Variations de regard

19 août 2017

Trouvez le titre...

Mes parents m'ont offert deux albums des éditions Gautier-Languereau quand j'étais toute jeunette, quelque chose comme "mon premier livre d'art" et "Beaux costumes". Ma mère voulait m'offrir le troisième de la collection, "mon premier livre de poésie" et je refusais ce cadeau avec acharnement.

Pour moi, la poésie, ça se limitait à La Fontaine (que je n'aimais pas trop, pour diverses raisons), à Prévert, qu'il fallait apprendre par coeur (et ce n'était pas "Barbara") et à Maurice Carême, et pas "Brabant", non, mais des poèmes sur la mère, le printemps, les animaux, les bons sentiments, etc. Bref, de la guimauve.

Et puis un jour, la lumière fut. Dans un journal pour adolescents, j'ai lu des strophes d'un poème splendide, que tout le monde connaît bien sûr, mais qu'à quinze ans, je n'avais jamais entendus.

"(...) Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté."

Paul Eluard

Poésie et vérité 1942 (recueil clandestin)
Au rendez-vous allemand (1945, Les Editions de Minuit)

Ce fut un émerveillement, une découverte. Puis, il y a eu Apollinaire, Verlaine (Après trois ans), Max Jacob, Geo Norge, encore Eluard (Couvre-feu), Rimbaud - et le disque de Léo Ferré, Baudelaire, les surréalistes, je ne vais pas tous les citer.

Un jour, j'ai demandé, tout compte fait, qu'on m'offre cette anthologie (celle-là, et d'autres).

***

Récemment, en villégiature chez des amis qui sont censés aimer la poésie, nous évoquions des lectures de textes. Ils étaient allés à des funérailles, n'avaient pas eu envie d'écrire un texte et avaient simplement choisi de dire... Un poème de Maurice Carême, dédié à... Mme Carême mère. Il l'a lu devant nous. J'ai pris un air religieux, (tout en ayant le plus grand respect pour leur deuil), en ayant soin de ne pas regarder du côté de la Rose, qui elle aussi ferme les yeux, pour ne pas, avoir de fou-rire nerveux. Si on faisait mine de se regarder, ce serait fichu.

Par contre, quand je parle incidemment d'Eluard, et de Liberté, à cet ami, comme ayant été un "déclic" chez moi, en matière de poésie, il revient toujours avec des textes qu'Eluard a écrits, en 1950, à la gloire de Staline.

"Ode à Staline (1950)

Staline dans le coeur des hommes
Sous sa forme mortelle avec des cheveux gris
Brûlant d'un feu sanguin dans la vigne des hommes
Staline récompense les meilleurs des hommes
Et rend à leurs travaux la vertu du plaisir
Car travailler pour vivre est agir sur la vie
Car la vie et les hommes ont élu Staline
Pour figurer sur terre leurs espoirs sans bornes.

Et Staline pour nous est présent pour demain
Et Staline dissipe aujourd'hui le malheur
La confiance est le fruit de son cerveau d'amour
La grappe raisonnable tant elle est parfaite"

Bon, je ne suis pas sûre qu'après avoir lu cela, j'aurais aimé la poésie.

Mais je sais qu'après ça, j'ai relu attentivement la biographie d'Eluard dans La Pléiade, pour essayer de comprendre le contexte. Eluard était très militant au sein du parti communiste, avant et après la guerre, il avait des divergences de vues avec le PC français, et il est mort presque un an avant la mort de Staline.

Je ne cherche pas à excuser ou à défendre, mais à comprendre. Et avec eux, comme il s'agit de dossiers sensibles, je n'insiste pas. Car il argue tout de suite que d'autres intellectuels français étaient allés en URSS et en était revenus, les yeux dessillés sur l'Urss.

Résultat, nous ne parlons plus de poésie, nous n'aimons pas la même poésie. Il est très XIXème, vieillissement du corps, mélancolie, vers réguliers, rimes ou non de mirliton, perte de la beauté, femmes qui n'ont pas eu d'enfants, dolorisme et cie. C'est dommage. J'aime bien converser au sujet de la poésie. Ca me manque, parfois.

Pour moi, la poésie, c'est autre chose...

Mais quoi ?

ernestdesnos1

Ernest Pignon Ernest, Collage à Paris, dédié à Robert Desnos et Louise Lame.

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14 août 2017

Florence L. Barclay, "Le rosaire"

L'Honorable Jane Champion a trente ans lorsqu'elle se rend à  une "fin de semaine" chez sa tante, la duchesse de Meldrum, où est réunie une société choisie. "Tante Gina", sa seule famille, est une vieille dame fantasque, qui confond laryngite et appendicite, a un perroquet, et, dans  le fond, adore sa nièce.

Jane Champion - on le découvrira au fur et à mesure  du roman - est le prototype de la femme parfaite, même si ses qualités sont davantage masculines que féminines (elle a servi comme infirmière-major lors de la guerre des Boers). Elle vit seule (on ne sait pas où exactement), est fille unique, est très grande, pas très belle, de visage, du moins, c'est ce qu'elle pense, et est fort riche. C'est dire qu'elle se méfie de toutes les demandes en mariage qui lui sont adressées, que celles-ci viennent de vieux noceurs désireux de se ranger avec une femme pas trop regardée, et donc pas trop regardante, ou de jeunes flambeurs ayant envie d'être freinés dans leurs excès.

