Non mais bon,  je devrais arrêter d'ouvrir fcbk quand je déjeune.  Ça m'a coupé les jambes.  Irène!  Ah purée!  C'était vraiment quelqu'un !  Je ne l'ai pas beaucoup connue,  malheureusement,  mais j'adorais recevoir ses mails (quand on venait de faire connaissance.) On avait certaines choses en commun.  Sauf qu'elle a eu un parcours de militante sans fautes,  et ça j'admire,  pcq je ne lui arrive pas à la cheville. 

Quand je l'ai connue,  elle travaillait encore au rayon chanson française,  à la Fnac,  où elle était déléguée syndicale. 

Moi, j'étais déléguée aux publications à Bruxelles laïque. C'était ce que je faisais de mieux. Avant ou après mes formations au Ministère des Finances ?  Je ne sais pas. 

On est allé manger chez Amazone, rue du Méridien, quand on s'est vues la première fois. 

Elle m'a invitée à un concert de Claude Semal, à Saint Gilles,  et je lui ai proposé d'écrire quelques articles pour le Blé (le Bruxelles laïque Échos, que je gérais,  à l'époque où on me laissait encore le gérer.  On est allées chez Artémys aussi,  galerie Bortier,  on peut pas dire qu'on avait des masses de librairies féministes et/ou communautaires, à l'époque.  Darakan,  Artémys,  et une autre,  rue st Jean.  Tout a fermé.) Bon maintenant,  il y a TuLiTu qu'elle a largement contribué à faire connaître. 

J'étais une fraîche divorcée,  j'étais encore très stressée,  ma mère venait de mourir (le dimanche 4 mars),  et je (re)construisais ma vie,  petit à petit.  C'était (très,  très) dur,  mais j'ai commencé à sortir du trou à ce moment-là.  J'aurais pu mieux lui expliquer... 

Ben déjà lui dire que la violence conjugale,  j'avais (un peu) connu,  et que je m'étais enfuie (avec mon fils...) au lieu de faire semblant d'être bien.  Mais bon,  j'avais ma fierté quand même... 

Bon. On s'est perdues de vue,  et puis,  longtemps après,  je l'ai suivie sur Facebook.  Toujours cohérente...  le sens de la militance,  ne déviant jamais de sa trajectoire.  Avec des "manies" un peu...  :-) 

Son ire annuelle contre Viva for life, mais elle a raison,  son amour des chats,  sa défense des femmes et des réfugiés,  de toutes les femmes,  sa défense des droits des personnes lgbt+,  les prides des années 90,  elle les a faites...  par exemple,  par rapport aux discriminations vis à vis des femmes voilées,  elle m'a fait évoluer.  Avant,  je rejetais le port du voile, sans nuance aucune,  (d'une certaine manière,  je le déplore toujours), mais bon,  je suis contre les discriminations,  il faut bien être logique. Ceci dit,  pour tout ce qui concerne le féminisme intersectionnel,  les jeunes militantes en association sont beaucoup plus au fait que moi.

Et puis,  en commun,  cette histoire de "Pour",  Pour c'était une cellule et un journal d'extrême gauche,  qui se trouvait pas loin de mon lycée.  On y allait occasionnellement,  avec la bénédiction de nos professeurs,  qui faisaient semblant d'ignorer où on allait.  Mais j'étais bien jeune,  17 ans... ... n'empêche que j'ai lu son livre,  "Fausses pistes", un polar plein d'humour qui ressuscitait "Pour" . 

Le local du journal a brûlé,  je ne sais plus quand,  c'était un incendie criminel,  évidemment.  

Il reste son dernier livre,  le plus intime, le plus émouvant, les "Dibbouks". L'histoire de toute sa vie,  sur sa soeur,  la fille que son père a eue d'un précédent mariage.  Femme et enfant ont disparu à Auschwitz.  Ce bouquin,  elle en parlait déjà en 2001.  Elle l'a écrit et il a été édité en 2021.  

Je devais,  enfin !  Aller à une présentation de son livre,  le 3 novembre,  avec mon amie Anémone (j'ai raté toutes les précédentes...) et puis ça a été annulé,  pour cause de covid,  paraît-il... et voilà.  

Et voilà.

Irène

 

Irène Kaufer (1950-2022).

* Fausses pistes,  (Luc Pire), roman policier.

* les Déserteuses, nouvelles. 

* entretiens avec Françoise Collin,  en 2005. 

* Les Dibbouks,  éditions l'Antilope, 2021.

 

*** SVP, épargnez moi les commentaires qui n'auraient pas grand chose à voir avec le sujet... merci beaucoup :-)