Variations de regard

04 juillet 2022

En ayant donné vie à un personnage que je comptais faire mourir, primitivement... (une personne à qui j'en avais parlé m'a demandé, "mais oh! Pourquoi?" ...)  J'ai finalement donné vie à plusieurs nouveaux personnages... Deux, voire trois, (le plus récent m'est apparu à Hurtebise), c'est-à-dire qu'il s'était déjà présenté, dans mon esprit, mais cette fois, je lui ai donné une vie, un lieu de vie, une fonction et oh, je m'amuse, mais il faudrait que je donne un peu de corps à tout ça...

En réalité, c'est très gai... Chaque personnage, il faut d'abord l'imaginer physiquement, à des âges différents - au moment de l'action, voire plus tard, dans sa vie, ou plus tôt. Puis, lui donner un cadre de vie.  J'ai souvent des idées, que je devrais noter dans un petit carnet. Sinon, je les oublie.

Pour le moment, j'ai des chapitres séparés, mais il devient vraiment indispensable que je les réunisse, je devrais vraiment m'habituer à mon clavier d'ordinateur... Et trouver une position confortable pour travailler.

Par exemple, un des personnages, une femme, elle se prénomme Florence et est plus ou moins assistante sociale, bibliothècaire d'un centre social (new-yorkais, oui, bon, ne cherchons pas à comprendre...) , bref, un peu de tout, militante antifasciste (ça, j'ai rajouté au fur et à mesure) assez de gauche (plutôt) et de fil en aiguile, je lui ai donné toutes les caractéristiques de mon professeur d'histoire d'humanités. Elle était de gauche, elle semblait être fort à gauche, et pourtant, elle n'était pas communiste (à quelque chose qu'elle m'a dit à propos d'un historien dont "elle ne partageait pas les idées", je l'ai compris). Militante antifasciste, elle l'avait été, dans sa jeunesse. Dans mon histoire, mon personnage est veuve (comme elle était veuve, dans la réalité) et elle a un très mauvais caractère (comme elle avait mauvais caractère, dans la réalité encore.) Mais bon coeur, et c'est une grande amie de C***.

Mais c'est clair que c'est celui que j'ai "sauvé" (du heu, suicide, que je lui avais réservé, primitivement...) qui est devenu un des personnages principaux. C'est peu de dire que j'en suis amoureuse. Je n'en suis pas amoureuse, car je ne pense pas qu'on puisse être amoureuse d'une pure création de son esprit. Finalement, quand j'arrête l'histoire, en 1969-1970, à peu près, il a quel âge? Né le 29 mai 1914 (le 29 mai, cette date a un sens) et en plus, c'est un mois avant la guerre de 14.

Si je ne l'avais pas "sauvé", le personnage de "Florence" n'aurait pas pris cette consistance. Et étonnamment, Florence, c'était le prénom de ma première belle-soeur.

56 ans à peu près, donc, en 1970. Ca va ça. Il ne meurt pas, non, mais j'arrête l'histoire à cette date-là. Un an après le 28 juin 1969.

Bon. Je disais que je n'avais plus d'inspiration pour mon blog. Heureusement.

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Giorgio Bassani

Livres, car il en a écrit plusieurs:

Le Roman de Ferrare, Publié en Français, Paris, Gallimard, coll. "Quarto", 2006 -

Dans les murs : Lida Mantovani, La Promenade avant dîner, Une plaque commémorative via Mazzani, Les Dernières années de Clelia Trotti, Une nuit de 43 - Les lunettes d'or -

Le jardin des Finzi-Contini -

Derrière la porte - L'odeur du foin - En réponses (7 entretiens inédits en français) -

Dossier contenant une biographie de Bassani.

***

Ce n'est pas ce qu'il y a de  plus joyeux comme film. Une des fois que je l'ai vu, du temps de mes parents, je suis restée immobile dans le canapé, mais entre la télé et moi, il y avait un rideau de larmes. Je ne sais pas comment j'ai fait pour les avaler.