A Overdene, elle retrouve un jeune ami peintre, Garth Dalmain, 27 ans, portraitiste, bel homme, raffiné, amoureux de toutes les femmes, celles qu'il peint, désire peindre, mais qu'il oublie tout aussitôt. Quand l'histoire commence, elle a une longue conversation avec lui, sur son art, sur les portraits, sur ses modèles, sur son souhait qu'il se marie, et sur la beauté en général. Il évoque un pasteur qu'il a connu, dont la laideur l'aurait empêché, dit-il, de l'avoir à sa table toute une vie, mais dont l'âme et le caractère étaient si beaux, qu'on ne voyait plus que l'intérieur du personnage.

En même temps, la duchesse apprend que sa principale attraction de la soirée, la cantatrice Velma, ne pourra pas venir chanter le soir, à Overdene. Or, elle devait interpréter une romance très à la mode, "Le rosaire". Très simplement et à la grande stupéfaction de Garth Dalmain, Jane propose de remplacer Velma et d'interpréter "Le rosaire". Soulagée, la duchesse accepte. Garth lui proposerait bien de l'accompagner, mais il sait que la mélodie est difficile à jouer. Jane assure qu'elle saura s'en tirer et qu'elle préfère s'accompagner elle-même. Puis, elle rentre dans sa chambre, note leur conversation dans son "diary" et finalement, se prépare pour la soirée.

Lorsque la duchesse annonce à ses invités que Velma est malade, et que c'est Miss Champion qui va la remplacer, l'accueil est tiède. Garth Dalmain, qui aime bien Jane, est inquiet pour sa "camarade", mais Jane a l'air plutôt indifférente aux différentes réactions du public, et elle se concentre sur sa musique.

Bien entendu, Jane est une chanteuse hors pair et tout le monde l'ignore. Elle a pris des leçons de chant auprès de grands professeurs, et elle a l'étoffe d'une cantatrice. Elle est ovationnée, renonce aux "bis", mais quand elle descend l'estrade, elle trouve Garth Dalmain dans un état extraordinaire, très pâle, mais les yeux brillants. Il lui ordonne de remonter sur l'estrade et de recommencer "mot pour mot, note pour note..." Elle joue d'abord un morceau de Haëndel, puis se décide à réinterpréter "Le rosaire", qui est une romance sur l'amour - l'amour heureux, puis malheureux ensuite.

Lorsqu'elle retrouve Garth Dalmain, il est métamorphosé. La romance, que Jane a interprétée comme si elle la vivait, lui a révélé la femme dans toute sa profondeur, pas seulement ses qualités, qu'il connaît déjà bien, mais aussi et surtout son coeur et toutes ses possibilités d'aimer. Pendant plusieurs jours, ils jouent et chantent ensemble, et il lui fait sentir qu'il l'aime (évidemment), exprimant son bonheur quand elle entre dans une pièce, et laissant sentir son désarroi quand elle s'en va.

Elle rentre à Londres, sachant qu'elle va le retrouver pour la fin de semaine suivante, chez une amie, lady Myra Ingleby.

Elle retrouve un couple d'amis, le Docteur Deryck Brand et sa femme, trouve le temps long, et prend enfin le train pour Shenstone où elle sait retrouver Garth. Garth est en plein match de tennis quand elle arrive dans le parc. Saisi, il commet deux erreurs qui trahissent son trouble. Seule, une jeune Américaine, Pauline Lister, fait le lien entre l'arrivée de Jane et les erreurs de jeu et comprend tout. Tout le monde - Jane comprise - songe à les marier, Pauline et lui. Garth Dalmain demande alors un entretien à Jane, le soir, après le repas. Jusqu'à la fin, elle croit qu'il va lui annoncer son mariage avec Pauline, mais à sa grande stupéfaction et pour son plus grand bouleversement, c'est à elle qu'il fait sa déclaration. Bouleversée, elle serre son visage contre son sein (pour qu'il ne voie pas son propre visage, qu'elle trouve si ingrat), et fou de bonheur, interprétant son geste comme une acceptation, il l'appelle "ma femme" et pense que son amour est entièrement réciproque. Mais elle demande une nuit de réflexion...

Et pendant la nuit, elle relit son journal, depuis la retranscription de leur première discussion, à Overdene, sur la beauté et la laideur.

Au petit matin, faisant taire ses émotions profondes et contradictoires, elle décide de refuser la demande en mariage de Garth, le tout étant de trouver un motif suffisant pour qu'il s'incline sans insister.

Et elle lui dit ceci, en rappelant leurs discussions : Garth, j'ai trente ans, je m'en sens quarante, vous avez vingt-sept ans et vous dites parfois sentir avoir neuf ans, vous comprendrez donc que je ne puis épouser un enfant.

Médusé, il reste immobile, fait allusion à la croix du Rosaire et convient, effectivement, qu'elle ne peut épouser un enfant. Il la salue et il s'en va. Dès lors, Jane est la proie du désespoir. Bien entendu, elle l'aime en retour, et seule, sa peur d'être un jour délaissée ou trompée, lui a dicté cette réponse. Elle espère qu'il va revenir, mais Garth Dalmain est un héros parfait, il ne revient pas, et part définitivement. Il continuera de peindre les femmes de la bonne société, mais ne se mariera pas.

