Variations de regard

06 décembre 2018

Le gilet jaune.

Voici 'mon' gilet jaune, selon Jean-Luc Mélenchon, inspiré d'après son discours de tribun d'hier (Ou d'avant mais c'est hier que je l'ai écouté).

Selon lui, le gilet jaune d' aujourd'hui est le bonnet phrygien d'hier.

Suis je logique avec moi même? Je désavoue la classe politique, depuis toujours, je cherche à comprendre, j'analyse... mais ce 'mouvement' parti d'un refus de l'augmentation des accises sur l'essence, et relayé par les réseaux sociaux parmi un fatras d'imbécillités égoïstes et immatures m'exaspère... 

Et je redoute la manifestation de ce week-end.  C'est si facile de démolir à Bruxelles... une ville où on n'habite pas et qu'on ne connaît pas. 

Le bonnet phrygien

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28 novembre 2018

Les Orléans

Un peu coincée à la maison pour le moment, je me documente sur l'histoire des Orléans.

Il y a eu un Secrets d'histoire à la télé sur Louis-Philippe Ier, roi des Français et après, en rediffusion, le numéro consacré au duc d'Aumale (le propriétaire de Chantilly, qui, ne faisant confiance à personne et guère à la République, a confié son château et ses exceptionnelles collections à l'Institut de France).

J'avais beaucoup aimé visiter Chantilly, même si la vie du duc d'Aumale était plutôt vague à mes yeux.

Chantily - restauration

En ce moment, il y a une exposition sur Louis-Philippe à Versailles, puisque c'est grâce à lui que s'est édifiée la partie muséale dédiée à toutes les gloires de la France. Et plusieurs restaurations. Sans compter l'aménagement du Grand Trianon, que j'avais adoré, quand je l'ai vu la première fois, à douze, treize ans. La page fcbk de Versailles édite chaque jour une "minute Louis-Philippe". C'est assez distrayant. Je dirais bien que cela change des gilets jaunes, mais non, parce que même sous Louis-Philippe, je dirais bien que "personne" n'était content, ni les républicains, surtout pas les légitimistes, et certainement pas les bonapartistes. Incroyables, les caricatures de Louis-Philippe en "poire", et les qualificatifs de fils ou descendants de régicide.

La colère montante (et rémanente) des classes laborieuses, relève d'un autre domaine... Elle est liée, en partie, à la Révolution industrielle, qui fait des ravages dans la population pauvre.

Louis Philippe et sa famille

Je ne m'y retrouve pas encore très bien dans tous ce ducs et ces comtes (duc de Nemours, duc d'Alençon, duc de Chartres... Comte de Paris), sans compter le comte de Chambord, mais lui, je crois que c'est le parti légitimiste (les Bourbons et la monarchie de droit divin).

Les enfants et les petits-enfants de Louis-Philippe n'ont porté ces titres (de duc de Nemours et ou d'Alençon) qu'à titre honorifique. Ces titres ne correspondaient, en réalité, à rien de concret et ne devaient pas se transmettre héréditairement.

Les Orléans ont beaucoup vécu en exil, en Angleterre, à Claremont, domaine qui est revenu à la couronne britannique quand la reine Amélie (l'épouse de Louis-Philippe) est décédée. Dès qu'un Chambord ou un autre faisait une sottise, les Orléans étaient réexilés.

En 1870, lors de la guerre franco-prussienne, le duc d'Alençon (petit-fils de Louis-Philippe et fils du duc de Nemours), qui était militaire, a voulu rentrer en France pour mettre "son épée" à la disposition de la Nation, mais les Orléans étaient encore frappés d'interdiction de retour. Il a fallu attendre la République pour que les Orléans puissent rentrer.

Si j'ai bien lu, le duc de Chartres (je ne sais pas encore très bien qui c'est) a pris un faux nom, et s'est engagé comme franc-tireur ou comme soldat.

Quant au duc d'Alençon, le fils de l 'austère duc de Nemours, il a épousé la plus jeune soeur de Sissi - Sophie-Charlotte, après l'échec de ses fiançailles rompues avec son cousin, Louis II de Bavière.