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A Hurtebise, la semaine passée...

Le week-end passé, je suis allée à Hurtebise, retour le lundi, vers 17 heures.

Depuis, l'ascenseur est en panne, sauf deux jours... Qui ont permis à l'amie qui m'a accompagnée de me rapporter une partie de mes bagages. Et de faire quelques courses. Tous les matins, je devrai descendre 8 étage pour chercher mon repas, aller au B, prendre l'ascenseur jusqu'au 12ème, monter un étage, revenir par l'étage technique et descendre 6 étage jusqu'au milieu.

Cela me décourage d'écrire un article pour ce blog, ça finira peut-être par revenir, il faut dire que je ne suis plus habituée au clavier, je fais plein de fautes que je dois corriger ..................

A Redu, village du livre, où nous sommes allées quand la session était terminée (on a mangé des tartines avec du pain sous la pluie, en forêt...) j'ai trouvé des livre sympas. Et le soir, au souper, c'était encore des tartines avec du pain. FInalement, on a souvent mangé des tartines. A part samedi midi. Et le jour du départ (arrêt chez Pierson). Et le jour du retour.

J'ai trouvé des Forster o;) Avec vue sur l'Arno, Howards End... Et les romans de George Eliot.

Il faut dire que dès que j'ouvre cet ordinateur, il y a des tas de fenêtre qui montent et s'ouvrent, sur lesquelles je dois cliquer pour les faire disparaître. Des publicités compliquées pour un antivirus. Mon fils devrait m'arranger ça, mais pour cela, il faut qu'il puisse venir, c'est-à-dire que l'ascenseur soit réparé.

J'écoute le concerto pour violon de Tchaikovsky.

Demain, j'ai prévu de faire quelque chose, j'espère qu'à 4 heures 30, je partirai, il faut que je parte, sinon, je vais y penser pendant un mois, et je ne sais pas du tout ce que cela va donner...

Et ce soir, oh, sur arte, il y a le Jardin des Finzi Contini, que j'ai déjà vu, et un documentaire sur l'adaptation du roman de Giorgio Bassani (également l'auteur du roman "Les lunettes d'Or" dont on a fait un film avec Philippe Noiret, mais que je n'ai jamais vu - ni lu d'ailleurs).

 

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21 juin 2022

Des pensées...

C'est curieux... 

J'ai une amie fcbk,  non,  j'ai plusieurs amies fcbk qui sont des anciennes du lycée d'Ixelles.  Certaines que j'ai bien connues,  d'autres un peu moins et certaines,  pas du tout. L'une d'elles (de celles que j'ai connues) vient régulièrement voir ce que je poste et réagit aussi régulièrement (ça me fait plaisir). J'en fais autant avec elle.  

Nous avons toujours eu des relations un peu curieuses.  Au départ,  il y a eu un malentendu. Sans gravité.  (Une histoire de scoutisme ;-) et je crois que nous n'en avons jamais parlé de vive voix après.  Comme nous n'étions pas dans la même classe,  ce n'était pas très important.  J'avais pour copines deux danseuses,  et une future architecte,  une fille très intéressante (mais à quinze ans,  nos conversations restaient limitées.)

Dans l'autre classe,  j'avais une amie que j'aimais beaucoup.  J'étais arrivée au lycée un peu grâce à elle et à sa soeur.  Nous nous étions connues à l'académie de musique d'Ixelles.  Hilde était une charmante fille,  extrêmement gentille.  On aurait dû finir nos humanités ensemble,  mais la malchance a voulu qu'elle ait un examen de passage, de 4ème en 3ème et qu'elle le rate.  Alors,  je n'ai jamais compris ni comment ni pourquoi,  parce qu'elle a toujours réussi après et que c'était une bonne élève. Sérieuse et travailleuse. Personnellement,  j'étais une fantaisiste... qui fonctionnait au coup de cœur.  Cela reste un mystère. 

