Variations de regard

06 avril 2020

Le conte du lundi du Goût des autres...

C'est lundi, c'est le jour du conte... Par là: le Goût de autres...

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"Peu de monde, très peu de monde dans cette rue qui descend du Sacré-Cœur vers la place Saint-Pierre.
Je peux vous le dire, lectrices chéries, cette rue faite d’escaliers est la rue Paul Albert.
Mais où va cette femme qui les descend sous la pluie?
Quel devoir ou quelle aventure la mène?
Qu’est-ce qui la pousse à sortir alors que, dans tout le pays, chacun est appelé à rester chez soi?"

Eh bien, si c'est une des héroïnes de Barbara Cartland, "La nymphe de Montmartre", elle n'a pas trop le choix.

Et qu'on me pardonne de parler de Barbara Cartland, mais en période de confinement, il ne faut pas trop exiger de ma pauvre cervelle "spoïtchéé"...

Appelons-la Lily, je ne me souviens plus de son pénom, elle doit quitter son couvent italien, où sa mère l'a envoyée faire ses études. Sa mère est décédée, son père vit seul à Paris, et il a décidé de la rappeler près de lui. Si sa mère était une jeune fille de la bonne société anglaise, son père était un cadet de famille, qui avait vaguement été militaire, puis avait tout abandonné pour la peinture. Tant qu'ils vivaient en Angleterre, cela pouvait aller... La jeune fille avait un bon souvenir de la vie dans un cottage, avec son père qui peignait et sa mère qui faisait bouillir (au sens propre) l'eau de la marmite.

Notre héroïne, d'une beauté toute virginale, pieuse jeune fille de dix-sept ou dix-huit ans, quitte donc sa pension italienne et arrive, au XIXème siècle, à Montmartre, dans une ruelle plutôt mal famée. Elle arrête le coche, pénètre dans l'immeuble vétuste où habite son père, pénètre dans l'atelier et y découvre un chaos incroyable: saleté, toiles bâclées, criardes, monstrueuses, vaissselle sale empilée dans l'évier, bref, le bordel total. Elle n'a pas vraiment le temps de s'appesantir car survient un personnage étrange, qui la détaille de haut en bas, et qui se présente comme le vendeur des toiles de son père. Il lui apprend que son père est mort, qu'il n'a laissé que des dettes, qu'il va essayer de vendre ce qui est vendable... Et il écoute son histoire. D'abord méfiant, il finit bien par admettre qu'elle peut être la fille du peintre.

Dans son esprit tortueux germe alors une idée machiavélique. La jeune fille est suffisamment faîche et jolie pour servir des plans diaboliques. Il va la proposer comme hum, disons, compagne d'un soir, à un noble anglais passablement viveur, dandy, etc. Riche, noble, jouisseur, égoïste, buvant sec, collectionneur de tendrons et de prostituées, mais pas trop quand même, avec, à ses trousses, une meute de "clients" qui lui collent aux basques.

S'ensuit une présentation de la charmante jeune fille au duc richissime et une sortie à quatre avec le vendeur de tableaux, vaguement galeriste et une femme de petite vertu, qu'il a amenée pour parfaire l'atmophère. Puis une soirée dans les cabarets de Montmartre, et celui où officie la Goulue.

Je ne sais plus trop comment le duc, intrigué par la culture de la jeune fille (mais pensant toujours que c'est une prostituée débutante) file avec elle et lui offre l'hospitalité dans son hôtel. Elle s'y sent bien, s'y promène, et regarde tableaux, dessins et estampes d'un oeil expert - elle a été bien éduquée dans son couvent romain... Le duc étonné, écoute son histoire, toujours dubitatif, mais accepte de la prendre comme "secrétaire" (bien qu'il ait déjà un homme de confiance)...

Tout se passe assez bien, ils vont au Bois, dans un restaurant, il lui fait découvrir Paris et tombe petit à petit sous son charme, évidemment!  Ce n'est pas vraiment ce que le marchand de tableaux (qui est aussi une sorte de souteneur) a prévu... Bien qu'il vienne vendre au duc le reste des tableaux du peintre. De toute manière, la seule chose qui l'intéresse, c'est d'être grassement rétribué pour ses différents services.

Et sur une impulsion, notre héroïne décide de retourner à Montmartre, dans le chaudron du diable, à l'atelier de son père, pour retrouver quelques toiles et les vendre pour avoir un peu d'argent. Mal lui en prend, le galetas est déjà occupé par un véritable cuistre, un peintre du diimanche, qui veut la prendre comme modèle et puis la violer.

