Variations de regard

20 novembre 2016

Dimanche 20 novembre, manger, boire, fumer, respirer, consommer.

Aujourd'hui, 20 novembre, jour de la St Verhaegen (Théodore Verhaegen fut le fondateur de l'Université Libre de Bruxelles, laquelle se trouvait dans le centre - ville, enfin, déjà en hauteur, à mi-pente entre le centre et le Coudenberg et le Blindenberg, rue des Sols, avant d'émigrer dans l'avenue des Nations, qui deviendrait avenue Franklin Roosevelt).

Et je ne manquais pas de demander, à chaque passage dans "l'avenue des Nations" comme disaient encore mes parents, "Ah, et est-ce que j'irai à l'université un jour?"

J'ai mangé presque comme d'habitude sauf qu'exceptionnellement, j'ai fait des gaufres. Elles n'ont qu'une vague ressemblance avec les gaufres au speculoos que j'ai faits, et qui étaient à tomber, mais elles sont mangeables. A la poudre de noisette, avec de la cannelle et du miel.

C'est quand même un peu sec.

Qu'est-ce que je vais boire avec ça? Il faudrait du cidre ou un thé au gingembre.

Le vent s'est calmé, je ne dirais pas qu'on respire, mais le vacarme autour de l'immeuble s'est estompé.

Je vais bientôt, eh oui, voilà qui nous fait retomber dans le trivial, faire sécher une lessive. Du coup, je vais humer l'humidité et la chaleur qui se dégageront de la cuisine.

Le scoop du jour : quel est le premier paquet de cigarettes que j'ai acheté dans ma vie ?

C'était un paquet bleu, avec des nuées et une femme en noir qui dansait.

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Chez "Lali", En vos mots... Variante.

C'est chez Lali, comme chaque dimanche, dans la rubrique "En vos mots".

Cette fois, Lali nous offre un Félicien Rops.

ROPS-Félicien-2

L’incunable restait souvent ainsi, immobile sur ses genoux, arrêté à la même page.

Et c’était lui-même, qui, de sa baguette de sorcier, recréait des soies rouges, des hennins démodés, un visage rieur, des yeux bleus, des lèvres pleines, des joues de velours, des épaules soyeuses et des bras pour se saisir du bel objet qui passe.

Les mains de la femme se faisaient agiles, avec ses ongles de coquillage, la taille était arrondie, le ventre de lait se tendait, et le triangle secret l'appelait lui, happé par sa chair silencieuse et ses seins de reine.

Tout cela qui fait naître et module le murmure secret de la créature…

Un murmure de rivière et de fleuve, qui emplissait ses oreilles, sa tête, la salle, la tour, le château, le Comté…

Un vacarme de Sambre et Meuse en déroute, un ouragan de jouissance.

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17 novembre 2016

Les gobelets verts "Byrrh" et "Le chapeau de Vermeer"

L'histoire des gobelets publicitaires Byrrh (placés en cercle sur un napperon de dentelle et flanquant le carafon assorti) de mes grands-parents paternels illustre bien la thèse de Timothy Brook, dans son essai de 2010, "Le chapeau de Vermeer", (Paris, Payot, 2010, 304 pages).

Et plus particulièrement une des thèses du chapitre V, basé sur une analyse du tableau La liseuse à sa fenêtre, peint en 1661. Dans ce livre, Timothy Brook analyse plusieurs tableaux de Vermeer pour brosser un portrait socio-économique des Pays-Bas au XVIIème siècle, ce fameux Siècle d'Or dont les merveilles se laissent voir au Rijksmuseum. Un des plus beaux musées d'Europe disent certains.  Je n'en connais pas suffisamment pour pouvoir comparer (encore que, outre les musées de Florence, j'ai "eu" le Louvre, mais il y a bien longtemps, le musée d'Orsay, de Cluny, la National Gallery + la Tate Gallery et le musée des Beaux-Arts de Vienne, c'est un début).