Hier, je me suis amusée à établir la liste des enfants du duc Maximilien en Bavière et de son épouse Ludovica

Sur quinze ans de temps, environ, il y a, tous les deux ou trois ans :

  • L'aîné, Louis- Guillaume, (1831-1920), qui épouse une comédienne en premières noces, (Henriette Mendel), et a une fille, Marie, qu'Elisabeth titre baronne von Wallersee, attire à Vienne, (et qui joue un rôle d'entremetteuse dans la liaison entre Rodolphe de Habsbourg et Marie Vetsera),
  • Puis, Hélène, (1834-1890), dite Néné, qui devait épouser son cousin François-Joseph (tout le monde connaît l'histoire grâce aux trois Sissi), et épouse un prince de Thurn und Tassis. Elle est veuve à 30 ans,
  • Ensuite, Elisabeth, "Sissi" la future impératrice d'Autriche, (née le 24 décembre 1837 - et morte à Genève en 1898.
  • Puis, Charles-Théodore, (1839-1909) surnommé "Jackel", qui habitera Possenhofen, la maison familiale, aura une famille nombreuse de deux épouses successives et sera ophtalmologue réputé (donc, il "dérogera") - il est le père d'Elisabeth de Wittelsbach, qui épouse (notre) troisième roi, Albert Ier,
  • Enfin, deux filles, Marie-Sophie (1841-1925) et Mathilde (1843-1925), très proches, malheureuses dans leurs mariages - des mariages pseudo royaux, dans des pays destinés à disparaître (comme les deux Siciles). Et des vies assez tumultueuses.
  • Puis Sophie-Charlotte - née le 23 février 1847, qui meurt en 1897 dans l'incendie du Bazar de la Charité, à Paris. Son mari échappe à l'incendie, après l'avoir cherchée. Ensuite, le duc d'Aumale, succombe peu après à une crise cardiaque et avant Elisabeth.
  • et enfin, Maximilen- Emmanuel, dit "Mapperl", 1849-1893. Meurt jeune, mais s'est marié et a eu des enfants.

Joseph Karl Stieler, les enfants Wittelsbach

A gauche, Sophie-Charlotte, puis son jeune frère, puis Charles-Théodore,

enfin, Hélène et Louis-Guillaume, Sissi étant déjà partie,

et enfin, les deux "jumelles", Mathilde et Marie-Sophie.

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21 novembre 2018

Comment je l'ai quitté (3)

J'avais préparé mon départ en douce. Il n'y avait que quatre personnes qui étaient au courant.

Au jour dit - lors d'une de ces journées pédagogiques où mon fils était à la maison - je savais donc que lui ne ferait pas de visite de "contrôle"... Mon frère est venu me chercher avec son break.

On a expliqué - comme on a pu - la situation à mon pauvre petit garçon, j'ai ramassé quelques vêtements, mes classeurs, je lui ai laissé un peu d'argent (il était toujours à sec, du moins, en apparence) - (trop bonne, trop ... o;) et je suis arrivée complètement à la masse chez mes parents.

Mon père est allé chercher des lits aux Petits Riens, et cette nuit-là, ma mère a dormi dans le lit à côté du mien. Mais je suis arrivée à dormir seule dans ma cellule "monacale" assez vite. (Mon ex-thérapeute n'a pas tout à fait tort, je m'en sors...)

Divorcer a duré deux ans et demi à peu près, et je ne m'en suis pas trop mal tirée. J'ai eu une excellente avocate, vraiment. Malheureusement, ma maman s'est éteinte, petite flamme mince qui avait consumé ses dernières forces pour nous. Et puis, j'ai eu un "souci de santé", (dont j'ai été plus vite quitte que l'arthrose...) mais j'ai eu de la chance, parce que j'ai eu une excellente chirurgienne...

C'est à ce moment-là que lui s'est remarié (Entre nous, bon débarras.)

Et puis, j'ai perdu mon travail. C'était un peu fatal.

Et pourtant, dans tout ça, quand je m'asseyais dans un fauteuil de jardin, les pieds sur une chaise, dans ma cuisine improvisée, et que je téléphonais à l'unique copine qui m'était restée, je passais des bons moments.

Et puis, aussi, un jour, je suis allée écouter "Les mémoires d'Hadrien" au théâtre Poème... Avec mon manteau et mon écharpe bois de rose o;)

***

Je suis, très banalement, un pur produit sociologique des XXème et XXIème siècles mais le principal, c'est que mon fils s'en est bien tiré.

Et que si tout va bien, j'ai une bien belle perspective pour noël 2018 ...................

***

la tulipe blanche.

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Comment je l'ai aimé... (2)

Fin juin 1984, alors que notre histoire venait doucement de commencer, nous nous promenions dans les couloirs de l'Académie des Beaux-Arts, pendant les journées d'exposition des travaux d'élèves. L'incroyable fanfare de l'académie jouait son répertoire... Et tous les deux, lui et moi, montions un escalier pour aller visiter l'atelier de dessin.

Il me parlait, je l'écoutais, et - comment expliquer cela ? Il y avait deux moments qui se surexposaient.

Ma mère, jeune, entre 1942 et 1947, avait arpenté le même couloir, et vécu ses années heureuses, quoique non dénuées d'angoisse. Puisque c'était la guerre.