Mais heureusement, le duc arrive sur son cheval noir (pourquoi noir?) dans les ruelles et les escaliers de Montmartre et vient la sauver in extremis... Entretemps, on lui a proposé d'être vice-roi d'Ecosse... Que faire? Après moult aventures (où la nymphe manque de se faire écharper par un cousin du duc, lequel flanque son cousin dehors à coups de pieds...) - elle retourne à l'hôtel du duc, promet de ne plus jamais s'enfuir, reconnaît qu'elle l'aime et accepte de se marier - sauf qu'elle ne veut pas être une entrave à sa carrière. Et lui péfère la jeune fille à sa carrière (tu parles!)

Sur ces entrefaites, le vendeur de tableaux revient avec un courrier providentiel, d'un avoué londonien, qui recherche désespérément les enfants du peintre X. C'est-à-dire, notre héroïne. Elle est la seule héritière d'un vieux nom de l'aristocratie anglaise... Elle pourra donc épouser son duc et ils seront vice-roi et vice-reine d'Ecosse.

Voilà à quoi cela mène de courir dans les rues de Montmartre, quand on ferait mieux d'être prudente...

barbara cartland

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01 avril 2020

Au quotidien...

Bruxelles est étonnamment silencieuse... Comme lors d'un dimanche sans voitures, dirais-je. Au point qu'on entend les gens se parler de balcon à balcon, et les jeunes jouer sur le terrain de foot. Mes voisins du 8ème sont chez eux car j'entends tout ce qu'ils font (quand ils prennent leurs repas, se lèvent la nuit, vont aux toilettes, etc.) L'ascenseur me semble être moins en mouvement.

Hier, je suis allée à la pharmacie où une vieille personne du quartier était allée, visiblement désorientée, au grand dam de sa fille... Il (c'était un homme) était confus, jusqu'au moment où une ambulance est arrivée pour le prendre. La pharmacienne était près de péter un câble. Je les comprends. En temps normal, il y a déjà du monde, alors maintenant.

L'autre jour, j'ai fait mon "gâteau aux  pommes" - version mélange de farine blanche et de farine de lupin (avec une banane en plus). J'ai tout coupé et mis à congeler. Il faut que je cuisine o:) et donc, que je range... Je me suis surprise à laver mes oeufs, avant de les casser dans une tasse. Ce que je ne faisais jamais (peut-être à tort!)  Je lave aussi ma racine de gingembre, que je râpe un peu dans tout (parce que j'aime le gingembre).

J'ai  une amie qui est venue déposer un pain et de l'eau... C'est assez amusant, elle est sympa et habite la commune - c'est une vraie Anderlechtoise, une vraie de vraie, que j'ai rencontrée sur les groupes Boch. On trouve toujours des choses à se dire. C'est quelqu'un de très communicatif. Sinon, je ne fais rien de transcendant, à part penser (je pense vraiment beaucoup... Surtout quand je "colorie au numéro"...)  Tiens, un voisin tape à coups de marteau. Ce serait le moment idéal pour écrire un roman...

Pour la recette du gâteau aux pommes, d'instinct, je reprends le livre de cuisine qu'on utilisait à la "maison" - le livre de "tante Léa" (c'était un pseudo)... Que mon père avait offert à ma mère. Dont le plat vedette était des pâtes aux pilchards (c'est-à-dire des sardines à la sauce tomate). Le pauvre... Lui qui était gourmand et cuisinait très bien, il valait mieux qu'il s'occupe lui des menus.

Le samedi après-midi - ou le dimanche - pendant que mon père regardait la télé et que ma mère faisait une "sieste" avec un livre, je prenais un livre de cuisine et je préparais un goûter. Gâteau au pommes, quatre-quarts, crêpes, gaufres ou beignets aux pommes... En tournant dans ma pâte, je me demandais si le futur homme de ma vie existait quelque part, et si je ferais un jour des gâteaux chez moi, dans ma propre maison. Eh bien voilà, maintenant, je fais des gâteaux pour moi (et d'éventuels visiteurs - mais actuellement, c'est une denrée rare...)

Je regarde des téléfilms, des films, (Colette, l'autre jour, avec Keira Knightley)... Des JT...  Bref, je confine.