Mais je le reconnais, dans son genre, il est unique.

liseuse

Vermeer de Delft, la Liseuse à sa fenêtre

Le plat à fruits de Delft sert de prétexte à un exposé sur l'importation, la fabrication et l'usage de la porcelaine et de la vaisselle aux Pays-Bas, à cette époque. Au pourquoi des motifs de couleur bleue sur fond blanc - qui ont perduré jusqu'à notre époque et pas qu'aux Pays-Bas d'ailleurs. Aujourd'hui, on sert n'importe quel mezze sur un plat de céramique blanche et bleue, etc. Etc. Timothy Brook souligne et c'est cela qui m'a le plus impressionnée, le fait que grâce aux naufrages de plusieurs vaisseaux de la V.O.C. (la Compagnie des Indes néerlandaises - la Verenigdige Indische Oost companie), on a pu retrouver des caisses entières de vaisselle et des objets usuels qui allaient arriver aux Pays-Bas (parfois même presque à l'arrivée, dans les eaux néerlandaises).

J'en ai vu plusieurs au Rijsmuseum.

Il souligne le fait que la mémoire s'en serait perdue à jamais si ces vaisseaux n'avaient pas fait naufrage. De la vaisselle, cela se casse, irrémédiablement, cela s'ébrèche, les couleurs s'usent, parce qu'on l'utilise, à moins de la mettre dans un placard que l'on n'ouvre jamais (comme moi).

Il en est ainsi des verres publicitaires Byrrh que mes grands-parents avaient chez eux, sur un petit meuble, parmi leurs innombrables bibelots (dans ma perception enfantine, ils étaient innombrables, mais je présume qu'il n'y en avait pas tant que cela). Je suppose que c'est au moment où ma grand-mère est partie dans une maison tristrement dénommée de repos que mon père et ma tante se sont partagé ses souvenirs. Mon père, qui  n'était pas très attaché aux objets, a dû prendre trois ou quatre verres pour lui. Il s'en servait comme verres à eau pour prendre ses médicaments.

J'ai retrouvé le modèle sur internet, bien sûr, j'ignorais que c'étaient des verres publicitaires, mais pas de photo du carafon.

Byrrh

Finalement, à son dernier appartement, il en restait un et le médaillon doré avait d'ailleurs disparu. Lorsque nous avons vidé son appartement, j'ai commis l'erreur de tout laisser en plan, à part deux ou trois bricoles, juste pour me rappeler.

Puis, pour le verre vert, je me suis ravisée, je l'ai pris, je l'ai soigneusement lavé, et je l'ai ramené à mon père, un peu plus tard, dans sa chambre, dans sa MRS, pour qu'il puisse prendre ses médicaments dans son verre habituel - au lieu d'un gobelet en plastique.

Difficile de décrire sa mimique au moment où  je le lui ai apporté.

Un jour, j'ai vu qu'un verre blanc avait remplacé le verre vert et je me suis dit qu'il avait dû tomber et se casser.

Il ne reste donc rien de ce service - sauf des lots de 3 ou 4 verres en vente sur des sites de vente de seconde main, sur le net. Mais je ne suis pas sûre que cela vaille la peine d'entrer un jour dans un musée, contrairement à la vaisselle chinoise qui a coulé au fond de la mer du Nord, quelque part dans le temps, au Siècle d'Or.

16 novembre 2016

Un ami américain.

Il s'appelait J. Frederick M***.

Je l'ai rencontré à un dîner à Bossière, près de Gembloux, dans une ferme où le propriétaire tenait table d'hôtes.

J'avais fait la route (déjà !) dans une Buick bleu foncé, avec des sièges en cuir gris clair... Et puis, je m'étais distanciée du conducteur et de ses amis, parce que je m'étais retrouvée près d'un homme sympathique, dont la conversation, la voix, le timbre de voix et le léger accent me plaisaient. Il était américain. Originaire de Philadelphie.

C'était un homme d'une petite trentaine d'années, si mes souvenirs sont bons, au physique fin, ouvert et sympathique, nous nous trouvions à hauteur d'yeux et conversions de tout et de rien. Plus tard, pour aller dîner, ... Il est descendu de la marche où il se trouvait et je me suis aperçue qu'il était beaucoup plus petit que moi. Moi, cela ne me gênait pas, mais lui?  Il ne me l'a jamais dit.