Il y avait le souvenir du ciel de la guerre 40-45 et il  y avait le ciel bleu de ce jour de paix, où j'étais si heureuse. Tellement heureuse...

Chaque fois qu'il m'arrive de m'y promener, à l'occasion d'un stage d'été, je repense encore à ces instants.

Ce n'est jamais triste.

Mais à mon avis, c'est quand même une affaire psychanalytique.

***

maman

arba - vers l'atelier de dessin

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Comment je l'ai rencontré... (1)

Non, non, pas au théâtre Poème, lui...

***

Deux ans après l'obtention de mon dipôme, quelques cours de sténo-dactylo, et quatre intérims de deux semaines à un mois, mes parents en ont eu marre de me voir jouer les Tanguy à la maison, et mon père m'a passé un savon. J'étais priée de me présenter au service de recrutement de la police de Bruxelles, qui voulait engager des agents et des officiers.

Oui, oui, ne riez pas dans les rangs, s'il vous plaît.

J'y suis allée avec des pieds en plomb (très lourd, le plomb) et, à ma grande surprise, j'ai été accueillie à bras ouverts. Durant tout mon parcours dans les services de recrutement et les couloirs de l'Ecole provinciale de police, entre octobre et décembre 1983, j'ai entendu qu'on souhaitait vraiment beaucoup engager des gens comme moi, pour donner une bonne image de la police. Il faut dire que j'étais belle, jeune, grande et mince ..................

Mon ego est monté d'un cran, mais ça ne m'a pas rendue meilleure en sport ni en néerlandais. Néanmoins, j'ai réussi l'examen de sport (un record!) et le néerlandais écrit. Et si je ne suis pas devenue une émule de Julie Lescaut, c'est finalement parce que j'ai été recalée à cause de ma vue.

De conversations avec un ancien commissaire de police de la Ville de Bruxelles, il est ressorti que je pourrais donner des cours de français aux futurs policiers. Mais ce n'était pas si simple que cela. Pour cela, je devais postuler à l'Instruction publique de la "Ville", la seule commune bruxelloise où je n'avais jamais postulé, puisqu'ils avaient leurs propres écoles normales.

A peu près à cette époque-ci, l'instruction publique m'a téléphoné pour me proposer six heures de cours par semaine dans une section artistique de qualification, qui s'ouvrait à l'Académie des Beaux-Arts. J'ai accepté, et un 19 ou un 20 novembre, il y a trente-cinq ans de cela, je suis allée me présenter rue du Midi avec ma petite mallette et une fameuse boule d'angoisse en travers de la gorge.

Ce jour-là, nous étions deux jeunes profs, le prof de néerlandais et moi (pour le français et la morale - puis j'ai eu une 7ème heure d'histoire), et le directeur nous a dit qu'en gros, il n'y avait pas de programme, qu'on était entièrement libres de faire ce qu'on voulait, pourvu que ça ait un rapport avec l'art. J'aurais été absolument enchantée, si je n'avais eu aussi peur.

Après ça, on nous a envoyées dans l'atelier, pour rencontrer le titulaire de notre classe (le prof de couleur et volume) mais le premier à nous avoir accueillies était le professeur de dessin. "Wouah! Quel beau type!" me suis-je rapidement dit, en le voyant. Le genre de chose que l'on pense, à la limite de l'informulé. Il n'était pas très grand, certes, mais il était mince, avait des cheveux noirs bouclés d'hidalgo espagnol, des yeux extraordinaires d'un brun sombre profond, un teint mat, des joues creuses et un costume de prêtre. Je vous rassure tout de suite, il ne l'était pas.

Après cette brève rencontre, nous avons parlé avec le titulaire qui nous a présenté nos élèves, un bel échantillonnage que j'ai déjà évoqué ici ou là. Une charmante jeune fille turque qui avait un prix pour venir étudier un an en Belgique, un Italien qui voulait faire stylisme (je n'ai jamais su ce qu'il est devenu), le fils d'un sculpteur déjà célèbre - qui est devenu un artiste talentueux, une Anglaise qui ne comprenait pas grand-chose, deux cancres qui sont partis à l'armée à noël (heureusement), un très bon élève, venu de l'enseignement général, et une ado - "normale" dirais-je presque, qui est devenue photographe.

Je ne suis pas tombée amoureuse tout de suite de mon collègue, le professeur de dessin o:)

Je ne l'ai pas revu avant une réunion organisée par le directeur, pour présenter les nouveaux jeunes profs. D'émotion, notre directeur est monté sur son appui de fenêtre pour ouvrir la fenêtre, il avait un coup de chaud. Avant ça, je me promenais dans le cloître, et le surveillant d'atelier m'avait proposé d'aller attendre l'heure de la réunion dans l'atelier. Là, le beau type dont j'avais complètement oublié l'existence, toujours habillé en prêtre, mangeait comme si sa vie en dépendait. On m'a montré une brochure avec un de ses dessins et je me suis dit "wouaah! Quel talent..."