Ou encore: aujourd'hui, Rien, aurait écrit Louis XVI.

Et chaque jour à peu près, vers 17 heures, mon fils, le petit et moi - et parfois ma belle-fille - conversons en vidéo sur whatsapp... Voilà comment j'ai des photos (captures d'écran) du beau petit Eric... Qui a eu son deuxième round de vaccins aujourd'hui. Roulez! Jeunesse...

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Mars 2020.

Hier, ou avant hier,  une jeune Gantoise de douze ans est morte après trois jours de maladie. 

De même,  récemment,  une jeune femme de trente ans.  Et je ne parle que de la Belgique ici.

Le Covid 19 revêt parfois des formes extrêmement vicieuses.

Il n'y a pas de recette miracle pour traverser cette difficile période de pandémie mondiale. 

J'éprouve néanmoins toujours un sentiment d'irréalité... 

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Tableau de Marion.

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28 mars 2020

D'un côté et de l'autre...

Ici comme ailleurs, une partie de la vie semble suspendue... Les élagueurs ont quand même trouvé le temps d'élaguer, et les jardiniers de tondre le terrain de foot - où quelques jeunes jouent encore au foot, mais de plus en plus rarement, me semble-t-il. Disons plus rarement que le week-end dernier. Il me semble pourtant que ce n'est pas vraiment une industrie indispensable - l'élagage.

Pour peu que nous ayons un été torride, cela promet. Je n'escompte pas de plaisir. Je voudrais simplement qu'il y ait moins de déplaisir...

Pour le moment, je n'arrive pas à sortir, il faudra bien que je finisse par le faire, mais il m'est de plus en plus difficile de faire ce que je dois faire, comme il m'est impossible, la plupart du temps, de parler... Je ne me sens pas la force de suivre une conversation téléphonique. Pour une fois, je me sens incapable d'écouter et de suivre les méandres d'une conversation. Je ne vois donc plus personne, je n'ai pas de jardin, pas de terrasse, enfin, si, j'ai une terrasse, j'y dépose ma poubelle en attendant d'avoir le courage de la descendre.

Et après tout, je ne sais pas si je sortirai... Pourquoi ? Je ne sais pas comment je ferai quand je n'aurai plus à manger. C'est tout.

J'ai vu mon fils et mon petit-fils une ou deux fois sur whats'app... Comme beaucoup sans doute. Le confinement est prolongé jusqu'au 19 avril, mais il n'y a pas vraiment grand-chose de prévu pour les personnes isolées. Dans des cas pareils, on devrait pouvoir "confiner" chez quelqu'un...

Mais plus on parle de solidarité, moins on la pratique. Il suffit de voir toutes les malversations actuelles... Je ne me suis d'ailleurs jamais fait beaucoup d'illusions à ce sujet et m'en fais encore moins. Plus pratiquement, je suis terrorisée à l'idée de devoir aller dans un magasin. J'ai peur de craquer.  Il est vrai que nous avons tous été pris de court.

Je me demande quand et comment nous sortirons de cette crise... Surtout quand je mesure - de plus en plus - l'ampleur de la catastrophe. Même si le discours des autorités belges est plutôt rassurant et s'il y a une bonne part d'actualité encore branchée sur nos histoires belgo-belges...  Je ne sais pas non plus comment j'en sortirai, et l'envie de voir tout ça m'a déjà quittée...

Je ne reste en vie que parce que, pour le moment, je ne sais pas faire autrement, et j'en suis bien marrie .............................  

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tgv médicalisé - capture d'écran SNCF.

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D'après Michel-Ange

"LA PIETA"

J'ai voyagé sous le ciel d'Italie

C'est là, dans la torpeur de midi

Qu'à l'ombre des vastes bâtiments

Eblouie

Je me suis arrêtée

 

Du hangar où régnait la fraîcheur

M'atteignaient l'alternance et le choc

De la masse et de la pointe qui,

Rythmiquement,

S'attaquent au coeur du marbre

 

Marbre blanc d'élan pyramidal

Cime suraiguë des parois tièdes

Socle large et sinueux des rocs

Entrevus

Dans la carrière aveuglante

.

Ai-je été la visiteuse qui s'intéresse

Assistante et soeur insoupçonnées

D'un dos ployé   D'une ombre attentive

Absorbée

Dans la naissance de l'image

.