Il était extrêmement cultivé, fin, et amoureux de l'Europe. Un jour, il m'a montré des photographies d'un réseau de chemin de fer miniature qu'il avait monté, dans la cave de ses parents, à Philadelphie, et il m'a dit qu'il avait vendu plusieurs locomotives pour payer son premier voyage en France. Je l'aimais vraiment bien. Parmi les choses qu'il a évoquées, aussi, il y avait son service militaire, qu'il avait dû faire et qui lui avait paru horrible. Il avait tenu le coup grâce au roman de Balzac, "Le lys dans la vallée'. Je l'ai lu à ce moment-là, car de Balzac, je n'avais lu, encore, que "La duchesse de Langeais" et "La fille aux yeux d'Or".

Il aimait aussi les films d'Eric Rohmer, "Le genou de Claire", Talloires et le lac d'Annecy. J'ai adoré les trois: le film, et Rohmer d'ailleurs, (Lucchini apparaît, tout jeune, dans "Le genou"), le lac d'Annecy, et Talloires, où j'ai passé mes dernières vacances de célibataire avec mes parents. Il aimait aussi les films de Truffaut, "La femme d'à côté" - qui m'a marquée, un temps. Nous sommes pas mal sortis avec d'autres amis, c'est avec lui, que j'ai vu "Les uns et les autres", de Claude Lelouch, et puis nous nous sommes perdus de vue. Il était ami avec une Parisienne qui s'appelait Marie-Françoise (cela ne s'invente pas!) et il avait eu aussi une relation avec une Italienne - issue de Milan, mais avec la famille de laquelle il s'était un peu brouillé.

Un beau jour, l'été 1983, il m'a recontactée et m'a demandé d'être témoin à son mariage. Il épousait la jeune Italienne. Nous étions peu nombreux, le mariage s'est fait au château Malou, à Woluwé, la mariée a lancé son bouquet, et, ne connaissant pas cette tradition, je me suis précipitée pour le ramasser. J'étais effarée par le lancer de bouquet (à aucun mariage, je n'avais vu faire cela). Puis, il a voyagé, est retourné aux USA et a un jour téléphoné chez mes parents pour avoir de mes nouvelles. Mais j'étais mariée à mon tour (le lancer de bouquet n'avait pas menti), et je venais d'avoir mon fils. Nous avons échangé quelques cartes (que j'ai perdues), et puis, plus rien.

Je me demande - s'il vit encore - ce qu'il pense de la situation actuelle. Où se trouve-t-il ?

J'ai déjà fait des recherches sur le net, mais son nom est trop courant. Impossible à trouver !

Quoique. Je suis sur la piste. D'après ce que je vois, son père est mort en 2005. Son épouse est sur fcbk et il semble avoir eu deux enfants (un fils, cela, je savais).

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Au "Marché des Amours"

Il ne s'appelle pas ainsi, bien sûr, il s'agit tout simplement du marché de La Louvière.

Lors d'excursions avec l'Ecole des Arts, nous sommes allés plusieurs fois à la Maison de la Gravure, à La Louvière, rue des Amours.  Nous avons visité l'expo autour de Luc Tuymans, aux alentours d'avril 2015, et avant cela, Frank Bordas, de la gravure à l'image imprimée.

Moebius la louviere

Comme je l'avais écrit à l'époque, par parenthèse, il n'y a pas d'âge pour apprécier Moebius (ou Giraud, ou Gyr...).

Et puis, les assiettes de Luc Tuymans m'avaient inspiré la composition : Liv Ullmann dans une assiette. Pourquoi Luc Tuymans sérigraphiait son service à dîner? Parce que les Russes appréciaient les services de luxe et, par dérision, il avait sérigraphié son très simple service de table. Et pouquoi Liv Ullmann? Peut-être parce que c'est une actrice dont le physique me rappelait quelqu'un de proche. Une vague ressemblance, et le look des années 70.