Mais S*** et moi,  comment expliquer ?  Étions-nous un peu en rivalité? Je ne sais pas.  Elle n'a en tout cas pas supposé que j'étais aussi "bonne" en français.  Meilleure, au départ,  en grammaire,  orthographe,  etc. qu'en littérature.  (Je me suis rattrapée après). Et en rédaction.  J'aimais déjà écrire et ma professeure l'avait très bien vu.  Idem pour le cours d'histoire,  qui,  en troisième,  fut une véritable révolution (dans ma vie) et une révélation.  Et pourtant,  j'aimais l'histoire depuis toujours. 

S*** était une fille intelligente,  qui parlait bien,  très bien,  mais beaucoup.  Au bout d'un certain temps,  j'étais larguée (je n'étais pas la seule). Elle était fort jolie,  aussi, mais au bout d'un certain temps,  on avait envie qu'elle se taise.  Nos profs la gobaient extrêmement,  en connaissant ses faiblesses (je ne sais pas si elle travaillait beaucoup.) Mais j'ai dû moi-même,  faire un gros effort... bref.  Elle était parfois très drôle.  C'était elle,  souvent,  qui entonnait l'internationale socialiste (dont elle connaissait tous les couplets) et que nous reprenions en chœur,  en voyage scolaire.  Au grand dam de nos professeurs.  Qui nous "reprenaient" tout en riant sous cape.  Elle a toujours été de gauche et elle l'est restée. C'était aussi le résultat de son éducation.  

Je suis aussi devenue une fille de gauche et je le suis restée.  Fondamentalement,  je l'étais déjà,  mais il a fallu des prises de conscience successives. Seulement,  je n'avais pas du tout la fibre politicienne. Mais alors là,  pas du tout.  Et comme militante, je suis tellement discrète, voire silencieuse, qu'en général,  on ne connaît pas mes opinions.  En clair,  anti-fasciste,  féministe (post soixante huitarde attardée ;-)  un peu tout ça quoi.  En gros,  un jour,  entre la militance et l'art,  j'ai choisi l'art.  Ou l'écriture. 

En plus, dans les années 70, S*** habitait à deux pas de chez moi.  Nous faisions la route sans nous parler,  à 200 mètres l'une de l'autre.  Je ne sais plus pourquoi,  jusqu'au jour où j'ai trouvé ça stupide et où je suis allée lui parler.  Néanmoins,  certains côtés chez elle m'agaçaient toujours un peu.  (Et vice versa,  je ne suis pas sûre qu'elle se soit rendu compte que sous mon apparence très, trop calme,  j'étais une passionnée. Personne ne s'en rendait compte. Au lycée. Néanmoins,  je crois que j'étais dans le jugement.  Je constatais certaines choses,  et je jugeais sans essayer de comprendre (impossible d'ailleurs... j'ignorais,  par exemple,  que ses parents étaient terriblement exigeants...) 

Bref.  Je ne sais plus très bien où je voulais en venir,  si ce n'est que je pense avoir été un peu sévère avec elle.  Et comme elle a fait de la politique,  je l'ai encore plus jugée.  Pourtant,  je constate qu'elle a toujours été et est encore fidèle à ses idées.  Et maintenant,  assez bizarrement,  j'ai envie (d'une fois) la revoir. On a vraiment quelque chose de commun (l'influence énorme,  déterminante,  de deux femmes exceptionnelles) entre nous. À tort ou à raison,  je pense qu'aujourd'hui, on pourrait en parler,  le +, le - ... l'inabouti,  et ce qui fut bien.  Mais je ne sais pas très bien comment m'y prendre.  On aurait pu/dû se voir ce week-end,  (j'aurais pu "l'étudier...") mais j'en ai été empêchée par le covid. 

Ceci dit,  je sais qu'elle rêve de rencontres d'anciennes du lycée.  On l'a d'ailleurs fait en 2019,  juste avant le covid,  mais mon état d'esprit d'alors était différent. Mais c'était déjà très bien.  Je ne sais pas... je ne sais pas. 

