finalement, mon frère a retiré les articles litigieux mais continué de poster sur le sujet (Il y a même des Kiss Kiss bank bank organisés, et pourtant, les Affaires Etrangères financent des jardins d'enfants, côté palestinien...)

***

En-dehors de ça, j'aimerais bien poursuivre, avec mon frère, les recherches sur notre grand-père paternel. Celui qui fut résistant armé. Cela me semble tellement plus positif et intéressant !

***

Il fait chaud, je n'en puis plus, d'autant que la nuit, on nous a recommandé de fermer nos fenêtres, il y a eu un cambriolage par l'échafaudage dans l'immeuble. Je dors donc avec une canne sur mon lit, j'ai entrouvert ma fenêtre cette nuit parce que j'étouffais, en laissant le rideau ouvert pour voir d'éventuelles silhouettes. Je me suis réveillée tôt ce matin, avec une sensation de désastre...

En effet, hier soir, tard, j'avais effacé sept mois d'articles sur mon blog. Je m'étais laissé aller quant à la vitoire des Bleus... Et sept mois d'articles effacés, ce n'est pas encore trop grave. J'aurais pu faire pire.

D'habitude, le foot m'est équilatéral. En 1986, alors que j'avais un petit garçon d'une semaine, je m'en préoccupais encore moins! Dieux que j'étais heureuse... Du moins, le pensais-je !

Finalement, quand je regardais l'accueil des Diables rouges à la Grand-Place, tous ces chants qui ne riment à rien, ces couleurs qui ne sont même pas  là pour la Belgique, bel et bien éclatée, appauvrie, déchirée, j'éprouvais un sentiment d'irréalité, et j'ai fini par éteindre la télé.

Je suis contente que c'est fini.

***

Je devrais tenir un blog pour moi. Je devrais pouvoir raconter le présent, ce qui est bien, mais aussi parfois, ce qui ne va pas forcément. Cela me ferait du bien. Ou pas? Mais comment se laisser parfois aller? Sans risquer de froisser des sensibilités? Alors, pourquoi écrire? Je sais que j'ai des amis lecteurs fidèles, et cela m'encourage grandement à garder mon blog ouvert...  Peut-être même que je ne le tiens ouvert que pour eux.

Ceux qui me lisent et je le sais, et peut-être d'autres, dont je suis moins sûre, parce que je ne détecte pas forcément leurs I.P.

***

Hurtebise

Hurtebise

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17 décembre 2017

Escale à Bruges (1)

Petit voyage à Gand (au SMAK, pour Gerhard Richter), et Bruges hier, avec l'Ecole des Arts, au musée de L'hôpital Saint-Jean, pour une exposition sur un artiste sud-africain, => William Kentridge (né en 1955), qui utilise tous les media,  jusqu'à composer des animations de ses personnages peints ou dessinés en noir, brun ou en couleurs plutôt jaune-ivoire pâle sur des fonds mouvants (en fondu-enchaîné)...

On peut la visiter jusqu'au 25 février 2018.

Peut-être aurions nous dû la voir en premier lieu. Bruges, Memling et Kentridge, cela faisait beaucoup. Et nous n'avions plus que deux heures devant nous.  Un tout petit bémol, quoique les deux étages d'exposition aient été bien séparés par une petite cage d'escalier en accordéon, les bandes-son qui se recouvraient les unes les autres. Ci-joint un exemple sur youtube (Kentridge) qui donne une idée du fond sonore des oeuves de Kentridge.

"(...) Juif, blanc, fils d’un avocat de Johannesbourg spécialisé dans la défense des victimes de l’apartheid, né dans cette ville en 1955, Kentridge est un personnage atypique. Il a suivi des cours de sciences politiques et de théâtre, avant d’opter pour le dessin. Ses premières œuvres étaient marquées par son combat contre l’apartheid. Une préoccupation politique qu’il n’a jamais abandonnée (...)"

Guy DUPLAT, pour La Libre Belgique.

loper_uitsnit

(c) Article William Kentridge, Smoke, Ashes and fable. Visit Brugge.

la procession de Kentridge photo (c) La Libre

La procession - extrait de l'article de Guy Duplat, (c) LA LIBRE BELGIQUE.

Ce qui forme contraste évidemment avec les Memling de toute beauté et que j'aime tant.