Mais là, je l'ai vraiment pensé.

On s'est vus une ou deux fois - on n'avait pas vraiment les mêmes horaires - avant la première réunion des parents et des professeurs, à la mi-janvier. J'avais un pull blanc et rose, souvenir de sports d'hiver et une longue tresse dans le dos. Nous n'avions ni élèves ni parents, et mon collègue m'a proposé d'aller papoter dans un autre local. Il m'a fait un cours sur l'art occidental et... l'art chinois (là, j'aurais dû me méfier...) Puis, on a fait du café. Des pensées absurdes m'ont traversée... La première, encore à la limite de l'informulé "dans un an, lui et moi, on sera ensemble"... Et puis "j'aimerais bien qu'il me fasse du café comme ça tous les matins".

Un an après, je n'étais plus prof à l'académie, où finalement, je m'étais bien intégrée, où j'ai vécu certaines des heures les plus  heureuses de ma vie, et pour cause... Et nous vivions ensemble. Et il faisait le café tous les matins.

C'est le seul homme que j'ai aimé,  bien que j'aie vécu une brève amitié un peu amoureuse avec un de mes professeurs d'école sup' (en tout bien tout honneur - rien qui pût faire rougir qui que ce soit), et que j'aie bien aimé B***, mon "capitaine Haddock" genvalois, personnage bourru, chelou, misanthrope et malheureusement, vraiment malheureusement, alcoolique.

***

Condition humaine - Emile M.

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18 novembre 2018

Philippe

Un très vieil ami de mon frère est décédé en début de semaine.

Ils s'étaient connus dans une des écoles de notre ancien quartier, où la plupart des gosses du quartier -et de bonne famille- allaient en maternelle - à moins que ce ne fût à l'Ecole des Frères.

C'était l'aîné d'une famille très nombreuse :

lui (mon frère) et lui, 1951,

Pascale,

Etienne,

Didier, (1955)

Claire (1956)

- c'est là que je m'intercale

Gérard (1958)

Adeline (décédée)

Marie-Anne (1960)

et une "petite" dernière - que nous sommes allés voir à sa naissance - je ne sais plus en quelle année.

***

Les deux Philippe ont  débuté leur amitié par une bagarre, paraît-il, entre la bagarre et les vacances que nous avons passées dans la pension de famille de leur mère, il y a un trou.

Je sais que les deux aînés (j'ai changé quelques prénoms) sont souvent venus chez nous. Il paraît que c'était plus cool que chez eux, que les goûters étaient meilleurs. Je crois que c'est comme cela que la tourelle d'un char de mon frère a été joyeusement cassée.

Nous allions également chez eux où il y avait plein d'enfants, de rires, de galopades, du sous-sol jusqu'au dernier étage. De plus, nous étions quasiment voisins.

Mes parents ont alors décidé de passer quinze jours de vacances à la mer dans une villa que leurs parents louaient et dont ils avaient fait une pension de famille... Les aînés étaient marmiton, serveur, sommelier, femme de chambre, etc. Peut-être est-ce pour cela qu'un jour, la main dans la main de mon père, nous sommes allés acheter des tonnes de "pistolets" pour tous les petit-déjeuners. (C'est un de mes souvenirs les plus vifs, avec la maison au toit de chaume incendiée, qui me faisait si peur).

Ma mère a fait trois photos de la "bande". On doit être à peu près en 61 ou 62. Je me suis demandé ce que leur mère faisait à l'époque, et en récapitulant la succession des naissances, la réponse s'est imposée d'elle-même. A vrai dire, nos parents respectifs étaient trop différents pour être vraiment amis. Ma mère ne "comprenait" pas les familles nombreuses (et pour cause), mon père, lui, était toujours amène et s'adaptait à la situation. Il a même aidé la mère des deux amis à entrer en politique - lorsque ses enfants ont été assez grands.

J'étais amie avec celle qui était mon aînée d'un an. Nous nous amusions follement aux fancy-fairs de la fameuse école du quartier - mon père y faisait de la comptabilité bénévolement. Notre amitié n'a pas résisté à son entrée au Sacré-Coeur, où je faisais mes primaires. Puis elle est partie dans une autre école, (encore plus rigide que le Sacré-Coeur), et moi, j'ai complètement changé d'univers.