Ces années ont été tellement importantes! Bien sûr,  il y a eu d'autres années,  aussi heureuses, peut-être même beaucoup plus heureuses, plus tard.  À l'école normale.  À l'académie, quand j'étais jeune professeur de français.  À mon tour. Mais ce n'était plus,  comment dire? Aussi spontané, aussi flamboyant, aussi passionné qu'à seize,  dix-sept et dix-huit ans. 

Au cours des années,  comme c'est étrange !  L'amie du lycée que j'avais gardée si longtemps,  Albane,  a disparu (de la liste de mes amis et de mes amies...)  nous connaissions pourtant beaucoup l'une de l'autre, mais honnêtement,  je crois qu'il y a quelque chose de fondamental, (au fondement d'une personnalité ?) qui n'était pas tout à fait là.  Ce n'est peut-être pas indispensable au maintien d'une amitié. Sûrement pas. Je me comprends. 

En tout cas,  le jour où je lancerai quelque chose,  ce ne sera pas par messenger. 

Je ne suis pas une grande organisatrice non plus (le téléphone et moi, on n'est pas copains...) on verra bien. 

Photos,  des filles de ma classe,  en 3ème,  en voyage scolaire en Normandie. Ce fameux voyage scolaire... qui fut vraiment exceptionnel. Je ne suis pas sur la photo.  Je faisais des crêpes,  à la cuisine de l'auberge de jeunesse ;-)

Et à la Cité administrative, à Bruxelles, en balade,  un samedi, la même année, photo prise par une des deux amies danseuses. 

Auberge de jeunesse de Rouen, en 1974.

À seize ans.

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16 juin 2022

Le Covid !

Il est là. 

J'ai un gros rhume...  ou une grosse grippe. 

Après des courbatures et de la fièvre lundi. Et mal à la gorge. C'est devenu courant,  bien sûr. Il y a deux nouveaux sous-variants d'omicron. 

Je n'ai plus vraiment envie d'embrasser les gens,  au resto (avant ou après...) en plus,  je déteste les baisers saliveux... on a une amie qui est la spécialiste,  je dois toujours m'essuyer discrètement la joue après ça.  Beuurkkk... 

Et une sensation de sinusite hier. 

Et le nez bien bouché,  évidemment. 

Et je ne sais pas où je l'ai attrapé !  Peut-être au restaurant,  mais peut-être à l'académie aussi... 

Et, après 3 vaccins,  mais bon.  Les vaccins et omicron... on verra si cela durera moins longtemps qu'un rhume. 

Je vais reprendre un dafalgan. 

Je me distrais comme je peux...

"Coupez! C'est bon..." la phrase magique,  au cinéma ! 

Antonio Banderas a l'étoffe d'un (très) bon acteur,  mais il a vraiment joué de tout.  Du très, très bon et du très (très) mauvais...

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14 juin 2022

Se donner tant de mal...

Pour un blog,  est-ce que ça en vaut la peine ?  

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13 juin 2022

Le conte du lundi du Goût des autres...

C'est lundi,  jour du Conte du Goût des autres,  (je suis en retard, mais j'ai des circonstances atténuantes...)

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"Ce tableau d’Aldo Balding vous inspire-t-il quelque chose ?
Quant à moi je me demande ce que font ces trois hommes.
On verra bien lundi ce qui sort de nos cogitations…"

***

" Il faut toujours qu'il soit plongé dans ses rêves..." dit Hugues,  le plus "agissant" des trois.

Hugues,  c'est l'aventurier du trio,  la tête brûlée,  mais il l'a tout de même bien plantée sur les épaules. Et puis,  après l'Angleterre,  ces vacances en Normandie le ravissent. Elles le reposent de ses incessants voyages dans le ciel, du vrombissement familier des moteurs, et des escales où il relâche (joyeusement) la pression. 

Son frère est venu leur rendre visite... Il espérait ainsi distraire son ami Cecil... le romantique. 