Et qu'ai-je emporté, loin du ciel d'Italie,

Du fruit de cet esprit   De sa dextérité

Moi qui voudrais offrir toute la compassion

Nimbant

De transparence

 

Le si patient visage de la blanche Pietà

***

J'ai écrit ce poème en 1996. J'étais plongée dans un album de T. Life - "Michel-Ange et son temps"...  J'avais un petit coin dans ma chambre, entre la garde-robe et une rangée d'étagères. J'écoutais de la musique et j'écrivais. A ce moment-là, je n'avais pas d'emploi fixe dans une association ou une entreprise, mais je donnais des cours d'expression écrite à des fonctionnaires d'un ministère fédéral. J'aimais bien mon travail, qui m'obligeait cependant à des déplacements à Mons ou à Eupen. Je ne sais pas si j'aimais particulièrement Michel-Ange (et certainement pas son David - sculpté à 26 ans, paraît-il...) mais voilà, j'ai donc écrit ce poème, et il se trouve encore sur un site de poésie... Je ferais bien de copier/coller mes textes avant qu'il ne disparaisse totalement (le site).

C'est pour cela que j'aimais bien passer quelques moments dans la cour des sculpteurs, à l'Ecole des Arts. Certes, les oeuvres abstraites en tôle ondulée ou en métal rouillé ne m'inspiraient pas beaucoup. Mais j'aimais bien le petit jardin sauvage, les blocs de pierre, le bruit des coups de burin... J'aimais bien...

Aujourd'hui, je me demande où nous en sommes...

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Michelangelo - Pietà Rondanini (c) wikimedia.

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19 mars 2020

"Le" scoop du confinement...

Eh bien, je peux bien l'avouer... J'ai tenu un ou deux blogs érotiques. Pendant un laps de temps déterminé.

Oui.

Je les ai effacés. J'avais pris comme pseudo "Arignota" ... Inutile de faire une recherche google, ils n'existent plus depuis très longtemps. Je crois que c'était en 2007 ...................

Et après tout, on s'en "fout" o:)))

Si. On peut juste faire une recherche, parce que Arignota, c'est un personnage de la poésie de Sappho. Mon professeur de grec nous avait fait écouter un disque Alpha, en rhéto, en 1976, avec des poèmes en grec ancien et en français, chantés par des rhétoriciennes belges. Il y avait le poème "Arignota" et je le trouvais très très beau...

C'est comme cela que j'ai découvert aussi les odes anacréontiques grecques que j'ai adorées... Qui n'avaient rien d'érotique.

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La guerre...

Combien de fois mes parents ne m'ont pas parlé du rationnement et du marché noir... Du boudin avec du tissu, d'un pâté gras sans pâté... D'une fièvre aphteuse... D'une épidémie de "croup"... De diphtérie. C'est à l'enterrement d'une de ses amies que ma mère a vu "sa première bombe volante"... D'un pain pas nutritif, couvert de saindoux, à tel point que les cheveux ne dégraissaient plus. Des laitues montées en graine... Des poules qu'il fallait rentrer en hiver ou quand il gelait (et ma grand-mère essayait de mettre de la vaseline sur leurs crêtes...)  Bref... Impossible d'élever des poules ici, juste des araignées, des poissons d'argent - et pourvu que les cafards (kakerlakken) ne refassent pas leur apparition .............................

Ne plaisantons pas, la guerre, c'était terrible .............. J'y pense souvent.

Mais c'est plus fort que moi, quand j'ai vu au JT des gendarmes ou des policiers allemands demander à des automobilistes (à Kiel? Bref, sur le pont entre Strasbourg et l'Allemagne) pourquoi ils venaient en Allemagne, je me suis dit qu'ils avaient de la chance de ne pas avoir affaire à moi. J'aurais répondu "la même chose que vous en 40........................."

Bon. Bref, c'est mesquin................

Mais je ne suis pas parfaite, cela se saurait... A propos de la guerre, j'ai regardé un documentaire (j'ai le temps de liquider mes enregistrements) sur un groupe de lycéens résistants - qui a été dénoncé par un des leurs en 1944. Ils sont presque tous morts fusillés. Puis il y avait un autre documentaire sur les "espions" (informateurs) belges venus de Londres... Mais je n'avais pas tout l'enregistrement, j'ai loupé une partie. C'était intéressant...................