On débarque à Bruges, et on est tout de suite dans l'atmosphère d'un tableau de Valerius de Saedeleer, peintre de l'Ecole de Laethem Saint-Martin, petit village près de Gand. Il y a un je ne sais quoi dans l'atmosphère de ces peintures (de de Saedeleer) et dans ces petites villes flamandes dont je raffole. Même si Bruges est envahi par les touristes, les magasins de chocolat et le clop-clop-clop des fiacres et des chevaux.

En arrivant à Bruges - la chapelle

A Bruges

Le béguinage (entrée)

l'hôpital St Jean

Le canal

Le canal le long de l'hôpital Saint-Jean

Un moment de grâce et de beauté - après le passage d'une barque à moteur.

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15 décembre 2017

L'avenue Louise

"Haute fenêtre d'or où ma ville s'appuie"

Odilon-Jean Périer. 1924.

Bruxelles, avenue Louise, dans l'Entre-Deux-Guerres.

Je ne sais de quand datent certaines photos. Il est même difficile de trouver l'endroit où l'une d'elles (n° 2) a été prise. Peut-être au carrefour avenue Louise, rue du Bailli (à gauche?) et rue Lesbroussart, (à droite).

Il y a trois carrefours avenue Louise - mis à part la place Stéphanie, où circulaient des trams, à ma connaissance, perpendiculairement à l'avenue Louise, le carrefour Bailli/Lesbroussart, le carrefour Vleurgat (et encore, c'est à vérifier), et le carrefour de l'avenue Legrand.

On pourrait être face à la place Stéphanie, donc, les voitures vont vers le Bois de la Cambre, dans l'allée centrale. Les trams roulent sur le côté gauche, quand on vient du bois... Ils roulent encore à cet endroit-là, avec les arrêts Defacqz, Bailli, Vleurgat, Abbaye, et quelques arrêts qu'on qualifiait de "facultatif", il fallait faire signe pour que le conducteur s'arrête.

Il m'est parfois arrivé de faire signe en levant la main au Quartier Léopold en sortant de la gare, et si je ne m'avançais pas assez, le bus filait à toute vitesse... Il me fallait changer de trottoir pour avoir un autre bus.

En somme, c'est à peu près l'époque du poète Odilon-Jean Périer (décédé en 1927).

Pour la petite histoire, l'avenue Louise que l'on appelle traditionnellement "le goulet" est dédiée à la reine Louise-Marie (l'épouse de Léopold Ier) et l'avenue Louise - jusqu'au Bois de la Cambre, 33 m de dénivellation en montant, est dédiée à la princesse Louise, la fille aînée de Léopold II qui a épousé un Saxe-Cobourg-Gotha viennois de piètre réputation. (Ou c'est l'inverse, l'essentiel étant que ce sont deux Louise différentes).

avenue Louise plan De Joncker Carez 1859

(note, la rue où j'ai habité n'existe pas encore.

Actuellement, elle est parallèle au Rond-Point et relie la chaussée de Vleurgat à la rue de l'Abbaye).

carrefour Bailli / Louise / Lesbroussart

Carrefour probable Bailli / Louise en venant de Stéphanie vers le Bois.

cheevleurgatlouise

Mon ancien quartier, la chaussée de Vleurgat qui montait vers la Bascule.

avenue Louise1

=> Les idées des architectes.

avenueLouisegoulot

Le "goulet" Louise, vers l'avenue Louise - dans les années 1980.

(Ce doit être une photo d'un collectionneur de photographies de tramways).

Aujourd'hui, le 94 va de la place Louise au musée du tram, à Woluwé et vice versa.

Un énorme trajet.

avenueLouise

Le cinéma Vendôme à gauche, existait encore.

La fille de l'exploitant de l'époque l'a fait fusionner avec le cinéma Le Roy, chaussée de Wavre, à Ixelles.

Aujourd'hui, le carrefour de la rue de l'Abbaye => "capture d'écran".

abbaye

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Des brèves

Je n'ai pas grand-chose à raconter...