Cependant, nous nous sommes souvent revus à la mer. Au bar de l'Astoria, devant nos menthes à l'eau et nos raviers de cacahouètes, autour de parties enragées de Mille Bornes. Les deux Philippe s'étaient plus ou moins retrouvés, après s'être perdus de vue, et discutaient grandes idées. J'observais mon aînée d'un an, qui s'était jointe à notre bande, en se rapprochant des "grands". Pourtant, j'avais quinze ans et elle en avait seize. Elle était littéralement scotchée à un étudiant en médecine. Il y a une manière qui est parfois un peu indécente.

Il  a fini par lui dire doucement qu'il avait déjà une petite amie.

Un peu après, ils sont sortis définitivement de nos vies. Pour y rentrer, partiellement, avec facebook.

Finalement, je suis "amie" avec l'aînée désormais, parce que nous aimons bien échanger photos et peintures. Enfin, "amies" - cela ne va pas plus loin que l'écran. Et encore, pas tout le temps.

Mon frère semble affecté par ce décès, ce que je comprends - comme je l'ai été moi-même, lorsqu'une ancienne de mon école primaire, connue en maternelle, et retrouvée aussi via facebook, est décédée.

***

Cependant, tout cela me laisse des souvenirs mitigés.

Il y a quelque chose qui cloche et je ne sais pas quoi. Si, je sais quoi, mais ce serait pour un "blog confidentiel" si j'en tenais un o;)

Le Coq sur Mer

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12 novembre 2018

XXX

Je voudrais bien écrire quelque chose, mais je dois bien reconnaître que je suis bien trop fatiguée pour écrire quoi que ce soit.

C'est novembre, et je ne suis pas loin de jeter l'éponge ...

Et qu'on ne me dise pas que cela va aller mieux demain ... Car pour le moment, cela ne va pas du tout.

Samedi 10 novembre, promenade au parc de Gaesbeek et arrêt à la Kremerij de Gaesbeek.

L'arboretum

***

le parc

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le parc et le château

***

le parc

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Monseigneur Louis XX de Bourbon

Alors, puisque les Français élisent un nouveau président tous les cinq ans à présent, et que, visiblement, ils ne sont pas contents...

Ceux d'extrême-droite, ça se comprend, ils n'aiment personne d'autre qu'eux-mêmes,

Ceux de droite, ça se comprend plus difficilement, puisqu'ils sont censés être sur la même longueur d'onde que le président actuel,

Ceux de gauche et d'extrême-gauche, ça se comprend tout à fait,

Et puisque, globalement, ils n'ont pas une vision très européenne de la politique, va-t-on dire...

Du moins sur les réseaux sociaux...

Et que, dans le Macron "bashing", tout fait farine au moulin, au point qu'on ne comprend pas toujours ce qu'il se passe... Comme aujourd'hui, des bordées de statuts fcbk en faveur des mutins de 14-18, exécutés, pour l'exemple, pacifistes et même les déserteurs de 1917-1918, je rajoute naïvement, oui, eux aussi (d'habitude, on honore le poilu, pas le mutin), mais j'ai tout faux, je n'ai rien compris, non non, ce n'est pas le poilu qui est en cause (d'ailleurs ils sont tous morts)...

C'est tout bonnement Emmanuel Macron qui semble avoir honoré Pétain je ne sais où, à Verdun sans doute. C'était ça le pot aux roses.

Et bardaf! 50 à 75 commentaires, même chez les intellos belges.

Il y en a un qui met :

  • Macron est le fils de ... Pétain.
  • Ma réponse: Marine le Pen est la fille de qui? (faut quand même se rappeler que dans 5 ou 10 ans, ils auront la galaxie Le pen!)
  • Je réponds une ligne plus bas: c'est la fille de Jeanne d'Arc.

Nonobstant, puisque pour le moment il n'y a aucun homme politique qui sort du lot (chez nous non plus, ce sont tous des "fils" de), ni Macron, ni Fillon avec ses casseroles qui lui pendent au pantalon, ni Sarkozy et son karsher, ni Hollande et ses amours de légende, et ni Ségolène et sa bravitude et encore moins celui qui s'est fait coincer au Sofitel à New York sans parler du reste, je ne vois plus qu'une solution... Vu que Marion et Marine, et leurs acolytes, ce n'est pas pour tout de suite (bien qu'elles fourbissent leurs armes.)

Que les Français se mettent d'accord, soit pour contenter les Légitimistes et mettre Monseigneur Louis XX sur le trône de France (ça nous ferait un tableau à la Hyacinthe Rigaud en manteau fleurdelysé, sauf que Louis XX est plus beau que Louis XIV) et un sacre à Reims... Et des maîtresses royales, et des funérailles à Saint-Denis...

Louis_XX

Louis de Bourbon, né à Madrid, le 25 avril 1974, est un membre de la branche aînée de la Maison de Bourbon.