Sans compter cette histoire de "profiteroles au chocolat" que ma mère a voulu acheter et manger, un peu avant la guerre, mais sa soeur (ma tante), qui faisait toujours régime, n'a pas voulu les acheter. Un peu après, c'était le 10 mai 40. Elle a pensé à ses profiteroles pendant 5 ans - voire plus, puisqu'elle m'en parlait encore dans les années 60. Du coup, elle n'a jamais instauré les repas de carême, dans mon enfance, car elle estimait que tout le monde avait jeûné pendant 5 ans, et qu'elle avait jeûné jusqu'à la fin de ses jours. Je crois aussi qu'elle n'aimait pas les macaronis à la cassonade... Je pourrais peut-être essayer? Par miracle, j'ai non pas des macaronis, mais des petits penne...

Le plus drôle est qu'elle se croyait boulimique alors, qu'en réalité, elle était anorexique. Et un jour, je le lui ai dit...

Mince, j'ai faim ! Mon repas fruits est loin...

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Posté par quartzrose à 18:37 - - Commentaires [7] - Permalien [#]

En confinement...

Comme tout le monde, je suis passée en mode confinement. Cela ne me change pas beaucoup de ma vie à d'autres moments, si ce n'est que...

Il n'y a plus académie,

Il n'y a plus "club", ni petits cafés + crêpe, ni glaces (la dernière - et d'ailleurs la première... ce fut le 7 mars...) ni petit resto, ni musées, on ne peut pas s'asseoir sur un banc dans un parc (si on a mal "partout") mais il est recommandé de faire du sport ??? Je peux chanter (faux) et taper sur mes casseroles et mes poêlons à partir de 20 heures, le genre de truc que je trouve débile... Enfin, soit.

Je peux marcher un peu avec la Rose... C'est la seule qui viendra encore ici (qui essaiera), d'autres amis devraient prendre les transports en commun, or, la contagion du coronavirus semble vraiment sérieuse... Donc, il ne s'agit pas de plaisanter. Les magasins sont tous fermés, hormis ceux d'alimentation, et je n'ai pas envie de faire la queue (qu'aurais-je fait pendant la guerre?) Il faudra bien que je me décide, si j'ai envie de glace... Ou que j'en fabrique moi même en mixant des fruits... Et du sucre.

Plus de volailler le vendredi. Mais les jardiniers continuent de sévir pour rogner les arbres (ils ne laissent que les troncs, on va encore crever cet été, quand il fera 42 degrés...)  bref, je suis de mauvaise humeur.

Enfin, j'ai commandé trois repas à domicile... Je vais les faire durer le plus possible. Je ne me sens pas de faire la queue au Delhaize. Il y a des magasins turcs et polonais, je ne suis pas encore allée voir, depuis l'entrée en confinement, hier midi.

Il est difficile de prendre ce genre de choses sereinement. Mais je fais comme tout le monde. Enfin, tout le monde met de l'ordre, mais j'ai encore moins envie de mettre de l'ordre chez moi qu'en temps normal. Faut-il m'habiller, puisque je ne vois personne? De temps en temps, je devrai évidemment descendre une poubelle...

Bon, je téléphone... Et on me téléphone.

Je suis tombée sur un article de la semaine du 1er mars... Avant le "coronavirus", rassurant, lénifiant, alors que je suis convaincue que la maladie était déjà là. On ne contrôlait que les personnes qui venaient de Chine, alors que la maladie avait déjà essaimé en Asie, et que l'Italie était déjà touchée.

Sinon, eh bien, je m'occupe comme je peux... En espérant que mon frigo ne tombe pas en panne... Que personne ne tombe malade, bien sûr. Bref, que ça s'arrange .............................

Qu'aurait dit mon ex-ami Bernard - le dessinateur de BD, s'il avait vécu ça? Lui qui vivait scotché à sa télé, dans la cuisine, avec ses carnets de dessin, et, hélas, ses verres de vin... Qui ont fini par le tuer...

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05 mars 2020

Brèves

Dimanche passé (jour de fête des grands-mères, paraît-il), je suis allée pour la première fois, ta da daaaâm, en excursion à Ouaterloooôoo...

