Variations de regard

26 mars 2017

Un extrait de poème

Que m'envoie une connaissance, comment dire? Il fut l'ancien élève (comme moi) et l'ami (comme moi, mais de plus longue date, vu qu'il l'a rencontré dans les années 60) de Louis Daubier, poète.

Je dis "élève", mais nous étions plutôt des étudiants.

Il m'envoie trois publications, dont le premier numéro d'une revue.

Et je lis ceci (je ne recopie que la première et la dernière strophe).

***

" Je retourne sans toi dans ton pays de Flandre

tu as laissé là-bas tant de parfum léger

tant de beauté farouche arrimée dans l'oubli

et tant d'inoubliable enchâssé dans la lande

(...)

Ne reviens plus ainsi  C'est trop de mal me faire

et pourtant  oui  Reviens mais sans cette semblance

de trouble vérité comme de tenir là

droite et sur moi penchée  ton allusive absence "

***

Pierre GUERANDE

TRANSPARENCE - Revue de poésie et des idées

***

C'est vrai qu'il incarnait pour moi la Flandre. Son côté vert et verdoyant. Gand, Laethem Saint Martin, la Lys, surtout... L'Escaut, les ruelles gantoises, le Rabot, le Paterzol... Bloch, le salon de thé au parfum inimitable de chaleur, de gâteaux et de café. Ses tableaux. L'Agneau Mystique.

Et la taverne du Casino à Knokke... Comment s'appelait-elle encore? Le Wym's. J'étais à la terrasse, pendant les vacances de Pâques, avec une amie. Nous allions au vernissage de l'expo d'un collègue de l'Académie, un professeur de la rue du Midi.

Je buvais quelque chose comme un kir, sans doute. Je suis entrée dans le bar et en face de moi, il y avait un de ses tableaux, un groupe d'êtres ni hommes ni femmes ni anges, habillés de blanc, sur fond noir, avec une lune de lumière... 

 

Posté par quartzrose à 17:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Brève(s)

J'ai été vraiment trop fatiguée, ces temps derniers, pour ouvrir mon ordinateur et écrire. Ce n'est pas l'envie qui me manquait... Mais le temps. Je dormais, je lisais, je regardais la fin de "Julie Lescaut" et maints épisodes de "Section de recherches" (à Bordeaux, avec vue imprenable sur la forêt landaise et la dune du Pyla), et j'attendais je ne sais quoi...

Là, j'attends mon fils donc, je n'ai pas le temps non plus de faire de la grande littérature.

Mais hier je suis allée à la Louvière - au marché de la rue des Amours - où l'on parle presque autant italien que français... Très vite, j'ai claudiqué en réalisant que quand on va au marché, il faut prendre son caddy, au lieu de prendre des sacs. J'ai trouvé des fromages italiens (dont un fromage sarde costaud) - et des citrons bios - que je vais partager avec mon fils.

Après ça (j'étais avec ma comparse la Rose), nous avons mangé dans une petite brasserie et l'après-midi, nous avons visité la maison de la Gravure où il y avait une belle expo... Et l'expo du concours d'affiches numériques pour les 15-18 ans et les 19-25 ans (une étudiante de notre cours du soir a eu un premier prix dans sa catégorie). Elle dessine extrêmement bien. Et est étudiante en infographie en cours du jour et du soir.

Naturellement, quand on expose des étudiants de l'académie, on la prend toujours elle - et une autre plus âgée, à vrai dire, toujours les mêmes... Enfin, c'est normal qu'on pousse les jeunes. Bien que quand j'étais jeune, on ne m'ait guère encouragée. On m'a dit que je devais "mûrir". Que l'important "c'était d'écrire" (air inspiré de l'inepte journaliste qui m'a sorti ça - si je la revoyais je l'enverrais paître - je crois quand même que j'ai dû hausser les sourcils, à l'époque).

J'ai tellement mûri qu'aujourd'hui, je suis blette et remplie d'amertume. Pour le moment, je brosse le cours d'infographie parce que j'en ai ras-le-bol. Une dame (charmante au demeurant) réquisitionne l'imprimante et je ne suis pas quelqu'un à réclamer mon tour... En fait, je suis quelqu'un qui se plaint virtuellement, mais essaie de ne pas ennuyer les autres dans la vraie vie... 

Il y avait aussi une expo d'affiches sur le carnaval de La Louvière. Mwoui.

Et puis, nous avons fait nos courses dans un Aldi et la Rose a écopé d'un bocal ouvert... Il y avait de l'eau de haricots verts partout. Ce n'est pas la première fois qu'une blague de ce genre nous arrive. Nos minitrips ont été jonchés de courses et de charrettes dont une roue avait dit zut, de cocas renversés et de carrelages poisseux, et quoi encore ? On aurait dû en faire une anthologie...

Il n'empêche qu'ayant coupé quelques herbes dans un potager, vendredi, hier, j'avais les hanches et les lombaires dans un piètre état. Il est temps de refaire une infiltration sinon, je ne saurai plus marcher.