Il a beaucoup plu (et il y a eu un peu de neige à Bruxelles, mais qui a vite fondu), j'étais assise dans mon divan en pensant à mes murs. Cela s'est terminé par un début d'inondation, mercredi soir, dans une des chambres. J'étais désespérée, j'ai dû étancher l'eau, mettre des bols, vider et nettoyer les boîtes anti-humidité partout, et sortir un ventilateur pour sécher la pièce de temps en temps. J'ai écouté la pluie tomber, tomber, tomber sans arrêt, battre mes fenêtres... J'ai tâté mes murs, et j'ai prié, prié-é, non pas pour qu'Aline revienne, mais pour qu'il cesse de pleuvoir...

(On ne sait jamais),

vue de la chambre

vue de la chambre 2

On attend de nouveau de la neige pour demain.

humidité 1

humidité 2

avant :

Avant...

Demain, excursion avec l'Ecole des Arts, à Gand, au SMAK, le musée d'art moderne, puis à Bruges, un peu plus loin, là, je ne parviens pas à retenir le nom de l'artiste, mais je dois dire que pour Bruges, je suis tentée de faire l'Ecole buissonnière pour prendre quelques photos d'hiver de Bruges dite "la Morte", par Rodenbach. Il faut que je prépare mon sac ce soir, que je prépare mes sandwiches (bien qu'à Gand, la Rose et moi avons repéré un petit supermarché bio où l'on peut prendre de la soupe avec nos sandwiches).

***

Sinon, j'ai lu deux livres de Jeanne Galzy, que je dois relire, "Jeunes filles en serre chaude", qui se passe dans l'ancienne école de Sèvres, à Versailles, en section littéraire, l'histoire de l'héroïne, Isabelle, de ses amies, dont une Suzanne, de leurs amis Franck, Marien, d'une propriété qui fait penser au Grand Meaulnes et d'une louche répétitrice d'anglais... Trop parfaite pour être honnête...

Et "Les Allongés" qui lui a valu le prix Fémina de 1923, sur sa convalescence qu'elle a passée à Berck, dans le Nord, dans une Villa. Où venaient se soigner les malades atteints du mal de Pott (la tuberculose des os). Je déconseille de lire formellement ce livre le soir avant de dormir ou le matin avant de se lever, en décembre, c'est carrément démoralisant. Bien que Jeanne Galzy, qui fut atteinte du mal de Pott, a guéri et est morte très âgée. Mais tout le monde n'a pas eu sa chance (dont ma grand-mère, qui est morte deux ans après la Seconde guerre mondiale et n'est évidemment pas allée en sanatorium).

Néamoins, un grand écrivain méconnu, auteure de biographies (Catherine de Médicis, sainte Thérèse d'Avila, Agrippa d'Aubigné, Marguerite de Navarre), d'origine protestante, de Montpellier, et dont on fête cette année le cinquantenaire. De son décès. C'est pourquoi Gallimard a réédité plusieurs de ses livres. Elle a écrit un grand nombre de romans, de la poésie, des pièces de théâtre (dont des pièces radiophoniques), et j'ai déjà parlé de la tétralogie à laquelle elle s'était attaquée, à la fin de sa vie, "La surprise de vivre".

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11 décembre 2017

Témoignages. Le conte du lundi.

C'est chez Lakévio. Le conte du lundi, d'après un tableau publié le vendredi. Cette fois-ci, il faut raconter la scène (ou une scène) du point de vue des trois personnages.

Comme dirait mon fils, à prime abord, cette scène me paraît un peu "chelou" ... Mais allons-y gaiement !

joseph lorusso

Angelica de Wąż-Kostrowicky soliloque :

On est quand même mieux sur une banquette, dans ce café de gare, pour attendre le train. Et puis, nous avons du temps devant nous. C'est pour ça que j'ai commandé une bouteille de vin au centimètre. Feu mon ami (Ah! Le père de Guillaume! Quel amant mon dieu! Quel amant!) disait parfois que j'étais alcoolique. Mais non. Je ne suis pas alcoolique, je n'ai jamais roulé par terre. Ce n'est pas comme ma pseudo "belle-fille" là, elle va finir par perdre l'équilibre et tomber - si Guillaume ne la tenait si solidement. Non. Je ne roule pas par terre, jamais, qu'on ne vienne pas me dire ça.