Possédant les nationalités française et espagnole, il est connu, à la suite de son père et de son grand-père, sous le titre de courtoisie de duc d'Anjou. Depuis la mort de son père, le 30 janvier 1989, Louis de Bourbon est l'aîné des Capétiens, chef de la maison de Bourbon et prétendant légitimiste au trône de France, parfois appelé Louis XX par ses partisans. Louis de Bourbon fait usage des pleines armes de France (« d’azur à trois fleurs de lis d’or »).

Et rangez vos guillottines, au cas où vous ne seriez pas contents. Un si beau gosse, ce serait dommage de lui couper la tête.

Louis_XIV_of_France

Soit pour contenter les Orléanistes et voir s'il restent des héritiers du comte et de la comtesse de de Paris. Mais bouuh ! Ces descendants de régicides !

Je trouverais les Bourbon d'Espagne plus rigolos, parce que c'est vraiment tordu (si la branche de Louis XIV mourait sans descendance, on allait rechercher un Bourbon d'Espagne. Il a fallu attendre la mort de Charles X pour ça... Mais pour les légitimistes, c'était toujours valable, sauf que la situation politique ne le permettait pas....

Ceci dit, il semble y avoir eu pas mal de tours et de détours chez les Bourbon d'Espagne, par moment, l'héritage des couronnes est passé pa les femmes puis repassé à gauche ou à droite, bref, Louis XX vaut ce qu'il vaut...

Et s'ils ne sont pas contents, ils nous referont une révolution.

Mais qu'ils arrêtent de nous enquiquiner avec Macron.

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05 novembre 2018

A Huyzingen

Parmi le lot de questions sur les réseaux sociaux, il y a : "quel est votre parc de loisirs préféré?" J'ai dû réfléchir car en Belgique, je n'en connais pas beaucoup. Je ne suis pas encore allée à Pari Daïza (là où vit notre couple de pandas prêté par la Chine et qui se reproduit semble-t-il avec bonheur)... Ni à Bobbejaanland.

Par contre, je me souviens des domaines provinciaux de Huyzingen et Bokrijk. Les parcs "Meli" (à Adinkerke, sur la route de la France, et anciennement au Heyzel). Je suis plutôt parcs et réserves naturelles. Le monde, la chaleur, les prix prohibitifs, très peu pour moi.

***

Quand j'étais enfant, je suis souvent allée au Domaine provincial de Huyzingen, en Brabant flamand, assez proche de Bruxelles. C'était un lieu de promenade plus extraordinaire que le Jardin de l'Abbaye et le traditionnel Bois de la Cambre. Nous avons aussi visité Bokrijk, avec la reconstitution de son vieux village flamand que j'avais beaucoup aimé.

Dans les premiers temps, c'était, je pense, avant la construction - ou pendant le chantier de la E19, Bruxelles - Mons - Paris. Nous allions donc par les chaussées et les petites routes.

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Huyzingen, c'était un château de fantaisie, style XIXème, qui fut aménagé un temps en hôtel. Il y avait aussi un restaurant - avec terrasse - avec petite restauration et cuisine de brasserie traditionnelle. Nous y avons parfois mangé, mais nous avons aussi beaucoup pique-niqué dans le parc.

Nous avons même passé un week-end de Pâques à Huyzingen. Deux ou trois jours dans le château-hôtel - et après la messe de Pâques à l'église du village, quand nous écoutions sonner les cloches, il y a eu une pluie de petits oeufs en chocolat qui est tombée du clocher.

Autour du château

Le château était situé au milieu d'un étang où l'on pouvait canoter. Un peu plus loin, commençaient les prairies, avec la volière (et un paon qui ne faisait jamais la roue), et les prés où se prélassait du gibier, faons, biches et divers animaux, etc. On commençait la promenade par les allées autour du château, puis par la volière, puis on montait vers le clou du spectacle : le jardin en rocaille.

le château

La rocaille de Huyzingen faisait mes délices : sentiers escarpés, passages japonais, petits torrents descendant en cascades transparentes, coins secrets, rhododendrons, fleurs et arbustes de terre et fleurs aquatiques, jusqu'à la "grande cascade" - ponctuée de larges pierres, où l'on avait fort envie de faire de la gymnastique.

C'était en mai que Huyzingen avait le plus de charme.

Au-dessus du jardin en rocaille, ou japonais, il y avait le bois. Le bois me paraissait immense, il y avait des pins, une certaine qualité de silence, ou peut-être était-ce le souffle du vent dans les pins, et des bancs où nous nous asseyions. Et mon frère commençait ses "jardins japonais".

Les "jardins japonais" de mon frère, c'étaient ses petits jardins miniature, faits avec des brindilles, des feuilles, des canaux, des cailloux, d'une précision minutieuse, dont il était devenu le spécialiste. Nous étions en admiration devant ses réalisations.