Et c'est seulement à la fin de la visite que j'ai vu qu'il y avait une "stoeleke" dans le vestiaire du musée de la gravure. Mais la pauvre Rose n'aurait sans doute pas l'énergie de me pousser. Il faudrait des paires de chaises, comme il y a des landaus pour triplés (j'en ai vu un hier à la Louvière - qui n'aura pas de problèmes de démographie !)

***

La semaine prochaine, je serai occupée trois jours par semaine... Je ne sais pas combien de temps je vais tenir. Je ne sais pas si je vais pouvoir continuer l'infographie dans ce cas-là. Je ne sais pas si je pourrai encore faire ce que j'aime. Je veux dire, en-dehors de ces trois jours par semaine.

Je me suis engagée dans quelque chose qui ne me conviendra pas trop trop, je le crains !

Déco du Carnaval de La Louvière

Déco du Carnaval de La Louvière

Posté par quartzrose à 12:03 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
11 mars 2017

Chez les guides

Au lycée, en 4ème, j'étais en C. Nous étions cinq élèves à faire du grec, une petite vingtaine en latine et les autres élèves se répartissaient dans des sections de langues modernes et de sciences économiques (cela consistait surtout à apprendre à faire un virement, enfin, c'est ce que j'ai vu un jour).

En A, il y avait une "fille", avec qui je me suis mise à parler à l'heure du midi ; elle était très prosélythe. C'était une de ces personnalités qui ont du bagout, qui parlent tout le temps, et plus tard, elle a fait le droit et de la politique. Je me demande d'ailleurs, avec le recul, si elle avait tant de conviction que cela. Enfin soit.

Elle était dans une troupe de guides neutres (ou pluralistes, n'est-ce pas Walrus?) - dont la base était à Forest. Elle m'a entraînée là-dedans, j'ai resorti ma vieille jupe d'uniforme bleu marine dans laquelle j'entrais encore... On m'a acheté des chaussures de marche (elles m'ont longtemps servi), on m'a prêté un chapeau scout auquel il fallait donner forme avec des pinces à linge et en avant la musique.

chapeau scout

Aux premières réunions, je me suis bien plue : j'ai appris à rouler à vélo, ce qui n'était pas du luxe! A quinze ans... Mes parents avaient renoncé, depuis longtemps, aux séances d'apprentissage aussi crucifiantes pour eux que pour moi, lorsque nous étions à la mer. Vers dix-sept heures sans doute, scouts et guides se réunissaient à la base, et on chantait devant la cheminée. Garçons et filles mélangés.

Ce qui, à quinze ans, semble suprêmement intéressant.

La première chose qui m'a fait déchanter, c'est le fanion. Cet encombrant manche à balai, avec un fanion au sommet, que je devais transporter (et que j'avais oublié contre un mur, à l'arrêt du tram, à "la Bascule" - près de chez moi), me rappelait fâcheusement les fanions qu'une éducatrice du Sacré-Coeur avait fabriqués et attribués à nos tables de cantine, en primaire.

L'idée de saluer un manche à balai, fût-ce avec un chiffon brodé au-dessus, ne me disait rien qui vaille.

On l'aura compris, j'avais quinze ans et mon esprit critique s'éveillait.

***

Mais le clou, cela a été le seul et unique "hike de marche" que j'ai fait. Dans la région de Sinsin, où le train nous a débarquées, Eneilles, et... Ce sont les seuls endroits dont je me souviens. C'était pendant le congé de Carnaval de la même année 1973. Quand on m'a aidée à mettre mon sac à dos, entraînée par le poids, j'ai basculé en arrière. J'ai d'abord dû apprendre à marcher avec ce fichu sac. Cela se compliquait quand il fallait porter les provisions et trois kilos de pommes de terres.

Nous logions dans des fermes, (quand on ne nous refusait pas), dans les réserves de foin, au-dessus des vaches. La cheftaine prétendait que cela donnait chaud, mais je trouvais ce postulat très discutable. Même en dormant dans un "training". Je pense quand même avoir dormi. On se lavait dans un bac à toile, ce qui était encore pire, mais heureusement, ces fermes avaient au moins une toilette dont on pouvait profiter.

Un jour où il gelait, après avoir traversé un torrent qui charriait des glaçons, nous avons pique-niqué en pleine nature. Il fallait faire du feu (et donc aller chercher du bois), et cuire des saucisses. J'aimais bien aller chercher du bois, c'était l'occasion d'être seule (serais-je asociale ?) J'allais loin et je rêvais un peu... Et puis, je me suis aussi rendue compte qu'il était impossible de nettoyer une poêle -où l'on avait cuit des saucisses- dans un torrent gelé, même en vidant une bouteille de détergent dedans.

J'oublie le jeu de nuit, qui m'intriguait... (Je pensais au "Disparu de ker-Aven", dans la BD des Castors, qui avait fait mes délices et où la vie scoute semble idyllique (malgré les épouvantables aventures que les Castors traversent). Mais nous, nous devions faire sauter un pont avec des pétards, et cela ne m'amusait pas du tout.