***

Quelque temps après, le docteur Deryck Brand constate que Jane dépérit. Elle avoue - à moitié - ce qui lui est arrivé, et il devine, à moitié, ce qui s'est passé, car il a vu aussi la métamorphose de Garth Dalmain. Il conseille à Jane de faire un grand Tour, l'Himalaya, l'Egypte, bref, de partir et de réfléchir. Au retour, elle lui racontera ce qui s'est passé exactement. Elle accepte et s'en va.

Nous la retrouvons trois ans plus tard, au sommet de la grande Pyramide, puis à l'hôtel, dans un patio où elle boit un café. Elle songe à Garth Dalmain et se rend compte qu'elle n'a pas pu l'oublier. Elle décide aussitôt de rentrer à Londres pour tout lui dire et tâcher de rattraper le temps perdu, quand un groupe d'Anglais en vacances s'assoit non loin d'elle et commente un accident qui a eu lieu en Angleterre.

Un jeune homme a reçu une balle perdue et est devenu aveugle. Tous s'apitoient et elle demande son exemplaire du Times au doyen du groupe . C'est d'ailleurs un général qu'elle a connu (peut-être pendant la guerre des Boers) et en lisant l'article du journal, elle a la confirmation du drame : bien qu'on ne soit pas pendant la saison de la chasse, Garth Dalmain a voulu intervenir auprès d'un groupe de braconneurs, un coup est parti, par accident la balle a ricoché contre un arbre et l'a frappé aux yeux.

Il n'en faut pas plus pour que Jane quitte l'Egypte, sur le champ, pour rentrer à Londres, et file chez son ami Deryck Brand à qui elle raconte tout depuis le début. Y compris la raison exacte pour laquelle elle a refusé ce mariage qui lui semblait fou. Elle décide de rejoindre Garth, pour l'aider et le soutenir, mais bien entendu, celui-ci ne veut pas en entendre parler. Si Jane l'a refusé quand il était en bonne santé, elle l'accepterait alors qu'il est malade et diminué, et il ne veut pas de sa pitié. Le docteur et Jane finissent par avoir recours à un subterfuge, elle va partir en Ecosse, chez le jeune homme et s'introduire auprès de lui sous le déguisement d'une secrétaire, Nurse Rosemary. Naturellement, elle est bouleversée, tout en découvrant les proches et amis de Garth, son médecin, le Dr Robbie (qui l'a vue à l'oeuvre en Afrique) et la femme de charge du château, qui a élevé "Master Garthie" et l'aime comme son fils.

Jane / Rosemary se met donc au travail (c'est téléphoné, dans la réalité, il se serait rendu compte tout de suite du subterfuge, mais bon, admettons !) et peu à peu, gagne la confiance de son malade... Petit à petit, il en vient à évoquer Jane Champion devant elle-même, et elle se rend compte qu'il l'aime toujours. S'engage alors une discussion entre eux où Rosemary trouve qu'il devrait écouter ce que Jane a à lui dire, mais où lui refuse toujours. Petit à petit, elle reconnaît aussi qu'en l'ayant refusé, pour leur bonheur à tous deux, lui semblait-il, elle a surtout pensé à elle. A sa peur d'être repoussée. Elle n'a pas pensé une minute qu'il l'aimait vraiment (bien que je ne sache pas si un tel amour existe, hum), etc. etc. Je passe je passe...

Jusqu'au moment où Rosemary - Jane écrit une longue lettre à Garth, qu'elle signe "Votre femme", en lui demandant - s'il accepte de la revoir, d'écrire un seul mot "pardonnée", et qu'en tant que nurse Rosemary, elle lui lira elle-même.

Je vous laisse deviner la suite o:))) Et la fin...

Portrait_of_Florence_L

Wouah ! J'ai trouvé ce livre dans la bibliothèque de l'hôtel Astoria, pendant les vacances de Pâques 1976, alors que je terminais ma rhéto, et que j'avais toute ma fin d'année à préparer (contrôles généraux, examens oraux, examen de maturité et perspective de l'entrée à l'université, en septembre). Je l'ai dévoré, j'étais une dévoreuse de romans sentimentaux sans précédent (et j'ai lu bien pire plus tard!) tout en lisant Gide, par exemple, ou Julien Green ou Faulkner. Je crois que les auteurs comme Florence Barclay me reposaient des autres, plutôt mortifères.

Finalement, je l'ai emporté, et je l'ai gardé. J'ai lu d'autres livres de Florence Barclay, que j'ai oubliés. Il y avait "Le jardin clos de Christobel" où la femme est aussi plus âgée que le héros, je crois, et "La châtelaine de Shenstone". Et d'autres que j'ai oubliés.

Ce style de livre a pâli, comme son écriture, qu'on ne retrouve plus nulle part (bien que ce soit une traduction), comme l'encre d'imprimerie qui s'efface, sur le papier acide et de mauvaise qualité de cette sorte d'édition...

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Samedi 12 août.

Samedi fin de matinée, une fois que mon repas m'a été livré, tout d'un coup, j'ai pris ma décision.

Rester chez moi, faire du ménage et puis ressasser, ou partir et agir.

Je me demandais depuis pas mal de temps déjà si j'allais rejoindre un groupe de dessinateurs - comme du temps de Graphite - qui devait dessiner aux Halles Saint-Géry, de 10h30 à 17h00. Je ne connaissais personne et je n'ai plus dessiné à main levée depuis trois ans, depuis que je suis passée à l'infographie.