Je bois un petit verre de temps en temps. Ca me réchauffe. Bon, cette fois-ci, ce n'est pas du très bon vin. Jadis j'en buvais du meilleur, dans les propriétés le long de la Moselle. Celui-ci, s'il tombait sur un tapis, il ferait des trous ou des taches violettes. Mwoui, s'il fait des taches comme ça dans mon estomac, je ne donne pas cher de ma peau. C'est vrai ma fille, tu as charge d'âmes. Et puis non, ils ont quand même l'âge de se débrouiller sans moi. Je peux bien m'octroyer un petit centimètre encore de cette piquette qui n'est pas d'appellation contrôlée.

Et puis, ce train, quand est-ce qu'il va arriver ? On a bien de la chance que la patronne de la buvette ait accepté qu'on passe la fin de la nuit ici. Comme cela, nous pourrons prendre le premier train qui passera. N'importe lequel, jusqu'à la prochaine ville.

Ah! Mon Guillaume, si seulement tu pouvais nous lire ou nous dire quelques vers... Oui, oui, tu ne veux pas me le dire, mais moi, je sais bien que tu es doué pour écrire, mon petit...

Bon. Je n'ai  vraiment pas envie que le tenancier de l'hôtel d'où nous sommes partis en catimini, en laissant notre ardoise à tous trois, et quelques bagages dans la chambre, avec un mot sur la porte "ne pas déranger", évente trop vite notre fuite et arrive ici pour nous faire arrêter et nous fourrer en prison...

On serait vraiment mal barré.

***

Guillaume de Kostrowitzky (simplifions)

Ma mère nous a encore fourrés dans une situation impossible. Et je n'ai pas vraiment l'âge de subvenir à  nos besoins. Je suis sûre qu'elle va disparaître dans un casino quelconque, en pensant que le jeu va lui permettre de se "refaire". Ou alors, dans le casino, elle ne boira que de l'eau, mettra sa robe la plus élégante et draguera. Elle trouvera bien un colonel quelconque ou un riche bourgeois pour l'entretenir quelque temps et nous pourrons souffler. En attendant, moi, je suis là, entre ma mère et mon amie, endormie, et ce n'est pas vraiment la situation rêvée. Elle boit son vin, elle, mais moi j'ai froid. Le vin, là, ne m'intéresse pas trop. Je ne vois pas ce qu'on pourrait faire dans ce trou wallon d'où nous sommes partis - même si c'est joli ces montagnes, il faudra un jour que je creuse de ce côté-là. Pas ici, c'est trop petit, mais le long du Rhin. C'est beau le Rhin. Le Rhin est ivre où les vignes se mirent... Joli ça!

Il doit bien y avoir moyen d'y travailler. Je ferai n'importe quoi pour ça !

Mais pour le moment, il faut qu'on retourne à Paris. C'est à Paris que cela se passe. C'est là que notre destin s'accomplira. Et même si on vit petitement, ma mère est belle, elle s'en sortira, et moi, j'ai une plume, j'écrirai des vers enflammés à la gloire des femmes, elles adorent ça, elles seront flattées, elles m'aimeront.

Même mal. Je suis le mal aimé ! Je s'rai le mal aimé. Ah! C'est pas mal ça comme rythme. Poème ou chanson, cela fera un tabac. On en parlera encore dans deux cents ans... Je s'rai le mal aimé. En livre. Mais pas dans la réalité.

Mais Paris, Paris ! Ah! On n'est pas encore rendu...

***

Sara rêve

Des verres qui s'entrechoquent, pas l'habitude. On dirait qu'il y a un narcotique dans ce vin. Les collines succèdent aux collines, les locomotives furieuses qui hurlent dans la nuit. Guillaume, Guillaume, ne va-t-il pas en profiter pour me laisser ici? Je me suis laissée faire. J'ai cru ses belles paroles, ses promesses d'épousailles. N'ai-je pas fait une sottise? N'aurais-je pas mieux fait d'épouser le fils du fermier voisin? Je ne suis qu'une petite servante d'auberge. Je ne suis qu'une petite Ardennaise. Même bleue. Les Ardennes bleues. L'iris des yeux de Guillaume est bleu comme les Ardennes. Son bras est fort puissant et me retient au bord du gouffre.

Il ne faut pas se donner trop vite à un homme. Maman me l'a toujours dit.