Les jardins japonais un peu partout, les barrages à la mer, et les barrages sur la Semois, sans compter les cabanes dans les Ardennes et dans les Alpes, c'était son "truc".

A Huyzingen, il y avait aussi un solarium, où nous sommes allés quelquefois, mais le temps ne le permettait pas souvent. N'empêche et même si je ne saurais pas nager avant longtemps, j'aimais bien.

le solarium

Après, on redescendait vers la civilisation, c'est-à-dire vers la plaine de Jeux où il y avait même un ancien tram vicinal, quelque peu immergé dans le sable. On y passait un peu de temps (j'aimais surtout les toboggans et le vieux tramway), et, si nous avions pique-niqué, il est fort possible qu'on s'offrait une glace "au château".

Après quoi, nous reprenions la voiture (la 2CV bleue, ou la R10) et on rentrait à la maison. Nous avons passé un dimanche après-midi entier à Huyzingen, à l'occasion de ma communion, en mai 68. J'y suis retournée plus tard, avec ma nièce et un ami, avec mon ex-mari et mon fils, avec une amie. Le solarium est resté longtemps fermé, puis a rouvert, après modernisation. La plaine de jeux s'est aussi modernisée, le tram a probablement disparu, et les animaux se sont multipliés et diversifiés (un jour, j'y ai vu des autruches... Ma foi, pas fort appétissantes).

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03 novembre 2018

"Baisers cachés"

"Baisers cachés" est un téléfilm dramatique français de Didier Bivel, diffusé en 2016 à un Festival de créations télévisuelles de Luchon, et ayant reçu le prix Isabelle Nataf. Ses principaux interprètes sont Béranger Anceaux (Nathan), Jules Houplain, (Louis), Patrick Timsit (le père de Nathan), Caroline Richert (sa collègue et amie),  Bruno Putzulu (le père de Louis), et Catherine Jacob (la professeure de mathématique du lycée de Nathan, Louis et leurs amis).

Patrick Timsit et son

Nathan a seize ans et vit avec son père, veuf et commissaire de police (il vient d'être affecté dans une nouvelle ville). Il vient d'arriver - au milieu de la seconde - dans un nouveau lycée et dès l'entrée du film, Stéphane conduit son fils chez des copains, à une fête privée. Comme son fils lui demande s'il est bien habillé, Stéphane pense qu'il a remarqué une jeune fille.

Le soir même, au commissariat, Carole Richert (dont la fille va aussi à la fête), regarde rapidement avec lui les photos de la soirée sur les réseaux socciaux. Tous deux aperçoivent - puis dépassent - une photo un peu sombre où Nathan embrasse quelqu'un. Stéphane demande à la revoir, et voit son fils embrasser un autre garçon. Le lendemain matin, Nathan, plutôt souriant, regarde les mêmes photos, jusqu'au moment où il tombe sur la photo et change de visage.

Au début, lorsque son père le questionne, il élude - c'était une plaisanterie. Mais les choses se corsent. Tout le lycée a vu la photo... La classe de Nathan commence à le chambrer (les garçons sur un ton plus agressif), les filles se moquent... Cela devient du harcèlement. Puis on veut savoir qui est l'autre garçon (qu'on ne devine qu'à peine). Deux professeurs sont témoins d'une situation qui dégénère. La professeure de maths, qui reste neutre, et le professeur d'anglais, plutôt dandy, qui fonce tout de suite dans le tas. Et qui, du coup, est soupçonné d'être homosexuel, car "pas très viril..." (dixit une élève).

Dans ce genre de film, les élèves ne travaillent pas beaucoup. Ils sont souvent davantage préoccupés par leurs problèmes sentimentaux ou familiaux. Ils posent aussi des questions renversantes à leurs professeurs (que nous n'aurions jamais imaginé poser, même s'il y avait parfois, chez certain.e.s, du moins, des fous-rires en coin).

Nathan, qui a peur mais résiste à l'intimidation, se sent de plus en plus seul. Même son père s'éloigne, et c'est une scène bien triste, que celle où son fils l'attend un soir en bas de son travail, lui propose de rentrer ensemble, puis rentre seul. Son père qui le voit partir, a prétexté du boulot en retard et va finalement dans un bar avec ses amis.

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J'aime bien les flashes-back qui permettent de revenir - selon le personnage auquel on s'attache - au moment où les deux lycéens s'embrassent, Il y a d'abord le souvenir de Nathan, puis celui de Louis. Qui a une petite amie, Laura, et se sent d'abord protégé. Petit à petit, le moment clé s'éclaire. C'est aussi filmé avec une grande pudeur. La photo, c'est Laura qui l'a prise, qui a surpris un échange de sms entre les deux garçons, pendant la soirée, les a observés, suivis et a été témoin de la scène. C'est elle qui a posté la photo, sans prévoir "que cela irait si loin"...