En un éclair, je me suis décidée et bâclant tout, j'ai filé avec le minimum d'affaires à porter, un bloc qui pesait quand même très lourd, un bic à quatre couleurs et des feutres Tombo. Et quelques pastels secs. Cela m'a rappelé ma première séance de dessin au musée du Congo, avec le groupe Graphite, que j'ai fréquenté pendant quelques années, mon dieu, quel merveilleux souvenir !

Mais je ne suis pas fortiche dans le croquis urbain et architectural. Et de fait, je qualifierai ma production de "scraboutcha" plutôt que de croquis. Nous étions vingt et j'ai quand même parlé avec quelques personnes (on ne pourra pas dire que je ne vais pas au devant des autres, cette fois). Pas de nombreuses chopes de bière, pas de grands hurlements, non, c'était cool.

On a mangé des tacos (minuscules, une petite crêpe de 10 cm de diamètre avec un peu de boeuf mariné et de légumes dessus), et j'ai donc fait deux affreux croquis dont j'ai sorti une infographie (ça peut être le but après tout, j'ai besoin de matière première...)

Après cela, j'ai fait un crochet par un magasin bio où je voulais trouver de la très bonne feta et des feuilles de vigne mais les feuilles de vigne, visiblement, c'était ailleurs. J'ai trouvé un samosa aussi, dont j'ai mélangé l'intérieur avec mon plat de crudités qu'on m'avait apporté le matin. 

Une bonne journée, en somme.

Cela donne ceci :

la niche aux souvenirs

deux croquis en un.

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11 août 2017

Bleu de Chine

Je terminais hier par ce souhait rétroactif, j'aurais aimé être française (je n'en suis pas sûre en réalité), et faire khâgne et hypokhâgne, et l'Ecole du Louvre. Je me dis que je ne doute de rien quand je vois le programme des cours (et je ne parle pas des "prépas") et surtout le taux de réussite à l'examen d'entrée. Sur une moyenne de 2000 et des candidats, environ 500 et des de réussites.  Je n'aurais eu aucune chance... Enfin, on peut rêver.

***

Je suis abonnée à une page sur la vaisselle ancienne, les services de faïence et la porcelaine, une de mes passions, qui me ferait chiner plus souvent aux Petits Riens, si ce n'était pas si loin. 

En remontant leur page, je trouve un articulet sur une auberge anglaise, "The Spaniards Inn", à Hampstead, le commentaire dit ceci, que je vais essayer de traduire approximativement:

"The Spaniards Inn, Hampstead, était fréquentée par Keats, Coleridge, Byron, Shelley, Joshua Reynolds et a été évoquée par Dickens dans "The Pickwick Papers".

Cette assiette (ou plat) Davenport date environ du milieu du 19 ème siècle."

L'auberge de Hampstead

L'assiette

Lorsque j'étais enfant, nous avions surtout de la vaisselle dépareillée. Des tasses et sous-tasses, au nombre de six, sans doute, au motif vaguement chinois, quelques tasses et sous-tasses à fleurs roses, qui ont une histoire, elles, un  petit service à dessert, qui a disparu, il était assez fragile, mais joli (il m'en reste un bout dans une mosaïque que j'ai faite il y a des années), et bien entendu, les premiers éléments du fameux service Rusticana de Boch.

l'imitation

C'est le plat bleu de l'auberge Spanjard qui m'intéresse le plus, car les tasses pseudo chinoises -dont j'ignore totalement l'histoire, servaient à notre usage courant. Mon père et ma mère buvaient leur café au lait dedans (agrémenté ou non de chicorée), mon frère buvait son lait Stassano très très froid, du AA, car nous n'aimions pas le lait stérilisé, et je buvais aussi ce lait AA, malgré mes difficultés à le digérer (on ne savait rien sur l'intolérance au lactose et pourtant, mes parents auraient dû se douter de quelque chose, depuis l'époque du Pélargon... Un lait acide prédigéré - et j'ai fait la même erreur avec mon fils...)

Il y avait aussi ce que ma mère appelait nos goûters Louis Quatorzième. Soit ma mère, soit mon frère, venaient me chercher à l'école, ou à la dislocation du "rang", selon ma demande, et quand nous rentrions, le goûter était prêt.

Des tartines, au chocho (choco-miel, ou kwatta, puis plus tard, au nutella), plus rarement à la confiture, et puis, pour moi, carrément au pâté "crème" ou avec des rondelles de saucisson. Je fermais les yeux, en humant le parfum de fumure, et je cherchais à revoir le château-fort de Bouillon, le vieux musée de la vie ardennaise, je songeais à Robin des Bois, au Sanglier des Ardennes, bref, j'étais partie et je rêvais. Pendant que mon frère racontait ses journées. Je ne sais pas si je racontais les miennes, étant la petite soeur, qui n'avait pas trop voix au chapitre, et qui, de toute façon, était persuadée qu'elle avait mal fait, au pire, ou le moins mal, au mieux.

Mais ma mère nous écrasait aussi des bananes, avec du lait et du sucre, ou préparait du pain perdu, plus rarement des crêpes - ça, c'était plutôt le soir, un souper "crêpes". Quand il y avait du "bodding", une spécialité belge (chez nous, c'était du pain trempé dans de l'eau, puis essoré, puis mouliné au passe-vite, et enfin, mélangé à des oeufs, du rhum, des raisins, et du sucre, puis cuit pendant une heure au four), nous en mangions jusqu'à satiété. On adorait.