Philippe,  son cadet, qui avait vingt ans en quarante-cinq,  en a vingt-neuf aujourd'hui. Il n'est pas aussi aventureux que les deux amis. Cecil,  le vétéran de la R.A.F.  l'ami de son frère Hugues,  le pilote d'Air France,  qui ne conçoit pas de ne pas voler,  en temps de guerre comme en temps de paix.  Et qui n'en est pas moins un joyeux drille.  Philippe est sérieux et joyeux,  ensemble.  Pour lui,  les vacances,  c'est oublier le collège où il essaie de faire rentrer les déclinaisons latines,  les temps primitifs,  et de longues listes de vocabulaire dans les caboches de deux ou trois fois trente garçons de douze ans...

Cecil est beaucoup trop sérieux,  trouve-t-on.  Toujours en train de rêver à son amour perdu... mais en l'occurrence,  on se trompe.  Cecil est content d'être là,  au bord de la Manche,  en vacances,  lui aussi. Loin de la mégalopole,  loin de ses dossiers,  de l'exigeante Florence,  de ses confrères qui le trouvent fou... et d'un certain souvenir.  Pourquoi ne pas faire comme Scarlett? Tiens... Pourquoi penser à Scarlett O'Hara? Parce qu'il a offert ce roman à sa soeur. "J'y penserai demain..."  La Manche est si paisible,  en regard de ce 6 juin 1944,  qu'il a abordé dans son Supermarine Spitfire,  par un temps absolument abominable...

Et il se souvient de "l'annonce". 

" Messieurs, demain matin à 5 heures, les troupes alliées débarqueront entre Caen et le Cotentin. La première patrouille de couverture décollera de cet aérodrome à 4 h 30 du matin... "  Alors,  il fallait bien être dans l'instant.  En pleine possession de ses moyens. C'était le jour J,  un de ces jours décisifs de 1944. Et on ne pouvait penser à une issue autre que victorieuse.  

... Et puis,  il aime bien la maison normande des Forville.  Au charme vétuste.  Le soir,  on y fait de longues parties d'échecs... Au coin du feu. Demain, le frère de Hugues va repartir. Aussi un romantique... il lui a confié qu'il aime bien,  plus que bien,  une collègue... prof de littérature.  

Et lui, lui... d'raccord, d'accord, il veut bien "s'amuser",  laisser Hugues le chambrer sur ses rêves secrets, qui ne sont évidemment plus un secret... s'il exagère,  il lui enverra une bourrade pour le faire taire.  En attendant,  demain ou après-demain,  quand Philippe sera reparti,  ils iront visiter le nouveau petit musée du débarquement d'Arromanches-les-Bains.  Le président Coty et les "huiles" auront débarrassé les lieux, ils ne les reverront qu'à un concert,  à St Étienne de Caen... et tout d'un coup,  des notes de Glenn Miller résonnent dans sa tête. 

Demain ou après-demain,  c'est sûr,  il le sait,  il le sent,  il va sûrement se passer "quelque chose"... 

Et puis,  il se traite de fou.  Que pourrait-il bien se passer dans la petite ville balnéaire?  Et dans ce musée? 

Dieu seul le sait...  ou je ne sais quel écrivain,  qui se prend pour un démiurge,  et tire les ficelles de tout ce petit monde,  comme il en a envie.  Et c'est sûr,  Cecil a bien raison de sourire aux flots de la Manche. 

Demain ou après-demain,  en effet,  il va se passer quelque chose...

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02 juin 2022

La deuxième histoire...

Du temps a passé, depuis la noël 1971-72.

On arrive aux vacances de Pâques, après un trimestre fatigant. Neigeux, venteux et froid.