Je n'avais pas peur, mais je m'ennuyais à mourir.

La patrouille des Castors

Finalement, un jour, je me suis dit que pour arriver plus vite à l'étape, j'avais intérêt à mettre le turbo. J'ai donc cavalé toute la journée, pommes de terre ou pas, poêles grasses ou non. Et le soir, j'ai été proclamée meilleure guide marcheuse.

J'ai trouvé que c'était tout à fait immérité, vu ma contre-motivation totale.

Malgré tout, j'ai bien aimé le jour où j'ai fait la "carto". Avec la carte d'état-major. C'était notre dernier jour et je puis dire que je sentais nettement l'écurie (au sens figuré bien sûr, on pourrait confondre vu qu'on dormait dans des étables).

Après cela, mes souvenirs s'estompent jusqu'au moment où, à la gare du Quartier Léopold, je suis montée dans un bus 38 sans parvenir à faire passer mon sac à dos. Même chose à la descente, chaussée de Vleurgat. J'ai bien cru que j'allais y rester !

Un mois après, j'ai prévenu le chef d'unité, un certain Jaguar, style barbu ahuri post-soixante huitard, très gentil d'ailleurs, mais un peu obsédé par les filles de quinze, seize, dix-sept ans... Que j'arrêtais les guides.

Pour couronner le tout, je ne m'entendais pas spécialement avec ma "cheftaine". Manque de pot, l'année suivante, nous étions toutes les deux en A, et ce n'est que trois ans après, en rhéto, que j'ai fait un pas vers elle, pour que cesse une certaine inimitié entre nous - alimentée, en plus, par une très nette rivalité scolaire.

Pol Ledent, Village en hiver

Pol Ledent

(c) Copyright Pol Ledent, un peintre de la région

Posté par quartzrose à 12:09 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,
08 mars 2017

Le ciel du 7 mars 1973

C'était un mercredi après-midi qui n'avait sans doute rien d'exceptionnel. Je le passais tranquillement à la maison, mes parents étaient à leur travail respectif, mon père à Hoboken, ma mère à 15 minutes à pied de la maison. Et mon frère dans son école d'architecture du jardin et du paysage.

Le "koteur" que nous avions à l'époque était dans sa chambre, "au second" avec son meilleur copain, ils tentaient médecine, mais l'un a abandonné et l'autre est entré en droit (qu'il a réussi), et ils avaient tous les deux une Toyota, rouge pour l'un, jaune pour l'autre. J'aimais bien le meilleur copain, avec qui j'ai beaucoup discuté le coup, les années qui ont suivi, mais qui n'est pas parvenu à me faire progresser dans le bilinguisme (même en m'aidant dans la lecture suivie de "Het Gevaar" et "De madonna van Nedermunster").

Ce mercredi-là, je ne sais pas pourquoi, j'étais heureuse. Il faisait beau, frais sans doute, j'étais dans la cour, royalement seule et le bleu du ciel au-dessus de la maison était d'une beauté indescriptible.

Pourtant, il ne s'est rien passé de notoire cette année-là. J'étais en 4ème latin-grec, j'avais des misères avec mes profs de latin et de grec, de néerlandais et d'histoire, de gymnastique aussi, même de religion - Quand je lui ai annoncé que l'année suivante j'allais en morale, il m'a répondu "eh bien, c'est que le bon Dieu t'aura perdue..."

Mais il y avait mon professeur de français, pour compenser, qui encensait mes rédactions et mes interrogations écrites, qui m'appelait par mon prénom, qui me regardait attentivement (du moins est-ce l'impression qu'elle me donnait), et qui me donnait confiance en moi.

Il y a eu aussi ma première soirée dansante, un peu plus tard, le jour de la "fancy-fair", dans le préau occulté et décoré pour la circonstance et mon premier retour à la maison à minuit.

Et puis, des musiques aussi diverses que possible...

Lieutenant Pidgeon, "Ouldy mould dog" qui tournait lors des "bambas",

Deep Purple, "Child in time" , un slow discutable,

Et des navets comme Stone et Eric Charden, "Les pommiers de Normandie". Parfois, pour taquiner mon fils, je chante le refrain à pleine voix (faux, naturellement), il pousse des hurlements et se bouche les oreilles.

Mais quand j'étais seule dans le salon de la maison, je choisissais quelques 33 tours et je m'étendais les yeux fermés dans le divan en rêvant à perte de vue. C'était souvent la B.O. d'Orange mécanique, Deep Purple en concert, à Londres, la musique d'Ennio Morricone, "Il était une fois dans l'Ouest", et parfois, c'était Catherine Ribeiro + Alpes, que j'écoutais sans trop comprendre sa musique, mais en ayant tout de même l'impression de plus en plus croissante de transgresser de fabuleux interdits.