J'ai un excellent souvenir de ces goûters et c'est vrai que nous les faisions durer au maximum, peut-être pour retarder le moment de nous mettre aux devoirs et aux leçons. Mon frère montait dans sa chambre, étudier, lire, rêver ou baîller aux corneilles (expression de mes parents), et moi, j'avais ma place au "living", je devais ranger livres et cahiers, faire d'abord les devoirs, puis étudier les leçons. Le plus dur, c'était le néerlandais et la religion, après les problèmes d'arithmétique, les tares, les charges utiles, et les prix d'achat ou de revient chez les commerçants...

Naturellement, quand mon père rentrait et que nous nous remettions à table pour "souper", je n'avais plus du tout faim. Mais après le souper, rituellement, je partageais une pomme avec ma mère "une pomme par jour, c'est la santé pour toujours", ou, en hiver, des marrons, que nous faisions griller sur une plaque, sur le gaz.

***

Les goûters de mon fils étaient plus folkloriques. Il se couchait par terre, devant la télé, avec des biscuits, de l'eau, son Morand (sa méthode d'orthographe), et il faisait le tout ensemble : les devoirs, regarder la télé, manger avec une main, jouer avec l'autre et chipoter encore sur ce qui se trouvait sur la table du salon avec un pied ou l'autre. Il a toujours été multi-tâches et malgré cela, récoltait entre 92 et 96% au bulletin (mais je veillais au grain).

Moi, cela me fait rire, qu'il adore chipoter à tout ce qui lui tombe sous la main, tout en parlant, encore aujourd'hui, sur le monde qui va comme il va, mais son amie trouve cette manière de vivre assez surprenante.

Et quand je goûte, aujourd'hui, je vais m'acheter un gâteau à 30% de préférence, au D***, et je mange carrément dans l'emballage, pour réduire la vaisselle, ce qui est un tort, car goûter pour goûter, autant le faire bien.

Et quand la Rose vient, nous buvons du thé, mais nous nous partageons le goûter... Dans l'emballage coupé en deux...

Composition Louis XIVème

 

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09 août 2017

Brèves en tout genre

Pensant toujours au comte de Monte-Cristo, je me suis demandé si on pourrait concocter une histoire dans le genre aujourd'hui. Voyons, un comte de Mortcerf (j'ai l'impression que je change toujours l'orthographe de son nom), sans problèmes. Il y a assez de politiciens qui pourraient endosser ce rôle.

Un banquier fou d'argent aussi. Bien qu'il n'y ait peut-être plus beaucoup de "banquiers uniques" aujourd'hui. A noter que j'en ai connu un et qui a fait banqueroute... (Je n'étais pas concernée directement).

Un magistrat comme Villefort, je ne sais pas. Les procureurs - les magistrats "debout" ne sont pas des tendres (même dans les simples affaires de divorce, ben voyons, pourquoi faudrait-il que les mères voient encore leurs enfants d'après eux?) mais je ne voudrais pas jeter le discrédit sur une profession durement touchée par les restrictions budgétaires.

Quelques canailles...

Et une prison - nous avons Lantin, Bruges (et je pourrais même recréer un abbé Faria...)

***

Bon, passons au quotidien maintenant :

Le livreur m'a apporté mon repas, très bon, comme d'habitude, en le laissant dans le hall d'entré car les sonnettes et la parlophonie fonctionnent une fois sur deux (c'est aussi très habituel),

Du coup, j'ai prévenu l'infirmière qui vient m'aider à m'habiller (et le reste), le tout fut expédié en cinq minutes.

Après avoir mangé mon repas, je suis allée à le quête d'un petit goûter à la grande surface près de chez moi. Il y a un magasin polonais qui vient de s'ouvrir où je me dis cent fois que je devrais aller, mais ça n'en vient pas.

J'ai envie d'une peluche du Delhaize... Et j'ai envie d'aller en ville dans un magasin bio que je connais où la feta est excellente.

J'ai finalement allumé la télé et je me suis endormie devant - je devais être fatiguée, mais je ne sais pas de quoi.

***

Je parle tout le temps du comte de Monte Cristo, mais peut-être que bientôt, j'aurai quelque chose à dire sur Jeanne Galzy, écrivaine montpelliéroise morte à 93 ans, dont j'ai commandé "Les allongés" (1919) prix Femina, et "Jeunes filles en serre chaude", sur son expérience et celle des jeunes filles qui "montaient" à Paris faire l'école de Sèvres et devenaient donc "Sévriennes". Elle est aussi l'auteur de la tétralogie "La surprise de vivre", ou l'histoire d'une famille protestante cévenole, les Deshandrès (alliés aux Parazol), le pendant peut-être plus "littéraire", moins romantique, et plus audacieux, plus "orienté", des Vernet de Mogador, d'Elisabeth Barbier.

Je ne sais pas si j'aurais aimé aller à Sèvres, qui n'existe plus d'ailleurs, mais j'aurais bien aimé être française et faire khâgne et hypokhâgne, mais après, qu'aurais-je fait ?

Je sais !

J'aurais adoré faire l'Ecole du Louvre.............................

Van Dongen, la blouse noire

Kees Van Dongen, La blouse noire.

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08 août 2017

Le comte de Monte-Cristo, la vengeance ou le pardon

Le comte de Monte-Cristo pose la question de la vengeance (mais est-ce une vengeance personnelle ou une manière de faire justice?) Justice soi-même, puisque la justice des hommes elle-même est ici mise en cause, à travers le personnage du procureur Villefort.