Et elle. Elle sa mère? Elle me regarde avec Hauteur. Elle se dit que je ne tiens pas la route. C'est que je n'ai pas l'habitude du vin moi. C'est rouge, c'est âcre, c'est mauvais. Ca fait tourner ma tête. Je préfère une bière fraîche, en été, à table, avec des amis, devant l'auberge. Au bord du chemin. Stavelot est une bien jolie ville. Peut-être devrais-je y rester.

Peut-être ne devrais-je pas prendre le train avec eux?

Où est-ce que cela me mènera ?

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09 décembre 2017

Belgique, l'Armée Secrète

Il y a un bon article sur l'histoire de l'Armée secrète, en Belgique, sur Wikipédia, mais maintenant, je serais curieuse de lire un livre sur cette histoire.

Comment elle a été fondée, et qui la commandait...

  • Il y eut d'abord la Légion belge, en 1940, commandée par Charlie Claser, (1901-1944), très vite infiltrée par un terrible collaborateur, Prosper Dezitter, finalement membre de l'Abwehr, (l'Abwehr était le service de renseignements de l'armée allemande) à la tête d'un groupe de collabos - mais pour moi, là, on est au-delà de la collaboration. Charlie Claser a été arrêté, questionné, torturé, emprisonné puis déporté et est mort en déportation.
  • D'autre part, il y a eu l'Armée Belge Reconstituée (ABR), sous le commandement de Robert Lentz, un Gantois, né en 1885 et mort - la santé minée par la déportation, en 1949. Mais libre.
  • Les deux armées ont fusionné et sont devenues d'abord La Légion Belge, encore, puis l'Armée de Belgique et finalement l'Armée secrète, désormais connue sous ce nom-là. Sous le commandement de Jules BASTIN, également arrêté et déporté, (1891-1944) à Gross Rosen, camp satellite de Schasenhausen.

Le quatrième commandant, Jules PIRE, sera le "bon".

On trouve des liens vers les biographies de Charlie Claser, Robert Lentz et Jules Bastin sur wikipédia.

Mais après l'invasion de l'URSS, l'opération Barbarossa, les communistes sont aussi entrés en résistance, le parti ayant été dissous, les archives brûlées par les militants en déroute (Madeleine Jacquemotte, la préfète fondatrice de mon ancien lycée, raconte tout cela dans ses mémoires).

Finalement, nous avons connu, un peu, le pendant de la Résistance française, les différents mouvements FFI d'un côté, rattachés au gaullisme et à Londres, (avec la figure de Jean Moulin), et les FTP de l'autre. Chez nous, les anciens militants du parti communiste, et une formation qui semble émaner plutôt de l'armée - ou de restes de l'armée.

=> Prosper Dezitter est un personnage louche, du début jusqu'à la fin, est finalement arrêté (en Allemagne), jugé et exécuté un matin de septembre 1948, par un peloton de gendarmes.

Ecusson de l'Armée secrète de Belgique

Bien sûr, l'article Wikipédia recense plutôt les faits d'armes. Or, la résistance était constituée d'une infinité de rouages, des plus modestes au plus importants, dont certains communiquaient entre eux, mais les petits messagers risquaient aussi gros - être pris, lors d'un arrêt forcé d'un tram par exemple, et d'une fouille, avec des documents sur soi.

Au total, 5000 personnes environ y ont laissé leur vie, des hommes et des femmes.

***

Tel ne fut pas le sort de mon grand-père, membre de l'Armée secrète. Il est étrange que jusqu'à présent, je ne me sois documentée sur la Résistance en Belgique qu'à travers les mémoires de Madeleine Jacquemotte, mais aussi, en fonction des circonstances, sur l'aide apportée aux Juifs et sur les enfants cachés.

J'ai dû lire attentivement cet article pour me faire une idée de ce dans quoi mon grand-père avait oeuvré, et il m'est difficile, je le reconnais, de faire le lien entre cet homme-là, totalement secret, et le "vieux" monsieur un peu sévère que j'ai connu, jusqu'à l'âge de dix ans. Comment il est entré dans l'Armée secrète ? Mystère - mon père l'ignorait ou ne nous l'a pas dit, et il n'y a plus que ces documents, à présent, pour témoigner de l'ossature de ce passé.