Mes cahiers verts

Posté par quartzrose à 23:32 - - Commentaires [21] - Permalien [#]
06 mars 2017

Le visage de Bruxelles en 1910.

Tranchant sur cette photo de mon grand-père, sans doute enthousiaste à l'idée de visiter l'Expo de 1910, ce témoignage du peintre Zoum Walter, dans son livre de souvenirs dédié à sa fille, "Sylvie" :

"L'incendie de l'Exposition de Bruxelles, en 1910.

Des flammes immenses, des tourbillons de fumée jaune et noire. Le hurlement des sirènes, les galops des chevaux de pompiers. Je me rappelle ce spectacle de fureur et de bruit que je regardai toute une nuit d'été, de la fenêtre d'une mansarde. Les vagues des cris humains, le crépitement du feu que j'entendais de loin - l'odeur âcre et étouffante de la fumée qui arrivait jusqu'à nous...

Et sous le clair de lune, les jardins environnants vivaient, tranquilles, leur vie nocturne, et la statue du Bon Pasteur élevait au milieu de la pelouse sa blanche et naïve colonne."

Zoum Walter, "Pour Sylvie", éd. Jacques Antoine, page 82.

Note: Zoum Walter (née Vanden Eeckhout, fille et petite-fille d'artistes, modèle du sculpteur Constantin-Meunier) habitait sur les hauteurs d'Ixelles, rue de l'Abbaye. Le hasard fait que c'était mon ancien quartier (ma maison se situait dans un triangle formé par la rue Van Eyck, la rue de l'Abbaye et la chaussée de Vleurgat - qui reliait le bas d'Ixelles aux confins de la commune - et Uccle).  Ces rues sont à dix-vingt minutes à pied du site du Solbosch. Peut-être 1/2 heure. En tout cas, pour aller à l'Université, je prenais tout de même un tram...

2 vue d'ensemble expo universelle 1910

Après l'incendie

***

Après, il y eut l'Expo de 1935 - dix ans après l'Expo des Arts décoratifs à Paris.

En somme, celle du "Centenaire" de la Belgique.

Elle se tenait au lieu-dit du "Heysel", au nord-ouest de Bruxelles, qui est toujours le lieu de manifestations comme le Salon de l'Alimentation, Créativa, le Salon des Vacances, de l'Auto, Batibouw, Art Brussels, etc.

Mais mes parents, qui avaient pourtant onze et dix ans à ce moment-là, n'en ont pas beaucoup parlé. Pourtant, la richesse économique de la Belgique devait connaître son apogée, à ce moment-là, la ville était sillonnée de nouvelles lignes de tramway et les tramways se modernisaient.

Centenaire - la gare des Grands palais.

Copyright (c) Serge B. et son commentaire:

"Bruxelles (Laeken) - la GARE DES GRANDS-PALAIS DU CENTENAIRE, pendant l'Exposition Universelle de 1935. Les trams 16 et 18 y étaient prolongés depuis la place Saint-Lambert (un service sur deux), et également, depuis la place Emile Bockstael pendant la durée de l'Exposition les trams 8, 12, 46, 49 et 81..."

***

 

Posté par quartzrose à 13:17 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

27 février 2017

Des prénoms (2)

Du côté maternel, les prénoms suivent un peu le même schéma.

Ma mère et ma tante, nées respectivement le 3 mai 1924 et le 3 février 1921, se prénommaient Marion, diminutif de Marie, et Germaine.

"Pire", pourrais-je écrire, (mais où mes grands-parents avaient-ils la tête?) officiellement, sur sa carte d'identité, ma mère se prénommait Mariette. Il y a des prénoms que les Bruxellois aiment maltraiter. Mais on l'a toujours appelée Marion.  Je ne comprends pas non plus le choix du prénom Germaine, aux lendemains de la guerre 14-18 - A Bruxelles, on a débaptisé des avenues, notamment au Cinquantenaire, pour les renommer, par exemple, avenue de l'Yser, un de nos trois fleuves.

Un tout petit cordon littoral où l'avancée allemande s'était arrêtée, pendant quatre ans.

Pour sa soeur, ma tante avait un diminutif, "Maine" et pour ses enfants, "Pip'".

Et bien qu'elle fût ma marraine, je l'appelais toujours "Tante Germaine". Je l'aimais beaucoup, disons que je l'aurais beaucoup, beaucoup aimée, s'il n'y avait eu si souvent de si terribles brouilles entre les deux soeurs.

***

Odon-Jules Piter*** (1895-1953)

Jules Odon Jean-Baptiste P***

Jules Odon Jean-Baptiste P***, carte d'entrée à l'Exposition de 1910.

Mon grand-père bébé - puis à quinze ans.