luc tuymans assiette

assiette Liv Ullmann

Bref, nous y sommes retournées samedi, à La Louvière, la Rose et moi, pour ce petit marché que nous avions découvert, en attendant l'ouverture du Centre de la gravure, on connaît mon amour des marchés d'ici et d'ailleurs, que ce soit en Provence, à Paris, au boulevard Richard-Lenoir ou rue Mouffetard, à Namur ou à la mer.

tarte La Louviere

nid de paques la louviere 2015

Des couleurs, des textures. A Pâques, il y avait des Nids de Pâques luisants de crème au beurre. Des tartes aux fraises. Maintenant, il y avait beaucoup de variétés de kakis, des oranges de montagne, des haricots rouges marbrés, des vrais pistolets (graineux en-dessous), des tripes, de la morue, des vêtements, mais pas de chaussures rouges à dix euros...

Après de multiples allers-retours, nous avons mangé dans un petit snack dans le quartier commerçant, un croque-délice à un prix... louviérois.

haricots rouges

grenade entrouverte

Puis nous sommes allées à KERAMIS BOCH, mon dada, mon point faible... Pour les faïences et les porcelaines et un pan d'histoire industrielle de la région.

pièces de garniture de

la tasse Corfou en démonstration

vase

Et pour le marché des créateurs et des artisans, qui non contents d'écrire des livres et parfois des livres fort poétiques, les réalisent, (mise en page, impression et diffusion), eux-mêmes. Bon, il y a un peu de tout là-dedans. Et surtout, très cher.

Ainsi, une exposante présentait des publicités pour des mages, voyants, Professeurs africains, que l'on reçoit régulièrement dans sa boîte aux lettres, de toutes les couleurs et de tous les formats, mais elle les avait rognés et assemblés, puis reliés avec une couture à la Japonaise.  Dont coût 4 euros. Mon fils s'est aussi amusé à collectionner ces publicités un temps. Je sais qu'il en analysait le contenu avec ses copains traducteurs...

J'y ai acheté un cadeau pour une amie dont c'est bientôt l'anniversaire, et une plaquette de poèmes de François Liénard sur les Vosges - avec autant d'endroits que j'ai visités, voire escaladés...

Après, nous sommes rentrées dans nos homes respectifs, contentes, allégées de quelques euros et alourdies de nombreux paquets, avant de repartir le lendemain pour une autre aventure.


10 novembre 2016

Jeudi 10 novembre, "Aujourd’hui une personne insignifiante. Vraiment ?"

Zut, je n'ai plus d'inspiration.

Je n'ai encore vu personne de vivant aujourd'hui. A part mon chat.

Je reprends le thème de la toiletteuse pour chiens, tiens. J'ai un cousin dont la compagne (ou l'ex-compagne) était toiletteuse pour chiens. Dans un magasin qui s'appelait le "Toutou". Place Bockstael, à Jette. Il n'existe plus. J'y trouvais des souris "qui tchipèlent", pour Sido, ("tchipèlent" vient d'un verbe wallon ben, pour dire que ça imite le bruit d'une souris, en plus bruyant bien sûr...)

Etait-ce une personne insignifiante pour autant ? Je ne sais pas. Elle a eu une petite fille avec mon cousin. Mon cousin, lui, n'est pas du tout insignifiant. Du moins, ce cousin-là. Il travaille dans la sécurité, n'a pas eu une scolarisation du tonnerre, a fait son service militaire comme pâtissier dans la marine, et il y a deux ans à peu près, il m'a écrit pour dire qu'il écrivait ses souvenirs et qu'il n'en revenait pas, il entamait déjà son deuxième cahier Athoma. Il cherchait à savoir la date exacte de la mort de notre grand-père (paternel).

Je l'ai vivement encouragé à continuer et j'aurais bien aimé lire le résultat. Mais quand je le contacte, par sms ou message privé, c'est le silence radio.

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08 novembre 2016

Mardi 8 novembre, Aujourd'hui, ça a l'air vieux, mais...

Aujourd'hui, avec mon groupe de Dames (ah oui, il y a un homme), je vais à la Mecque du meuble contemporain.