Vos parents ont réservé une semaine pour votre frère et vous, à l'Astoria, au Coq. A la mer. Vous n'y êtes plus allés depuis 1969, quand vous aviez onze ans, et étiez à la veille d'entrer en humanités. Les parents vous conduisent le dimanche matin, prennent l'apéritif avec bonheur (un campari et un gancia pour eux, un diabolo menthe pour vous, et beaucoup de cacahouètes salées...) et mangent avec vous à midi. Ils repartiront le soir, avant votre premier souper (traditionnellement, du jambon roulé en tranches, avec des crudités et une salade de pommes de terres).

En arrivant à la grande salle à manger, vous découvrez le serveur qui va s'occuper de vous toute la semaine.

Votre frère (qui a 21 ans) remarque qu'il ressemble au "bel éphèbe de Mort à Venise... En belge". En "belge", ceci n'est pas vraiment un compliment. Comme vous n'avez pas vu Mort à Venise, bien évidemment, dont vous avez néanmoins entendu parler, et que vous ne connaissez ni Visconti, ni Thomas Mann, ni Dirk Bogarde ni le pauvre Bjorn Andresen... Vous ne réagissez pas. Vous comprendrez plus tard.

L'Astoria, c'est un hôtel qui se situe entre la pension de famille (pour l'ambiance), le Grand Hôtel de Cabourg... Ou, à la rigueur, celui du Lido de Venise... Mais pour le moment, on est plutôt dans l'atmosphère pension de famille. Ou Hôtel de la Plage, de Michel Lang (drague tous azimuts en moins).

Votre serveur est d'une gentillesse absolue. Il doit avoir seize ans, à peu près, il étudie dans une école hôtelière de la Côte, et il fait un stage - comme d'autres - à l'hôtel. Il a aussi un fort accent flamand, mais vous avez l'habitude de vivre dans un pays bilingue, ça  ne vous choque pas. Malheureusement, ça ne vous aidera pas à devenir bilingue.

Le soir, vos parents vous laissent donc à la seule garde de votre frère.

Un vrai cerbère o;) (mais non...)

Il y a toute une bande de jeunes. Un frère et une soeur de votre âge, dont le père est professeur de français. Trois filles, âgées de douze à dix-sept ans, et qui fréquentent les Dames de Marie (à Uccle - ce n'est pas loin de votre collège). Elles vous proposent illico de changer d'école, en septembre, et de les rejoindre. Deux ou trois ados de votre âge. Et puis, il y a les "grands", ceux qui iront danser chaque nuit, boire un verre au Père Moustachu, et prier en attendant que le King du Coq ouvre ses portes. Parfois, vous irez tous ensemble au cinéma voir "Ben Hur" ou tout autre film des années 50-60. Sans oublier la messe dominicale (en néerlandais, bien sûr).

C'est un fait que vous aimez bien le serveur... Qui s'appelle Hugo. Vous ignorerez toujours son nom de famille.

L'essentiel des activités quotidiennes consiste à faire Le Coq - Wenduine à pied, aller et retour... Ou Le Coq - Klemskerke idem. A jouer au minigolf... A aller se balader à la plage. A jouer au Mille Bornes les jours de pluie... A se rendre à Ostende en tram, pour voir partir la malle Ostende-Douvres, et manger de l'anguille fumée, le long de l'estacade (indigérable, vous serez malade toute une journée). 

Et à apprendre à jouer au ping-pong. Grâce à "Hugo". Comme d'autres, (à l'Astoria, tout le monde fraternise...)  il fait partie de la bande "des grands", mais le soir venu, il vous approvisionne  en cacahouètes salées. Le gérant de l'hôtel ne comprendra jamais comment le niveau de ses cacahouètes a autant baissé en une semaine (il est assez avare économe, et la qualité des repas s'en ressent, vous irez un jour en délégation demander quand on vous servira enfin des frites...)  Et vous terminerez le séjour en tressant tous des scoubidous (très à la mode...)  Il y aura aussi une mémorable soirée dans la salle de jeux au sous-sol, avec la radio branchée sur une soirée spéciale Beatles. Ce sera le début de votre découverte des Beatles (jusqu'à présent, vous connaissez seulement Ob-la-Di, Ob-la-Da... La plus mauvaise chanson des Beatles selon certains.)