Et du pardon. Le pardon est-il possible? Quand quelqu'un vous dit "c'est pardonné, mais pas oublié?" pour moi, il n'y a pas de pardon, dans ce cas-là. Bien sûr, on n'oublie pas, on n'oublie jamais. Mais je peux essayer, je trouve, en ce qui me concerne, de ne penser qu'aux bonnes choses, aux bons souvenirs.

C'est facile avec certaines personnes, moins facile avec d'autres.

Ainsi, je refoule volontairement certains souvenirs liés à mon ex-mari. Je ne veux me souvenir que des belles années ou des bons moments. Et être contente qu'il est heureux, quelque part, dans son Beijing lointain avec Troisième Epouse. Et lui souhaiter longue vie, ne fût-ce que pour mon fils, (à moi aussi d'ailleurs et en premier lieu, parce qu'enfin, je suis là, moi, toujours fidèle au poste)...

Mais il y a quelqu'un à qui je n'arrive pas à pardonner. Et c'est quelqu'un qui a fait son apparition dans le monde virtuel. Je me dis qu'il faut arriver à vivre avec des gens comme ça - fût-ce virtuellement - comme s'ils n'existaient pas.

Il m'a écrit un jour ces mots, qui m'ont mise dans une grande colère : "le jour de mon enterrement, j'espère, de là-haut, voir toutes les femmes que j'ai aimées - ou qui m'ont aimé - pleurer ma disparition".  Il est encore bien vivant, hélas, malheureusement, les cancers en phase terminale, c'est plus souvent pour ceux qui n'ont pas fait de mal à une mouche... Enfin, c'est idiot ce que j'écris...  Personne n'est épargné et je ne crois pas à la justice immanente. Je n'irai sans doute jamais à son enterrement, par respect pour les siens, mais je le regrette, car je ne pleurerais sûrement pas.  Je ne serais pas contente non plus. Juste soulagée. Il y a des personnes qu'on voudrait savoir au bout de la terre.  Ce serait l'idéal.

"Onder de rug" me dirait la Rose. Oublie tout ça, dirait-elle.

Mais je voudrais bien pardonner, ou tout au moins, trouver la paix. La paix, je la trouverais si lui, un jour, me disait ces simples mots: "me pardonnes-tu le mal que je t'ai fait? " Alors, peut-être que oui, je pardonnerais.

***

Petruccio insiste auprès du comte pour qu'il essaie d'être heureux. Dans le livre, je crois qu'Edmond Dantès reste amer, sa vengeance accomplie. Dans le film de Josée Dayan, en somme, les coupables se sont punis eux-mêmes. Monte Cristo n'a fait qu'assembler les fils de la toile d'araignée dans laquelle ils se sont englués, victimes de leur pleutrerie, de leur cruauté, de leurs trahisons, voire de leurs crimes.

Comme Villefort qui fait décapiter une femme du peuple, seulement coupable d'avoir fait avorter des femmes, alors qu'il a lui-même enterré son fils adultérin vivant...

Ah ! Je me désespère d'écrire un jour un blogue léger, où je puisse parler des choses du quotidien, de manière heureuse et savoureuse, ou de n'importe quoi d'autre, de léger, optimiste, émerveillé, futile ou juste littéraire...

Mais, même quand je parle de littérature, je suis désespérément grave...

Ce serait plus intelligent de parler des polars urbains de Kate Millie, auteure bruxelloise o:))) Même s'il y est question du célèbre piétonnier du Centre Ville.

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Le comte de Monte-Cristo - A chaud.

Ooh, depuis plusieurs lundis, j'ai regardé trois des quatre épisodes du téléfilm de Josée Dayan, de 1998, " => Le comte de Monte Cristo".

(...) Un bout du premier avec mon fils, les deux suivants aussi. J'ai regardé le dernier épisode aujourd'hui et le reverrai encore avec lui. Et je viens de me faire le quatrième, c'est-à-dire le premier, complètement cette fois (très résumé).

L'intervention de l'Abbé Faria, dans ce château d'If, paraît un peu (voire tout à fait) irréaliste. Il n'est que de penser à Nicolas Fouquet, dans la forteresse de Pignerol, il y est mort au bout de vingt ans.

Le premier épisode va donc de l'évasion d'Edmond Dantès - après sa rencontre avec l'Abbé Faria, jusqu'au moment où l'armateur Morrel, père, meurt d'une crise cardiaque - après le sauvetage, in extremis, de son bateau, le Pharaon, et de son entreprise. Son fils, Guillaume (je ne sais pas encore comment) sera l'amoureux de Valentine de Villefort (mais je spoile, là). 

C'est une série avec une pléiade d'acteurs ex-traor-dinaires, Depardieu, et sa voix inimitable, avant qu'il ne devienne la caricature de lui-même. Il faudrait que je voie tout de même "Le colonel Chabert", et "Germinal", peut-être "Danton" aussi.

Cela prend aux tripes cette histoire.

Avec son fils, Guillaume, décédé et sa fille.

J'ai envie de lire le livre, mais lire de l'Alexandre Dumas aujourd'hui... Même le roman "Les Trois mousquetaires" que j'ai tant aimé, vers dix ans, j'ai eu du mal.