L'exposition universelle de Bruxelles de 1910 se tenait à Ixelles, au lieu dit du Solbosch, c'est-à-dire après l'Abbaye de la Cambre, quand on vient de l'avenue Louise. Malheureusement, un incendie s'est déclaré et les pavillons ont été carbonisés. Le quartier devait être urbanisé après l'Expo, mais comme la guerre de 14-18 est survenue, les choses ont été remises aux années 20. Avec le percement  de l'avenue des Nations (la future avenue Franklin Roosevelt), et l'installation de l'Université Libre de Bruxelles - une université à l'étiquette "franc-maçonne", pour faire pendant ou concurrence à l'Université catholique de Louvain.

Julia Josephine B*** et ses frères

Julia Joséphine et deux de ses frères, ou alors, avec mon grand-père et son plus jeune frère?

***

Ma grand-mère Julia, Joséphine B***, était la fille d'un forgeron, Egide B***.  Lui-même avait hérité de la forge paternelle, avant 14-18. Elle est née en 1898, de mémoire, et morte en décembre 1947, dix ans avant ma naissance. Mon grand-père lui est décédé en novembre 1953. Même mon frère ne se souvient pas de lui. 

Je ne me souviens plus du prénom de mon arrière-grand-mère, que ma mère, quand elle en parlait avec ma tante, appelait encore "Bo'man". Elle venait de Hoeilaart, où sa famille exploitait des serres de raisin bleu.

Du côté grand-paternel, j'en sais plus, grâce aux recherches généalogiques dont mon frère a bénéficié. Tout remonte à une aïeule, dont j'ai déjà parlé, Rosalie Van E***, native des environs de Malines (Mechelen), qui est venue travailler à Bruxelles, comme femme à journée et a eu un fils naturel en 1860, Jean-Baptiste Van E***. Il est né dans une petite maison rue du Pachéco, à proximité de l'hôpital Saint-Jean (la rue du pachéco fut une des nombreuses rues détruites pour laisser la place au boulevard Pachéco et à une série de buildings, de bureaux, avec in fine, la galerie du Passage 44)

En juin 1866, au plus fort de la terrible épidémie de choléra qui a décimé la Belgique et la France... Elle s'est mariée avec un "cocher de maître", François P***, domicilié 100, boulevard de Waterloo - et qui a reconnu et légitimé mon arrière-grand-père. S'ils ont eu d'autres enfants, ils n'ont pas vécu.

J'ai souvent rêvé à ce François Piter, venu de Zarlandingen, près de Grammont (le pays d'une pâtisserie belge succulente, un gâteau feuilleté fourré avec un genre de frangipane, mais au lait battu).

Jean-Baptiste P*** est devenu policier à la Ville de Bruxelles, s'est marié avec une jeune fille venue du Brabant flamand, Anne-Marie Soetaert (d'une entité où il y a deux ou trois villages, Oplinter, Nederlinter, pour ne pas dire Lintere) et a habité dans les Marolles, rue de Lenglentier. La maison existe toujours.

lenglentier

Quincaillerie / ferronnerie / brocante rue des Tanneurs.

C'est là que mon grand-père est né, et peut-être son frère cadet. Leur père a malheureusement contracté un vilain microbe, dans l'exercice de ses fonctions (il est fort probable qu'il a vécu les émeutes pour le suffrage universel, les plus violentes ayant eu lieu dans les Marolles, en 1902-1904), et, après plusieurs rechutes et sa mise à la pension, il est allé vivre avec sa famille "à la campagne", à Uccle Saint-Job.

Et Jules P*** a rencontré Julia en 1918, le jour de la Fête nationale, elle servait dans le café de ses parents, et était une ravissante jeune fille, dotée de deux ou trois frères. Je ne sais pas pourquoi ni lui ni son frère ne se battaient pas. Peut-être parce qu'ils étaient "soutiens de famille", puisque leur mère avait été veuve prématurément.

Beaucoup de points d'interrogation demeurent du côté maternel. Ma mère nous a transmis un album photos dont elle a retiré la majeure partie des photographies - et en ne laissant aucune indication. Primitivement, elle voulait tout brûler.

Elle ne serait vraiment pas contente si elle lisait cet article, ou pas, allez savoir !

Posté par quartzrose à 18:07 - - Commentaires [9] - Permalien [#]

Des prénoms (1)

C'est Walrus, avec sa façon de tutoyer Raymond qui m'y a fait penser.

Mon père - qui se prénommait Robert, Charles, Arthur, Pierre, avait une soeur cadette (née en 1928 ? Ou 30? Je ne sais même plus !) qui se prénommait Raymonde. Je ne connais pas ses autres prénoms, si elle en a eu. Peut-être que j'ai une photo d'elle, quelque part...

Mariage de François et Raymonde en 1952.

C'est le jour de leur mariage que mon frère a marché. Il avait un an - peut-être un peu plus, donc, en 1952. Et c'est en 1952, un peu plus tard, que mes parents sont partis au Congo. Mon père d'ailleurs était déjà parti.

François, Viviane, Nicole et Raymonde à Heist - années 50.

(ces deux photos m'ont été gentiment envoyées par une petite-cousine... La fille d'une des deux soeurs).

Elle était la marraine de mon frère et je ne sais pas qui était son parrain - peut-être mon grand-père maternel.