J'ai pris le bus De Lijn... Je me suis racheté une Key Card (10 voyages SNCB à courte distance), j'ai pris le train pour Braine l'Allleud (15 min de trajet direct, ce n'est rien du tout!) et mon fils est venu me chercher à la gare... C'était la toute première fois de notre vie - à tous les deux que 1) il me véhiculait... 2) je montais dans une voiture autre que celle de la Rose... Il n'y a pas encore tous les petites améliorations, musique à volonté, bonbons sans sucre, pièces de monnaie pour les parcmètres, jetons pour les chariots de grande surface... Listes diverses, Bar dans le coffre... Il y avait quand même deux petites bouteilles d'eau dans le vide-poches de mon côté et un pack de lait dans son coffre o:)

Ma belle-fille surveillait le petit (3 mois le 10 mars!) installé dans son relax, qui (le bébé, pas le relax), secouait ses jambes dans tous les sens, regardait de tous les côtés (ça va, ma tête a eu l'air de lui plaire!) et nous souriait. On lui parlait et il gazouillait. Il a toujours d'immenses yeux bleus qu'il promène dans tous les sens (s'il pouvait, il tournerait son cou à 90 degrés)... J'ai rarement vu un enfant aussi vif, aussi curieux. A part son père! Il ne dort d'ailleurs pas beaucoup cet enfant-là.

C'était une superbe journée et, pour une fois, il ne pleuvait pas à verse. Il s'est endormi dans la voiture, pour retourner à la gare o-) et j'ai eu mon train tout de suite... Et un bus tout de suite aussi.

Danielle Steel et le roman sentimental.

A part ça, je ne fais pas grand-chose. A part avancer dans ma pile de Danielle Steel gratuits (les sortis des réserves de la bibliothèque), et j'ai mes livres préférés maintenant (Zoya, Plein ciel, Traversées, ...)  Ce n'est pas de la haute littérature (et dire que je n'ai jamais lu ça dans les années 80!), mais ça se laisse lire, l'écriture est très fluide, et la narration coule au bon rythme. On y boit du champagne (comme moi de l'eau citronnée), on y "sirote son café", les femmes deviennent pilote de chasse, galeriste, peintre, réalisatrice, quoi encore ? Et c'est un monde où l'on n'a pas vraiment de problèmes d'argent (ou, si l'on en a, comme Zoya qui tire longtemps le diable par la queue), on finit toujours par s'en sortir.

{{ Avec mes livres, les photos de porcelaine qui me font rêver... d'autres petites choses, les films et séries - et émissions que j'enregistre (il y a eu un film sur le personnage de Zénon (de Yourcenar), que j'ai regardé et apprécié, mais je n'aimais pas trop la musique (trop moderne - on aurait dit "un pinson qui a la colique" ) comme disait ma mère à propos des Pink Floyd (quel crime!) Ils auraient pu mettre de la musique de la Renaissance, mais ce n'est évidemment pas simple à trouver... Quand même. }} Bref, avec tout ça, je devrais pouvoir gagner le 21 mars.

La vie d'une collectionneuse...

Sinon, j'ai trouvé des assiettes profondes (4) Duchesse, avec cachet brun, dans une farfouillerie, et j'ai donc mangé mes derniers spaghetti dans du Boch Duchesse.s ... Je deviens calée en faïence et en porcelaine... Pas autant que d'autres, mais bon, j'ai des goûts éclectiques aussi (j'aime plusieurs services Boch - fleurs de Saxe, Carlotta, Copenhague, ça, c'est pour mon fils et ma belle-fille... Pastel... Grand Bouquet, je ne sais pas trop...) - j'aime aussi le Royal Doulton 1815, très contemporain, vraiment magnifique... Mais ce n'est vraiment pas facile à trouver. J'aime bien Petrus Regout aussi, et, d'une manière générale, je flashe sur le vintage des années 50-60.

le motif Duchesse

Au mois de mai, normalement, je vais m'installer sur une brochante, à Elewijt, avec une voisine collectionneuse, et je verrai ce que je peux 1) mettre en vente et 2) vendre réellement.

C'est aussi très amusant de rencontrer des personnes qui vendent des objets. Un couple sympathique, par exemple, qui habitait une maison très Art Nouveau magnifique, près de la Basilique... Et qui vend la maison (et son contenu) pour aller vivre en Angleterre - où leur fils s'est établi... Ils étaient vraiment très sympathiqueS (leur maison aussi... Avec des vitraux à pâlir d'envie). Ceux qui vendent une bibliothèque Vintage, des livres... Qui vident des appartements (ça, c'est moins drôle...) 

Je dois le mettre en ordre, le mien, il y a de la vaisselle et des livres partout, partout, partout...

Et de la musique.

Et quelques cas de coronavirus en Belgique.

