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Variations de regard
22 avril 2013

L'éternel été

La pièce est dans l'ombre, j'écoute le tic-tac de l'horloge et la voix du "professeur" de sophrologie.

Et puis, des bribes de souvenirs s'invitent sous mes paupières. Je suis dans la salle des fêtes de mon école primaire, à Ixelles. Le samedi -toutes les deux semaines, je pense- il y a distribution des bulletins avec tout un cérémonial. On appelle cela "les Notes". Chaque classe vient se ranger dans l'allée centrale, en faisant face à un aéropage de religieuses. Chaque détail de la cérémonie est minutieusement étudié et pour nous situer, nous avons chacune un carrelage de couleur, jaune-brun marbré de tous les tons.

Je revois exactement ma place, derrière, parce que je suis dans les plus grandes, fermant le groupe. Et quand c'est mon tour d'aller recevoir mon bulletin, je dois m'avancer, remonter la rangée, et faire la révérence.

j'ai appris à faire la révérence. Pour quoi faire ? Pour rien, pour l'inutilité... Pour la beauté de l'inutile.

Et dehors, il fait toujours beau.

Je réalise tout d'un coup que je revois la rue Américaine, la rue du Tabellion, la rue de l'Aqueduc dans le soleil, sous un ciel bleu d'été. Je me revois remontant la rue Américaine, arrivant au feu rouge, et j'ai l'impression qu'il fait toujours beau.

Il fait beau. Pourtant, il y a sûrement eu des jours pluvieux, des jours de neige, des jours de verglas.

Aujourd'hui même, alors que je me détends -sans pouvoir empêcher le défilé des "flashes", je réalise qu'enfin, je peux "voir" des choses de ma vie sous la lumière du soleil. Et soudain, cette vie -ma vie- qui me semblait si désespérante durant le mois de janvier, m'apparaît comme un vase débordant de richesses, de splendeurs, de clarté.

Voilà. C'est tout, c'est simple, en un instant, j'ai touché l'éternel été.

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Variations de regard
Variations de regard

Quartz Rose ou pas, je suis toujours Pivoine... Me revoici, avec, pour fil conducteur, des souvenirs de Bruxelles, des balades en d'autres lieux. Donc, musardons ensemble, un peu au hasard, nous verrons bien où nos pas nous mènent

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