Donc, mon frère aîné (de six-sept ans) se prénomme Philippe, Raymond, Robert.

Mon grand-père paternel se prénommait Pierre. Il avait deux soeurs, Germaine et ??? J'ai oublié.

Le site des fiches individuelles des personnes nées à Houplines m'apprend qu'il se prénommait Pierre, Arthur, Emile, qu'il est né le 19 août 1898, et qu'il est mort (de son catarrhe des "tranchées" comme il disait) le 29 novembre 1967. Je me souviens que c'était l'hiver, ça oui, car au cimetière, mon frère et moi sommes restés dans la voiture pendant l'inhumation et il y avait quelques plaques de neige.

Il s'était engagé en 1918, il avait donc vingt ans, en août, mais le temps de faire son instruction et la guerre était finie. Je crois  qu'il était sergent, dans l'infanterie (ou l'artillerie) en tout cas, il était actif dans des comités, car à son enterrement, il y avait des anciens combattants avec -au minimum- un drapeau français. Je ne pense pas qu'il soit beaucoup allé dans des tranchées et heureusement pour lui. Il était français, donc, tout à fait francophile, et était en opposition avec mon père sur beaucoup de choses, notamment Pétain et le général de Gaulle. Mon père a tout de suite ou très vite été gaulliste - du moins militairement. Ce qui n'a pas empêché mon grand-père de stocker de futures fausses cartes d'identité dans le caisson du volet du café familial. J'y reviendrai.

***

Son propre père (toujours d'après le même site) s'appelait Arthur-Jules et serait né en 1869, fils de Pierre-Benoît, et de Nathalie-Octavie L***, et ayant épousé une demoiselle Estelle H

Il a épousé ma grand-mère Emma, le 27 septembre 1924. Le site indique qu'elle est née en 1898, mais c'est une erreur, elle est  née avec le siècle, à Landenne-sur-Meuse, la dernière de quatre filles dont le prénom finissait par un A, et je ne sais pas dans quel ordre, Irma, Julia, Maria et Emma. Irma est devenue cuisinière (en passant chez les Materne), Julia a épousé un maroquinier - dont le magasin se trouvait place Saint-Josse (à Saint-Josse ten Noode), Maria a vécu à Charleroi, s'est mariée et était, paraît-il, terrible - je ne l'ai jamais rencontrée.

Ma grand-mère a été couturière (et notamment costumière pour Costhea, une firme de costumes pour le théâtre)

Mon frère a eu trois enfants. Il me semble que seule, ma nièce et filleule a deux prénoms, Séverine, Françoise (son parrain s'appelle François, j'ai Françoise dans mon prénom, donc, c'était simple).

Mes parents m'ont donné un nom composé que l'administration communale n'a pas respecté. Officiellement, je suis donc Marie.

Quand j'ai attendu un enfant à mon tour, j'ai proposé Vincent à mon mari - si c'était un garçon, Elisabeth si c'était une fille.

Et nous ne lui avons pas accolé une kyrielle de prénoms, même s'il avait un parrain et une marraine (ma nièce et filleule).

***

Mais revenons à Raymonde, ma tante. Une femme charmante. Je ne l'ai jamais vue de mauvaise humeur. Il y a pourtant eu des "froissements". Ma mère était peu encline à fréquenter sa belle-famille (dont elle ne m'a pourtant jamais dit de mal, sauf qu'elle n'aimait pas fort sa propension à trop bien vivre...) - Elle avait rencontré son mari (François), dans le café familial sans doute, ils ont d'abord habité un appartement chaussée de Jette, où ils ont eu deux filles, puis un garçon, cinq ans après moi... Jean-Pierre. Ma mère n'est pas allée au mariage de l'aînée de mes cousines (alléguant sa piètre santé), mais bien à celui de sa soeur, en 1975. Mariage où je suis allée à contre-coeur, d'abord parce que je m'ennuyais copieusement à ces mariages, où l'on mangeait toute la journée, ensuite parce qu'elle s'est mariée un vendredi et que j'ai raté un jour de cours.

***

Ce qui est intéressant, c'est le glissement des prénoms - qui vont du simple et plutôt populaire (pour la génération de mes parents et de mes grands-parents, encore que !) au classique pour les personnes de la génération post 40-45.

A part Emma, qui "tient" et est d'ailleurs revenu à la mode, qui est aussi le prénom d'un  personnage de Jane Austen - et le titre de ce roman, pourquoi avoir ajouté un A à Irma (oui, bon, là, c'est aussi difficile), à Julia et à Maria ?

***

Mais j'en reviens à ma tante. Il paraît qu'elle voulait devenir puéricultrice. Mais à cause de mon grand-père, (Pierre), qui n'avait rien de plus pressé que de mettre ses enfants au travail en leur faisant faire le minimum d'études, elle est devenue employée chez Godiva, où elle a gravi des échelons, puis chez Delacre, et y a terminé sa carrière. Ils ont eu la télé bien avant nous, une Vespa, puis une petite Renault. Et bien qu'elle ait eu une bonne nature, je l'ai quand même vue très mal lorsqu'elle a quitté le quartier qu'elle avait toujours habité (Koekelberg, Molenbeek), à la suite de deux agressions.