Pourtant, c'était un homme empreint de contradictions... Dans sa jeunesse, mon père a été en conflit presque permanent avec ce père parfois instable, noceur, hâbleur, marié - sans doute - à une femme trop faible et influençable. Dont je sais aussi assez peu, si ce n'est qu'elle a été costumière, chez Costhéa, (elle travaillait à la maison), qu'elle était excellente cuisinière, et qu'elle jouait du violon, violon qui a été vendu.

Mais elle, elle aimait son fils. Et elle en était fière. Ceci, pour ses qualités.

Je n'ai connu des bribes de leur histoire qu'après la mort de ma mère, quand mon père s'est mis à raconter volontiers ses souvenirs de jeunesse. Je n'ai donc jamais pu dire que j'avais eu un grand-père résistant. Mais je  ne sais pas si j'en aurais parlé... Peut-être à ma professseure d'histoire ?

Cela me fait un drôle d'effet, je ne peux pas expliquer.

Il a fallu que j'aie dépassé l'âge de soixante ans pour voir ces documents...

Carte de membre de l'Armée secrète (Fraternelle)

Carte d'identité de résistant de mon grand-père

J'ai pensé effacer le nom de mon grand-père (par souci d'anonymat),

puis, finalement, je ne l'ai pas fait.

Carbonnades flamandes

L'autre jour, j'ai proposé à la Rose de partager un plat préparé de carbonnades flamandes. Avec un peu de potage avant et un dessert. Surtout un dessert.

Et... Surprise ! Dans le plat de carbonnades, il y avait deux petits tas de purée, ça ça va, bien qu'elle ne soit pas terrible, beaucoup de sauce, et, après ouverture, UN morceau de viande qui s'ennuyait tout seul dans BEAUCOUP de sauce.

Elle m'a laissé l'unique morceau de viande (je l'aurais bien coupé en deux, comme le manteau de Saint-Martin), mais bon, on s'est débrouillé comme ça. Pourtant, je ne cours pas après les carbonnades flamandes. Mais j'ai quand même décidé d'en faire MOI-MEME, et hier, j'en ai acheté au Delhaize (sans vouloir faire de la pub pour eux mais tant pis). Un bon paquet de 800 grammes. Je me suis dit que je surgèlerais pour un, voire deux repas suivants. Mais je ne vais quand même pas pousser le vice jusqu'à mettre DEUX morceaux par petit pot.

Je n'ai pas acheté de pruneaux, ce n'est pas trop mon truc, mais plutôt des champignons. J'avais de la bière à la maison, (elle est quand même un peu amère, et pourtant, c'est de la blonde couleur miel), j'ai pris un sachet d'épices, j'ai oublié de prendre des raisins secs (je remplace parfois les pruneaux par des raisins secs).

Voilà, je viens de cuire et de goûter le résultat, ce n'est pas mal, la viande est un peu dure (je ne sais pas comment ça se fait), et j'ai dû rajouter beaucoup d'eau, pour atténuer le goût un peu trop salé et amer en même temps. J'ai d'abord mis deux tranches de pain d'épices tartiné de moutarde, mais à mon avis, je n'aurais dû mettre qu'un demi sachet d'épices et pas forcément de moutarde. Ceci dit, j'ai rajouté plusieurs tranches du pain d'épices par la suite.

Et puis voilà, tout est au congélateur et j'ai nettoyé la cuisine... J'ai bien gagné ma journée, et une ènième soirée avec un oeil sur "Maman j'ai raté l'avion", un oeil sur l'ordinateur et un oeil sur les funérailles de Johnny Halliday à la télé, rien que pour voir les people.

la-vraie-carbonade-flamande

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06 décembre 2017

Exit

Exit Jean d'Ormesson, dont j'ai lu "Une autre histoire de la lilttérature française" avec beaucoup de plaisir et, parfois, de l'amusement...

J'étais étudiante, et donc, à la maison, à l'époque où mes parents suivaient religieusement "Apostrophes", une émission qui a beaucoup influencé mon père. En l'orientant vers des lectures qui l'intéressaient. Principalement dans le domaine de l'histoire. Calmement, assis dans son fauteuil, dans la lumière de l'abat-jour, il lisait, par exemple, les Hommes de la Révolution (je ne sais plus le nom de l'auteur - il n'est pas allé jusqu'à la fin de son projet), de la première à la dernière ligne.