Pour être dans la consigne, je dirai que je suis allée voir le Coin des bonnes affaires, à la sortie du magasin - juste avant les Caisses. Après toutes mes déambulations, c'est moi qui avais l'air vieille. J'espère toujours trouver la bonne affaire, le truc inouï qui va me plaire, mais, à part des planches... Et quelques canapés, mais je ne me voyais pas ramener un canapé en Bus De Lijn.

J'ai hésité entre un cadre (impossible à transporter) pour encadrer - enfin - une de mes deux gravures de Nicole Ickx, une artiste bruxelloise (de la famille de Jacky Ickx, le champion automobile, si, si !) une dame adorable que j'ai rencontrée dans ces temps lointains où j'étais mariée avec un prof d'académie et où nous allions à des vernissages d'expos. On rencontrait aussi Nicole Ickx dans les parcs bruxellois, (au parc d'Egmont), en train de crayonner pour sa série de gravures justement, "Bruxelles est un songe".

J'avais envie de remplacer une vieille Eau forte, qui est chez moi, d'un artiste qui fut ami de mon grand-père maternel. Cet artiste, Michel De Goeye, fit don de deux Eaux fortes à ma mère, avant qu'elle ne se marie. Heureusement qu'il y en a eu deux, car mon frère en a une (un clown devant le port d'Anvers, l'Escaut et la cathédrale - il est sur le "Linkeroever" - la Rive gauche) et moi l'autre, un sculpteur de pierre (ou un artiste) dans une cathédrale, devant une série de statues... Mon amie la Rose adore cette Eau Forte.

J'ai hésité donc, entre un cadre (type acier) et un pot plus grand pour mon caféier, car j'ai un caféier dont je surveille jalousement la croissance, et que je devrais rempoter (je dois aussi changer le terreau, il est mort). Finalement, je n'ai rien acheté. Mais je crois quand même que je vais remplacer l'Eau forte par une gravure encadrée de Nicole Ickx et rempoter mon caféier.

C'est du réel, mais j'ai largement dépassé les cent mots.

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07 novembre 2016

Lundi 7 novembre, "Aujourd'hui, j'ai l'habitude de..."

Je n'ai aucune habitude spécifique le lundi. Si ce n'est de rester à la maison, ou de sortir pour l'une ou l'autre course rapide.

Dans le quartier de préférence.

Mais aujourd'hui, je suis plutôt sortie de mes habitudes. Levée tôt, partie tôt et rentrée bien chargée.

Et déchargée.

Il y a des choses qui sont difficiles à expliquer. Des questions, des réponses, des réflexions, qui font leur chemin. Qui peuvent peut-être fluctuer, changer demain, parce qu'il y a toujours l'incertitude du lendemain.

***

Profil perdu...

Source de la composition,

le reflet d'une affiche du film "Réparer les vivants" - avenue de la Toison d'Or.

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05 novembre 2016

Hésitations...

Je me dis que je devrais peut-être suspendre l'écriture du blogue ces temps-ci - tant que les choses ne sont pas aplanies (elles finiront bien par l'être, même si ce sera difficile). Je le suppose...

C'est vrai que cela fait du bien de se libérer, dans un espace restreint puisque non référencé sur le net, mais comme le dit si bien l'intitulé du blogue, les paroles volent, les écrits restent. Et ceux-ci risquent de souvent dépasser ma pensée réelle. Donc, ce n'est pas toujours du meilleur.

Et puis, de clic en clic, on peut très bien arriver ici...

Et écrire la nuit, en pleine insomnie, ne permet pas de fort nuancer ses propos. Même s'il y a un fond de réalité, toute réalité n'est pas bonne à dire et encore moins à écrire...

Evidemment, le plus fort de la crise de panique est passé. Il faudrait juste que cela ne devienne pas une habitude.

Plusieurs personnes m'ont conseillé un cahier, en chair et en papier ah ! Difficile ! J'ai tellement perdu l'habitude d'écrire dans un cahier. A peine quelques mots griffés sur une page d'agenda, c'est à peu près tout ce que j'arrive à faire.

Quant à faire un blogue entièrement personnel, un cahier, mais virtuel, oui, peut-être, cela épargnerait d'ailleurs du papier, il y en a un de prêt, mais il subit un peu le même destin qu'un cahier : quasiment vierge...