C'est un fait que vous êtes gentiment "amoureuse" pour la deuxième fois de votre vie... Et d'une timidité incroyable. Lorsqu'un après-midi vous passez devant le salon-télévision où il s'ennuie tout seul, vous marchez sur la pointe des pieds, pour ne pas vous faire remarquer, au lieu d'aller lui demander, par exemple, de descendre jouer au ping-pong avec vous.

Il en est de ce "crush", comme disent les anglais, comme de toutes les amourettes de vacances. Tout prendra fin le dimanche suivant, après le goûter... Il vous accompagnera sur le perron de l'hôtel et vous regardera partir en agitant la main.

Vous espérez le revoir aux grandes vacances, en août... Cette fois, vous ne dites rien à personne. Le culte du secret s'empare de vous et ne vous quittera plus. En août, vous êtes censée repartir à l'Astoria avec votre frère. Mais les parents vont supprimer ces deux semaines de vacances. A la place, vous irez suivre des cours de maths pendant tout le mois d'août (car vous avez un examen de passage en maths... c'est le premier, mais ce ne sera malheureusement pas le dernier.)

Vous le reverrez l'année suivante, en barman, cette fois. Mais curieusement, il ne vous inspirera... plus rien du tout.

Quant au film Mort à Venise, vous le verrez deux ans plus tard, à seize ans, avec vos parents...  Et vous découvrirez l'extraordinaire Tadzio, et le merveilleux, inoubliable Grand Hôtel du Lido...

bjorn andresen

lido de venise

 

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01 juin 2022

Premier amour...

Vous êtes au collège, en 5ème latine, (6-5-4), un collège mixte,  à Bruxelles,  on appelle ça un athénée, vous avez quatorze ans et vous attendez dans un couloir, devant une porte, pour acheter vos tickets de cantine pour la quinzaine... (Excellente cantine, d'ailleurs. Certains jeudis, il y a des frites et c'est la ruée vers l'or...)

Deux ou trois élèves attendent en même temps. Parmi eux, un garçon plutôt sympa,  qui vous sourit. Jusque là, rien de bien exceptionnel... 

Il a des cheveux châtains courts et des yeux bruns. Pas vilain garçon. Et pas du tout le style hippie... assez en vogue,  dans ce collège. Il est plutôt BCBG.

C'est le frère cadet, (il a quinze ans) de l'amie d'une fille (vous suivez?) qui est en 2de (ou l'année de la Poésie...) et a sans doute 17 ans (la soeur aînée). Ils et elles prennent le bus tous les jours à la même heure à peu près. Avec vous. Le matin et l'après-midi, pour le retour.

Vous ferez sa connaissance un peu plus tard...

Il sera toujours aussi gentil et souriant (il n'est pas avare de ses sourires, semble-t-il...) en réalité, vous avez à peu prés tout oublié, (les trajets en bus, (le 38...) debout,  serrés comme des sardines, les conversations et les sourires à la récré), sauf quelques bonjours et au-revoir échangés pendant les inter-cours, au gré (d'épuisants) changements de locaux.

Ou des repas à la cantine où filles et garçons se fuient consciencieusement. Sauf quand il n'y a plus de place.  C'est ça (voisiner avant de s'enfuir...) ou manger par terre. 

De plus, il ne vient jamais au collège le samedi matin, parce qu'il est... ils sont adventistes. Sans doute appartiennent-ils à l'église adventiste du 7ème jour. Une situation jamais vue. Mais tout le monde se retrouve, dans cette école, bien sûr, puisque c'est une école publique.

Un jour, vous irez spécialement à l'étude "dirigée"... (très mollement), vous amuser avec votre livre et vos cahiers de conjugaison, assise derrière lui, (afin de bavarder avec lui, bien sûr.) Et c'est tout.

Fin de l'histoire. 