Un soir, nous étions tous les trois devant la télévision, il y avait un Apostrophes spécial, avec Jean d'Ormesson, qui venait d'écrire "Dieu, sa vie, son oeuvre", et Marguerite Yourcenar qui avait publié un essai sur Mishima, intitulé "Mishima ou la vision du vide". Marguerite Yourcenar allait entrer à l'Académie française.

Du coup, on la découvrait ou on la redécouvrait, soyons modeste, à l'époque, je ne l'avais pas beaucoup lue et je ne la connaissais pas bien. Je savais bien qu'elle avait écrit deux romans célèbres "Les mémoires d'Hadrien" et "L'Oeuvre au noir" - qu'on nous avait déjà conseillé de lire en seconde année (6, 5, 4, 3, 2, 1) d'humanités, au fait, j'avais lu hors programme, puisque j'avais "Alexis ou le traité du vain combat" suivi de "Le Coup de grâce". Cette année-là, mes parents m'ont offert l'anthologie de la poésie grecque de M. Yourcenar, où elle commet quelques licences de traduction.

Il n'empêche qu'elle a commencé à me fasciner à ce moment-là.

Je garde un souvenir imprécis de cette émission que j'ai tant aimée, bien que je pourrais la réécouter par bribes sur youtube ou dans son intégralité sur le site de l'INA, mais Bernard Pivot était au meilleur de sa forme, face à deux interlocuteurs possédant une érudition hors du commun, la langue française et l'art de la conversation à la française au plus haut degré. Je dirais presque deux "Talons rouges" de la littérature française.

J'avais aussi chez moi "L'homme et le sacré" de Roger Caillois, au fauteuil duquel Marguerite Yourcenar succédait.

Aux midis de la poésie, où nous allions chaque mardi, il y avait eu une présentation de Marguerite Yourcenar et une lecture exceptionnelle d'un long poème en prose, lu par Suzanne Philippe, décédée elle aussi peu après, "Clytemnestre ou le crime", extrait de "Feux", ce magnifique recueil (écrit par Yourcenar à l'issue de sa relation décevante avec André Fraigneau).

***

Petite cause, grands effets, à l'Ecole Normale, un de mes professeurs, poète, féru de poésie et de littérature française, m'avait proposé un stage dans l'école d'une de ses connaissances, épouse d'un poète belge de l'époque, et, tout en préparant ce stage, nous avons commencé à parler de littérature, de cette élection de Marguerite Yourcenar à l'Académie française, et du coup, pendant les interruptions de cours, nous n'avons plus cessé de parler.

Puis pendant les trajets en tram, parfois en mangeant un spaghetti, puis, par petites cartes, puis lors de soirées à la Maison des Ecrivains, et puis, lorsqu'il a eu la maladie d'Alzheimer, et que son épouse m'a demandé de les aider (elle-même était très malade et m'avait donc demandé d'accompagner son mari dans ses promenades), il est devenu difficile de parler, sauf qu'il tenait toujours  deux de ses livres préférés à proximité, les poésies de Paul-Jean Toulet et "En lisant, en écrivant", de Julien Gracq, dont il avait tiré un sujet de dissertation en fin d'année.

Sur la Recherche du Temps perdu.

On en revient toujours là. Au fur et à mesure que ceux que nous avons aimés ou admirés disparaissent, il est tentant de se poser - par moments - dans les moments importants de ce passé où nous avons été le plus heureux.

Avec eux.

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04 décembre 2017

Le conte du lundi

Cette fois, Lakévio nous propose le portrait d'une Dame, la marquise de Castellflorite, d'Antoni CABA, peintre espagnol de l'Ecole "réaliste".  Qui fut également peintre de la Cour d'Espagne.

Et nous devons broder autour de cette célèbre phrase "La marquise sortit à cinq heures".

1880 luisa dulce marquise de caastellflorite anonni caba

C'était une oeuvre dont le peintre pouvait, à juste titre, se montrer satisfait.

Il était allé plus loin que le simple portrait officiel d'une dame qui portait, peut-être, une de ses plus belles robes. Il avait peint "son âme", son caractère, un trait de sa personnalité. Et réussi une belle harmonie de bleus et de couleurs fauve et taupe.