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Au lit (2)

Jusqu'à mes dix ou onze ans, j'ai dormi dans un coin de la chambre de mes parents. J'avais un joli lit colonial, en fer forgé noir, une table de nuit assortie. En 2014, quand mon frère a vidé en toute hâte l'appartement de mon père, il a trouvé un vide-grenier qui demandait six cents euros pour casser le mobilier dont personne n'avait voulu. Il restait un lustre, que j'aurais bien aimé avoir, mon lit de jeune fille que j'aurais dû évidemment récupérer...

J'ai laissé partir l'horloge "Big Ben" que j'aimais chez mon frère, ainsi que la plupart des bibelots. Maintenant, il dit que tout ça n'a aucune valeur et ne l'intéresse pas.

Mon frère a proposé que nous coupions la poire en trois: combien allais-je mettre? Mon père paierait une partie, lui une autre partie. J'ai proposé et versé 300 euros et, après vérification, il a pris les 300 euros restants sur le compte de mon père et n'a rien payé.

Le fer forgé de mon lit et le lustre ont fait un peu baisser la facture. Sans doute les morceaux de lit sont-ils partis vers les anciens pays de l'Est, avec le cuivre et les métaux volés à la SNCB.

Heureusement que j'avais gardé la table de nuit, je l'utilise encore.

C'est sordide, mais comme mon frère m'attaque sur des questions financières, dans la succession de mon père, il faut bien que je rétablisse la vérité (une des vérités).

***

Le soir, donc, je me couchais, après dents lavées, figure lavée - dans la cuisine car la salle de bains était trop froide. Nous avions un petit bassin pour la petite toilette, un plus grand bassin pour une plus grande toilette et on faisait bouilllir de l'eau chaude dans la bouilloire - nous n'avions pas l'eau chaude courante dans la cuisine. Après, je montais, on me faisait faire ma prière, ma mère ou mon père redescendait, je ne pouvais pas trop m'admirer dans le miroir, puis, je rallumais ma lampe de chevet, je m'enduisais les lèvres de beurre de cacaco et je lisais. les Johan et Pirlouit, la Comtesse de Ségur, les albums de Heidi que mon grand-père avait édités en 1947 chez Artis, oh, l'association du goût du beurre de cacao et du séjour de Clara sur l'Alpe.

Ce que je préférais, c'est dans le deuxième tome, quand Clara Sesemann arrive sur l'Alpe et vit avec le grand-père et Heidi. Cela me semblait merveilleux d'avoir une soeur, une amie.

Je reconnais qu'au début que j'avais mon lit, (j'avais sept ans à peu près), mon frère, qui dormait dans la chambre voisine, venait m'y rejoindre et on s'amusait, papotes innocentes, tendresses enfantines, dont il ne reste rien, aujourd'hui, rien d'autre que le souvenir.

Vers dix heures, mes parents allaient monter, j'entendais du bruit, en bas, j'éteignais ma lumière, je déposais mes livres (plus tard, il y eut Rouge et Or, Amitié Histoire, etc.) et je faisais semblant de dormir. En passant une main sur ma lampe de chevet, ils savaient évidemment que j'avais lu.

Mais ils se couchaient parfois directement, et les disputes commençaient, à mi-voix. Je restais dans le noir, les yeux grands ouverts, à écouter les griefs de ma mère et les défenses de mon père (à propos de l'achat d'une voiture).

Quelques années plus tard, mon frère est monté au second étage, et j'ai eu la chambre côté jardin... Je jouais, je lisais, je dessinais, j'écrivais, je m'étais inventé une famille à Paris, chez qui, devenue orpheline, j'allais vivre...

Curieux, non ?

Il est probable que cette histoire inventée - et inspirée des anciennes "Semaine de Suzette" que ma mère rachetait chez les bouquinistes, "les enfants de Marraine" (c'était le titre que j'avais choisi), a pris de l'épaisseur après mes douze ans, après avoir vu Paris pour la première fois, et en être tombée passionnément amoureuse.

 

Posté par quartzrose à 02:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]