Naturellement, je sais que Josée Dayan a commis des trahisons. Et il est difficile de tout parfaitement resituer au niveau de la complexité politique : les pro-napoléoniens, les Blancs, les différents mobiles des traîtres, ceux qui sont pour la monarchie bourgeoise de Louis-Philippe, qui leur permettra de s'enrichir et tout ce qui se passe en Orient.

Les monstres : le procureur de Villefort et sa femme, Héloïse, la serial-killeuse, le traître Fernand Mondiego, alias le comte de Mortcerf... L'ignoble Caderousse.

Les bons : l'armateur Morrel, son fils Maximilien, Valentine de Villefort, Haydée (dont je ne perçois pas très bien le rôle),

Et peut-être mon préféré, le factotum, l'ami, le conseiller de Monte-Cristo, Petruccio,  incarné par (cliquez sur l'image).

Sergio Rubini - (c) Par Roberto Vicario.

Cliché Wikipedia.

Gérard Depardieu - le comte de Monte Cristo.

La voix de Depardieu, dans ses meilleurs moments, même mon fils dit que c'est une voix qui prend aux tripes. Nous n'aimons les errements de Depardieu ni l'un ni l'autre. J'ai quand même été contente quand il a reconnu que c'était un grand acteur... Parce que... Son père détestait Depardieu...

Nous n'étions pas d'accord à ce sujet, car moi, j'avais adoré quelques-uns de ses grands rôles du début des années 80 : dans "La femme d'à côté", dans "Le dernier métro", de Truffaut, et dans "Rive droite, rive gauche", de Philippe Labro, en 1984, le dernier film de Labro avec la musique de Michel Berger.

Mais aussi dans "Un pont entre deux rives", avec Carole Bouquet - rôle où il ne fut pas gâté.

07 août 2017

Le rempart de lumière...

Arbres. Arbres sans grande importance.

Qui absorbent et rendent la lumière.

Pelouse et eau. Un canal. Un immeuble en construction. Une grue. le soir.

A Bruxelles.

Le soir.

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06 août 2017

La tendinopathie et la jeunesse

Dimanche 30 juillet passé, jour anniversaire que je redoutais... Je me suis réveillée avec une épaule totalement bloquée et un bras qui faisait mal à hurler. J'avais de nouveau une tendinite. De l'épaule (une coiffe des rotators, ne me demandez pas ce que c'est!) J'ai déjà eu ça, il y a quatre ans, on avait fait une infiltration, j'avais pris des anti-inflammatoires pendant des mois, et fait de la kiné. J'avais tout récupéré, mais je savais que j'avais un tendon fissuré et calcifié (à l'épaule droite) et je suis droitière.

Une droitière gauchiste qui l'est moins qu'avant, on le sait. Le souci de l'écologie prend le dessus, enfin, je ne sais pas.

Cette fois, c'était infiniment plus douloureux. Tout le bras et les doigts faisaient mal. Je me suis littéralement shootée aux anti-douleurs les plus puissants que j'ai (sans grand résultat). Dormir était la seule solution. Le médecin ne pouvait même pas infiltrer tant c'était enflammé... J'ai été mise sous anti-inflammatoires canon, et mercredi, je suis allée aux urgences après une très mauvaise nuit.

On n'hospitalise évidemment pas une personne (même seule) pour une tendinopathie, mais une A.S. est venue et donc,

- j'ai une infirmière qui vient m'aider. C'est efficace et vigoureux. Et je porte une attelle (sauf pour l'instant).

- je reçois des repas à domicile, jusqu'au 15 août, parce que quand même, c'est chérot. Ce n'est pas mauvais et c'est pratique.

- demain, j'ai une AS qui revient pour une aide familiale éventuelle mais je ne suis pas très emballée.

Je reconnais que faire le bac du chat est un supplice et taper sur le clavier n'est pas évident, je vais donc faire court.

J'ai finalement été infiltrée vendredi et je sais un peu plus bouger l'avant-bras, en tout cas, les doigts et la main. Incroyable, je ne savais même pas me brosser les dents, ni porter un verre d'eau ni manger de la main droite.

Hier soir, quand même, deux vieilles amies blogueuses du temps de skynet sont venues boire une Orval chez moi. On a bien ri, en évoquant cette "époque épique" et différentes mésaventures... Notamment lors d'une maxi réunion dans un camping (de beaufs') à Oteppe en 2006. D'où je me suis enfuie (heureusement, j'étais venue avec une amie en qui j'avais une confiance absolue), pour des raisons assez obscures, celles qui m'ont fait quitter skynet et ses embrouilles.

Embrouilles qui se sont bien terminées, heureusement, puisqu'on se voit toujours, dix ans après.

Et puis, comme elles me demandaient de voir des photos... J'ai sorti mon paquet de vieux trucs, et elles ont poussé des Oooh! Et des Aaaah!

Eh oui, j'avais vingt-trois ans et c'était la plus belle période de ma jeunesse...

giens juillet 81

J'avais fini mes études, avec une belle mention, j'entretenais une correspondance amicale avec un de mes professeurs de l'Ecole normale - un poète belge qui m'avait donné un livre, pour me féliciter pour mon résultat. Nous avions tellement parlé de poésie et d'Odilon-Jean Périer...

(Aujourd'hui, il a une ravissante petite-fille de quinze ou seize ans, que ni lui ni son épouse n'ont connue... Une lycéenne parisienne)...