Il se rappelait quand cette grande dame l'avait accueilli dans son salon madrilène, sombre et refermé sur lui-même, pour protéger ses occupants de la chaleur de la grande journée. Un grand air de paix accueillante donnait bien du charme à ce visage, peut-être pas le plus beau qu'il eût vu, il avait aussitôt noté le nez un peu long, les yeux, comme étrangement rapprochés, le maintien modeste, l'allure un peu penchée, car la jeune femme était très grande.

Dans un coin de la pièce, trois filles s'occupaient, que venait voir régulièrement une Nounou essouflée et grondante. L'aînée pouvait avoir douze ans peut-être, puis une petite fille singulière s'était interrompue dans ses occupations de découpage, et les avait dévisagés. Avec un regard sombre et fixe, à la fois semblable et différent de celui de sa mère. Et puis, une toute petite, encore empêtrée dans ses robes. La bonne les avait emmenées vers un autre étage de la demeure. Il avait entendu leurs pas décroître, puis le silence se faire.

La jeune femme au maintien digne. Son mari lui avait commandé son portrait, c'était un homme important, un haut dignitaire de l'armée. A part des tractations entre le mari et l'artiste, la jeune femme semblait absente, comme écartée de toute conversation. L'homme important était très vite parti, et désormais, le peintre, à heures régulières, venait travailler à la préparation de son tableau. La jeune femme pressait souvent ses mains sur son ventre, il se demandait si... Peut-être?

Lors des séances de pose nécessaires aux esquisses à l'aquarelle, les enfants désertaient le salon, cependant, il osait à peine lui adresser la parole. Et puis, un jour, il était venu près d'elle. Parce qu'à force de serrer ses mains l'une contre l'autre, les jointures de ses doigts blanchis semblaient devoir craquer. Il avait pris ses mains, les avait tenues paumes ouvertes vers l'espace, le temps de les sentir s'appesantir dans les siennes, puis les avait reposées l'une contre l'autre. Alors elle avait eu cette expression aimable, souriante et pensive, celle qu'elle devait réserver à tous ceux qu'elle aimait accueillir dans sa maison.

Après les esquisses, faites sur place, il entama la peinture du tableau définitif dans son atelier. Pendant cette période, il ne vit plus que rarement la jeune femme, lors de soirées où il était invité. Il savait devoir ces invitations qui se voulaient flatteuses à sa condition d'artiste de cour. Puis, il apprit qu'elle souffrait de malaises. Elle attendait un quatrième enfant. Les esquisses avaient été payées, l'artiste avait déjà eu tout ce qu'il lui fallait. Le temps passa. Parfois, il regardait l'oeuvre, enfin terminée, mais dont on retardait la livraison. Cette femme finissait par le hanter. Il attendait donc la délivrance, et puis qu'elle revînt parmi eux tous - alors, il pourrait lui apporter son tableau et baiser ces mains, qu'il avait tenues si longuement entre les siennes.

Un jour, dans la colonne de faire-parts du journal, il lut que la senora Lluisa Dulce i Tressera était malheureusement morte des suites de son accouchement, mais que le bébé, une quatrième petite fille, était bien vivante.

La marquise était partie à cinq heures. Définitivement.

Il avait livré le tableau en maudissant le sort. Résigné aussi, il en était encore trop souvent ainsi. L'heure du choix sonnait. Poursuivrait-il sa carrière de peintre ou entrerait-il, comme l'idée s'en faisait parfois sentir, dans un de ces couvents carmélitains, où l'ascèse, la nudité, et la blancheur de l'Espagne très catholique, lui feraient peut-être oublier les heures trop bleues du salon madrilène meublé d'ébène et de soie?

Le militaire était veuf, désormais, le portrait de sa femme bien en vue dans son salon, où, le temps du deuil révolu, défilaient chaque semaine les plus jolies jeunes filles de la haute société.

Parfois, la petite, dix ans, ses mains nouées sur son ventre, comme sa mère, plantée devant le portrait, se prenait à haïr son père, à souhaiter sa mort. Tout devenait prétexte à fabriquer des amulettes, plumes, pattes de poulet dédaignées par la cuisinière, tandis que retentissaient les notes aigrelettes des chansons des rues, qui franchissaient parfois les hauts murs de la propriété, le jardin, dédaigné, et la maison aux volets fermés sur ses secrets.

Musique : ici.

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