Je n'ai jamais eu beaucoup de contacts avec elle. Malgré cela, je l'aimais bien. Son mari aussi, le seul que j'ai appelé Oncle et que j'ai considéré vraiment comme un oncle. Il n'était pourtant pas bavard, mais me regardait toujours gentiment. Quand il faisait des travaux de plomberie à la maison, je pouvais m'asseoir près de lui et lui poser un tas de questions, il me répondait avec beaucoup de patience.

Mes cousines étaient, me semblent-ils, souvent habillées de même, très soignées (bien que ma mère sous-entendît que leurs tenues manquaient de sobriété), et se passionnaient pour les chanteurs Yé-yé. Mais quoi ! C'était aussi l'époque...

Posté par quartzrose à 14:02 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
25 février 2017

"Seuls les enfants nous permettent d'atteindre nos idéaux"

"Nur die Kinder sind für unsere Ideale reif"

"Charlie & Louise",

"Das doppelte Döttchen"

***

Un peu avant noël, j'avais enregistré un film (ou un téléfilm) allemand sur Arte - "Charlie et Louise", la critique disait "pour enfants". J'ai mis du temps à le regarder (mon programme de télé m'a gentiment avertie qu'il expirait dans six jours) et du coup, je l'ai regardé un soir, je suis restée sous le charme et l'ai encore regardé le lendemain.

Le film commence avec la séparation d'un couple... La rencontre avec les avocats... Ici, quelques joyeusetés entre les parents, quelques regards meurtriers, et un accord dont on ne sait pas grand-chose. 

Dix ans après, dans le gare de Berlin (réunifiée j'imagine, le film date de 1994). Une mère conduit sa fille, Louise, petit tailleur rose, capeline assortie, impeccable de la tête aux pieds, au départ d'un train pour un séjour linguistique en Ecosse, bourré de pré-ados chahuteurs. Embarqués par la "meneuse", Charlie, casquette à l'envers, lunettes de soleil, tee-shirt noir, son opposé exact.

Ce départ m'en rappelait furieusement un autre - j'avais treize ans et je partais à Vienne, avec la chorale de mon école, pour participer à un concours de jeunes chorales européennes. Mais je n'étais ni Louise ni Charlie o;)  Enfin, sans doute plus proche de Louise malgré tout.

Bref, après un long (mais beau voyage), (et quelques belles prises de vues de trains électrique et à vapeur), le groupe arrive au bord de la mer, en Ecosse. Louise voudrait bien avoir une chambre seule, mais elle écope du dernier lit dans le dortoir où règne l'insupportable Charlie. Au sortir des douches, Charlie et ses copines s'en prennent à Louise qui se défend bien, et les deux filles se retrouvent assises par terre, trempées, face à face, immobiles et stupéfaites: elles se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Une rapide enquête dans les papiers de Louise révèle à Charlie qu'elles sont nées toutes les deux à Berlin, le 22 août 1982.

Elles sont jumelles.

Commence alors leur recherche pour savoir ce qui s'est passé. La mère de Louise lui a dit que son père vivait en Australie (sans s'étendre davantage), le père de Charlie lui a dit que sa mère vivait... En Australie.  C'était cela l'accord parental, comme il y en avait deux, chacun est parti avec une fille...

On devine la suite: les deux jumelles essaient de comprendre, reconstitueront petit à petit ce qui s'est passé, se retrouvent, deviennent amies, s'habillent de même, Charlie coupant un peu les cheveux de Louise, pour "voir", et personne ne s'y retrouve - sauf que Charlie rajoute du ketchup à tout ce qu'elle mange alors que Louise déteste cela.

Petit à petit, un plan va germer dans leur tête. Charlie va endosser "l'identité" de sa soeur et rejoindre sa mère qu'elle n'a jamais connue à Hambourg - où elle est chargée de communication dans une boîte de pub, et Louise va rejoindre son père, un musicien de music hall désargenté à Berlin.

Le père sera agréablement surpris par l'évolution de sa fille (même si elle jette tous ses cadavres de bouteilles de vin y compris les bouteilles ouvertes) et la mère sera étonnée par cette fille qui tout d'un coup sait nager (entre autres) mais se tient plutôt mal. Il faut dire qu'elle s'apprête à accepter - non sans réticences - la demande en mariage d'un riche et distingué Herr Doktor, son chef, qui a lui-même une fille, et que chacun compte mettre la sienne en internat.

Louise-Charlie ne va pas se laisser faire.

Bon, c'était un film pour un programme de noël, cela finit bien, naturellement...

Et chose agréable, le côté délicieusement rétro, pas d'internet ni de facebook ni de smartphone, quand on téléphone, c'est d'une cabine publique, ou d'un téléphone (à boutons quand même) avec un fil, on s'échange des cassettes audio.  etc.