Cette charmante amitié n'a duré qu'un (petit) trimestre. À noël, sa sœur et lui sont repartis vivre en Afrique... dans un pays où l'on s'entretuait régulièrement. 

Vous ne savez pas ce qu'il est devenu... 

La suite au prochain épisode... :-)

Bien sûr,  le collège,  ce n'était pas que cela... c'était aussi un excellent professeur de latin, un autre de dessin qui vous appelait par votre prénom (fait rarissime), un prof de musique qui passait des disques de musique classique,  le solfège et le piano,  le mercredi après-midi et le dimanche matin,  une correspondance avec votre cousine et une autre avec une amie arlésienne,  bref, un début d'adolescence agréable. 

Je ne sais plus le nom du peintre

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24 mai 2022

Fait !

Voilà ! Le travail d'histoire de l'art a été présenté. Avec images en défilement power point et tout et tout !

Ces travaux d'histoire de l'art sont bien intéressants.

En février, nous devions présenter un tableau en 10 min - 1/4 heure. J'avais présenté un tableau d'un peintre viennois obscur, représentant la crème du romantisme : Franz Liszt jouant au piano et regardant le buste de Beethoven, Marie d'Agoult à ses pieds le regardant avec admiration ; George Sand assise dans un fauteuil avec un manteau rouge, bien sûr, Paganini et Rossini, Victor Hugo (jeune) et Alexandre Dumas (jeune éternellement).

Ici, à la fin de l'année, nous pouvons ajouter une biographie succincte de l'artiste...

Nous avons déjà eu deux peintures,

Une photographie de Saul Leiter, (j'adore Saul Leiter - nous avons vu une exposition absolument merveilleuse à Anvers, au musée de la photographie, avec l'Ecole des arts, en 2017).

Sans titre 5

Un tableau de Vélasquez, le Christ chez Marthe et Marie,

Ma fresque de Diego Rivera, au S.F.I.A. finalement, tout était complet (y compris l'analyse picturale, c'est difficile quand on n'est pas habitué, cela me rappelle les analyses de poème, à l'université, j'aimais bien faire ça, mais mon esprit était plus élastique en ce temps-là...)  A noter que je suis occupée avec cette fresque depuis des mois, déjà. Rivera, ce n'est pas que le réalisme socialiste ( et la peinture foisonnante inspirée des Pré colombiens), ce sont aussi ses voyages en Europe et toutes les influences qu'il a subies. Ici, une vue de Bruges, et la vue de Tolède, inspirée de celle du Greco.

9-10 vue de Tolède

7 bruges la maison au dessus du pont 1909

Diego Rivera +/- 1907-9 vue de Bruges

un tableau de Matisse, tout en bleu,

et une sculpture assez extraordinaire, tirée de la collection personnelle d'une dame qui suit le cours, un plâtre (peint) de Jef Lambeaux (le Pavillon des Passions humaines, la Déesse du Bocq), deux lutteurs. C'est plus ou moins comme ci-dessous. Jef Lambeaux est vraiment un sculpteur extraordinaire. Je pense que ceci est un bronze. Le pavillon des Passions humaines est quasiment à côté de la grande mosquée de Bruxelles, au Cinquantenaire, mais ce sont les musées ou l'IRPA qui en ont la charge. Je n'ose penser à ce qui risquerait d'arriver à cette oeuvre qui a déjà choqué les esprits au XIXème siècle.

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La semaine prochaine, nous avons encore trois tableaux.

Samedi, nous allons au vernissage d'une exposition conjointe de notre atelier d'infographie (réalisations des dernières années) et de l'atelier de sérigraphie de l'Académie de Charleroi.

Le 7 juin, nous avons jury, on passe d'office, or, je voudrais bien doubler une année... Mais je tiens aussi à avoir mon diplôme, c'est un but que je me suis fixé, avoir un diplôme d'humanités de l'enseignement artistique.

Les 9, 10, 11 et 12 juin, nous avons notre exposition.

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