Certes, elle a tout provoqué, mais on a un peu pitié d'elle, quand elle essaie de comprendre ce qui leur arrive, avec toute la naïveté des filles de cet âge: et quoi? Je ne suis pas belle? Je n'embrasse pas bien?  Comme si c'était le plus important...

Tout s'emballe lorsque dans les vestiaires, dans une bagarre entre les garçons de la classe, Louis, soupçonné d'être l'autre, malgré Laura qui le couvre, se jette sur Nathan et le tabasse. Il rentre chez lui et là, quand son père découvre son fils, le visage ensanglanté, il l'accepte totalement, et décide de le protéger.

C'est à ce moment-là que la situation se retourne à l'avantage de Nathan. Le matin où il retourne au lycée, avec ses cicatrices, Catherine Jacob n'arrive pas à donner cours et fait son "coming out". En rendant publiquement justice à son élève pour son courage, elle lui rend sa dignité. C'est un beau moment. (Même si je pense qu'un professeur ne devrait pas forcément parler de sa vie privée aux élèves... Je suis de la vieille école). Les professeurs insistent d'ailleurs pour que le proviseur fasse venir une association de lutte contre l'homophobie (c'est le véritble sujet du film).

En même temps, Nathan repousse enfin Louis pour son manque de courage, sa lâcheté et sa violence.

Mais depuis toujours, Louis a des doutes sur sa nature profonde. Et ses parents vont s'en rendre compte en consultant - fortuitement - son ordinateur. Louis est interdit d'ordinateur et de téléphone, essaie quand même d'appeler Nathan (finalement), puis est mis en quarantaine par son père (qui l'entraîne aussi à boxer). La mère de Nathan est ébranlée, mais est encore d'accord avec son mari.

Sa position se durcit tellement que Louis ressent une grande solitude (sa petite amie lui tourne le dos quand il lui demande de l'aide), Nathan le rejette... Il ne peut plus parler à son frère. Sa mère n'ose pas lui parler. On a le coeur qui se serre. Il se serre encore plus quand Louis est prêt au suicide. Mais apparemment, il a envoyé un dernier message à Nathan qui appelle son père au secours, et ils vont retrouver Louis, là où il allait sauter.

Stéphane accueille Louis chez lui, avant de prévenir ses parents... Mais est infiniment troublé quand il voit que Louis est allé rejoindre son fils la nuit. Il s'en ouvre à Carole Richert qu'il aime bien (c'est réciproque). Elle l'écoute. Ils deviennent amants. Pourtant, c'est cette nuit-là qui permettra aux deux garçons de s'accepter définitivement, tels qu'ils sont, et de prendre conscience qu'ils sont authentiquement amoureux.

Louis et Nathan

Tout est bien qui finit plus ou moins bien. Car il semble que le père de Louis n'acceptera jamais l'homosexualité de son fils (note, il est médecin rhumatologue, sa mère semble être réviseuse d'entreprise). C'est elle qui se révolte finalement quand son mari enferme son fils dans sa chambre. Le moment où elle défonce la porte et libère son fils, puis part avec ses enfants est un grand moment.

Le film se termine sur le championnat de boxe de Louis. Les deux garçons sont ensemble. L'ex-petite amie de Louis devient amie avec les deux garçons... Et reconnaît "Il n'était pas fait pour moi". Amis et famille sont là pour soutenir Louis à qui son père manque. Jusqu'au moment où il l'aperçoit - malgré tout - il est venu l'encourager mais s'en va après le match.

Le film s'achève sur ses mots de Stéphane, qui sont le reflet de l'exacte réalité des parents d'enfants homosexuels:

"il lui faudra juste plus de temps".

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Je ne m'attendais pas à un film aussi émouvant. Pour une de ces diffusions d'après-midi, à la télé, souvent inégales. N'empêche, depuis que j'en regarde certaines, j'en ai vu des pas mal - souvent quand les sentiments se heurtent à une morale quelconque, puis finissent par triompher -parfois douloureusement- (par exemple, une histoire d'amour entre une jeune Amish et un étudiant en informatique aux Etats-Unis, Le choix de ma vie).

Quant aux deux jeunes comédiens, j'ai tendance à préférer Béranger Anceaux. Bizarrement, Jules Houplain (qui joue pourtant bien, car le personnage de Louis est plus complexe que celui de Nathan), me rappelle tout à fait les portraits du prince Eric, par Pierre Joubert, dans Alsatia.

Louis

Le prince Eric (Pierre Joubert)