Sauf qu'Internet est entré chez moi à titre expérimental en 1995, je crois. Et que sans l'internet ou la télévision numérique, je n'aurais peut-être pas vu ce film ni écrit un article dessus !

Affiche

Posté par quartzrose à 16:56 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
22 février 2017

Dans le miroir

Baladu du samedi 19 février du côté de la Colonne du Congrès et de Rogier...

Mon fils de très mauvaise humeur pour des histoires de voisinage - Descente jusqu'à la place Rogier, ici bas, laissez toute espérance...

Place de la Liberté

Place Surlet de Chokier

Tour Rogier

Escaliers qui ne mènent nulle part

Le lendemain est un autre jour comme aurait dit Scarlett O'Hara.

Je lis "L'été avant la guerre", de Helen Simonson, une romancière anglo-américaine.

L'Angleterre, (et pourtant, j'aime l'Angleterre à travers les romancières anglaises), ce pays "où rien n'a été conçu pour les femmes, pas même les hommes" disait volontiers N. Barney, mais je ne pense pas qu'elle ait été très bon juge... Du moins, un juge fort objectif. Ou, peut-être trop bon juge? (Allez savoir!) - Ceci dit, le roman finit bien, et pas bien... Ensemble. Avec un mystère non élucidé, mais quand même transparent.

Posté par quartzrose à 12:38 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
21 février 2017

Je t'offrirais bien

Edit du lendemain: j'ai écrit ce poème lors d'un atelier d'écriture "Pour le plaisir d'écrire", avec Stéphane V.H, il y a pas mal d'années.

A ce moment-là, je travaillais encore à temps plein, aux publications, dans l'associatif, et j'avais envie et besoin de retrouver le plaisir d'écrire - avec des personnes qui aiment écrire aussi. C'était sans doute une consigne du deuxième jour, comme une chanson où devait revenir le refrain : "je t'offrirais bien". Je l'ai écrit quasiment d'une traite, mais j'ai sans doute dû le retoucher par la suite.


Il a été publié sur le site Ecrits-vains (avec quelques autres poèmes dans la rubrique Thema - sous mon nom entier), mais celui-là, je l'ai recopié parce que j'ai mis du temps à le retrouver et que j'ai un peu peur de le voir se perdre...

Je t'offrirais bien...

Une pomme en lamelles en isocèles
Jus de melon Jus de bananes Jus d'ananas
Le poème des fruits qui ne se mangent pas
L'introuvable tapis de violettes et de crèmes roses
La glace brésilienne au miel gingembré
Et moi
La Muse aux violettes...
Sapristi !

Et aussi...

Des pastels verts pour colorier le marais poitevin
Le crayon graphite pour la robe de mer
Le comté de Boulogne et les rafales de ses sirènes d'air
Les cyprès toscans et les cloches des couvents
Le funiculaire arrêté les drapeaux pour la paix
Et l'unique olivier sur la plage
D'Israël
De Palestine

Et encore...

Toi Moi sous la couverture d'Or
Toi Moi sous les cerisiers en fleurs
Toi Moi sur la falaise en pleurs
Toi Moi face aux grains de Wissant
Toi Moi La cour secrète des arcanes

Et pourquoi pas...

Le désordre de ma cave
Les bas-fonds parisiens
Les cadavres de Rouge
Les petits matins sacrifiés de la gare du Nord
Une fusée vers la Luna pour nos soirs de ras-le-bol
Mais le marché de la rue Mouffetard
Un dimanche matin
Et les oranges sang de Sicile à l'étal de Venise

Mais surtout...

La chanson que tu n'as pas chantée
La ville que tu n'as pas lue
La source à laquelle ne pas boire
Le tiroir de lavande où ranger nos images
Et tous les jours d'été que nous avons vécus

Et enfin, rien que pour toi...

Les Lettres persanes
Le chemin des dames
La cathédrale de Rouen
Un petit coin de Brabant
Un sentier secret de campagne
Un simple talus champêtre
Où cueillir une marguerite
Et puis moi,
Ta Muse aux violettes,

Rien que pour toi,
Pour toi,

A qui...

J'offrirais bien

Un bain
Avec la mousse aux algues et le sel
Le bain de marbre d'un empereur romain
Et pourquoi pas tous ceux du Vatican
Et puis surtout les chaussettes rouges du Roi
Et enfin
Rien que pour toi
Plus de questions sur ce que nous faisons là...

Je t'offrirais bien

Pour faire le portrait d'un oiseau
Un bout d'ici et de ciel alsacien
Et aussi l'utile et l'inutile
Et encore plus ce que tu aimes et n'aimes pas
Et pourquoi pas la Retraite de Marie
Et puis surtout des choix multicolores
Et enfin,
Rien que pour toi

Un éclat de coquille de ton petit poussin...

 

Posté par quartzrose à 09:16 - - Commentaires [8] - Permalien [#]