J'étais en vacances dans un bel hôtel de la Presqu'Ile de Giens (que j'ai revue en 2016). Avec piscine en bord de mer. Je lisais des tonnes de romans policiers et sentimentaux, et j'écrivais de la poésie. Et ma mère a fait un véritable "shooting" photos, au bord de la piscine.

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24 juillet 2017

Crupet - Bouillon - Orval - Rossignol, juillet 2017 (2)

Quand je suis à Orval, davantage encore qu'à Hurtebise, je me pose la question de la "vocation" monastique. Je suis fascinée. Mais le mystère humain me fascine.  Je ne me pose aucune question sur la vie sacerdotale (en réalité, elle ne m'intéresse pas, je la trouve même franchement rebutante, célibat imposé, refus de l'ordination des femmes, etc.), mais beaucoup plus sur le choix de la vie monastique. 

Comment ? Pourquoi ?

Qu'est-ce qui pousse des hommes et des femmes (de plus en plus rares, tout de même), et des jeunes, à embrasser l'état de moine ou de moniale? La "foi" sans doute, me répondra-t-on, mais cette réponse me semble courte, ou insatisfaisante, pour un état de vie aussi particulier. 

C'est une chose d'y résider quelques jours, en hôte de passage, et une autre d'y vivre en permanence.

Il y a la fraternité, oui, mais vivre avec les autres n'est pas facile. Des hommes ou des femmes très jeunes, avec parfois d'autres très âgé(e)s...

Les horaires sont contraignants. Les mâtines, les Laudes... 5 heures, 7 heures... En hiver, il faut traverser des couloirs froids. Parce que si on chauffe l'Abbatiale et les chambres, les lieux communs le sont moins. Et le froid, ce n'est vraiment pas drôle, même si on s'y habitue. Un jour, je parlais de cela avec un médecin, et il m'a répondu en souriant, mais quand ils ou elles sont malades, ils ou elles se soignent, et même quand quelqu'un a une dépression, il ou elle est aussi soigné(e).

Il y a sans doute des temps de "récréation", mais beaucoup d'offices, d'étude, de méditation et du travail agricole ou manuel. C'est même une obligation dans la règle de Saint Benoît.

Evidemment, il y a des aides extérieures (vu qu'il n'y a plus de frères ni de soeurs convers(es).

Quand j'étais enfant, et élève au Sacré-Coeur, j'éprouvais un respect mêlé de crainte envers les religieuses. Il paraît qu'il fallait appeler "Ma Mère", celles qui étaient entrées avec une "dot". Et "Ma Soeur", celles qui n'en avaient pas apporté, mais qui travaillaient de leurs mains. Ou qui géraient l'école. Je me suis souvenue longtemps - j'avais treize ans et j'allais quitter le Sacré-Coeur pour toujours, d'une soeur en tablier, portant un lourd panier de linge repassé et plié, et qui m'a demandé de l'aider. Je l'ai fait volontiers. Elle a eu un mot gentil pour me remercier, dans le genre bénédiction, mais cela ne m'a pas empêchée de mener ma vie à ma guise o;) et de pratiquer le "libre-examen" si cher à l'ULB, sans le savoir d'ailleurs.

Une attitude, qui m'a toujours paru aller de soi.

A Hurtebise, j'ai lu la biographie d'une Bénédictine (que j'ai connue, avec qui j'ai même parlé un jour), qui était entrée toute jeune au monastère - et pas par dépit. Qui avait encore connu la clôture... On en frissonne. Et qui, une des premières, a porté le pantalon.

Je me demande aussi ce qu'ils (et elles)ressentent réellement, tous les jours, lorsqu'ils (elles) répètent inlassablement les mêmes mots. Mais ce n'est peut-être pas très différent de nos habitudes, de nos rites à nous, que nous soyons seul, en couple ou en famille.

Que croient-ils?

Je me souviens de cet écrit de Thérèse de Lisieux, sur son lit de malade, ravagée par la tuberculose, où elle disait que par moments, c'était le "pire des raisonnements matérialistes" qui s'imposait à elle. Cette femme que l'on imagine jeune, pieuse et naïve, avec sa pluie de roses, un pur produit de son siècle, était une fille qui tenait des raisonnements d'athée. Après, continuer dans la voie qu'elle s'était tracée, et très jeune, c'était son choix. J'ai lu son autobiographie, mais j'aurais préféré la lire "décaviardée"...

Jadis, quand mes parents nous emmenaient visiter des abbayes, en passant, j'avais envie de prendre la fuite. Mon expérience du Sacré-Coeur était encore trop proche. Heureusement qu'ils ne nous ont jamais emmenés faire une retraite en famille... Je ne sais pas non plus si cela se faisait, à l'époque. Peut-être que cela m'en aurait dégoûtée à tout jamais. C'est beaucoup plus tard que le hasard m'y a ramenée, avec quelqu'un qui n'a d'ailleurs fait que traverser ma vie. J'ai passé deux week-ends à Forges (près de Chimay), et nous sommes souvent passés à Scourmont.

Nous nous sommes séparés, justement à cause de divergences culturelles et religieuses. J'étais trop laïque au goût de sa famille, et lui, je l'ai jugé assez sévèrement.

Il m'agaçait, avec ses certitudes...

vendredi 7 juillet 2017

Samedi 8 juillet, au matin.

"Arachnè, Princesse du Temps jadis"

Orval bis

Orval, le soir, vue sur une partie de l'hôtellerie.

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