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06 février 2020

Racontez votre vie...

Conversation avec mon ...

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Hier, fin de matinée.

De temps en temps, il étouffe un baîllement discret, parce qu'il a des journées de dingue... Il ne me reste que l'humour pour le surprendre. Je vais donc en user largement.

Déjà, je lui parle des téléfilms que je regarde en différé : "dans les griffes de mon coach" ; "dans les griffes de mon professeur" ; "dans les griffes de ma voisine..." ; "dans les griffes de l'élève le plus populaire du lycée"... Il se demande ce que c'est. Je lui explique que ce sont des téléfilms sur les mécanismes de la séduction perverse et de l'emprise. Souvent, cela finit bien, mais in extremis... Parfois, cela finit mal et c'est nettement moins gai. Il a l'air bien étonné. Je dis que la télévision veut peut-être éduquer les jeunes, mais qu'à l'heure à laquelle ces films sont diffusés, ils sont censés être à l'école. Quoique, au jour (o;) d'aujourd'hui, je vois plus de jeunes dans les rues qu'à l'école... (Je vieillis mal, soit...)

Passons.

Donc,

- Je dois raconter ma vie en roman photo...

- Ah! Mais c'est bien ça !

- oui mais bon, ma vie, je la connais, j'en ai marre de raconter toujours la même chose...

- Imaginez alors !

- Je n'ai pas d'imagination...

Il m'interrompt et me regarde par-dessus ses lunettes: ça, c'est une pensée bloquante. Vous vous imaginez ?

- Oui, mais je ne sais pas écrire de romans. Je ne sais écrire que des articles, des essais et des dissertations... (Je n'ai pas pensé à le lui dire, mais c'est même pour ça que les Ecrivains belges ont refusé ma candidature... Mon travail ressortait plus du journalisme, selon eux. En plus, j'avais publié dans la laïcité organisée, péché mortel...) Mais heureusement que je n'y ai pas pensé, c'est une "pensée NEGATIVE"...

Soit. Il me démontre que j'ai tort (ne pas écrire de romans n'est pas synonyme de manque d'imagination, selon lui), et il a raison. Mon fils m'a aussi parlé du danger des prédictions auto-réalisatrices (ouille!)

- Bon, imaginez autre chose alors.

- Eh bien, j'aurais épousé un banquier... Ou (je pense un médecin, mais il risquerait de se dire que je lui fais un appel du pied, ce qui n'est pas le cas). Un prof d'unif - et puis non, j'ai déjà eu un prof d'académie (en piètre état, en ce moment, le prof d'académie). Ou alors, un marin! Ah! Un marin, ça m'aurait plu, et j'aurais voyagé sur les mers en Cargo. Ca, j'aurais adoré (voyager dans l'odeur du fuel et du poisson... Eviter les pirates, etc. etc.)

- Ou à Rome - dans la Rome antique... J'aurais "épousé" Lucrèce, tiens. Non, mieux... Ca - je ne lui ai pas dit, j'aurais ETE Lucrèce... Et j'aurais composé des vers sur une colline napolitaine. En contemplant la Méditerranée.

J'ai oublié de préciser qu'un gentilhomme-fermier m'aurait plu aussi.

Là-dessus, on s'est dit au-revoir et il m'a ordonné de retourner à l'académie.

Résultat, ce soir, je dois assister à un exposé sur un projet de logo pour un lavoir social dans ma commune. Ce n'est pas emballant, et je me demande "pourquoi un lavoir social?" alors qu'il y a tellement à faire dans cette commune (classée Seveso). Mais après tout, peut-être que c'est nécessaire. Je cherche des idées... "Tu es mon lavoir social superbe et généreux..."  Je pense aussi aux Roms et je me demande où ils lavent leurs vêtements. Je sais déjà où ils déposent leurs immondices. Puis, je pense à  une dame Rom que j'ai vue hier et je me demande si elles sont aussi parfois victimes de violences conjugales (nul ne le sait). Je fais quelques recherches, mais internet n'abonde pas en articles sur la question...

A creuser, donc, pour le moment, notre féministe nationale de choc bruxelloise milite contre la violence infligée aux femmes transgenre (s'entend, aux hommes devenus femmes, quelle drôle d'idée, enfin soit). Et pour que les féministes militent pour TOUTES les causes.

- Là-dessus...

Et puis non, j'en resterai là.

(...)

Posté par quartzrose à 14:22 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
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